{"id":8371,"date":"2024-07-25T11:01:29","date_gmt":"2024-07-25T15:01:29","guid":{"rendered":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/?page_id=8371"},"modified":"2024-09-06T10:46:23","modified_gmt":"2024-09-06T14:46:23","slug":"bulletin-n32-juin-2011","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/archives\/memoires-vives\/bulletin-n32-juin-2011\/","title":{"rendered":"Bulletin n\u00b032, juin 2011"},"content":{"rendered":"\t\t<div data-elementor-type=\"wp-page\" data-elementor-id=\"8371\" class=\"elementor elementor-8371\" data-elementor-post-type=\"page\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-30342f4 e-flex e-con-boxed sc_inner_width_none sc_layouts_column_icons_position_left e-con e-parent\" data-id=\"30342f4\" data-element_type=\"container\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"e-con-inner\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-ce3074d sc_fly_static elementor-widget elementor-widget-trx_sc_layouts_title\" data-id=\"ce3074d\" data-element_type=\"widget\" data-widget_type=\"trx_sc_layouts_title.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t<div class=\"sc_layouts_title sc_align_center with_content without_image without_tint\"><div class=\"sc_layouts_title_content\"><div class=\"sc_layouts_title_title\"><h1 class=\"sc_layouts_title_caption\">Bulletin n\u00b032, juin 2011<\/h1><\/div><div class=\"sc_layouts_title_breadcrumbs\"><div class=\"breadcrumbs\"><a class=\"breadcrumbs_item home\" href=\"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/\">Accueil<\/a><span class=\"breadcrumbs_delimiter\"><\/span><span class=\"breadcrumbs_item current\">Bulletin n\u00b032, juin 2011<\/span><\/div><\/div><\/div><\/div>\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-b1998af bulletins e-flex e-con-boxed sc_inner_width_none sc_layouts_column_icons_position_left e-con e-parent\" data-id=\"b1998af\" data-element_type=\"container\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"e-con-inner\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-e7ffd6c sc_fly_static elementor-widget elementor-widget-posts\" data-id=\"e7ffd6c\" data-element_type=\"widget\" data-settings=\"{&quot;pagination_type&quot;:&quot;numbers&quot;,&quot;full_content_row_gap&quot;:{&quot;unit&quot;:&quot;px&quot;,&quot;size&quot;:35,&quot;sizes&quot;:[]}}\" data-widget_type=\"posts.full_content\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t<link rel=\"stylesheet\" href=\"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-content\/plugins\/elementor-pro\/assets\/css\/widget-posts.min.css?ver=1723487895\">\t\t<div class=\"elementor-posts-container elementor-posts elementor-posts--skin-full_content elementor-grid\">\n\t\t\t\t<article class=\"elementor-post elementor-grid-item post-6255 post type-post status-publish format-standard hentry category-bulletin-n32-juin-2011\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-post__text\">\n\t\t\t\t<h3 class=\"elementor-post__title\">\n\t\t\t<a href=\"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/42-des-pionniers-de-la-nouvelle-france-sont-inscrits-dans-le-fichier-origine\/\" >\n\t\t\t\t42% des pionniers de la Nouvelle-France sont inscrits dans le Fichier Origine\t\t\t<\/a>\n\t\t<\/h3>\n\t\t<h2 align=\"center\"><b>42% des pionniers de la Nouvelle-France sont inscrits dans le <i>Fichier Origine<\/i><\/b><\/h2>\n<h5>par Marcel Fournier<a href=\"http:\/\/www.marcel-fournier.com\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><br \/><\/a><\/h5>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<table style=\"margin-right: 10px; margin-bottom: 10px; width: 225px; float: left;\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-content\/uploads\/images\/stories\/bulletin32\/fichier_origine_15_avril_2011.png\" alt=\"42% des pionniers de la Nouvelle-France sont inscrits dans le Fichier Origine\" width=\"225\" height=\"151\" title=\"42% des pionniers de la Nouvelle-France sont inscrits dans le Fichier Origine\" \/> <\/p>\n<h6>Arriv&eacute;e de navires de France<br \/>Droit d&rsquo;auteur&nbsp;: Biblioth&egrave;que <br \/>et Archives Canada<\/h6>\n<h6>Cr&eacute;dit&nbsp;: Biblioth&egrave;que <br \/>et Archives Canada n&deg; 1983-45-2<\/h6>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><b>Une base de donn&eacute;es qui continue &agrave; s&rsquo;enrichir<\/b><\/p>\n<p>Lors de la premi&egrave;re diffusion du <i>Fichier Origine<\/i> en 1998, nous &eacute;tions document&eacute;s sur 8% des pionniers de la Nouvelle-France gr&acirc;ce surtout aux travaux du p&egrave;re Archange Godbout. En 2011, c&rsquo;est maintenant 42% des pionniers et pionni&egrave;res qui sont document&eacute;s dans le <i>Fichier Origine<\/i>. Sur les 9&nbsp;830 pionniers &eacute;tablis par mariage en Nouvelle-France entre 1620 et 1760, le <i>Fichier Origine<\/i> en d&eacute;nombre 3&nbsp;895. Il s&rsquo;agit donc d&rsquo;une augmentation consid&eacute;rable des connaissances des origines familiales de nos anc&ecirc;tres. Cette formidable augmentation est due aux travaux des cercles g&eacute;n&eacute;alogiques fran&ccedil;ais qui ont d&eacute;pouill&eacute; des milliers de registres paroissiaux depuis les ann&eacute;es 1980, et aux centaines de chercheurs qui alimentent d&rsquo;ann&eacute;e en ann&eacute;e le <i>Fichier Origine<\/i> pour le b&eacute;n&eacute;fice des chercheurs en histoire et en g&eacute;n&eacute;alogie.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>La version 38 du <i>Fichier Origine<\/i> s&rsquo;est enrichie de 76 nouvelles fiches dont 37 fiches comportent des actes de naissance pr&eacute;cis. Par contre, nous avons retranch&eacute; 16 fiches en raison de la d&eacute;couverte de doublons. Le <i>Fichier Origine<\/i> compte maintenant 5&nbsp;405 fiches de migrants venus au Canada entre 1620 et 1865. Nous avons &eacute;galement ajout&eacute; 46 nouveaux actes num&eacute;ris&eacute;s portant ainsi le nombre total &agrave; 1058. En plus de ces ajouts, plusieurs fiches ont &eacute;t&eacute; enrichies par l&rsquo;ajout de plusieurs informations surtout pour le d&eacute;partement de la Charente-Maritime. Enfin, une nouvelle am&eacute;lioration au <i>Fichier Origine<\/i> est l&rsquo;ajout de la date de la modification permettant ainsi de savoir &agrave; quel moment il y a eu une modification dans les fiches.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Afin de promouvoir davantage le <i>Fichier origine<\/i> aupr&egrave;s de publics cibl&eacute;s, des stands seront tenus au congr&egrave;s sur l&rsquo;Am&eacute;rique fran&ccedil;aise en mai 2011 au Centre des congr&egrave;s de Montr&eacute;al, au congr&egrave;s de la F&eacute;d&eacute;ration fran&ccedil;aise de g&eacute;n&eacute;alogie en juin 2011 &agrave; Lille en France et au congr&egrave;s du 50<sup>e<\/sup> anniversaire de la Soci&eacute;t&eacute; de g&eacute;n&eacute;alogie de Qu&eacute;bec en septembre 2011 &agrave; l&rsquo;Universit&eacute; Laval.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le <i>Fichier Origine<\/i> est accessible gratuitement dans Internet depuis 1998 gr&acirc;ce au financement apport&eacute; par la F&eacute;d&eacute;ration qu&eacute;b&eacute;coise des soci&eacute;t&eacute;s de g&eacute;n&eacute;alogie et &agrave; l&rsquo;appui des commanditaires dont les bandeaux et les pastilles publicitaires apparaissent sur le site Internet du <i>Fichier Origine<\/i>. Nous vous invitons &agrave; visiter leur site Internet car sans leur contribution financi&egrave;re importante, le <i>Fichier Origine<\/i> ne pourrait &ecirc;tre diffus&eacute; gratuitement.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le <i>Fichier Origine<\/i> s&#8217;inscrit dans le cadre d&#8217;une entente de coop&eacute;ration, sign&eacute;e en mars 1998, renouvel&eacute;e en mai 2010, entre la F&eacute;d&eacute;ration qu&eacute;b&eacute;coise des soci&eacute;t&eacute;s de g&eacute;n&eacute;alogie et la F&eacute;d&eacute;ration fran&ccedil;aise de g&eacute;n&eacute;alogie. Le projet est financ&eacute; par la F&eacute;d&eacute;ration qu&eacute;b&eacute;coise des soci&eacute;t&eacute;s de g&eacute;n&eacute;alogie qui re&ccedil;oit une aide financi&egrave;re du minist&egrave;re de la Culture et des Communications du Qu&eacute;bec ainsi que des commandites de Biblioth&egrave;que et Archives nationales du Qu&eacute;bec, des &Eacute;ditions du Septentrion, du Programme de recherche en d&eacute;mographie historique (PRDH) et de l&rsquo;Institut g&eacute;n&eacute;alogique Drouin. <a href=\"http:\/\/www.fichierorigine.com\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Le <i>Fichier Origine<\/i> est accessible gratuitement sur Internet depuis 1998. <\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>Un des int&eacute;r&ecirc;ts du <i>Fichier Origine<\/i>&nbsp;: les ant&eacute;c&eacute;dents familiaux<\/b><br \/> Le m&eacute;tier ou la profession des p&egrave;res des migrants et des migrantes compte parmi les donn&eacute;es ajout&eacute;es r&eacute;guli&egrave;rement au <i>Fichier Origine<\/i>. Cette information de premi&egrave;re main, tir&eacute;e des actes civils et notariaux de France, permet aux historiens et g&eacute;n&eacute;alogistes de comparer l&rsquo;occupation des pionniers en Nouvelle-France &agrave; celle de leurs parents demeur&eacute;s en France. Par l&agrave;, elle l&egrave;ve le voile sur la transmission du patrimoine familial aux enfants et sur la d&eacute;cision que ceux qui n&rsquo;h&eacute;ritent pas ont &agrave; prendre, soit quitter la terre paternelle pour exercer un m&eacute;tier ailleurs, outre-Atlantique par exemple. Elle permet aussi de conna&icirc;tre ceux et celles qui ont quitt&eacute; l&rsquo;Hexagone sans parents pour les supporter, des donn&eacute;es qui ne sont pas &agrave; n&eacute;gliger dans le cas des filles du roi dont plusieurs ont &eacute;t&eacute; qualifi&eacute;es d&rsquo;orphelines. Les lecteurs int&eacute;ress&eacute;s sont invit&eacute;s &agrave; consulter la communication que nous avons pr&eacute;sent&eacute;e au congr&egrave;s de la F&eacute;d&eacute;ration qu&eacute;b&eacute;coise des soci&eacute;t&eacute;s de g&eacute;n&eacute;alogie en mai 2010.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Marcel Fournier<\/p>\n<p>Coordonnateur du <i>Fichier Origine<\/i><br \/>T&eacute;l&eacute;phone et t&eacute;l&eacute;copie&nbsp;: (450) 647-1240<br \/>marcel.fournier@sympatico.ca<br \/><a href=\"http:\/\/www.marcel-fournier.com\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/www.marcel-fournier.com\/<\/a><\/p>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/article>\n\t\t\t\t<article class=\"elementor-post elementor-grid-item post-6256 post type-post status-publish format-standard hentry category-bulletin-n32-juin-2011\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-post__text\">\n\t\t\t\t<h3 class=\"elementor-post__title\">\n\t\t\t<a href=\"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/combattre-pour-la-france-en-amerique-un-ouvrage-qui-na-pas-fini-de-se-signaler\/\" >\n\t\t\t\tCombattre pour la France en Am\u00e9rique &#8211; Un ouvrage qui n\u2019a pas fini de se signaler\t\t\t<\/a>\n\t\t<\/h3>\n\t\t<h2 align=\"center\"><b>Combattre pour la France en Am&eacute;rique<br \/>Un ouvrage qui n&rsquo;a pas fini de se signaler<\/b><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h5>par Gilles Durand<\/h5>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<table style=\"margin-left: 10px; margin-bottom: 10px; width: 122px; float: right;\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-content\/uploads\/images\/stories\/bulletin32\/combattre_pour_la_france_en_amerique.jpg\" alt=\"Combattre pour la France en Am&eacute;rique\" width=\"122\" height=\"160\" title=\"Combattre pour la France en Am&eacute;rique\" \/><\/p>\n<h6>Cr&eacute;dit&nbsp;: <a href=\"http:\/\/www.marcel-fournier.com\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Marcel Fournier<\/a><\/h6>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Dans le num&eacute;ro 262-2011 de la <i>Revue historique des arm&eacute;es<\/i>, Dominique Guillemin prend la plume pour signaler la r&eacute;cente publication <i>Combattre pour la France en Am&eacute;rique. Les soldats de la guerre de Sept Ans en Nouvelle-France 1755-1760<\/i>, pr&eacute;par&eacute;e par une &eacute;quipe sous la direction de Marcel Fournier. Pour l&rsquo;auteur du compte rendu, <a href=\"http:\/\/rha.revues.org\/index7176.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">l&rsquo;ouvrage<\/a> constitue le rappel d&rsquo;une partie de l&rsquo;aventure commune v&eacute;cue par les Fran&ccedil;ais et les Qu&eacute;b&eacute;cois au cours de cette guerre qui pourrait &ecirc;tre qualifi&eacute;e de premier conflit mondial. Il renferme en outre de magnifiques illustrations sur les acteurs du conflit et les lieux o&ugrave; les combats se sont d&eacute;roul&eacute;s. Enfin et surtout, il l&egrave;ve le voile sur l&rsquo;histoire personnelle de chacun des soldats et des officiers qui sont venus combattre en Am&eacute;rique du Nord, en particulier leur mariage et leur &eacute;tablissement au pays lorsque c&rsquo;est le cas.<\/p>\n<p><i>Combattre pour la France en Am&eacute;rique<\/i> constitue un outil indispensable pour ceux qui comptent dans leur ascendance des pionniers d&rsquo;origine fran&ccedil;aise. En plus d&rsquo;ajouter au plaisir de la recherche et de la d&eacute;couverte dans le vaste champ de la g&eacute;n&eacute;alogie, <a href=\"http:\/\/www.sgcf.com\/index.php?path=content&amp;section=ressource&amp;subsection=publications&amp;page=publications\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">le volume<\/a> contribue aussi de fa&ccedil;on significative au rapprochement des Qu&eacute;b&eacute;cois et des Fran&ccedil;ais.<\/p>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/article>\n\t\t\t\t<article class=\"elementor-post elementor-grid-item post-6257 post type-post status-publish format-standard hentry category-bulletin-n32-juin-2011\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-post__text\">\n\t\t\t\t<h3 class=\"elementor-post__title\">\n\t\t\t<a href=\"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/le-quebec-une-histoire-de-famille\/\" >\n\t\t\t\tLe Qu\u00e9bec, une histoire de famille\t\t\t<\/a>\n\t\t<\/h3>\n\t\t<h2 align=\"center\"><b>Le Qu&eacute;bec, une histoire de famille<\/b><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div style=\"text-align: center;\"><img fetchpriority=\"high\" fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-content\/uploads\/images\/stories\/bulletin32\/quebec_histoire_famille.jpg\" alt=\"Le Qu&eacute;bec, une histoire de famille\" width=\"623\" height=\"210\" title=\"Le Qu&eacute;bec, une histoire de famille\" \/> <\/div>\n<h6 style=\"margin-left: 65px; margin-top: 5px;\">Cr&eacute;dit : <a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/tva.canoe.ca%20\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">TVA<\/a><\/h6>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h5>par Marcel Fournier <\/h5>\n<table border=\"0\" style=\"margin-left: 10px; margin-bottom: 10px;\" cellspacing=\"0\" cellpadding=\"0\" align=\"right\">\n<tbody>\n<tr>\n<td>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Les t&eacute;l&eacute;spectateurs pourront voir au R&eacute;seau TVA, &agrave; compter de l&rsquo;automne 2011, une s&eacute;rie de courtes &eacute;missions (au nombre de 52) consacr&eacute;es &agrave; des familles qu&eacute;b&eacute;coises qui se sont d&eacute;marqu&eacute;es dans l&rsquo;histoire du Qu&eacute;bec. Chaque capsule, d&rsquo;une dur&eacute;e de deux minutes, fera conna&icirc;tre une famille par son lieu d&rsquo;origine, ses membres c&eacute;l&egrave;bres de m&ecirc;me que par les &eacute;v&eacute;nements importants de nature politique, &eacute;conomique et sociale auxquels elle a &eacute;t&eacute; m&ecirc;l&eacute;e.<\/p>\n<p>Les recherchistes pour ces &eacute;missions sont <a href=\"http:\/\/www.marcel-fournier.com\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Marcel Fournier<\/a>, Gis&egrave;le Monarque et <a href=\"http:\/\/www.demo.umontreal.ca\/personnel\/Desjardins_Bertrand.htm\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Bertrand Desjardins<\/a>.<\/p>\n<p>&Agrave; ne pas manquer &agrave; l&rsquo;automne 2011.<\/p>\n<p>Sources&nbsp;: <a href=\"http:\/\/tva.canoe.ca\/emissions\/quebecunehistoiredefamille\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/tva.canoe.ca\/emissions\/quebecunehistoiredefamille\/<\/a><\/p>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/article>\n\t\t\t\t<article class=\"elementor-post elementor-grid-item post-6258 post type-post status-publish format-standard hentry category-bulletin-n32-juin-2011\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-post__text\">\n\t\t\t\t<h3 class=\"elementor-post__title\">\n\t\t\t<a href=\"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/la-bonne-chanson-un-repertoire-riche-de-la-relation-franco-quebecoise\/\" >\n\t\t\t\tLa bonne chanson : Un r\u00e9pertoire riche de la relation franco-qu\u00e9b\u00e9coise\t\t\t<\/a>\n\t\t<\/h3>\n\t\t<h2 align=\"center\"><b>LA BONNE CHANSON<br \/>Un r&eacute;pertoire riche de la relation franco-qu&eacute;b&eacute;coise<\/b><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h5>par <a href=\"http:\/\/www.louisecourteau.com\/bonnechanson.php\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Louise Courteau &eacute;ditrice <\/a><\/h5>\n<p><img loading=\"lazy\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-content\/uploads\/images\/stories\/bulletin32\/la_bonne_nouvelle.jpg\" alt=\"La bonne chanson inc.\" width=\"750\" height=\"552\" style=\"display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;\" title=\"La bonne chanson inc.\" \/><br \/>Beaucoup de Qu&eacute;b&eacute;coises et de Qu&eacute;b&eacute;cois ont grandi avec les airs de LA BONNE CHANSON et aujourd&#8217;hui encore, plusieurs m&eacute;lodies telles que <i>Partons la mer est belle<\/i>, <i>C&#8217;est l&#8217;aviron qui nous m&egrave;ne<\/i> ou encore <i>Vl&agrave; l&#8217;bon vent<\/i>, leur reviennent en m&eacute;moire. Louise Courteau est propri&eacute;taire de LA BONNE CHANSON depuis 1991. &laquo; C&#8217;est vraiment un grand cadeau que je me suis fait pour le dixi&egrave;me anniversaire de ma maison d&#8217;&eacute;dition. C&#8217;est un patrimoine qui me tenait beaucoup &agrave; c&oelig;ur, parce que ces chansons font partie de mon enfance et de mon apprentissage de la musique, comme pour des milliers de Qu&eacute;b&eacute;cois. &raquo;<\/p>\n<p><b>Un peu d&rsquo;histoire<\/b><br \/>On doit l&rsquo;appellation de LA BONNE CHANSON &agrave; un Breton du nom de Th&eacute;odore Botrel. N&eacute; en 1868 et d&eacute;c&eacute;d&eacute; &agrave; l&rsquo;&acirc;ge de 56 ans en juillet 1925, Botrel cherche &agrave; moraliser la chanson en valorisant le terroir. &laquo; Non seulement Botrel participe-t-il &agrave; un mouvement chansonnier en associant son &oelig;uvre &agrave; l&rsquo;esprit catholique et au r&eacute;gionalisme litt&eacute;raire, mais il cr&eacute;e un mouvement r&eacute;gionaliste, la &laquo; Bonne Chanson &raquo;, dont l&rsquo;influence sera marquante en France jusqu&rsquo;&agrave; la fin des ann&eacute;es quarante et au Qu&eacute;bec jusqu&rsquo;&agrave; la fin des ann&eacute;es cinquante &raquo;. Le barde breton visite le Qu&eacute;bec en 1903 et en 1922. Lors de sa premi&egrave;re visite, il donne une repr&eacute;sentation au Monument national o&ugrave; il fait un rapprochement entre la Bretagne et le Canada fran&ccedil;ais par le biais de Jacques Cartier, le c&eacute;l&egrave;bre marin de Saint-Malo. &Agrave; la suite de cette visite, il continue &agrave; publier des po&egrave;mes sur la proximit&eacute; des deux cultures.<\/p>\n<p>C&#8217;est sous l&rsquo;influence de Botrel, entre autres, que, le 14 octobre 1937, l&#8217;abb&eacute; Charles-&Eacute;mile Gadbois a fond&eacute; LA BONNE CHANSON dans le but de diffuser la chanson et le folklore fran&ccedil;ais en sol qu&eacute;b&eacute;cois et de contrer l&#8217;invasion massive de la chanson am&eacute;ricaine. D&egrave;s janvier 1938, l&#8217;abb&eacute; Gadbois a fait conna&icirc;tre LA BONNE CHANSON en la diffusant parmi toutes les populations francophones de l&#8217;Am&eacute;rique du Nord. L&#8217;abb&eacute; Gadbois s&#8217;est rendu en France &agrave; plusieurs reprises pour rencontrer la plupart des &eacute;diteurs de chansons.<\/p>\n<p>C&#8217;est au cours de ses nombreux voyages qu&#8217;il a sign&eacute; les ententes n&eacute;cessaires et acquitt&eacute; l&#8217;achat des droits pour l&#8217;&eacute;dition de plusieurs centaines de chansons d&eacute;j&agrave; populaires en France, telles <i>On n&#8217;a pas tous les jours vingt ans, Voulez-vous danser grand-m&egrave;re<\/i>?, <i>Le vers luisant<\/i>. Il ne faut pas oublier qu&#8217;&agrave; cette p&eacute;riode, en 1939, la guerre venait d&#8217;&eacute;clater. Nous n&#8217;&eacute;tions plus approvisionn&eacute;s de musique en feuilles par la France. Le transport par bateau &eacute;tait limit&eacute; au mat&eacute;riel militaire et peu de Fran&ccedil;ais avaient vraiment le go&ucirc;t de chanter&hellip; L&#8217;initiative de l&#8217;abb&eacute; Gadbois a permis aux Canadiens fran&ccedil;ais de s&#8217;abreuver directement &agrave; la source de la chanson fran&ccedil;aise inspirante.<\/p>\n<p>C&#8217;est &agrave; la m&ecirc;me p&eacute;riode que le Comit&eacute; catholique de l&#8217;Instruction publique de la Province de Qu&eacute;bec a approuv&eacute; les recueils de LA BONNE CHANSON et encourag&eacute; la diffusion dans toutes les &eacute;coles de la province de Qu&eacute;bec. Le projet de l&#8217;abb&eacute; Gadbois a retenu l&#8217;attention des publicitaires d&egrave;s sa fondation en 1939. L&#8217;abb&eacute; &eacute;tait lui-m&ecirc;me pass&eacute; ma&icirc;tre en marketing. Plusieurs entreprises, telles que Proctor &amp; GambIe, Kellogg&#8217;s et le Bulletin des Agriculteurs, remettaient en prime des recueils de chansons &agrave; leurs clients. Une bo&icirc;te de savon, un recueil de chansons! Les m&eacute;nag&egrave;res s&#8217;&eacute;changeaient les recueils qu&#8217;elles avaient en double pour que les enfants en profitent au maximum.<\/p>\n<p>Le succ&egrave;s ne s&#8217;arr&ecirc;te pas l&agrave; pour LA BONNE CHANSON. Une premi&egrave;re s&eacute;rie de disques a &eacute;t&eacute; enregistr&eacute;e par la compagnie RCA VICTOR d&egrave;s 1940. Toujours dans le but de promouvoir la chanson fran&ccedil;aise et le fait fran&ccedil;ais au Canada, l&#8217;abb&eacute; Charles-&Eacute;mile Gadbois et son fr&egrave;re Raoul fondent le poste de radio C.J.M.S. (C.J.M.S. est l&#8217;abr&eacute;viation de : Canada Je Me Souviens), le 23 avril 1954, &agrave; Montr&eacute;al, o&ugrave; l&#8217;on diffusera le r&eacute;pertoire de LA BONNE CHANSON (le tr&egrave;s aim&eacute; po&egrave;te et pr&eacute;sentateur Guy Mauffette animait les apr&egrave;s-midi de chansons). Excellente vitrine pour les albums de LA BONNE CHANSON et pour les disques qui tournent &agrave; longueur de journ&eacute;e. Parents, enfants et &eacute;ducateurs, l&#8217;oreille coll&eacute;e &agrave; la radio, apprennent par coeur les chansons nouvelles.<\/p>\n<p>Apr&egrave;s avoir publi&eacute; 536 chansons, l&#8217;abb&eacute; Gadbois a d&ucirc; vendre, devant l&#8217;insistance des autorit&eacute;s du dioc&egrave;se de Saint-Hyacinthe, aux Fr&egrave;res de l&#8217;instruction chr&eacute;tienne, en janvier 1955, l&#8217;entreprise qu&#8217;il avait fond&eacute;e et dirig&eacute;e avec tant d&#8217;amour et de d&eacute;vouement. Toutes les m&eacute;lodies de LA BONNE CHANSON de l&#8217;abb&eacute; Gadbois &eacute;taient d&#8217;inspiration catholique, devaient promouvoir les valeurs familiales et r&eacute;pandre la joie de pouvoir chanter avec ceux qu&#8217;on aime. On disait m&ecirc;me &laquo; Les chansons de l&#8217;abb&eacute; Gadbois &raquo;. Le Qu&eacute;bec en entier a aid&eacute; l&#8217;abb&eacute; &agrave; b&acirc;tir son &oelig;uvre dont des personnalit&eacute;s importantes, tant au niveau musical que politique, tels le maire de Montr&eacute;al Camilien Houde, Wilfrid Pelletier, chef d&#8217;orchestre de l&#8217;OSM, ainsi que des notaires, cur&eacute;s et enseignants religieux et la&iuml;ques. Certains lui sugg&eacute;raient des chansons d&#8217;auteurs et de compositeurs inconnus qui vivaient dans les campagnes. L&#8217;abb&eacute; a beaucoup voyag&eacute; &agrave; travers la province pour recueillir ce qui lui semblait digne d&#8217;int&eacute;r&ecirc;t. L&#8217;abb&eacute; &eacute;tait un musicien chevronn&eacute; et un arrangeur d&#8217;exp&eacute;rience. Il a aussi compos&eacute; entre autres sous les pseudonymes de Do-Mi-Sol (CEG &#8211; Charles-&Eacute;mile&nbsp; Gadbois -), de Paul Arel.<\/p>\n<p>LA BONNE CHANSON &eacute;tait au programme scolaire de toutes les &eacute;coles du primaire. Sa p&eacute;n&eacute;tration &eacute;tait telle qu&#8217;aucune autre entreprise d&#8217;&eacute;ditions musicales n&#8217;a jamais pu &eacute;galer ses records de vente.<\/p>\n<p><b>Mission actuelle<\/b><br \/>Aujourd&#8217;hui, Louise Courteau poursuit le mandat du fondateur : la promotion de la chanson et du folklore fran&ccedil;ais et canadiens pour que la tradition se perp&eacute;tue. &laquo; Le r&eacute;pertoire comporte onze albums remplis de chansons m&eacute;lodieuses, en plus de toute une s&eacute;rie de chansons pour les jeunes. Quand un album est &eacute;puis&eacute;, je le r&eacute;imprime pour que ce r&eacute;pertoire soit toujours disponible &raquo;. Le tout sera disponible sur support num&eacute;rique en 2012.<\/p>\n<p>Depuis son acquisition de LA BONNE CHANSON, Louise Courteau s&#8217;emploie &agrave; publiciser ce patrimoine musical et souhaite l&rsquo;immortaliser au moyen de supports technologiques modernes. De nos jours, le r&eacute;pertoire de LA BONNE CHANSON est encore bien vivant. La majorit&eacute; des cahiers est disponible dans les librairies et les magasins de musique tant au Qu&eacute;bec, que dans les communaut&eacute;s francophones du Canada ainsi qu&#8217;en Nouvelle-Angleterre.<\/p>\n<p>Chanter LA BONNE CHANSON, c&#8217;est se souvenir de l&#8217;&acirc;me profonde de notre r&eacute;cent pass&eacute;. <i>Souvenir d&#8217;un vieillard<\/i>, &ccedil;a vous rappelle quelque chose? (Auteur&nbsp;: Charles-&Eacute;mile Gadbois, &Eacute;diteur&nbsp;: La Bonne Chanson, &eacute;dition musicale inc., 1991 &ndash; propri&eacute;t&eacute; exclusive de Louise Courteau)<\/p>\n<p>NDLR &ndash; Voir aussi Jean-Nicolas De Surmont, La Bonne Chanson&nbsp;: <i>le commerce de la tradition en France et au Qu&eacute;bec dans la premi&egrave;re moiti&eacute; du XXe si&egrave;cle<\/i>, Montr&eacute;al, <a href=\"http:\/\/www.triptyque.qc.ca\/catalogue.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">&Eacute;ditions Tryptique<\/a>, 2001, 215 p.<\/p>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/article>\n\t\t\t\t<article class=\"elementor-post elementor-grid-item post-6259 post type-post status-publish format-standard hentry category-bulletin-n32-juin-2011\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-post__text\">\n\t\t\t\t<h3 class=\"elementor-post__title\">\n\t\t\t<a href=\"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/seize-groupes-de-reconstitution-historique-du-quebec-rappellent-notre-aventure-commune-avec-les-francais\/\" >\n\t\t\t\tSeize groupes de reconstitution historique du Qu\u00e9bec rappellent notre aventure commune avec les Fran\u00e7ais\t\t\t<\/a>\n\t\t<\/h3>\n\t\t<h2 align=\"center\"><b>Seize groupes de reconstitution historique du Qu&eacute;bec<br \/>rappellent notre aventure commune avec les Fran&ccedil;ais<\/b><\/h2>\n<\/p>\n<h5>par Gilles Durand<\/h5>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<table style=\"margin-left: 10px; margin-bottom: 10px; width: 366px; float: right;\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><img loading=\"lazy\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-content\/uploads\/images\/stories\/bulletin32\/groupes_de_reconstitution_historique.jpg\" alt=\"Troupes fran&ccedil;aises venues en Canada au XVIIe et XVIIIe si&egrave;cles\" width=\"366\" height=\"480\" title=\"Troupes fran&ccedil;aises venues en Canada au XVIIe et XVIIIe si&egrave;cles\" \/><\/p>\n<h6>Troupes fran&ccedil;aises venues au Canada aux 17<sup>e<\/sup> et 18<sup>e<\/sup> si&egrave;cles<\/h6>\n<h6>Cr&eacute;dit&nbsp;: Biblioth&egrave;que et Archives Canada, no d&rsquo;acc 1989-559-1<\/h6>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><b>Les groupes de reconstitution historique<\/b><\/p>\n<p>Depuis les ann&eacute;es 1990, les groupes de reconstitution historique se multiplient. Ils ont en commun une m&ecirc;me enseigne : loisir, divertissement, connaissance et exp&eacute;rimentation des modes de vie d&rsquo;autrefois dans la recherche de l&rsquo;authenticit&eacute;. Leurs int&eacute;r&ecirc;ts pour l&rsquo;histoire sont diversifi&eacute;s : une p&eacute;riode sp&eacute;cifique, une activit&eacute; quotidienne tels les travaux d&rsquo;aiguille, la pr&eacute;paration de repas, des usages et des fa&ccedil;ons de faire aujourd&rsquo;hui disparus, la d&eacute;fense du territoire, un &eacute;v&eacute;nement c&eacute;l&egrave;bre comme la guerre de Sept Ans, etc. Toutes ces activit&eacute;s de reconstitution s&rsquo;appuient sur des v&ecirc;tements, des techniques et des outils fabriqu&eacute;s comme &agrave; l&rsquo;&eacute;poque. Les groupes se veulent des lieux de rassemblement et ils invitent le grand public int&eacute;ress&eacute; &agrave; leur propre cr&eacute;neau &agrave; joindre leurs rangs, non plus comme spectateurs, mais comme acteurs d&eacute;sireux de revivre l&rsquo;histoire et de la faire revivre aux spectateurs.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>Les passionn&eacute;s d&rsquo;histoire militaire au Qu&eacute;bec<\/b><\/p>\n<p>Les passionn&eacute;s d&rsquo;histoire, f&eacute;rus de go&ucirc;ter et de comprendre la vie des soldats au temps de la Nouvelle-France, de m&ecirc;me que d&rsquo;en apprendre un peu plus sur leur quotidien et leurs relations avec les Am&eacute;rindiens, trouveront ci-dessous une liste des groupes de reconstitution historique du Qu&eacute;bec sur le sujet :<\/p>\n<ul>\n<li><a href=\"http:\/\/regimentdelasarre.ca\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Compagnie du deuxi&egrave;me bataillon du r&eacute;giment de La Sarre<\/a><\/li>\n<li><a href=\"http:\/\/regimentdubearn.org\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Le Deuxi&egrave;me bataillon du r&eacute;giment du B&eacute;arn<\/a><\/li>\n<li><a href=\"http:\/\/www.ccbq.net\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">La Compagnie de Canonniers-Bombardiers de Qu&eacute;bec (CCBQ)<\/a><\/li>\n<li><a href=\"http:\/\/www.compagnonsnouvellefrance.ca\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Les Compagnons de la Nouvelle-France<\/a><\/li>\n<li><a href=\"http:\/\/miliciensdemontcalm.allmyblog.com\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Miliciens et r&eacute;guliers du Marquis de Montcalm<\/a><\/li>\n<li><a href=\"http:\/\/ordredesaintveran.webs.com\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Ordre de Saint-V&eacute;ran<\/a><\/li>\n<li><a href=\"http:\/\/www.detachementdelacolonie.com\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Le D&eacute;tachement de la colonie<\/a><\/li>\n<li><a href=\"http:\/\/www.compagniedelacorne.org\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Compagnie de Lacorne<\/a><\/li>\n<li><a href=\"http:\/\/www.lagarnisondequebec.com\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">La Garnison de Qu&eacute;bec<\/a><\/li>\n<li><a href=\"http:\/\/www3.sympatico.ca\/napoleon.josephine\/1750.htm\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Soldats du Roy et habitants en Canada &ndash; Le r&eacute;giment de Gu&iuml;enne<\/a><\/li>\n<li><a href=\"http:\/\/www.scfm.ca\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Soci&eacute;t&eacute; de la Compagnie franche de la Marine<\/a><\/li>\n<li><a href=\"http:\/\/habitantsdufort.forumactif.com\/forum\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Les Habitants du Fort<\/a><\/li>\n<li><a href=\"http:\/\/habitantsvalleestlaurent.com\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Les Habitants de la vall&eacute;e du Saint-Laurent<\/a><\/li>\n<li><a href=\"http:\/\/reenacting.net\/qhc\/qhcf.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Le Corps historique du Qu&eacute;bec<\/a><\/li>\n<li><a href=\"http:\/\/www.comtedemarle.webs.com\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Conte de Marle, inspecteur aux colonies<\/a><\/li>\n<li><a href=\"http:\/\/lesindiensblancs.com\/index.php\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Les Indiens blancs<\/a><\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>Pour en savoir davantage<\/b><\/p>\n<p>Les lecteurs int&eacute;ress&eacute;s &agrave; un &eacute;tat de situation sur la reconstitution historique, ses diff&eacute;rents volets, son &eacute;volution et ses enjeux, sont invit&eacute;s &agrave; consulter <a href=\"http:\/\/www.ameriquefrancaise.org\/fr\/article-390\/Reconstitution%20historique:%20un%20loisir%20passionnant\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">un texte pr&eacute;par&eacute; par Evelyne Bouchard et r&eacute;cemment d&eacute;pos&eacute; dans l&rsquo;Encyclop&eacute;die du patrimoine culturel de l&rsquo;Am&eacute;rique fran&ccedil;aise en ligne<\/a><\/p>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/article>\n\t\t\t\t<article class=\"elementor-post elementor-grid-item post-6260 post type-post status-publish format-standard hentry category-bulletin-n32-juin-2011\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-post__text\">\n\t\t\t\t<h3 class=\"elementor-post__title\">\n\t\t\t<a href=\"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/les-familles-seigneuriales\/\" >\n\t\t\t\tLes familles seigneuriales\t\t\t<\/a>\n\t\t<\/h3>\n\t\t<h2 align=\"center\"><b>Les familles seigneuriales<\/b><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h5>par Gilles Durand<\/h5>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<table style=\"margin-left: 10px; margin-bottom: 10px; width: 392px; float: right;\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><img loading=\"lazy\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-content\/uploads\/images\/stories\/bulletin32\/les_familles_seigneuriales.jpg\" alt=\"Amable Dionne, seigneur de Sainte-Anne-de-la-Pocati&egrave;re\" width=\"392\" height=\"480\" title=\"Amable Dionne, seigneur de Sainte-Anne-de-la-Pocati&egrave;re\" \/><\/p>\n<h6>Amable Dionne, seigneur de Sainte-Anne-de-la-Pocati&egrave;re<br \/> et de Saint-Roch-des-Aulnaies<br \/> Cr&eacute;dit : Archives de la C&ocirc;te-du-Sud et du Coll&egrave;ge de Sainte-Anne,<br \/> F100\/713.1\/63<\/h6>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Seigneurs et seigneuries n&rsquo;ont pas fini de susciter l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t des chercheurs. Nos lecteurs sont invit&eacute;s &agrave; <a href=\"http:\/\/federationgenealogie.qc.ca\/site\/Fichiers\/2010_Actes%20de%20congr%e8s.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">consulter le texte d&rsquo;une conf&eacute;rence prononc&eacute;e par Jeannine Ouellet sur les familles seigneuriales dans le Bas-Saint-Laurent au cours des 17<sup>e<\/sup>, 18<sup>e<\/sup> et 19<sup>e<\/sup> si&egrave;cles<\/a>. L&rsquo;information est disponible dans les actes du congr&egrave;s 2010 de la F&eacute;d&eacute;ration qu&eacute;b&eacute;coise des soci&eacute;t&eacute;s de g&eacute;n&eacute;alogie.<\/p>\n<p>Par ses recherches sur les concessionnaires de seigneuries, l&rsquo;auteure d&eacute;montre l&rsquo;importance du statut de seigneur et des liens de parent&eacute; &ndash; &eacute;pouse, fils, fille, gendre, etc. &ndash; dans les unions par mariage entre membres de familles seigneuriales de m&ecirc;me que dans la transmission du patrimoine seigneurial et les associations d&rsquo;affaires; de tels facteurs, menant &agrave; l&rsquo;occasion au cumul de seigneuries, peuvent constituer une explication &agrave; la pr&eacute;sence ou &agrave; l&rsquo;absence du seigneur dans son manoir. L&rsquo;auteure l&egrave;ve aussi le voile sur les suites de la conqu&ecirc;te britannique qui am&egrave;nent la prise en main de seigneuries par des seigneurs autres que d&rsquo;ascendance fran&ccedil;aise, &eacute;cossais par exemple.<\/p>\n<p>Cette &eacute;tude vient s&rsquo;ajouter &agrave; d&rsquo;autres faites r&eacute;cemment sur le monde seigneurial, entre autres sur la pr&eacute;sence des seigneurs comme t&eacute;moins &agrave; un mariage et les motifs sous-jacents, sur la r&eacute;sidence des seigneurs dans leur seigneurie et son impact sur la vie quotidienne des censitaires de m&ecirc;me que sur les efforts des seigneurs, couronn&eacute;s de succ&egrave;s, pour mettre en valeur cette portion de la seigneurie qui constitue leur domaine.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.crccf.uottawa.ca\/ihaf\/programme.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">&Eacute;lisabeth Martineau Montminy<\/a><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.usherbrooke.ca\/histoire\/nous-joindre\/personnel-enseignant\/grenier-benoit\/#c22395\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Beno&icirc;t Grenier<\/a><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.pulaval.com\/catalogue\/portraits-campagnes-formation-monde-rural-laurentien-9533.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Alain Laberge<\/a><\/p>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/article>\n\t\t\t\t<article class=\"elementor-post elementor-grid-item post-6261 post type-post status-publish format-standard hentry category-bulletin-n32-juin-2011\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-post__text\">\n\t\t\t\t<h3 class=\"elementor-post__title\">\n\t\t\t<a href=\"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/de-lancetre-francois-gaulin-note-de-presentation-du-texte-dune-causerie-publiee-dans-le-bulletin-de-lamicale-des-anciens-parlementaires-du-quebec\/\" >\n\t\t\t\tDe l\u2019anc\u00eatre Fran\u00e7ois Gaulin. Note de pr\u00e9sentation du texte d\u2019une causerie publi\u00e9e dans le Bulletin de l\u2019Amicale des anciens parlementaires du Qu\u00e9bec\t\t\t<\/a>\n\t\t<\/h3>\n\t\t<h2 align=\"center\"><b>De l&rsquo;anc&ecirc;tre Fran&ccedil;ois Gaulin.<br \/>Note de pr&eacute;sentation du texte d&rsquo;une causerie publi&eacute;e dans le<br \/><i>Bulletin de l&rsquo;Amicale des anciens parlementaires du Qu&eacute;bec<\/i><\/b><\/h2>\n<\/p>\n<h5>par Andr&eacute; Gaulin<br \/>D&eacute;put&eacute; de Taschereau (1994-1998)<\/h5>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<table style=\"margin-right: 10px; margin-bottom: 10px; width: 207px; float: left;\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><img loading=\"lazy\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-content\/uploads\/images\/stories\/bulletin32\/luc_romanet_andre_gaulin.jpg\" alt=\"Luc Romanet et Andr&eacute; Gaulin au pied de la plaque de la rue d&eacute;di&eacute;e &agrave; Fran&ccedil;ois et Marguerite Gaulin &agrave; Saint-Martin-du-Vieux-Bell&ecirc;me\" width=\"207\" height=\"296\" title=\"Luc Romanet et Andr&eacute; Gaulin au pied de la plaque de la rue d&eacute;di&eacute;e &agrave; Fran&ccedil;ois et Marguerite Gaulin &agrave; Saint-Martin-du-Vieux-Bell&ecirc;me\" \/><\/p>\n<h6>Le maire Luc de Romanet <br \/>et Andr&eacute; Gaulin au pied de la plaque <br \/>de la rue d&eacute;di&eacute;e &agrave; Fran&ccedil;ois <br \/>et Marguerite Gaulin <br \/>&agrave; Saint-Martin-du-Vieux-Bell&ecirc;me<\/p>\n<\/h6>\n<h6>Cr&eacute;dit : Nicole Decostre, de Mons <br \/>(Belgique)<\/h6>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>En mai 2010, Andr&eacute; Gaulin, pr&eacute;sident de l&rsquo;Association des membres de l&rsquo;Ordre des Palmes acad&eacute;miques (AMOPA), Section du Qu&eacute;bec, participait &agrave; un colloque intitul&eacute; &laquo; De la Normandie au Qu&eacute;bec &raquo;. La partie qu&eacute;b&eacute;coise de ce colloque, sous la responsabilit&eacute; scientifique du professeur Aur&eacute;lien Boivin, regroupait neuf conf&eacute;renciers dont cinq venant du Qu&eacute;bec, les quatre autres enseignant la litt&eacute;rature qu&eacute;b&eacute;coise en France, en Italie et en Belgique. Par ailleurs, huit conf&eacute;renciers assuraient la participation normande &agrave; ce colloque de trois jours qui se faisait&nbsp; en trois lieux : Rouen, Caen et Tourouvre. La matin&eacute;e du troisi&egrave;me jour se passait &agrave; Tourouvre avec r&eacute;ception &agrave; la mairie vers midi. L&rsquo;apr&egrave;s-midi de la troisi&egrave;me journ&eacute;e &eacute;tait v&eacute;cue dans l&rsquo;&eacute;glise m&eacute;di&eacute;vale de la petite commune de Saint-Martin-du-Vieux-Bell&ecirc;me d&rsquo;o&ugrave; &eacute;taient partis, vers 1651, Fran&ccedil;ois, Marguerite et Pierre Gaulin, Fran&ccedil;ois &eacute;tant l&rsquo;anc&ecirc;tre de tous les Gaulin d&rsquo;Am&eacute;rique. Pour cette occasion, monsieur le maire Luc de Romanet, ainsi que le pr&eacute;sident de l&rsquo;AMOPA de la section de l&rsquo;Orne (le Perche de jadis), monsieur Jean-Pierre Pelletier, avaient demand&eacute; au pr&eacute;sident Gaulin de faire une conf&eacute;rence sur l&rsquo;anc&ecirc;tre venu en Nouvelle-France, cette conf&eacute;rence &ndash; dont le texte suit &ndash; pr&eacute;c&eacute;dant&nbsp; un r&eacute;cital de textes qu&eacute;b&eacute;cois auquel participaient douze membres de la d&eacute;l&eacute;gation qu&eacute;b&eacute;coise. Le tout avait &eacute;t&eacute; pr&eacute;c&eacute;d&eacute; d&rsquo;un repas &agrave; la mairie et suivi d&rsquo;un cocktail de fermeture au m&ecirc;me endroit. Beaucoup d&rsquo;amopaliens des cinq Sections de la Normandie, ainsi que plusieurs citoyens de Saint-Martin-du-Vieux-Bell&ecirc;me, assistaient &agrave; la conf&eacute;rence suivie du r&eacute;cital.<\/p>\n<p>Voir <a href=\"http:\/\/www.assnat.qc.ca\/fra\/amicale\/bulletins\/V11N2.pdf%20\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">le <i>Bulletin de l&rsquo;Amicale des anciens parlementaires du Qu&eacute;bec<\/i>, vol. 11, no 2, automne 2010, p. 55-58<\/a><\/p>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/article>\n\t\t\t\t<article class=\"elementor-post elementor-grid-item post-6262 post type-post status-publish format-standard hentry category-bulletin-n32-juin-2011\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-post__text\">\n\t\t\t\t<h3 class=\"elementor-post__title\">\n\t\t\t<a href=\"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/les-coureurs-de-bois\/\" >\n\t\t\t\tLes coureurs de bois\t\t\t<\/a>\n\t\t<\/h3>\n\t\t<h2 align=\"center\"><b>Les coureurs de bois<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=387:les-coureurs-de-bois&amp;Itemid=298#anc\"><sup>1<\/sup><\/a><\/b><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h5>par Jean-Denis Robillard<br \/>Membre d&rsquo;honneur de la<br \/>Soci&eacute;t&eacute; historique de Montr&eacute;al<\/h5>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<table style=\"margin-right: 10px; margin-bottom: 10px; width: 305px; float: left;\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><img loading=\"lazy\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-content\/uploads\/images\/stories\/bulletin32\/les_coureurs_de_bois.jpg\" alt=\"Le conf&eacute;rencier Jean-Denis Robillard\" width=\"305\" height=\"228\" title=\"Le conf&eacute;rencier Jean-Denis Robillard\" \/><\/p>\n<h6>Le conf&eacute;rencier Jean-Denis Robillard, 4 d&eacute;cembre 2010<br \/>Cr&eacute;dit : CFQLMC <\/p>\n<\/h6>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><b>Quelques glanures au sujet des coureurs de bois<\/b><br \/>&laquo; Aller dans les bois fut, &agrave; partir de 1763, une occupation annuelle ou semi-annuelle des habitants pour se procurer des fourrures dont l&rsquo;&eacute;change, au magasin de la Compagnie des Indes Occidentales, fournissait un certain nombre d&rsquo;objets n&eacute;cessaires au m&eacute;nage<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=387:les-coureurs-de-bois&amp;Itemid=298#anc\"><sup>2<\/sup><\/a>. &raquo;<\/p>\n<p>&Eacute;crivons en premier lieu que ces hommes dans la force de l&rsquo;&acirc;ge, courageux et parfois t&eacute;m&eacute;raires, aimaient, pour la plupart, l&rsquo;aventure et les risques. D&rsquo;autres y voyaient l&agrave; un moyen de s&rsquo;enrichir beaucoup plus rapidement que de d&eacute;fricher, essoucher, labourer, semer et r&eacute;colter sur une petite terre qui nourrissait &agrave; peine les colons. &laquo; Une troisi&egrave;me classe de coureurs de bois [appara&icirc;t] : ce sont les jeunes gens que le travail de la terre n&rsquo;attire point et qui sont inspir&eacute;s du d&eacute;sir de voir du pays. Ce n&rsquo;&eacute;tait ni des paresseux, ni des dissolus. Ils l&rsquo;ont prouv&eacute; en se fixant au D&eacute;troit, au Wisconsin, aux Illinois, dans l&rsquo;Iowa, dans l&rsquo;Ohio, &agrave; la Louisiane et ailleurs, et en fondant des villes, ici et l&agrave;, au milieu de circonstances qui, pour nous, constitueraient une vie des plus p&eacute;nibles<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=387:les-coureurs-de-bois&amp;Itemid=298#anc\"><sup>3<\/sup><\/a>. &raquo;<\/p>\n<p><b>Qu&rsquo;en est-il des anc&ecirc;tres Robillard?<\/b><br \/>Claude Robillard (1650-1719) &eacute;tait le p&egrave;re d&rsquo;un fils adoptif par alliance et de neuf enfants dont trois furent des &laquo; voyageurs &raquo; ou des coureurs de bois. Claude fils ne fit qu&rsquo;un seul voyage au &laquo; D&eacute;troit &raquo;, histoire de faire un peu d&rsquo;argent pour l&rsquo;aider &agrave; payer sa terre; alors que Adrien et Jean-Baptiste devinrent des coureurs de bois ou plus pr&eacute;cis&eacute;ment des Fran&ccedil;ais qui avaient d&eacute;cid&eacute; de quitter le Qu&eacute;bec pour s&rsquo;&eacute;tablir aux Illinois. Pourquoi? Probablement que Adrien, qui avait quitt&eacute; le 7 ao&ucirc;t 1700 Ville-Marie, avait pris go&ucirc;t &agrave; cette grande libert&eacute; et avait d&eacute;cid&eacute; de vivre dans ce village indien. En d&eacute;cembre de la m&ecirc;me ann&eacute;e, il &eacute;pousait une Illinoise, Domithilde Sanch8eta, &agrave; Kaskaskia. Quant &agrave; Jean-Baptiste, il quittait Lavaltrie le 27 mars 1715, puis il est revenu au Qu&eacute;bec en f&eacute;vrier 1718; mais il est reparti d&eacute;finitivement quelques ann&eacute;es apr&egrave;s le d&eacute;c&egrave;s de son p&egrave;re, Claude, le 24 mai 1719. Jean-Baptiste d&eacute;c&eacute;dait le 14 juillet 1722; il fut inhum&eacute; &agrave; Kaskaskia le 20 ao&ucirc;t 1722.<\/p>\n<p>Pour plus de d&eacute;tails, vous pouvez vous procurer le volume <i>Claude Robillard, ma&icirc;tre boucher de Ville-Marie<\/i> (Brossard, &Eacute;ditions JDR, 2009) chez l&rsquo;auteur, Jean-Denis Robillard (t&eacute;l&eacute;phone 450-466-6422). Un ouvrage de 533 pages avec bibliographie et index.<\/p>\n<p><b>NDLR<\/b> &ndash; Les personnes int&eacute;ress&eacute;es sont invit&eacute;es &agrave; consulter <a href=\"http:\/\/www.histoire-genealogie.com\/spip.php?article1336\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">&laquo; Claude Robillard, jeune Normand, agriculteur en Nouvelle-France &raquo;<\/a>.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Voir aussi un texte de Thomas Wien sur la naissance du mythe du coureur de bois au 17<sup>e<\/sup> si&egrave;cle et sur le foss&eacute; qui se creuse entre le mythe et la r&eacute;alit&eacute; &agrave; compter du 18<sup>e<\/sup> si&egrave;cle : &laquo; Vie et transformation du coureur de bois &raquo; dans <i>M&eacute;moires de Nouvelle-France : de France en Nouvelle-France<\/i> \/ Sous la direction de Philippe Joutard et Thomas Wien avec la collaboration de Didier Poton, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2005, p. 179-186.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h6><a title=\"anc\" name=\"anc\"><\/a>Sources&nbsp;<\/h6>\n<h6>&nbsp;<\/h6>\n<ol>\n<li>\n<h6>Extrait d&rsquo;une conf&eacute;rence prononc&eacute;e par Jean-Denis Robillard sur la vie quotidienne d&rsquo;un pionnier &agrave; Ville Marie au XVII<sup>e<\/sup> si&egrave;cle, d&rsquo;apr&egrave;s les recherches men&eacute;es sur son anc&ecirc;tre, Claude, fermier &agrave; l&rsquo;H&ocirc;tel-Dieu de Montr&eacute;al, fabricant de briques, enfin boucher. La communication a &eacute;t&eacute; donn&eacute;e le 4 d&eacute;cembre 2010 dans le cadre des activit&eacute;s mensuelles de la Soci&eacute;t&eacute; historique de Montr&eacute;al, &agrave; Pointe-&agrave;-Calli&egrave;re, mus&eacute;e d&rsquo;arch&eacute;ologie et d&rsquo;histoire de Montr&eacute;al.<\/h6>\n<\/li>\n<li>\n<h6>Malchelosse, G&eacute;rard. Les coureurs de bois au XVII<sup>e<\/sup> si&egrave;cle. Les Cahiers des Dix, vol. 6 (1941), p. 116.<\/h6>\n<\/li>\n<li>\n<h6>Id., p. 117<\/h6>\n<\/li>\n<\/ol>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/article>\n\t\t\t\t<article class=\"elementor-post elementor-grid-item post-6263 post type-post status-publish format-standard hentry category-bulletin-n32-juin-2011\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-post__text\">\n\t\t\t\t<h3 class=\"elementor-post__title\">\n\t\t\t<a href=\"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/projet-franco-quebecois-sur-le-patrimoine-musical-commun\/\" >\n\t\t\t\tProjet franco-qu\u00e9b\u00e9cois sur le patrimoine musical commun\t\t\t<\/a>\n\t\t<\/h3>\n\t\t<h2 align=\"center\"><b>Projet franco-qu&eacute;b&eacute;cois sur le patrimoine musical commun<\/b><\/h2>\n<h5>par <a href=\"mailto:viamusique@videotron.ca\">Fran&ccedil;ois Leclerc<\/a><\/h5>\n<h5>Directeur artistique, Via Musique \/ Terra Nova<\/h5>\n<p>Une rencontre fort&nbsp; prometteuse a eu lieu le 9 avril 2011 &agrave; Paris entre le secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral de la Commission franco-qu&eacute;b&eacute;coise sur les lieux de m&eacute;moire communs, Gilbert Pilleul, Philippe Maz&eacute;, compositeur et chef de choeur en l&rsquo;&eacute;glise de la Madeleine &agrave; Paris et Fran&ccedil;ois Leclerc, fondateur et directeur artistique du groupe musical qu&eacute;b&eacute;cois Terra Nova.<\/p>\n<p>Les &eacute;changes ont d&rsquo;abord port&eacute; sur les diverses formes que pourrait prendre une collaboration entre la France et le Qu&eacute;bec, plus particuli&egrave;rement entre Terra Nova et la CFQLMC :&nbsp; recherches portant sur le patrimoine musical commun des Fran&ccedil;ais et des Qu&eacute;b&eacute;cois, pr&eacute;sentation de concerts, publication de partitions musicales (chansons et musique instrumentale) destin&eacute;es aux musiciens professionnels et amateurs, enregistrement d&rsquo;un disque, etc.<\/p>\n<p>On doit rappeler que l&rsquo;ensemble Terra Nova s&rsquo;emploie &agrave; faire revivre, en musique, l&rsquo;aventure v&eacute;cue par les premiers explorateurs et colons partis s&rsquo;&eacute;tablir dans la vall&eacute;e du Saint-Laurent.&nbsp; Il compte &agrave; son actif trois disques, plus de 450 concerts, conf&eacute;rences et ateliers &eacute;ducatifs, des trames sonores d&rsquo;expositions mus&eacute;ales et de films, etc. Ce travail r&eacute;alis&eacute; depuis une quinzaine d&rsquo;ann&eacute;es a permis de diffuser &agrave; grande &eacute;chelle des musiques populaires, am&eacute;rindiennes et savantes jou&eacute;es sur instruments d&rsquo;&eacute;poque.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>A l&rsquo;occasion de cette rencontre, a &eacute;t&eacute; avanc&eacute; le projet d&rsquo;une collaboration franco-qu&eacute;b&eacute;coise lors du 350<sup>e<\/sup> anniversaire en 2013 du d&eacute;part des Filles du Roy, Philippe Maz&eacute; pourrait s&rsquo;engager &agrave; composer une &oelig;uvre &eacute;voquant la venue en Nouvelle-France des Filles du Roy.<\/p>\n<p>Fran&ccedil;ois Leclerc avait organis&eacute; en 2008 une premi&egrave;re collaboration franco-qu&eacute;b&eacute;coise &agrave; l&lsquo;occasion du 400<sup>e<\/sup> anniversaire de la fondation de Qu&eacute;bec. Six musiciens qu&eacute;b&eacute;cois et autant de fran&ccedil;ais, tous sp&eacute;cialis&eacute;s en musique ancienne ou traditionnelle, avaient particip&eacute; &agrave; l&rsquo;enregistrement de deux disques consacr&eacute;s &agrave; l&rsquo;&eacute;vocation, en musique, du parcours du fondateur de Qu&eacute;bec, Samuel de Champlain : <i>En compagnie de Samuel de Champlain, de Brouage &agrave; Qu&eacute;bec (volume 1)<\/i> et <i>L&rsquo;Odyss&eacute;e vers Qu&eacute;bec, musiques et r&eacute;cits des &laquo; descouvertures &raquo;<\/i> (volume 2). Des concerts avaient eu lieu dans diverses r&eacute;gions de France et au Qu&eacute;bec. Le Conseil G&eacute;n&eacute;ral de la Charente-Maritime, le Conservatoire Camille-Saint-Sa&euml;ns &agrave; Dieppe (Normandie), le Minist&egrave;re des Relations internationales du Qu&eacute;bec, le Mus&eacute;e de la civilisation, la Soci&eacute;t&eacute; du 400<sup>e<\/sup> anniversaire de Qu&eacute;bec et le Conseil des arts et des lettres du Qu&eacute;bec&nbsp; avaient particip&eacute; &agrave; cette collaboration transatlantique.<\/p>\n<p>Un jumelage similaire est donc en pr&eacute;paration afin de poursuivre ce fascinant travail visant &agrave; recr&eacute;er l&rsquo;univers musical des Fran&ccedil;ais partis peupler la Nouvelle-France. Divers partenaires potentiels seront approch&eacute;s en France et au Qu&eacute;bec afin de participer &agrave; ce projet qui, de par son int&eacute;r&ecirc;t historique et artistique, son originalit&eacute; et son accessibilit&eacute; &agrave; un large public, est susceptible de conna&icirc;tre un rayonnement de premier plan.<\/p>\n<p>Nos lecteurs peuvent retrouver plus d&rsquo;informations sur l&rsquo;Ensemble Terra Nova en consultant les sites: <a href=\"http:\/\/www.viamusique.ca\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">www.viamusique.ca<\/a> ou <a href=\"http:\/\/www.francoisleclerc.ca\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">www.francoisleclerc.ca<\/a><\/p>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/article>\n\t\t\t\t<article class=\"elementor-post elementor-grid-item post-6264 post type-post status-publish format-standard hentry category-bulletin-n32-juin-2011\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-post__text\">\n\t\t\t\t<h3 class=\"elementor-post__title\">\n\t\t\t<a href=\"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/les-filles-du-roy-des-bords-de-seine-aux-rives-du-saint-laurent-1663-1673\/\" >\n\t\t\t\tLes Filles du Roy : Des bords de Seine aux rives du Saint-Laurent 1663-1673\t\t\t<\/a>\n\t\t<\/h3>\n\t\t<h2 align=\"center\"><b>Les Filles du Roy<br \/>Des bords de Seine aux rives du Saint-Laurent<br \/>1663-1673<\/b><\/h2>\n<p><i>par Maud Sirois-Belle et &laquo; ses &raquo; grands-m&egrave;res Filles du Roy<\/i><\/p>\n<p>Le 17 mars 2011 &agrave; la Mairie du 13e arrondissement de Paris, devant 80 membres de la Soci&eacute;t&eacute; d&rsquo;histoire et d&rsquo;arch&eacute;ologie de l&rsquo;arrondissement, Maud Sirois-Belle, membre de la CQLMC section France, a continu&eacute; de d&eacute;rouler l&rsquo;histoire des Filles du Roy. Apr&egrave;s <i>La Salp&ecirc;tri&egrave;re et les Filles du Roy au dix-septi&egrave;me si&egrave;cle<\/i>,&nbsp; conf&eacute;rence donn&eacute;e l&rsquo;an dernier, la Soci&eacute;t&eacute; d&rsquo;histoire lui a demand&eacute; de venir &eacute;voquer le d&eacute;part, l&rsquo;arriv&eacute;e et les ann&eacute;es de vie de ces femmes en Nouvelle-France. &laquo; J&rsquo;ai souhait&eacute; le faire en m&rsquo;appuyant en partie sur des documents d&rsquo;archives, nous dit-elle. J&rsquo;ai voulu suivre les pas de celle qu&rsquo;il m&rsquo;est permis de conna&icirc;tre intimement gr&acirc;ce aux nombreux documents retrouv&eacute;s au sein de l&rsquo;Association des Blais d&rsquo;Am&eacute;rique, mon a&iuml;eule Anne &laquo; Perro &raquo;, Fille du Roy de Paris arriv&eacute;e en 1669, premi&egrave;re &eacute;pouse de Pierre Blais. Partie de l&rsquo;analyse de la vie des pionniers de l&rsquo;Ile d&rsquo;Orl&eacute;ans faite par l&rsquo;ethnologue Bernard Audet (<i>Avoir feu et lieu dans l&rsquo;&icirc;le d&rsquo;Orl&eacute;ans au XVII<sup>e<\/sup> si&egrave;cle<\/i>, P.U.L.,1990), j&rsquo;ai affin&eacute; le travail en braquant la lumi&egrave;re sur l&rsquo;inventaire apr&egrave;s d&eacute;c&egrave;s d&rsquo;Anne Perro. L&rsquo;analyse de cet inventaire fut pour moi une v&eacute;ritable &laquo; rencontre &raquo; avec l&rsquo;histoire des 120 Filles du Roy venues s&rsquo;&eacute;tablir &agrave; l&rsquo;Ile d&rsquo;Orl&eacute;ans entre 1663 et 1673. La d&eacute;couverte d&rsquo;un document dans les Archives de la Salp&ecirc;tri&egrave;re m&rsquo;a permis de dessiner le trac&eacute; d&rsquo;un chemin de m&eacute;moire qui de Paris suit la Seine jusqu&rsquo;&agrave; Rouen, puis rejoint Dieppe et parfois La Rochelle, avant d&rsquo;atteindre le Saint-Laurent et Qu&eacute;bec. &raquo;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>L&rsquo;Am&eacute;rique, une &laquo; affaire &raquo; d&rsquo;hommes<\/b><\/p>\n<p>Eh oui ! la Terre est ronde, et bleue comme une orange, aimait &agrave; dire le po&egrave;te Paul Eluard. Bleue des eaux qui baignent ses continents. Bleue comme les eaux &laquo; am&egrave;res &raquo; de l&rsquo;Ouest, au large desquelles, pensaient les navigateurs portugais et espagnols, se trouverait le pays de l&rsquo;or, de la soie et des &eacute;pices : le &laquo; Cathay &raquo; du c&eacute;l&egrave;bre marchand-voyageur v&eacute;nitien Marco Polo.<\/p>\n<p>L&rsquo;Am&eacute;rique fut d&rsquo;abord affaire d&rsquo;hommes. Navigateurs, explorateurs, cartographes, tous crurent &ecirc;tre sur la route de la Chine par la &laquo; Mer de l&rsquo;Ouest &raquo;. Le royaume de France a &eacute;t&eacute; le dernier pays &agrave; entreprendre ce chemin de conqu&ecirc;te. Fran&ccedil;ois Ier voulant sa part du &laquo; Nouveau Monde &raquo;, l&rsquo;explorateur florentin Giovanni da Verrazano lui offrit, en 1524, un continent de 3000 kilom&egrave;tres de littoral avec de nombreuses baies et de puissants fleuves int&eacute;rieurs, qu&rsquo;il cartographia et nomma en 1529 &laquo; Nouvelle-France &raquo;. L&rsquo;historien qu&eacute;b&eacute;cois Marcel Trudel note : <i>&laquo; Jusqu&rsquo;en 1760, ce toponyme s&rsquo;appliquera &agrave; tout ce que la France revendique ou occupe en Am&eacute;rique du Nord, de la baie d&rsquo;Hudson au golfe du Mexique, du golfe Saint-Laurent &agrave; la &laquo; Mer de l&rsquo;Ouest &raquo;<\/i>.<\/p>\n<p>De 1534 &agrave; 1542, c&rsquo;est au tour du navigateur malouin Jacques Cartier d&rsquo;ouvrir pour le m&ecirc;me Fran&ccedil;ois Ier les portes de ce continent par le fleuve Saint-Laurent : le pays de &laquo; Canada &raquo;, qui signifie &laquo; village &raquo; en iroquoien. La magnificence et les promesses des lieux d&eacute;crits par Cartier firent r&ecirc;ver le souverain au point de l&rsquo;inciter &agrave; y cr&eacute;er un &eacute;tablissement. Mais la mission confi&eacute;e &agrave; Cartier et au sieur La Rocque de Roberval en 1542-1543 se solda par un &eacute;chec ; elle laissa m&ecirc;me dans la m&eacute;moire fran&ccedil;aise l&rsquo;image n&eacute;gative d&rsquo;une colonie &laquo; p&eacute;nale&raquo;. Six mois d&rsquo;hiver mortif&egrave;res, le scorbut assassin, des &laquo; sauvages &raquo; mena&ccedil;ants, des diamants et de l&rsquo;or qui ne sont que poudre aux yeux. Il n&rsquo;en fallait pas plus pour que la France m&icirc;t aux oubliettes ce Canada du bout du monde. Ce fut le point de d&eacute;part des &laquo; contes &agrave; faire peur &raquo; et bient&ocirc;t des &laquo; cancans &eacute;grillards&raquo; sur les &laquo; Filles de joie &raquo; de la Nouvelle-France, rapidement confondue avec les &laquo; &icirc;les d&rsquo;Am&eacute;rique &raquo;, ces Antilles pris&eacute;es par les &eacute;migrants en mal de soleil, de richesses et de moeurs faciles. <\/p>\n<p>Durant de longues ann&eacute;es, on ne vit plus, en ces lieux des &laquo; terres neuves &raquo; du nord de l&rsquo;Am&eacute;rique, que p&ecirc;cheurs de morues et baleiniers ; Fran&ccedil;ais, Anglais, Espagnols, Portugais et Basques se disput&egrave;rent les territoires de p&ecirc;che. Puis vinrent les armateurs-n&eacute;gociants de l&rsquo;Ouest de la France, tr&egrave;s all&eacute;ch&eacute;s par la traite des fourrures. Ils furent nombreux &agrave; s&rsquo;en disputer le monopole. Cela durera longtemps, et paralysera le d&eacute;veloppement d&rsquo;une v&eacute;ritable colonie agraire et de peuplement.<\/p>\n<p>M&ecirc;me apr&egrave;s la fondation de Qu&eacute;bec en 1608, Samuel de Champlain ne parut gu&egrave;re press&eacute; de voir arriver des familles avec femmes et enfants. Pour lui il s&rsquo;agissait de bouches co&ucirc;teuses &agrave; nourrir qui, de plus, ralentiraient les travaux. Explorateurs, coureurs des bois, marchands de fourrures, soldats, interpr&egrave;tes, artisans et hommes de peine, d&eacute;fricheurs et b&acirc;tisseurs, quelques religieux, voil&agrave; la quasi totalit&eacute; des 80 Fran&ccedil;ais pass&eacute;s par ce poste de traite de 1608 &agrave; 1628. Pour ces hommes d&rsquo;aventures et de labeur, les jeunes femmes algonquines et montagnaises dont la libert&eacute; sexuelle apparaissait comme une invite, suffirent &agrave; calmer leurs ardeurs. Les enfants n&eacute;s de ces rencontres passag&egrave;res rest&egrave;rent avec leur m&egrave;re au sein des familles am&eacute;rindiennes. D&rsquo;ailleurs, le r&ecirc;ve de Champlain de voir les gar&ccedil;ons de France &eacute;pouser les filles des tribus d&rsquo;Am&eacute;rique n&rsquo;eut gu&egrave;re de suite, &agrave; quelques exceptions pr&egrave;s (une dizaine d&rsquo;unions tout au plus).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<table style=\"margin-right: 10px; margin-bottom: 10px; width: 350px; float: left;\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><img loading=\"lazy\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-content\/uploads\/images\/stories\/bulletin32\/nouv_france_quebec_1680.jpg\" alt=\"Carte de l'Am&eacute;rique septentrionale (gros plan Qu&eacute;bec) de Franquelin, Bibl du service de la marine (Vincennes)\" width=\"350\" height=\"390\" title=\"Carte de l'Am&eacute;rique septentrionale (gros plan Qu&eacute;bec) de Franquelin, Bibl du service de la marine (Vincennes)\" \/><\/p>\n<h6>Carte de l&#8217;Am&eacute;rique septentrionale (gros plan Qu&eacute;bec) <br \/>de Franquelin, Bibl du service de la marine (Vincennes)<\/h6>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><b>Famille pionni&egrave;re : le &laquo; premier jardin &raquo;<\/b><\/p>\n<p>La premi&egrave;re femme fran&ccedil;aise &agrave; venir vivre &agrave; Qu&eacute;bec fut Marie Rollet. Elle partit de Paris en 1617 avec son mari apothicaire, Louis H&eacute;bert, et ses trois enfants. Premi&egrave;re soignante, premi&egrave;re enseignante, elle a &eacute;t&eacute; active sur tous les fronts, tr&egrave;s pr&eacute;sente aupr&egrave;s des enfants am&eacute;rindiens. C&rsquo;est aussi aux &eacute;poux H&eacute;bert que la petite colonie dut le &laquo; premier jardin &raquo; qui aspirait &agrave; nourrir son monde. Voici comment l&rsquo;&eacute;voque la romanci&egrave;re qu&eacute;b&eacute;coise Anne H&eacute;bert, dans <i>Le Premier Jardin<\/i>:<\/p>\n<p>&laquo; Est-ce donc si difficile de faire un jardin, en pleine for&ecirc;t, et de l&rsquo;entourer d&rsquo;une palissade comme un tr&eacute;sor ? Le premier homme s&rsquo;appelait Louis H&eacute;bert et la premi&egrave;re femme, Marie Rollet. Ils ont sem&eacute; le premier jardin avec des graines qui venaient de France. Ils ont dessin&eacute; le jardin d&rsquo;apr&egrave;s cette id&eacute;e de jardin, ce souvenir de jardin, dans leur t&ecirc;te, et &ccedil;a ressemblait &agrave; s&rsquo;y m&eacute;prendre &agrave; un jardin de France, jet&eacute; dans la for&ecirc;t du Nouveau Monde. Des carottes, des salades, des poireaux, des choux bien align&eacute;s, en rangs serr&eacute;s, tir&eacute;s au cordeau, parmi la sauvagerie de la terre tout alentour. Quand le pommier, ramen&eacute; d&rsquo;Acadie par M. de Mons, et transplant&eacute;, a enfin donn&eacute; ses fruits, c&rsquo;est devenu le premier de tous les jardins du monde, avec Adam et Eve devant le pommier. Toute l&rsquo;histoire du monde s&rsquo;est mise &agrave; recommencer &agrave; cause d&rsquo;un homme et d&rsquo;une femme plant&eacute;s en terre nouvelle. &raquo;<\/p>\n<p>Famille pionni&egrave;re s&rsquo;il en est, elle fut la seule, avec quelques amis fid&egrave;les &ndash; une vingtaine de personnes &ndash; &agrave; rester sur place pendant l&rsquo;occupation des Anglais Kirke, de 1629 &agrave; 1632. Gardienne en quelque sorte de ce monde en germe. Une femme &eacute;tait venue avec son homme et leurs enfants, et cela avait tout chang&eacute;. Leur fille Anne &eacute;tait morte en donnant naissance au premier enfant n&eacute; de Fran&ccedil;ais mari&eacute;s en terre d&rsquo;Am&eacute;rique en 1618. Elle y reposait ainsi que son enfant, bient&ocirc;t rejoints par Louis H&eacute;bert, mort accidentellement en 1627. Guillemette la seconde fille, mari&eacute;e &agrave; Guillaume Couillard en 1621 &agrave; Notre-Dame de Qu&eacute;bec, avait d&eacute;j&agrave; trois enfants n&eacute;s pr&egrave;s de cette &laquo; grande rivi&egrave;re qui marche &raquo;, le Saint-Laurent. Une femme &eacute;tait venue, et sa fille avait fait pousser les premi&egrave;res racines d&rsquo;une &laquo; Neuve France &raquo; ; Guillemette aura 10 enfants. On ne pouvait plus partir. Ecoutons encore Anne H&eacute;bert :<\/p>\n<p>&laquo; Le ciel au-dessus de leur t&ecirc;te est transform&eacute; comme la terre sous leurs pieds. En haut, en bas, le monde n&rsquo;est plus le m&ecirc;me &agrave; cause de la distance qui est entre ce monde-ci et l&rsquo;autre qui &eacute;tait le leur et qui ne sera plus jamais le leur. La vie ne sera plus jamais la m&ecirc;me. Voici, dans la nuit, la vie nouvelle, avec son haleine rude, son air cru jamais respir&eacute;. Ils sont avec elle, pris en elle, comme des petits poissons dans une eau noire. &raquo; <\/p>\n<p>Champlain, pour sa part, amena de France son &eacute;pouse H&eacute;l&egrave;ne Boull&eacute; en 1620 ; mais elle regagna la m&egrave;re-patrie en 1624 et ne revint jamais. Sur les 15 000 migrants envoy&eacute;s dans la colonie au XVIIe si&egrave;cle, 10 000 rentr&egrave;rent en France. Sur les 1800 femmes venues alors, dont pr&egrave;s de 800 &laquo; Filles du Roy &raquo;, peu sont reparties (une trentaine d&rsquo;apr&egrave;s le d&eacute;mographe-historien Yves Landry). Les filets qu&rsquo;elles avaient jet&eacute;s dans l&rsquo;oc&eacute;an du temps ne leur permettaient pas de quitter un lieu d&eacute;sormais leur. Et puis, &laquo; un homme arrive en Nouvelle-France et signe un contrat d&rsquo;engag&eacute; qui le lie pour trois ans &agrave; son employeur(&hellip;). Au bout de ce laps de temps, il est libre de sa destin&eacute;e. Une fille, elle, signe un contrat de mariage, donc un contrat qui la lie pour la vie &agrave; son mari. &raquo;<\/p>\n<p>Le Trait&eacute; de Saint-Germain-en-Laye du 29 mars 1632 restituait Qu&eacute;bec et Port-Royal (Acadie) &agrave; la France. Mais le poste de Qu&eacute;bec avait &eacute;t&eacute; ravag&eacute; par les fr&egrave;res Kirke. La flotte de la Compagnie des Cent Associ&eacute;s et ses 400 colons en route vers Qu&eacute;bec en 1628 avait &eacute;t&eacute; d&eacute;cim&eacute;e par la marine britannique, les colons renvoy&eacute;s en France. La Compagnie &eacute;tait ruin&eacute;e. Tout &eacute;tait &agrave; reb&acirc;tir. D&eacute;cision fut prise en 1632 de confier le d&eacute;veloppement des lieux &agrave; des particuliers. On institua un r&eacute;gime seigneurial administr&eacute; par la Compagnie de la Nouvelle-France (hier, des Cent Associ&eacute;s). C&rsquo;est au premier de ces seigneurs, apothicaire de sa condition, ayant d&eacute;j&agrave; habit&eacute; Qu&eacute;bec au voisinage de Louis H&eacute;bert de 1622 &agrave; 1627, que l&rsquo;on doit le v&eacute;ritable lancement d&rsquo;une colonie de peuplement : Robert Giffard de Mortagne-au-Perche, en Normandie. En trois g&eacute;n&eacute;rations, les 280 hommes, femmes et enfants qui l&rsquo;ont accompagn&eacute;, puis rejoint de 1635 &agrave; 1670, ont jet&eacute; sur la C&ocirc;te de Beaupr&eacute;, avant de gagner l&rsquo;&icirc;le d&rsquo;Orl&eacute;ans et la C&ocirc;te du Sud, les bases d&rsquo;un monde. Ils ont &eacute;t&eacute; les premiers venus, les premiers d&eacute;fricheurs, les premiers b&acirc;tisseurs, les premiers g&eacute;niteurs. Arriv&eacute;s en famille, ils avaient l&rsquo;avance d&rsquo;une ou deux g&eacute;n&eacute;rations.<\/p>\n<p>De 1608 &agrave; 1662 s&rsquo;&eacute;tablirent dans la vall&eacute;e laurentienne, de Qu&eacute;bec &agrave; Montr&eacute;al, 158 femmes (dont 75 Percheronnes) venues avec mari et enfants. <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>Des femmes venues seules<\/b><\/p>\n<p>Le principal flot d&rsquo;immigration fut, d&egrave;s 1647, compos&eacute; d&rsquo;hommes de 15 &agrave; 30 ans, c&eacute;libataires, qui s&rsquo;engageaient aupr&egrave;s d&rsquo;un &laquo; ma&icirc;tre &raquo; pour une p&eacute;riode de trois ans. Ces &laquo; engag&eacute;s &raquo;, appel&eacute;s les &laquo; trente-six mois &raquo;, pouvaient rentrer en France &agrave; la fin de leur contrat. Ils pouvaient aussi demander la &laquo; concession &raquo; d&rsquo;une terre, s&rsquo;installer comme &laquo; habitants &raquo;, &laquo; avoir feu et lieu &raquo; dans une seigneurie. Ayant atteint 25-30 ans, ils &eacute;taient alors autoris&eacute;s et fortement encourag&eacute;s &agrave; se marier. <\/p>\n<p>Les seules &eacute;pouses disponibles &eacute;taient les filles arriv&eacute;es avec leur famille et celles n&eacute;es au pays (qu&rsquo;on maria fort jeunes, d&egrave;s 12-14 ans, dans les deux premi&egrave;res g&eacute;n&eacute;rations). Cependant, d&rsquo;apr&egrave;s Gustave Lanctot qui &eacute;tudia les migrations des femmes vers l&rsquo;Am&eacute;rique aux XVIIe et XVIIIe si&egrave;cles, jusqu&rsquo;en 1662 une soixantaine de filles, li&eacute;es aux familles d&eacute;j&agrave; &eacute;tablies, immigr&egrave;rent individuellement en Nouvelle-France. Elles rejoignaient un fr&egrave;re, une soeur, un oncle, des cousins. Elles voyageaient accompagn&eacute;es par un voisin ou une connaissance. &laquo; A toutes celles-l&agrave;, &eacute;crit Lanctot, s&rsquo;applique le certificat de parfaite moralit&eacute; que leur donne en 1654, le P. Le Mercier, d&eacute;clarant qu&rsquo;on admet que des &laquo; filles fort honnestes &raquo; et &laquo; point d&rsquo;autre dans cette nouvelle peuplade. &raquo; A peine arriv&eacute;es, elles &eacute;taient mari&eacute;es dans leurs milieux apparent&eacute;s. <\/p>\n<p>De 1642 &agrave; 1662, poursuit Lanctot, &laquo; 159 &eacute;pouseuses mettent pied &agrave; terre &agrave; Qu&eacute;bec &raquo;, par petits groupes, sous l&rsquo;impulsion de la &laquo; Soci&eacute;t&eacute; Notre-Dame de Montr&eacute;al pour la conversion des sauvages de la Nouvelle-France &raquo;. Cette soci&eacute;t&eacute;, &eacute;manation de la Compagnie du Saint-Sacrement&nbsp; de Paris, vint cr&eacute;er dans la haute vall&eacute;e laurentienne une&nbsp; terre de mission&nbsp; : Ville-Marie dite plus tard Montr&eacute;al. Les filles &agrave; marier furent recrut&eacute;es par les fondateurs de la soci&eacute;t&eacute; en France, le sieur de la Dauversi&egrave;re dans les pays de la Loire, Jean-Jacques Olier &agrave; Paris dans sa paroisse de Saint-Sulpice, ou par ses repr&eacute;sentants venus express&eacute;ment de Nouvelle-France en qu&ecirc;te d&rsquo;immigrants : Paul Chomedey de Maisonneuve, Jeanne Mance, Marguerite Bourgeoys.<\/p>\n<p>Ces deux derni&egrave;res jou&egrave;rent un r&ocirc;le de premier plan comme accompagnatrices et formatrices des jeunes femmes sans attache familiale dans la colonie. Elles les chaperonn&egrave;rent de France en Nouvelle-France, les h&eacute;berg&egrave;rent, les pr&eacute;par&egrave;rent &agrave; devenir des compagnes &laquo; accomplies &raquo; de pionniers. Elles furent t&eacute;moins aux mariages et marraines &agrave; l&rsquo;occasion. Les Ursulines re&ccedil;urent &eacute;galement ces filles &agrave; marier dans leur maison de Qu&eacute;bec. &laquo; Elles ne se mari&egrave;rent pas l&rsquo;ann&eacute;e de leur d&eacute;barquement. Elles se pr&eacute;par&egrave;rent une ann&eacute;e durant, vraisemblablement sous la tutelle de soeur Bourgeois ou des Ursulines de Qu&eacute;bec, aux devoirs de la vie conjugale. &raquo;, note en 1940 &agrave; leur propos le p&egrave;re Archange Godbout. Leur recrutement, leur transport, leurs effets personnels et leur &eacute;tablissement &agrave; Ville-Marie furent pris en charge par la Soci&eacute;t&eacute; Notre-Dame. <\/p>\n<p>En 1654, il y eut un contingent de dix filles, conduites par M&egrave;re Ren&eacute;e de la Nativit&eacute; de Quimper, qu&rsquo;on pourrait appeler &laquo; Filles de la Reine &raquo;. Ecoutons le p&egrave;re Le Mercier narrer l&rsquo;&eacute;v&eacute;nement dans le Journal des J&eacute;suites de 1654 : &laquo; La Reyne ayant de la tendresse pour la conversion des sauvages, et de l&rsquo;affection pour l&rsquo;establissement de la colonie fran&ccedil;oise en ce nouveau monde, y envoya ce Printemps dernier (1654) quelque nombre de filles tir&eacute;es de maisons d&rsquo;honneur. &raquo; Anne d&rsquo;Autriche, alors reine r&eacute;gente, avait d&eacute;j&agrave; apport&eacute; son aide en 1643 &agrave; l&rsquo;envoi de filles &agrave; marier en Guadeloupe. Ces pupilles royales venaient du Couvent des Filles de Saint-Joseph du Faubourg Saint-Germain &agrave; Paris ; peut-&ecirc;tre s&rsquo;agit-il l&agrave; d&rsquo;une des &laquo; maisons d&rsquo;honneur &raquo; &eacute;voqu&eacute;es par le p&egrave;re Le Mercier ? <\/p>\n<p>On qualifia donc &laquo; d&rsquo;&eacute;pouseuses &raquo; ces femmes de 15 &agrave; 25 ans, c&eacute;libataires ou veuves, venues pour fonder une famille en Nouvelle-France avant 1663. Elles devaient fournir un certificat de moralit&eacute; &eacute;mis par le cur&eacute; de leur paroisse. Richelieu avait d&eacute;cr&eacute;t&eacute; d&egrave;s 1627 que la Nouvelle-France ne serait pas colonie p&eacute;nale, ni terre d&rsquo;asile de Huguenots, et que les colons recrut&eacute;s devraient y &ecirc;tre &laquo; sains &raquo; de corps et d&rsquo;esprit&hellip; Les J&eacute;suites veill&egrave;rent de tout temps au respect de ce &laquo; bon ordre &raquo;. Ce que ne manqu&egrave;rent pas de faire aussi les Sulpiciens de Jean-Jacques Olier, futurs seigneurs de l&rsquo;&icirc;le de Montr&eacute;al.<\/p>\n<p>De 1608 &agrave; 1662, 228 femmes d&eacute;barqu&egrave;rent seules en Nouvelle-France et s&rsquo;y mari&egrave;rent.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>Les &laquo; Amazones &raquo; de Dieu&hellip; fondatrices, accompagnatrices, initiatrices<\/b><\/p>\n<p>On ne peut &eacute;voquer les femmes venues en terre d&rsquo;Am&eacute;rique, sans rappeler celles que le j&eacute;suite Paul Le Jeune qualifia d&rsquo;&laquo; Amazones de Dieu &raquo;. Fondatrices&nbsp; de la premi&egrave;re heure, elles sont d&rsquo;autant plus importantes qu&rsquo;elles mirent en place des &eacute;tablissements qui structur&egrave;rent la vie sociale et communautaire de ce monde naissant. <\/p>\n<p>Madeleine de la Peltrie et Marie Guyart (de l&rsquo;Incarnation) cr&eacute;&egrave;rent le couvent des Ursulines de Qu&eacute;bec en 1639 ; elles y instruisirent des filles am&eacute;rindiennes autant que des filles de pionniers. Avec elles arriv&egrave;rent les Hospitali&egrave;res de Dieppe, sous la direction de Marie Guenet et de Marie Forestier. Ces religieuses soignantes assur&egrave;rent la mise sur pied de l&rsquo;H&ocirc;tel-Dieu de Qu&eacute;bec d&egrave;s 1639. <\/p>\n<p>Jeanne Mance participa tr&egrave;s activement &agrave; la vie de la &laquo; Soci&eacute;t&eacute; Notre-Dame de Montr&eacute;al &raquo;. Administratrice, recruteuse, amasseuse de fonds, elle a sa place aupr&egrave;s de Chomedey de Maisonneuve comme fondatrice de Ville-Marie en 1642. Elle prit en main la cr&eacute;ation de l&rsquo;H&ocirc;tel-Dieu de Montr&eacute;al en 1645 et s&rsquo;y fit seconder &agrave; partir de 1659 par les Hospitali&egrave;res de la Fl&egrave;che. Quant &agrave; Marguerite Bourgeoys, venue s&rsquo;occuper de l&rsquo;&eacute;ducation des enfants &agrave; Montr&eacute;al, elle fut surtout &laquo; l&rsquo;assistante sociale &raquo; de la population de cette &laquo; Ville-Marie &raquo; vacillante, meurtrie par les attaques iroquoises. En 1658, son &eacute;cole vit enfin le jour et, en 1671, fut fond&eacute;e la Congr&eacute;gation de Notre-Dame, premi&egrave;re communaut&eacute; &laquo; s&eacute;culi&egrave;re &raquo; soustraite au r&egrave;glement de la cl&ocirc;ture au XVIIe si&egrave;cle.<\/p>\n<p>&laquo; La Nouvelle-France a donc repr&eacute;sent&eacute;, pour certaines Fran&ccedil;aises du 17e si&egrave;cle, un lieu privil&eacute;gi&eacute; pour l&rsquo;expression de l&rsquo;autonomie et de l&rsquo;initiative. Femmes de la noblesse ou de la bourgeoisie, religieuses ou la&iuml;ques, ces femmes ont trouv&eacute; en Am&eacute;rique un milieu neuf, sans traditions contraignantes et un cadre de vie qui sollicitait toutes les &eacute;nergies disponibles. Aussi longtemps que la colonie s&rsquo;est trouv&eacute;e dans un &eacute;tat de sous-d&eacute;veloppement, les femmes ont donc b&eacute;n&eacute;fici&eacute; d&rsquo;une relative ind&eacute;pendance. &raquo;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Premi&egrave;res venues avec les quelques centaines de femmes d&rsquo;avant 1660, ces fondatrices ont v&eacute;cu au contact des femmes am&eacute;rindiennes. Elles ont appris d&rsquo;elles l&rsquo;art d&rsquo;utiliser les plantes du pays (ma&iuml;s, citrouille, melon d&rsquo;eau, f&egrave;ve, topinambour, baies sauvages, &eacute;corces d&rsquo;arbres, sans oublier le sirop d&rsquo;&eacute;rable) pour nourrir et soigner ; celui de cr&eacute;er des objets d&rsquo;utilit&eacute; quotidienne en bois (micouenne ou grande louche, &eacute;cuelle creus&eacute;e dans les loupes pouss&eacute;es sur les arbres, bo&icirc;te en &eacute;corce) ; et celui de transformer fourrures et peaux en v&ecirc;tements afin de se prot&eacute;ger des grands froids (manchons, pichous, mocassins, mitasses). &laquo;Des savoir-faire s&rsquo;&eacute;changent, une acculturation r&eacute;ciproque, un m&eacute;tissage culturel s&rsquo;op&egrave;re en douceur, entre Am&eacute;rindiennes et Fran&ccedil;aises, puis entre Fran&ccedil;aises. &raquo; Elles sont parvenues &agrave; vivre dans un grand esprit d&rsquo;autonomie, en &laquo; ma&icirc;tresses-femmes &raquo;. Toutes devinrent de v&eacute;ritables entrepreneuses, constructrices, gestionnaires, au m&ecirc;me titre que les hommes qui les entouraient. Elles furent les premi&egrave;res &agrave; se dire &laquo; canadoises &raquo;, &agrave; proclamer leur appartenance &agrave; cette patrie nouvelle. Leurs correspondances (Marie de l&rsquo;Incarnation &eacute;crivit 13 000 lettres), journaux, relations, annales, t&eacute;moignages de leur venue et de leur installation, en font les porte-paroles de celles qui ne purent ni ne surent se raconter. M&ucirc;ries et aguerries par trente ann&eacute;es de vie dans ce pays rude qui r&eacute;clamait courage, r&eacute;solution, g&eacute;n&eacute;rosit&eacute;, elles furent les m&egrave;res-initiatrices des Filles du Roy de 1663-1673.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<table style=\"margin-left: 10px; margin-bottom: 10px; width: 350px; float: right;\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><img loading=\"lazy\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-content\/uploads\/images\/stories\/bulletin32\/entree_riviere_st-laurent_ville_quebec.jpg\" alt=\"l'entr&eacute;e de la rivi&egrave;re de St-Laurent et la ville de Qu&eacute;bec dans le Canada\/1680\" width=\"350\" height=\"461\" title=\"l'entr&eacute;e de la rivi&egrave;re de St-Laurent et la ville de Qu&eacute;bec dans le Canada\/1680\" \/><\/p>\n<h6>L&#8217;Entr&eacute;e de la Rivi&egrave;re de St-Laurent, et la ville de Qu&eacute;bec <br \/>dans le Canada\/1680, Biblioth&egrave;que nationale de France<\/h6>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><b>Les Filles du Roy<\/b><\/p>\n<p>Cependant, il y avait toujours deux fois plus d&rsquo;hommes que de femmes dans la colonie en 1660. Les quelque 1235 &laquo; pionniers &raquo; &eacute;tablis dans les basses terres du Saint-Laurent craignaient de voir leur monde dispara&icirc;tre : n&rsquo;&eacute;taient-ils pas trop peu nombreux, tenus en joug par les Iroquois, dans l&rsquo;impossibilit&eacute; de cr&eacute;er des familles ? Louis XIV et son ministre Colbert entendirent les appels de Pierre Boucher, gouverneur de Trois-Rivi&egrave;res, et de Mgr de Laval, &eacute;v&ecirc;que de Qu&eacute;bec.<\/p>\n<p>En 1663, la colonie laurentienne passa sous administration royale. Et de 1663 &agrave; 1673, on y envoya des femmes pour &laquo; aller faire des familles &raquo;, comme dit Marguerite Bourgeoys. Le Roi prit en charge leur recrutement, leur habillement, leur d&eacute;placement en France et sur mer, leur &eacute;tablissement en Canada. Certaines re&ccedil;urent une dot royale de 50 livres (surtout celles choisies par les dames Bourdon et Estienne &agrave; l&rsquo;H&ocirc;pital g&eacute;n&eacute;ral de Paris en 1669, 1670 et 1671). Plus de 500 de ces 770 pupilles royales &eacute;taient orphelines et provenaient de Maisons de charit&eacute; de Paris, Rouen et La Rochelle. Pour toutes ces raisons, Marguerite Bourgeoys les qualifia de &laquo; Filles du Roy &raquo; dans ses M&eacute;moires.<\/p>\n<p>On fit partir de La Rochelle en 1663, &agrave; destination de Qu&eacute;bec, 225 Fran&ccedil;ais pris en charge par la Couronne ; parmi eux, 36 femmes c&eacute;libataires ou veuves. Ce fut le premier contingent de filles &agrave; marier sous Colbert. C&rsquo;est ce dernier qui, de 1663 &agrave; 1673, m&egrave;nera la danse des recrutements, d&eacute;terminera le nombre de filles &agrave; &laquo; enr&ocirc;ler &raquo;, d&eacute;signera les lieux d&rsquo;o&ugrave; on les &laquo; tirera &raquo;, choisira les &laquo; recruteurs &raquo; et les &laquo; accompagnatrices &raquo;, d&eacute;finira les crit&egrave;res de s&eacute;lection de celles qui devaient aller mettre un monde au monde et fera v&eacute;rifier l&rsquo;&eacute;tat de leur f&eacute;condit&eacute;. C&rsquo;est &eacute;galement lui qui marquera la fin des envois de filles &agrave; marier au Canada apr&egrave;s 1673. Au fait, &laquo; Filles du Roy &raquo; ou &laquo; Filles de Colbert &raquo; ?&hellip;&nbsp; <\/p>\n<p>Le groupe de 1663 fut le seul recrut&eacute; &agrave; La Rochelle et le seul &agrave; quitter ce port. Pour &eacute;viter la venue des protestantes de l&rsquo;Ouest, Colbert exigea que les contingents de filles &agrave; marier soient lev&eacute;s &agrave; Paris (327 de Paris et de l&rsquo;Ile de France) et &agrave; Rouen (128 de Normandie), et que Dieppe soit leur port d&rsquo;embarquement (80% des d&eacute;parts s&rsquo;y firent, dont pr&egrave;s d&rsquo;une centaine de filles originaires du Nord et de l&rsquo;Est). Treize protestantes, dont onze sans doute &laquo; bien converties &raquo; au Couvent de la Providence de La Rochelle, vinrent tout de m&ecirc;me en Nouvelle-France en 1663 et 1666 (Catherine Fi&egrave;vre, l&rsquo;une de mes grands-m&egrave;res fondatrices, arriv&eacute;e en 1663, &eacute;tait d&rsquo;une famille protestante de Niort). La fili&egrave;re habituelle des recrutements au port de La Rochelle fut n&eacute;anmoins suivie par nombre de femmes : on en compte 102 en provenance du Poitou-Charentes.<\/p>\n<p>En 1665, d&eacute;barqu&egrave;rent &agrave; Qu&eacute;bec 1200 soldats du R&eacute;giment de Carignan-Sali&egrave;res enr&ocirc;l&eacute;s pour combattre les Iroquois ; arriv&egrave;rent &eacute;galement 90 filles &agrave; marier dont <i>&laquo; cinquante viennent d&rsquo;une maison de charit&eacute; de Paris &raquo;<\/i>, lit-on dans le Journal des J&eacute;suites. S&rsquo;agirait-il d&eacute;j&agrave; de la Salp&ecirc;tri&egrave;re ? La paix sign&eacute;e avec les Indiens en 1667, 400 soldats accept&egrave;rent de s&rsquo;&eacute;tablir au Canada. <i>&laquo; Louis XIV (&hellip;) leur accorde des vivres pour un an et des gratifications dont le montant varie suivant le grade. L&rsquo;intendant Talon voit &agrave; ce que des terres leur soient conc&eacute;d&eacute;es. &raquo;<\/i> Colbert fit rechercher en France, aupr&egrave;s de familles de petite noblesse ou de la bourgeoisie, des &laquo; demoiselles de qualit&eacute; &raquo; destin&eacute;es aux officiers rest&eacute;s sur place. Les &laquo; bonnes familles &raquo; casaient ainsi une fille d&rsquo;une fratrie importante, une vieille fille qui n&rsquo;avait pas trouv&eacute; mari en France, ou mettaient &agrave; l&rsquo;abri de leur revers de fortune une fille sans dot. On pouvait aussi de cette fa&ccedil;on &eacute;loigner une &laquo; scandaleuse &raquo; qui risquait de nuire aux siens (il en alla sans doute ainsi pour l&rsquo;une de mes a&iuml;eules, Catherine de Baillon ). Une quarantaine de ces demoiselles rejoignirent Qu&eacute;bec en 1667, puis en 1671. La plupart &eacute;pous&egrave;rent des hommes de leur condition ; d&rsquo;autres se retrouv&egrave;rent dans la masse des fourn&eacute;es de 1668-69-70-71, et leur sort fut moins heureux.<\/p>\n<p>(Ce fut le cas de Marie Major, fille d&rsquo;un receveur des imp&ocirc;ts du Calvados, arriv&eacute;e en 1668. Elle &eacute;pousa Antoine Roy dit Desjardins, un tonnelier de Bourgogne, soldat du R&eacute;giment de Carignan pas tr&egrave;s courageux, pas tr&egrave;s dou&eacute; en affaires et coureur de jupons ; il trouva le moyen de se faire occire par le mari de sa ma&icirc;tresse. Marie Major finit sa vie dans la mis&egrave;re et la solitude, rejet&eacute;e pour ne pas avoir su &laquo; retenir &raquo; son homme . Son fils unique, Pierre Roy dit Desjardins, lui donna 20 petits enfants, dont Fran&ccedil;oise, qui &eacute;pousa mon anc&ecirc;tre Fran&ccedil;ois Sirois dit Duplessis.) 81 femmes quitt&egrave;rent Paris et l&rsquo;Ile de France en cette ann&eacute;e 1668. De la Salp&ecirc;tri&egrave;re ou de Saint-Sulpice ?<\/p>\n<p>365 Filles du Roy &eacute;migr&egrave;rent au Canada de 1669 &agrave; 1671, dont une majorit&eacute; recrut&eacute;e &agrave; la Piti&eacute; et &agrave; la Salp&ecirc;tri&egrave;re. Leur s&eacute;lection et leur encadrement furent confi&eacute;s &agrave; Anne Gasnier dame Bourdon, riche et g&eacute;n&eacute;reuse veuve de Qu&eacute;bec, amie de Marie de l&rsquo;Incarnation, et &agrave; Elisabeth Estienne, Parisienne privil&eacute;gi&eacute;e par Colbert. (Yves Landry, qui a proc&eacute;d&eacute; &agrave; l&rsquo;analyse de l&rsquo;ensemble de ces d&eacute;parts, donne encore 51 filles issues de la Piti&eacute; et de Saint-Sulpice pour l&rsquo;ann&eacute;e 1673.) <\/p>\n<p>Pr&egrave;s de 327&nbsp; Filles du Roy &eacute;taient originaires de Paris et de l&rsquo;Ile de France, dont 46 de la paroisse Saint-Sulpice. Plus de 250 &eacute;taient issues de la Piti&eacute; et de la Salp&ecirc;tri&egrave;re. Les trois-quarts &eacute;taient orphelines et un grand nombre avait entre 14 et 20 ans.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<table style=\"margin-right: 10px; margin-bottom: 10px; width: 350px; float: left;\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><img loading=\"lazy\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-content\/uploads\/images\/stories\/bulletin32\/paris_pont_royal_pont_rouge.jpg\" alt=\"Pont rouge dit aussi pont du Louvre XVIIe si&egrave;cle, dessin anonyme (Gallica image 07744758)\" width=\"350\" height=\"297\" title=\"Pont rouge dit aussi pont du Louvre XVIIe si&egrave;cle, dessin anonyme (Gallica image 07744758)\" \/><\/p>\n<h6>Pont rouge dit aussi &#8220;pont du Louvre XVIIe si&egrave;cle&#8221; <br \/>dessin anonyme (Gallica image 07744758) <\/h6>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><b>Embarquement pour &laquo; l&rsquo;Hiver &raquo;<\/b><\/p>\n<p>Qu&rsquo;entendons-nous dans la brume matinale flottant au-dessus de la rivi&egrave;re la Bi&egrave;vre ?<\/p>\n<p>Serions-nous comme par magie dans un tableau de Watteau que cette vall&eacute;e parisienne inspira tant de fois ? Qu&rsquo;est-ce donc que ces voix de jeunes filles qui &eacute;veillent les oiseaux au nid ? <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&laquo; Veni, creator, Spiritus,<br \/>Mentes tuorum visita&hellip; &raquo;<br \/>(Viens en nous, Esprit cr&eacute;ateur,<br \/>Visite les &acirc;mes des tiens&hellip;)<\/p>\n<p>Il est &agrave; peine quatre heures du matin, et voil&agrave; qu&rsquo;avancent des jeunes filles bien escort&eacute;es dans la campagne le long de la Bi&egrave;vre. Mais ce sont les pensionnaires de la Maison de Piti&eacute;, voisine du Jardin royal des simples ! Une autre brigade, descendue de Saint-Jacques vers les bords de Seine, les rejoint au droit du pont de Bi&egrave;vre o&ugrave; attendent celles de la Salp&ecirc;tri&egrave;re. Toutes montent dans un bateau plat en chantant encore et toujours le &laquo; Veni creator &raquo;. Elles descendent la Seine jusqu&rsquo;au pont du Louvre o&ugrave; est amarr&eacute; un grand &laquo; foncet &raquo; de Rouen. Encadr&eacute;es par les archers de l&rsquo;H&ocirc;pital et par ceux du Grand Pr&eacute;vost qui vont les accompagner jusqu&rsquo;&agrave; Rouen, on les place dans le foncet sur des bottes de paille couvertes de toile, avec au milieu du bateau leurs hardes bien emball&eacute;es ; d&rsquo;un c&ocirc;t&eacute; celles de la Piti&eacute;, de l&rsquo;autre celles de la Salp&ecirc;tri&egrave;re. Les administrateurs sont l&agrave;, de m&ecirc;me que la directrice de la Salp&ecirc;tri&egrave;re, Mademoiselle de Mouchy, qui exhorte toutes les filles &agrave; se soumettre &agrave; l&rsquo;autorit&eacute; de la soeur offici&egrave;re. A dix heures du matin elles partent enfin&hellip;<\/p>\n<p>Ces lignes sont inspir&eacute;es par un court r&eacute;cit tenant sur un mince feuillet, d&eacute;couvert dans les archives de l&rsquo;Assistance publique des H&ocirc;pitaux de Paris d&eacute;but 2010 (&agrave; ma connaissance, le seul t&eacute;moignage &eacute;manant de l&rsquo;H&ocirc;pital g&eacute;n&eacute;ral qui relate un d&eacute;part de ses pensionnaires vers le Canada.) &laquo; M. de Pajot et Grenapin ont fait r&eacute;cit de ce qui s&rsquo;est pass&eacute; hier &agrave; la sortie des filles de l&rsquo;hopital que l&rsquo;on envoie au Canada &raquo;. Sign&eacute; par ces messieurs, le texte est dat&eacute; du 26 avril 1670. S&rsquo;y confirme que les Filles du Roy &eacute;taient issues autant de la Piti&eacute; que de la Salp&ecirc;tri&egrave;re, et que d&rsquo;autres arrivaient du quartier Saint-Jacques, voisin de la paroisse Saint-Sulpice. Gr&acirc;ce &agrave; ce document, nous pouvons mettre en place les balises d&rsquo;un chemin de m&eacute;moire qui de Paris nous m&egrave;nera &agrave; Rouen, &agrave; Dieppe, puis &agrave; La Rochelle. Chemin d&rsquo;eau qui transportera ces jeunes femmes par-del&agrave; les mers, apr&egrave;s de longs mois de travers&eacute;e houleuse et p&eacute;rilleuse o&ugrave; certaines mourront (une soixantaine, &eacute;value Yves Landry), jusqu&rsquo;au grand fleuve appel&eacute; &agrave; &ecirc;tre l&rsquo;horizon de leur vie : le Saint-Laurent. 120 d&rsquo;entre elles prendront racine dans l&rsquo;Ile d&rsquo;Orl&eacute;ans, &laquo; berceau de l&rsquo;Am&eacute;rique fran&ccedil;aise &raquo;, Cyth&egrave;re du Nord&hellip;<\/p>\n<p>&laquo; Il faudrait les nommer toutes, &agrave; haute voix, les appeler par leur nom, face au fleuve d&rsquo;o&ugrave; elles sont sorties au dix-septi&egrave;me si&egrave;cle, pour nous mettre au monde et tout le pays avec nous &raquo;, &eacute;crit Anne H&eacute;bert.<\/p>\n<p>Anne Perro de Saint-Sulpice Paris, arriv&eacute;e en 1669, mon a&iuml;eule Blais<br \/>Marie Major de Normandie, arriv&eacute;e en 1668, mon a&iuml;eule Sirois <br \/>*Catherine Fi&egrave;vre du Poitou (1663)<br \/>*Marie Lafaye de Saintonge (1663)<br \/>Louise Menacier de Bourgogne (1663)<br \/>*Marguerite Peuvrier de Paris (1663)<br \/>*Marguerite Abraham de Paris (1665)<br \/>Marguerite Leclerc de Tours (1665)<br \/>*Marie Magnier d&rsquo;origine inconnue (1665)<br \/>Fran&ccedil;oise Pilois de Paris (1665)<br \/>*Anne Rivet de Normandie (1665)<br \/>Marguerite Paquet du Poitou (1667)<br \/>*Marie Dallon de Saintonge (1668)<br \/>Martine Crosnier de Normandie&nbsp; (1669)<br \/>Catherine de Baillon de l&rsquo;Ile de France (1669)<br \/>Barbe d&rsquo;Orange de Chartres (1669)<br \/>Jeanne Campion de Normandie (1670)<br \/>*Fran&ccedil;oise Durand de Normandie (1670)<br \/>Marie Guillaume de Paris (1670)<br \/>Anne Lagou du Mans (1670)<br \/>*Anne Langlois de Saint-Sulpice\/Meudon (1670)<br \/>Agn&egrave;s Lefebvre de Paris (1670)<br \/>Fran&ccedil;oise Michelle de Bourgogne (1670)<br \/>Jeanne Savonnet de Paris (1670)<br \/>*Madeleine Thibierge de Blois (1670)<br \/>Jeanne Chevalier de Normandie (1671)<br \/>Anne Roy de Paris (1671)<br \/>*Constance Lepage de Bourgogne (1673), et d&rsquo;autres encore&hellip;<\/p>\n<p>Ces 28 Filles du Roy apparaissent dans le chevelu des arbres de mon histoire familiale ; nombreuses sont pr&eacute;sentes en t&ecirc;te de plusieurs branches. 11 d&rsquo;entre elles (*) font partie des Filles du Roy &eacute;tablies &agrave; l&rsquo;Ile d&rsquo;Orl&eacute;ans entre 1663 et 1673 (comme mon a&iuml;eule&nbsp; maternelle Anne Perro &mdash; Perrault&mdash; arriv&eacute;e en 1669). 9 sont des filles de &laquo; l&rsquo;envoi &raquo; de l&rsquo;H&ocirc;pital g&eacute;n&eacute;ral du 26 avril 1670.<\/p>\n<p>&laquo; Ce n&rsquo;est rien (&#8230;) de r&eacute;citer un chapelet de noms de filles, de leur rendre hommage, de les saluer au passage, de les ramener sur le rivage, dans leurs cendres l&eacute;g&egrave;res, de les faire s&rsquo;incarner &agrave; nouveau (&#8230;) celles qui sont rentr&eacute;es en France, trop effray&eacute;es pour vivre ici, parmi les sauvages, la for&ecirc;t et le terrible hiver, celles qui ont eu dix ou quinze enfants (telle mon a&iuml;eule Anne Perro, morte en couches), celles qui les ont tous perdus &agrave; mesure, celle qui a r&eacute;ussi &agrave; en sauver un seul (&hellip;), celle qui a &eacute;t&eacute; ras&eacute;e et battue de verges aux carrefours ordinaires de la ville pour crime d&rsquo;adult&egrave;re (Anne Godeby arriv&eacute;e en 1669, amante d&rsquo;Antoine Roy dit Desjardins, l&rsquo;&eacute;poux de Marie Major, mon a&iuml;eule Sirois) et la petite Ren&eacute;e Chauvreux enterr&eacute;e dans le cimeti&egrave;re, le cinq janvier 1670, venue de France par les derniers vaisseaux et trouv&eacute;e morte dans les neiges&hellip; comment la r&eacute;veiller&hellip; lui demander son secret de vie et de mort. &raquo;<\/p>\n<p>(Anne H&eacute;bert)<\/p>\n<p><b>Les Filles de l&rsquo;Ile<\/b><\/p>\n<p>Entass&eacute;es dans la &laquo; Sainte-Barbe &raquo; pendant toute la travers&eacute;e, non loin des vaches, des porcs et des chevaux, dans une promiscuit&eacute; qui rappelait celle de l&rsquo;H&ocirc;pital g&eacute;n&eacute;ral, coup&eacute;es de l&rsquo;&eacute;quipage et des autres centaines de passagers, tr&egrave;s encadr&eacute;es et surveill&eacute;es par leurs accompagnatrices, nourries de biscuits de matelot, de pois, de morue s&eacute;ch&eacute;e, de harang, de lard sal&eacute; et d&rsquo;eau douce vite croupie, ces jeunes demoiselles&nbsp; se montraient parfois turbulentes et insoumises. &laquo; Ayant est&eacute; <span style=\"text-decoration: underline;\">nomm&eacute;e<\/span> pour aller en Canada <span style=\"text-decoration: underline;\">par ordre du Roy<\/span> &raquo;, dit Marie-Claude Chamois, &agrave; peine 14 ans lors de sa travers&eacute;e en 1670. Il leur arrivait d&rsquo;avoir des hauts-le-coeur face &agrave; leur sort de &laquo; volontaire-involontaire &raquo;. En d&eacute;pit de l&rsquo;espoir d&rsquo;une autre vie et d&rsquo;un r&ecirc;ve de libert&eacute;, les chahutait sans cesse la peur, la grande peur de l&rsquo;inconnu.<\/p>\n<p>La travers&eacute;e de l&rsquo;Atlantique s&rsquo;&eacute;ternisait deux ou trois longs mois. Sans oublier la remont&eacute;e &eacute;blouissante, mais tr&egrave;s difficile du Saint-Laurent qui pouvait prendre encore des semaines, car il fallait souvent rallier Qu&eacute;bec en barque &agrave; partir de Tadoussac (180 kilom&egrave;tres en aval). Elles avaient bien le temps de faire connaissance, de nouer des amiti&eacute;s, de commencer &agrave; tisser la toile du monde futur. C&rsquo;est aussi sur le bateau que d&eacute;butait la francisation des unes par les autres. Les Parisiennes, plus nombreuses, ma&icirc;trisaient le fran&ccedil;ais officiel et entra&icirc;naient les &laquo; patoisantes &raquo; dans leur sillage. Une fois d&eacute;barqu&eacute;es, libres de choisir leurs &eacute;poux, certaines furent &laquo; soeurs &raquo; dans ce choix, &eacute;lirent des hommes vivant au voisinage les uns des autres. Pour la majorit&eacute; de ces femmes sans lien familial, sur les navires se dessinait la carte de leur avenir social. Une fois &agrave; terre, s&rsquo;imposerait &agrave; elles le n&eacute;cessaire &laquo; enracinement &raquo;. Ecoutons cette voix qui les rappelle si bien, Anne H&eacute;bert :<\/p>\n<p>&laquo; Ils sont tous l&agrave; sur le rivage, en attente des bateaux venant de France. Gouverneur, intendant et gentilshommes endimanch&eacute;s, empanach&eacute;s, emplum&eacute;s(&hellip;), malgr&eacute; la chaleur et les maringouins. Quelques religieuses r&eacute;sistent au vent du mieux qu&rsquo;elles le peuvent dans un grand remuement de voiles, de guimpes, de scapulaires, de cornettes et de barbettes. Des soldats fra&icirc;chement licenci&eacute;s, ras&eacute;s de frais selon les ordres re&ccedil;us(&hellip;) &eacute;carquillent les yeux(&hellip;) en attente de la promesse, en marche vers eux sur le fleuve immense qui miroite dans le soleil.<\/p>\n<p>En bas, en haut du cap, l&rsquo;&eacute;bauche de la ville plant&eacute;e dans la sauvagerie de la terre, tout contre le souffle de la for&ecirc;t(&hellip;) pleine de rumeurs sourdes(&hellip;).<\/p>\n<p>Cette fois-ci, il ne s&rsquo;agit pas seulement de farine et de sucre, de lapins, de coqs et de poules(&hellip;) de pichets d&rsquo;&eacute;tain et de couteaux &agrave; manche de corne, de pi&egrave;ces de drap et d&rsquo;&eacute;tamine, d&rsquo;outils et de coton &agrave; fromage, c&rsquo;est une cargaison de filles &agrave; marier, aptes &agrave; la g&eacute;n&eacute;ration dont il est bel et bien question.<\/p>\n<p>(&#8230;)Les voici qui se pressent sur le pont, les unes contre les autres, comme un bouquet qu&rsquo;on a ficel&eacute; trop serr&eacute; (&#8230;) La d&eacute;cence de leurs costumes a tout de suite &eacute;t&eacute; remarqu&eacute;e avec satisfaction par le Gouverneur et l&rsquo;Intendant. Il s&rsquo;agit de savoir, avant m&ecirc;me d&rsquo;avoir distingu&eacute; leurs visages, si elles sont modestes et bien soign&eacute;es de leur personne. Le reste de l&rsquo;examen minutieux et pr&eacute;cis se fera, en temps et lieu, petit &agrave; petit, &agrave; mesure qu&rsquo;elles viendront vers nous avec leurs jeunes corps vou&eacute;s sans r&eacute;serve &agrave; l&rsquo;homme, au travail et &agrave; la maternit&eacute;. &raquo;<\/p>\n<p>Voil&agrave; toute trac&eacute;e la vie de celles qui, plusieurs mois apr&egrave;s avoir quitt&eacute; les bords de Seine, mettent enfin pied &agrave; terre sur les rives du Saint-Laurent, dans le port de Qu&eacute;bec. Comment les nommer toutes ? Leurs destin&eacute;es semblent ne plus faire qu&rsquo;une, entra&icirc;n&eacute;es&nbsp; qu&rsquo;elles sont dans le m&ecirc;me sillon. Aussi, prenons la main que tend Anne Perro, ma premi&egrave;re grand-m&egrave;re Blais, mon a&iuml;eule Fille du Roy, et marchons dans ses pas.<\/p>\n<p>Une fois ces dames install&eacute;es dans les maisons qui les accueillent &agrave; Qu&eacute;bec (chez Mme de la Peltrie, les Ursulines, Mme Bourdon, les Hospitali&egrave;res), l&rsquo;intendant pr&eacute;cipite le mouvement. Il n&rsquo;est pas question qu&rsquo;elles se pr&eacute;lassent une ann&eacute;e durant avant de trouver mari. Et les messieurs aussi doivent se pr&eacute;senter dans les quinze jours qui suivent l&rsquo;arriv&eacute;e des demoiselles pour trouver une fianc&eacute;e, sinon plus de permis de chasse, de p&ecirc;che et de traite avec les sauvages&hellip; Les rencontres avaient lieu en majorit&eacute; &agrave; Qu&eacute;bec, comme les mariages. On r&eacute;digeait un contrat devant notaire (certaines filles annuleront un premier et parfois un second contrat, avant de signer celui de l&rsquo;heureux &eacute;lu. On les mariait alors en grand nombre &agrave; l&rsquo;&eacute;glise Notre-Dame de Qu&eacute;bec, raconte Marie de l&rsquo;Incarnation &agrave; son fils en octobre 1669 :<\/p>\n<p>&laquo; Les vaisseaux ne sont pas plut&ocirc;t arrivez que les jeunes hommes y vont chercher des femmes, et dans le grand nombre des uns et des autres on les marie par trentaines. Les plus avisez commencent &agrave; faire une habitation un an devant que de se marier, parceque ceux qui ont une habitation trouvent un meilleur parti ; c&rsquo;est la premi&egrave;re chose dont les filles s&rsquo;informent, et elles font sagement, parceque ceux qui ne sont point &eacute;tablis souffrent beaucoup avant que d&rsquo;&ecirc;tre &agrave; leur aise. &raquo;<\/p>\n<p>(Anne Perro a choisi d&rsquo;&eacute;pouser Pierre Blais, un engag&eacute; originaire du Poitou arriv&eacute; en 1664. Mgr de Laval, Seigneur de Beaupr&eacute; et d&rsquo;Orl&eacute;ans, avait octroy&eacute; &agrave; celui-ci une terre de 3 arpents de front sur 40 de profondeur en 1667 dans l&rsquo;Ile d&rsquo;Orl&eacute;ans. Pierre a donc &laquo; feu et lieu &raquo; dans la seigneurie d&rsquo;Orl&eacute;ans.)<\/p>\n<p>Cette &icirc;le en forme de berceau, au coeur du fleuve face &agrave; Qu&eacute;bec, d&eacute;nomm&eacute;e &laquo; Ouindigo &raquo; (l&rsquo;ensorcel&eacute;e) par les Algonquins, &laquo; Bacchus &raquo; en 1535, puis &laquo; d&rsquo;Orl&eacute;ans &raquo; en 1536 par Cartier, &eacute;tait &agrave; peine habit&eacute;e lorsque d&eacute;buta l&rsquo;implantation des onze premi&egrave;res Filles du Roy en 1663. 56 &eacute;taient d&eacute;j&agrave; install&eacute;es lorsqu&rsquo;arriv&egrave;rent celles de 1669. Le registre des mariages de la premi&egrave;re paroisse de l&rsquo;&icirc;le, Sainte-Famille, s&rsquo;ouvre avec les unions des Filles du Roy de 1669 ; d&rsquo;avril &agrave; novembre on en compte 32, dont les 29 descendues du vaisseau le Saint-Jean-Baptiste fin juin-d&eacute;but juillet. Octobre fut le mois le plus riche en c&eacute;l&eacute;brations (1 ou 2 mariages tous les deux jours). (Le contrat de mariage d&rsquo;Anne Perro et Pierre Blais a &eacute;t&eacute; sign&eacute; le 23 septembre 1669 devant le notaire Duquet.) Quelle surprise, quelle &eacute;motion de d&eacute;couvrir la signature de mon a&iuml;eule au bas de ce papier officiel ! Ainsi savait-elle &eacute;crire : cette signature est un prolongement d&rsquo;elle.<\/p>\n<table style=\"margin-left: 10px; margin-bottom: 10px; width: 300px; float: right;\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><img loading=\"lazy\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-content\/uploads\/images\/stories\/bulletin32\/anne_perro.jpg\" alt=\"Anne Perro\" width=\"300\" height=\"106\" title=\"Anne Perro\" \/><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Comme dans beaucoup de contrats des pupilles royales y appara&icirc;t la signature d&rsquo;Anne Gasnier, leur marraine en quelque sorte. La signature d&rsquo;un autre t&eacute;moin rev&ecirc;t une certaine importance au bas de cet acte, celle de Marguerite Provost (Pr&eacute;vost). Fille du Roy de 1669, elle &eacute;pousa Martin Poisson, un voisin de Pierre Blais le 27 octobre. C&rsquo;est lui qui sera nomm&eacute; &laquo; subrog&eacute; tuteur &raquo; des enfants mineurs de Pierre, apr&egrave;s le d&eacute;c&egrave;s d&rsquo;Anne Perro. Les liens tiss&eacute;s dans leur maison de vie en France, sur le bateau et dans l&rsquo;Ile ont bien exist&eacute; entre ces femmes d&eacute;sormais &laquo; canadoises &raquo;. Parmi les sept couples de voisins-amis r&eacute;unis lors de la signature de l&rsquo;acte de tutelle le 18 avril 1689, cinq comptaient des compagnes du &laquo; grand voyage &raquo; d&rsquo;Anne Perro. <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>(Pierre Blais et Anne Perro se mari&egrave;rent &agrave; Sainte-Famille le 12 octobre 1669. Anne Perro eut 10 enfants, dont sept v&eacute;curent. Pierre, Antoine, Jacques, Marie-Anne et Jean unirent leur vie &agrave; des&nbsp; filles et fils de Filles du Roy et firent souche sur la C&ocirc;te du Sud, en face de l&rsquo;Ile d&rsquo;Orl&eacute;ans. Anne Perro mourut le&nbsp; 29 juin 1688 en donnant naissance &agrave; Marguerite. Pierre Blais se remaria le 5 juin 1689 avec Elisabeth Royer, de&nbsp; vingt-huit ans sa cadette ; elle &eacute;tait la fille de Marie Targer, Fille du Roy de 1663, protestante de La Rochelle.)<\/p>\n<p>De 1663 &agrave; 1673, 120 Filles du Roy vinrent vivre dans l&rsquo;&icirc;le d&rsquo;Orl&eacute;ans ; vingt ans plus tard, on y comptait 189 familles (1149 habitants) r&eacute;parties dans 5 paroisses ; ces &laquo; filles &raquo; constituaient les deux tiers des &eacute;pouses. &laquo; La fertilit&eacute; du sol attira tr&egrave;s t&ocirc;t l&rsquo;attention des habitants et l&rsquo;Ile d&rsquo;Orl&eacute;ans fut l&rsquo;un des premiers foyers de colonisation de la Nouvelle-France. &raquo; (Jean Poirier) &laquo; L&rsquo;Ile d&rsquo;Orl&eacute;ans est un lieu symbolique et mythique, le berceau d&rsquo;un peuple tenace qui, depuis quatre si&egrave;cles, marque l&rsquo;Am&eacute;rique du sceau de la civilisation fran&ccedil;aise.&raquo; (Michel Lessard)<\/p>\n<p>Si on dessine une carte de la vall&eacute;e du Saint-Laurent en identifiant les 58 lieux d&rsquo;implantation des Filles du Roy, de Qu&eacute;bec &agrave; Montr&eacute;al, sur la rive Sud et sur la rive Nord, on constate qu&rsquo;elles &eacute;taient r&eacute;parties tout au long du fleuve. Apr&egrave;s leur mariage &agrave; Qu&eacute;bec, elles suivaient leurs &eacute;poux dans les paroisses existantes, dans quelques seigneuries privil&eacute;gi&eacute;es et dans les zones rurales qu&rsquo;on voulait d&eacute;velopper. Certaines, isol&eacute;es au milieu de nulle part, se sentaient, de novembre &agrave; mai, prisonni&egrave;res de leurs arpents de neige. Les maisons &eacute;taient tr&egrave;s &eacute;loign&eacute;es les unes des autres, enferm&eacute;es dans une frondaison &eacute;paisse. Il n&rsquo;y avait pas de route praticable, seulement le chemin de l&rsquo;eau et en hiver, raquettes aux pieds, on devait franchir lacs et rivi&egrave;res gel&eacute;s. &laquo; Mon pays ce n&rsquo;est pas un pays, c&rsquo;est l&rsquo;hiver &raquo; auraient-elles pu chanter bien avant le po&egrave;te Gilles Vigneault.<\/p>\n<p>&laquo; Il y eut mille jours et mille nuits, et c&rsquo;&eacute;tait la for&ecirc;t, encore mille jours et mille nuits, et c&rsquo;&eacute;tait toujours la for&ecirc;t, de grands pans de pins et de ch&ecirc;nes d&eacute;valaient le cap, jusqu&rsquo;au fleuve, et la montagne &eacute;tait derri&egrave;re, basse et trapue, une des plus vieilles montagnes du globe, couverte d&rsquo;arbres aussi. On n&rsquo;en finissait pas d&rsquo;accumuler les jours et les nuits dans la sauvagerie de la terre. &raquo; (Anne H&eacute;bert)<\/p>\n<p><b>Coffre d&rsquo;esp&eacute;rance<\/b><\/p>\n<p>L&rsquo;immensit&eacute;, la d&eacute;mesure d&rsquo;un monde nordique, voil&agrave; ce que durent affronter ces femmes arriv&eacute;es avec leur seul &laquo; coffre d&rsquo;esp&eacute;rance &raquo;. Beaucoup de Filles du Roy d&eacute;clar&egrave;rent dans leur contrat de mariage des biens (v&ecirc;tements et cassette) estim&eacute;s &agrave; 300 livres. On peut pr&eacute;sumer qu&rsquo;il s&rsquo;agit des v&ecirc;tements qu&rsquo;elles portaient et de quelques autres offerts par leurs bienfaiteurs au moment du d&eacute;part. Et la cassette remise &agrave; chacune contenait un petit tr&eacute;sor de vie : &laquo; une coiffe de taffetas, une coiffe de gaze, une ceinture, des cordons de souliers, 100 aiguilles, un &eacute;tui et un d&eacute;, un peigne, du fil blanc et gris, une paire de bas, une paire de souliers, une paire de gants, une paire de ciseaux, deux couteaux, un millier d&rsquo;&eacute;pingles, un bonnet, 4 lacets de fil, des toiles pour faire des mouchoirs, cols, cornettes et manches pliss&eacute;es. &raquo; Ce coffre-trousseau fermant &agrave; cl&eacute; appara&icirc;t dans de nombreux inventaires apr&egrave;s d&eacute;c&egrave;s (chez les Blais, il semble avoir &eacute;t&eacute; l&rsquo;un des rares objets rescap&eacute;s de l&rsquo;incendie de la premi&egrave;re maison du couple). Depuis cette &eacute;poque, le coffre, amen&eacute; par la mari&eacute;e dans la maison de son &eacute;poux, ne porte-t-il pas au Qu&eacute;bec le nom prometteur de &laquo; coffre d&rsquo;esp&eacute;rance &raquo; ?<\/p>\n<p>(Anne Perro meurt en 1688, dix-neuf ans apr&egrave;s son arriv&eacute;e.) Comme toutes les pionni&egrave;res, elle avait &eacute;t&eacute; le bras droit de son homme pour d&eacute;fricher leur terre en bois debout, &agrave; la seule force du corps. Elle dut l&rsquo;aider &agrave; reb&acirc;tir la petite &laquo; cabane &raquo; couverte d&rsquo;un toit de paille de 4 m&egrave;tres sur 5, en troncs d&rsquo;arbres &agrave; peine &eacute;quarris pos&eacute;s les uns sur les autres : une seule pi&egrave;ce avec en pignon la chemin&eacute;e qui sert &agrave; chauffer, &agrave; cuire les repas et &agrave; &eacute;clairer la maison. Le soir, on met sur le sol pr&egrave;s de l&rsquo;&acirc;tre la paillasse, le mauvais lit de plume et le petit traversin, quelques pauvres couvertes, et tout le monde&nbsp; &ndash; parents et enfants &ndash; se serrent pour ne plus sentir le froid. On y dort, on s&rsquo;y prend, on y met au monde et on y meurt. Une porte, une petite fen&ecirc;tre ferm&eacute;e par un papier huil&eacute;, le tout si mal ajust&eacute; et calfeutr&eacute; que la neige entre dans la maison pouss&eacute;e par les bourrasques de vent. Un seul meuble : une &laquo; m&eacute;chante armoire &raquo;. Quelques ustensiles de cuisine. Plusieurs outils. Et dans le petit coffre, quelques mis&eacute;rables v&ecirc;tements. (Ces informations, tir&eacute;es de l&rsquo;Inventaire apr&egrave;s d&eacute;c&egrave;s d&rsquo;Anne Perro du 18 avril 1689, nous &eacute;claire sur l&rsquo;&acirc;pret&eacute; de son existence).<\/p>\n<p>Cette &acirc;pret&eacute; fut celle de 90% des Filles du Roy qui &eacute;pous&egrave;rent les habitants besogneux de la vall&eacute;e laurentienne. La vie dans la maison &eacute;tait rudimentaire car l&rsquo;important &eacute;tait de faire de la terre. Il fallait se nourrir : s&rsquo;ajout&egrave;rent par bonheur aux maigres r&eacute;coltes des premiers jardins, gibiers et poissons. Le climat &eacute;tait glacial, mais sain ; les pionniers de ces ann&eacute;es-l&agrave; (1660-1680) furent peu touch&eacute;s par les &eacute;pid&eacute;mies. Les femmes y mouraient en g&eacute;n&eacute;ral plus &acirc;g&eacute;es que dans l&rsquo;ancienne patrie ; en revanche, la mort frappait souvent les nourrissons. Malgr&eacute; une vie fruste et difficile, elles enfant&egrave;rent un monde. &laquo; Quand meurt en 1748 la derni&egrave;re des pionni&egrave;res (femmes arriv&eacute;es et mari&eacute;es avant 1680), le pays compte d&eacute;j&agrave; 55 000 habitants r&eacute;partis dans une centaine de paroisses. &raquo;&nbsp;<\/p>\n<table style=\"margin-left: 10px; margin-bottom: 10px; width: 350px; float: right;\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><img loading=\"lazy\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-content\/uploads\/images\/stories\/bulletin32\/carte_gedeon_catalogne.jpeg\" alt=\"Carte G&eacute;d&eacute;on de Catalogne\" width=\"350\" height=\"249\" title=\"Carte G&eacute;d&eacute;on de Catalogne\" \/><\/p>\n<h6>Carte de G&eacute;d&eacute;on de Catalogne gouvernement de Qu&eacute;bec, 1709, <br \/>Bibl nationale de France Div <a href=\"http:\/\/www.banq.qc.ca\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">cartes et plans\/consultable sur site BANQ<\/a><\/h6>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>A la mort d&rsquo;Anne Perro, les Blais avaient d&eacute;frich&eacute; et mis en valeur &ndash; labour et prairie &ndash; plus de 8 hectares (24 arpents) ; ils avaient 4 boeufs, 2 vaches, 1 veau de lait, 8 cochons &agrave; l&rsquo;engraissement, des r&eacute;serves de nourriture pour eux et pour les b&ecirc;tes, et&hellip; un fusil. Leur maison &eacute;tait &eacute;valu&eacute;e &agrave; 400 livres, sans compter un hangar et une &eacute;table. Ce n&rsquo;&eacute;tait pas la richesse, mais ce n&rsquo;&eacute;tait plus la mis&egrave;re. Tout &eacute;tait &agrave; eux. Et Pierre savait qu&rsquo;il pourrait &laquo; &eacute;tablir &raquo; chacun de ses enfants. L&agrave; avait &eacute;t&eacute; la grande esp&eacute;rance d&rsquo;Anne et de Pierre. L&agrave; sera l&rsquo;esp&eacute;rance de toutes celles et de tous ceux qui prendront racine dans cette Terre.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;<\/p>\n<h5>Par Maud Sirois-Belle<\/h5>\n<h5>(Paris, mars 2011)<\/h5>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2><b>Ouvrages consult&eacute;s\/Pistes de lecture<\/b><\/h2>\n<p><b>Filles du Roi<\/b><\/p>\n<ul>\n<li>Silvio Dumas, <i>Les Filles du roi en Nouvelle-France<\/i>, Soci&eacute;t&eacute; historique du Qu&eacute;bec, 1972.<\/li>\n<li>Gustave Lanctot, <i>Filles de joie ou Filles du roi<\/i>, Montr&eacute;al, Editions Chantecler, 1952.<\/li>\n<li>Yves Landry, <i>Les Filles du roi au XVIIe si&egrave;cle<\/i>, Montr&eacute;al, Editions Lem&eacute;ac, 1992.<\/li>\n<li>Paul-Andr&eacute; Leclerc, <i>L&rsquo;Emigration f&eacute;minine vers l&rsquo;Am&eacute;rique fran&ccedil;aise aux XVIIe et XVIIIe si&egrave;cles<\/i>,<\/li>\n<\/ul>\n<p>La Pocati&egrave;re, Mus&eacute;e Fran&ccedil;ois Pilote, 2008.<\/p>\n<ul>\n<li>Raymond Ouimet et Nicole Mauger, <i>Catherine de Baillon Enqu&ecirc;te sur une fille du roi<\/i>, Septentrion, 2001.<\/li>\n<li><i>Colloque sur les Filles du Roy<\/i>, coffret DVD et CD, Soci&eacute;t&eacute; d&rsquo;histoire des Filles du Roy, 2008 (disponible &agrave; la librairie Mots et Merveilles, 63 Boul. St-Marcel, Paris 13<sup>e<\/sup>)<\/li>\n<\/ul>\n<p><b>Femmes<\/b><\/p>\n<ul>\n<li>Collectif Clio, <i>L&rsquo;Histoire des femmes au Qu&eacute;bec<\/i>, Montr&eacute;al, Les Quinze &eacute;d., 1982.<\/li>\n<li>Chantal Th&eacute;ry, <i>De plume et d&rsquo;audace, Femmes de la Nouvelle-France<\/i>, Triptyque\/Cerf, 2006.<\/li>\n<\/ul>\n<p><b>Nouvelle-France<\/b><\/p>\n<ul>\n<li>Collectif, <i>Naissance d&rsquo;une population, Les Fran&ccedil;ais &eacute;tablis au Canada au XVIIe si&egrave;cle<\/i>, Institut national d&rsquo;&eacute;tudes d&eacute;mograhiques, Travaux et Documents, Cahier no 118, 1987.<\/li>\n<li>Alan Greer, <i>Br&egrave;ve histoire des peuples de la Nouvelle-France<\/i>, Montr&eacute;al, Ed. Bor&eacute;al, 1998.<\/li>\n<li>Gilles Havard, C&eacute;cile Vidal, <i>Histoire de l&rsquo;Am&eacute;rique fran&ccedil;aise<\/i>, Paris, Ed. Flammarion, Champs, 2008.<\/li>\n<li>Jacques Lacoursi&egrave;re, <i>Histoire populaire du Qu&eacute;bec<\/i>, Tome 1, Qu&eacute;bec, Ed. Septentrion, 1995.<\/li>\n<li>Marcel Trudel, <i>Mythes et r&eacute;alit&eacute;s dans l&rsquo;histoire du Qu&eacute;bec<\/i>, Montr&eacute;al, Biblioth&egrave;que qu&eacute;b&eacute;coise, 2006.<\/li>\n<\/ul>\n<p><b>Ile d&rsquo;Orl&eacute;ans<\/b><\/p>\n<ul>\n<li>Bernard Audet, <i>Avoir feu et lieu dans l&rsquo;&icirc;le d&rsquo;Orl&eacute;ans au XVIIe si&egrave;cle<\/i>, Presses Universit&eacute; Laval, 1990.<\/li>\n<li>Michel Lessard, <i>L&rsquo;&icirc;le d&rsquo;Orl&eacute;ans<\/i>, Montr&eacute;al, Ed. de l&rsquo;Homme, 1998.<\/li>\n<li>Jean Poirier, <i>Cahiers de g&eacute;ographie du Qu&eacute;bec<\/i>, vol 6, no 12.<\/li>\n<\/ul>\n<p><b>Romans<\/b><\/p>\n<ul>\n<li>Anne H&eacute;bert, <i>Le Premier Jardin<\/i>, Ed. Bor&eacute;al\/Seuil, 1988. (peut &ecirc;tre command&eacute; &agrave; la Librairie du Qu&eacute;bec)<\/li>\n<li>Sergine Desjardins, <i>Marie Major<\/i>, Ed. Guy Saint-Jean, 2006. (disponible &agrave; la Lib. du Qu&eacute;bec)<\/li>\n<li>Suzanne Martel, <i>Jeanne, fille du Roy<\/i>, Fides jeunesse, 2009. (disponible &agrave; la Lib. du Qu&eacute;bec)<\/li>\n<li>Bernard Clavel, <i>Compagnons du Nouveau-Monde<\/i>, Robert Laffont et Pocket, 1981.<\/li>\n<\/ul>\n<p><b>Adresses utiles en France :<\/b><br \/>LIBRAIRIE DU QUEBEC, 30 rue Gay-Lussac, Paris 5e&nbsp; T&eacute;l 01 43 54 49 02 <br \/><a href=\"http:\/\/www.librairieduquebec.fr%20\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">www.librairieduquebec.fr <\/a><\/p>\n<p>LIBRAIRIE MOTS ET MERVEILLES, 63 boul. Saint-Marcel, Paris 13e&nbsp; T&eacute;l : 01 47 07 25 21<br \/>info@motsetmerveilles.com <\/p>\n<p>BIBLIOTHEQUE CENTRE CULTUREL CANADIEN, 5 rue de Constantine, Paris 7e<br \/><a href=\"http:\/\/www.canada-culture.org%20\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">www.canada-culture.org <\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>SOCIETE D&rsquo;HISTOIRE DES FILLES DU ROY <br \/><a href=\"http:\/\/www.lesfilleduroy-quebec.org%20\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">www.lesfilleduroy-quebec.org <\/a><\/p>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/article>\n\t\t\t\t<article class=\"elementor-post elementor-grid-item post-6265 post type-post status-publish format-standard hentry category-bulletin-n32-juin-2011\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-post__text\">\n\t\t\t\t<h3 class=\"elementor-post__title\">\n\t\t\t<a href=\"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/champlain-en-francais-moderne\/\" >\n\t\t\t\tChamplain en fran\u00e7ais moderne\t\t\t<\/a>\n\t\t<\/h3>\n\t\t<h2 align=\"center\"><b>Champlain en fran&ccedil;ais moderne<br \/>Eric Thierry<br \/><\/b><\/h2>\n<h5>Par Gilbert Pilleul<br \/>Secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral &#8211; France<br \/>CFQLMC<\/h5>\n<p>M&eacute;moires vives a pr&eacute;sent&eacute; dans ses pr&eacute;c&eacute;dents num&eacute;ros les publications d&rsquo;&Eacute;ric Thierry. Celui-ci entreprend, pour le compte de l&rsquo;&eacute;diteur qu&eacute;b&eacute;cois Septentrion, de publier en fran&ccedil;ais moderne, avec de copieuses introductions, des notes, des bibliographies et des chronologies, les &oelig;uvres de Samuel de Champlain. Deux volumes sont d&eacute;j&agrave; parus&nbsp;: <i>Les Fondations de l&rsquo;Acadie et de Qu&eacute;bec en 2008<\/i> et <i>A la rencontre des Algonquins et des Hurons<\/i> en 2009. Un troisi&egrave;me sortira &agrave; la fin de 2011. Gilbert Pilleul, secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral de la section fran&ccedil;aise de la CFQLMC, l&rsquo;a interrog&eacute; sur cette vaste entreprise &eacute;ditoriale.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-content\/uploads\/images\/stories\/bulletin32\/samuel_champlain_livres_eric_thierry.jpg\" alt=\"Samuel de Champlain : Livres de &Eacute;ric Thierry\" title=\"Samuel de Champlain : Livres de &Eacute;ric Thierry\" \/> <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>Gilbert Pilleul<\/b>&nbsp;: Quels sont les ouvrages de Champlain concern&eacute;s&nbsp;? Avez-vous l&rsquo;intention de publier en fran&ccedil;ais moderne ses &oelig;uvres compl&egrave;tes&nbsp;?<\/p>\n<p><b>&Eacute;ric Thierry<\/b>&nbsp;: Nous avons d&eacute;j&agrave; publi&eacute; les <i>Voyages<\/i> de 1613 et ceux de 1619, c&rsquo;est-&agrave;-dire les r&eacute;cits de Champlain couvrant la p&eacute;riode 1604-1618. Les <i>Voyages<\/i> de 1632 sortiront &agrave; la fin de cette ann&eacute;e. Il s&rsquo;agit du livre le plus important puisque Champlain y dresse le bilan de sa vie d&rsquo;explorateur et d&rsquo;administrateur en Nouvelle-France. Resteront &agrave; publier le <i>Brief Discours<\/i>, dans lequel Champlain raconte son p&eacute;riple aux Indes occidentales de 1599 &agrave; 1601, ainsi que les Sauvages, qui contiennent le r&eacute;cit de sa premi&egrave;re remont&eacute;e du Saint-Laurent, celle de 1603. D&rsquo;ici quelques ann&eacute;es, ce seront les &oelig;uvres compl&egrave;tes de Champlain qui seront disponibles en fran&ccedil;ais moderne, dans des &eacute;ditions annot&eacute;es.<\/p>\n<p><b>Gilbert Pilleul<\/b>&nbsp;: Les textes de Champlain sont disponibles depuis longtemps, en particulier depuis l&rsquo;&eacute;dition faite par l&rsquo;abb&eacute; Laverdi&egrave;re &agrave; Qu&eacute;bec en 1870. Une &eacute;dition en fran&ccedil;ais moderne est-elle bien utile&nbsp;?<\/p>\n<p><b>&Eacute;ric Thierry<\/b>&nbsp;: Ceux qui s&rsquo;int&eacute;ressent &agrave; l&rsquo;histoire de l&rsquo;Am&eacute;rique fran&ccedil;aise &ndash; ils sont nombreux &ndash; se heurtent &agrave; la difficult&eacute; de lire le fran&ccedil;ais du d&eacute;but du XVII<sup>e<\/sup> si&egrave;cle. Ils sont vite rebut&eacute;s par l&rsquo;orthographe et la syntaxe en usage &agrave; l&rsquo;&eacute;poque et finissent par renoncer. Mon objectif est de leur permettre de d&eacute;couvrir l&rsquo;int&eacute;gralit&eacute; de ces textes fondateurs et de s&rsquo;approprier ainsi ces premi&egrave;res pages de l&rsquo;histoire de la pr&eacute;sence fran&ccedil;aise en Am&eacute;rique du Nord. J&rsquo;essaie de rendre les &oelig;uvres de Champlain accessibles au plus grand nombre. Pour cela, je normalise la ponctuation, je modernise l&rsquo;orthographe, je remplace les mots trop d&eacute;suets et j&rsquo;apporte au lecteur toutes les informations n&eacute;cessaires &agrave; la compr&eacute;hension du texte. Les iconographies des &eacute;ditions originales sont int&eacute;gralement reproduites avec soin. Ces livres peuvent &ecirc;tre aussi tr&egrave;s utiles aux chercheurs, gr&acirc;ce aux bibliographies et aux index d&eacute;taill&eacute;s.<\/p>\n<p><b>Gilbert Pilleul<\/b>&nbsp;: Vous avez d&eacute;j&agrave; publi&eacute;, en France chez Honor&eacute; Champion, une biographie du pionnier et premier &eacute;crivain de l&rsquo;Acadie Marc Lescarbot, ainsi qu&rsquo;une histoire des entreprises fran&ccedil;aises en Am&eacute;rique du Nord pendant le r&egrave;gne du roi Henri IV. Vous fr&eacute;quentez donc Champlain depuis longtemps. Votre vision de ce personnage a-t-elle &eacute;volu&eacute; &agrave; l&rsquo;occasion de votre travail d&rsquo;&eacute;dition de ses &oelig;uvres en fran&ccedil;ais moderne&nbsp;?<\/p>\n<p><b>&Eacute;ric Thierry<\/b>&nbsp;: Bien s&ucirc;r. Je mesure tout d&rsquo;abord la diff&eacute;rence entre le style de Lescarbot et celui de Champlain. Lescarbot est un tr&egrave;s bon &eacute;crivain. C&rsquo;est moins le cas de Champlain. Ses phrases sont lourdes et parfois interminables, mais il a fait des progr&egrave;s. Alors que le r&eacute;cit de son s&eacute;jour en Acadie, de 1604 &agrave; 1607, est plut&ocirc;t sec, la suite est plus vivante. Les anecdotes et les dialogues se multiplient. Champlain se livre peu. Il ne r&eacute;v&egrave;le pas grand-chose sur ses sentiments, mais ses pr&eacute;occupations religieuses sont de plus en plus apparentes. Ses &eacute;crits nous apprennent aussi beaucoup sur les personnes qu&rsquo;il fr&eacute;quentait lors de ses retours en France, sur les r&eacute;seaux auxquels il a appartenu, celui des d&eacute;vots en particulier, ce qui lui a co&ucirc;t&eacute; tr&egrave;s cher lors de la Journ&eacute;e des Dupes en 1630. Ils nous montrent aussi les difficult&eacute;s qu&rsquo;il a rencontr&eacute;es avec les autochtones. Les alliances franco-am&eacute;rindiennes ont connu des crises, surtout avec les Montagnais, mais aussi avec les Algonquins et les Hurons. Il y a encore beaucoup d&rsquo;aspects de la vie et des &oelig;uvres de Champlain &agrave; &eacute;tudier.<\/p>\n<p>Les lecteurs peuvent consulter <a href=\"http:\/\/www.septentrion.qc.ca\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">le site des &eacute;ditions du Septentrion<\/a><\/p>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/article>\n\t\t\t\t<article class=\"elementor-post elementor-grid-item post-6266 post type-post status-publish format-standard hentry category-bulletin-n32-juin-2011\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-post__text\">\n\t\t\t\t<h3 class=\"elementor-post__title\">\n\t\t\t<a href=\"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/tocqueville-et-beaumont-deux-francais-au-bas-canada-21-aout-3-septembre-1831\/\" >\n\t\t\t\tTocqueville et Beaumont, deux Fran\u00e7ais au Bas-Canada, 21 ao\u00fbt &#8211; 3 septembre 1831\t\t\t<\/a>\n\t\t<\/h3>\n\t\t<h2 align=\"center\"><b>Tocqueville et Beaumont, deux Fran&ccedil;ais au Bas-Canada<br \/>21 ao&ucirc;t 3 septembre 1831<\/b><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h5>par Jean-Louis Beno&icirc;t,<br \/>agr&eacute;g&eacute; de l&rsquo;Universit&eacute;,<br \/>docteur &egrave;s Lettres,<br \/>professeur des Classes Pr&eacute;paratoires aux Grandes &Eacute;coles<a target=\"_blank\" rel=\"noopener\">*<\/a><\/h5>\n<p>&nbsp;<br \/>Lorsque Tocqueville et Beaumont quitt&egrave;rent la France, en avril 1831, pour un voyage dont le motif officiel &eacute;tait d&rsquo;&eacute;tudier le syst&egrave;me p&eacute;nitentiaire des Etats-Unis, ils n&rsquo;avaient nulle intention de se rendre au Canada. Pour eux, comme pour l&rsquo;opinion commune de leurs compatriotes, les colons fran&ccedil;ais du Qu&eacute;bec avaient d&ucirc; se trouver int&eacute;gr&eacute;s, bien ou mal, au sein de la population anglaise et la vieille souche fran&ccedil;aise avait d&ucirc; sinon dispara&icirc;tre, du moins perdre son identit&eacute;.<\/p>\n<p>Au d&eacute;but de leur s&eacute;jour &agrave; New York, ils se rendirent &agrave; l&rsquo;&eacute;v&ecirc;ch&eacute; o&ugrave; ils rencontr&egrave;rent le grand vicaire, un abb&eacute; irlandais qui avait &eacute;t&eacute; &eacute;lev&eacute; en France, John Powers, qui, connaissant leur d&eacute;sir&nbsp; d&rsquo;aller &agrave; D&eacute;troit et de voir les chutes du Niagara, leur conseilla de pousser leur incursion jusqu&rsquo;au Canada o&ugrave; il avait exerc&eacute; son minist&egrave;re, leur expliquant que la population d&rsquo;origine fran&ccedil;aise s&rsquo;&eacute;tait non seulement maintenue mais largement accrue depuis le trait&eacute; de 1763 (&hellip;) et constituait un peuple &agrave; part, fier de son identit&eacute; et de ses origines. Il leur donna &eacute;galement (&hellip;) des lettres de recommandation qui leur permettraient de rencontrer des interlocuteurs pertinents. Ainsi, d&egrave;s le 19 juin, six semaines apr&egrave;s leur arriv&eacute;e aux Etats-Unis, Beaumont et Tocqueville &eacute;taient d&eacute;cid&eacute;s &agrave; se rendre au Bas-Canada pour voir ce qu&rsquo;il &eacute;tait advenu de la Belle Province, l&acirc;chement abandonn&eacute;e.<\/p>\n<p>Les deux jeunes magistrats (&hellip;) tenaient un journal de voyage et adressaient une correspondance suivie &agrave; leurs familles qui nous sont&nbsp; parvenus, m&ecirc;me si nous ne disposons que d&rsquo;une partie du journal de Beaumont. L&rsquo;ensemble des textes ainsi constitu&eacute; pr&eacute;sente donc un grand int&eacute;r&ecirc;t, c&rsquo;est un t&eacute;moignage de premi&egrave;re main de la situation&nbsp; du Bas-Canada &agrave; une &eacute;poque o&ugrave; les liens et relations avec la patrie originelle &eacute;taient quasi inexistants, &agrave; des rares exceptions pr&egrave;s, en raison, notamment de la volont&eacute; anglaise qui allait jusqu&rsquo;&agrave; refuser l&rsquo;acc&egrave;s du pays &agrave; certains voyageurs.<\/p>\n<p>La publication de l&rsquo;ensemble des textes sera l&rsquo;objet de trois num&eacute;ros successifs de ce bulletin. Le premier sera consacr&eacute; &agrave; la correspondance que Tocqueville adresse aux siens concernant le projet de voyage puis le s&eacute;jour au Bas-Canada&nbsp;; le second aux notes prises par Alexis dans ses carnets de voyage, selon sa pratique habituelle&nbsp;; le troisi&egrave;me aux lettres et extraits du journal de Beaumont.<\/p>\n<p>Les textes de Tocqueville ont d&eacute;j&agrave; fait l&rsquo;objet de plusieurs publications et sont m&ecirc;me accessibles, en ligne, sur internet ainsi que des analyses et commentaires d&rsquo;un grand int&eacute;r&ecirc;t. En revanche, les textes de Beaumont n&rsquo;ont donn&eacute; lieu qu&rsquo;&agrave; une seule &eacute;dition, en tirage limit&eacute; et quasiment inaccessible aujourd&rsquo;hui, d&rsquo;o&ugrave; notre volont&eacute; de les mettre &agrave; la disposition des lecteurs.<\/p>\n<p>Notre propos n&rsquo;est donc pas de refaire ce qui a d&eacute;j&agrave; &eacute;t&eacute; fait ni de proposer une lecture critique des textes pour envisager, analyser ou commenter l&rsquo;exactitude des jugements, remarques et propos des deux voyageurs, mais de pr&eacute;senter leurs t&eacute;moignages et jugements &agrave; l&rsquo;&eacute;tat brut&nbsp;: ce qu&rsquo;ils ont vu &ndash; ou cru voir &ndash; compris &ndash; ou cru comprendre &ndash; dans un voyage somme toute assez bref, devant une r&eacute;alit&eacute; per&ccedil;ue aussi par le prisme particulier des jugements et remarques de leurs interlocuteurs.<\/p>\n<p>(&hellip;) Le lecteur pourra d&eacute;couvrir ces textes tels qu&rsquo;ils ont &eacute;t&eacute; &eacute;crits, avec leurs forces et leurs faiblesses&nbsp;; il ne s&rsquo;agit donc ici que d&rsquo;une correspondance non destin&eacute;e &agrave; &ecirc;tre publi&eacute;e et de notes &agrave; l&rsquo;&eacute;tat brut, contrairement &agrave; l&rsquo;exp&eacute;rience &eacute;tatsunienne o&ugrave; les m&ecirc;mes &eacute;l&eacute;ments &ndash; par exemple la d&eacute;portation des Indiens Chactas &ndash; ont fait l&rsquo;objet de trois traitements successifs, dans les notes de voyage, la correspondance et la reprise dans le texte de <i>La d&eacute;mocratie en Am&eacute;rique<\/i>. <br \/>Rien de tel ici. <\/p>\n<p><b>Lorsque Tocqueville &eacute;crit &agrave; sa parent&egrave;le&hellip;<\/b><\/p>\n<p>La correspondance de Tocqueville avec sa parent&egrave;le pendant ce voyage est pleine de charme parce qu&rsquo;elle donnait lieu &agrave; un v&eacute;ritable rituel familial, une sorte de c&eacute;r&eacute;monie &eacute;pistolaire&nbsp;: les membres du groupe suivaient sur une carte l&rsquo;itin&eacute;raire des voyageurs. Chaque lettre avait une double destination, individuelle et collective&nbsp;: la lecture &eacute;tait faite pour tout l&rsquo;auditoire, mais son contenu ne&nbsp; s&rsquo;adressait exactement et pr&eacute;cis&eacute;ment qu&rsquo;au destinataire de nouvelles et de remarques particuli&egrave;res qu&rsquo;il &eacute;tait charg&eacute; de retransmettre &agrave; l&rsquo;ensemble du groupe<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=391:tocqueville-et-beaumont-deux-francais-au-bas-canada-21-aout-3-septembre-1831&amp;Itemid=298#sources\"><sup>1<\/sup><\/a>&nbsp;: &laquo;&nbsp;<i>Toutes les fois qu&rsquo;une lettre (&hellip;) parvient &agrave; Paris , on convoque le ban et l&rsquo;arri&egrave;re-ban ; tout cela ne fait pas une grande assembl&eacute;e ; mais au moins chacun y a la m&ecirc;me opinion. On&nbsp; lit, non pas tout d&rsquo;un coup, mais tout doucement ; on vous suit sur la carte ; on commente vos d&eacute;marches ; on jouit avec vous des beaux sites que vous d&eacute;crivez<\/i>&nbsp;&raquo;<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=391:tocqueville-et-beaumont-deux-francais-au-bas-canada-21-aout-3-septembre-1831&amp;Itemid=298#sources\"><sup>2<\/sup><\/a><\/p>\n<table style=\"margin-left: 10px; margin-bottom: 10px; width: 295px; float: right;\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-content\/uploads\/images\/stories\/bulletin32\/louise_et_edouard_de_tocqueville.jpg\" alt=\"Louise de Tocqueville et son fils Edouard\" title=\"Louise de Tocqueville et son fils Edouard\" \/> <\/p>\n<h6>Louise de Tocqueville et son fils Edouard<br \/>cr&eacute;dit : Jean-Louis Beno&icirc;t.<\/h6>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Les lettres qu&rsquo;Alexis adresse &agrave; Louise de Tocqueville r&eacute;v&egrave;lent l&rsquo;attention et l&rsquo;affection qu&rsquo;il portait &agrave; une m&egrave;re fragile et vuln&eacute;rable.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n<p>C&rsquo;est &agrave; elle qu&rsquo;il &eacute;crit la premi&egrave;re et la plus longue lettre de sa correspondance am&eacute;ricaine, &eacute;voquant les soucis mat&eacute;riels, les mille petits &eacute;v&eacute;nements de la vie quotidienne, faisant le r&eacute;cit d&eacute;taill&eacute; de la travers&eacute;e et donnant ses premi&egrave;res impressions du nouveau monde. Elle &eacute;tait la destinataire privil&eacute;gi&eacute;e des impressions de voyage, de ce qui parle aux sens et au c&oelig;ur&nbsp;: les paysages, les for&ecirc;ts am&eacute;ricaines, les chutes du Niagara&nbsp;; les mis&egrave;res des Indiens victimes de la d&eacute;portation g&eacute;nocidaire du pr&eacute;sident Jackson.<\/p>\n<p>Avec l&rsquo;abb&eacute; Lesueur, Tocqueville &eacute;voque, le 7 septembre 1831, la situation des Canadiens fran&ccedil;ais, leurs coutumes, leur attachement &agrave; leur langue et la force du r&ocirc;le jou&eacute; par le pr&ecirc;tre&nbsp; dans le maintien de leur identit&eacute;&nbsp;; mais le vieux pr&eacute;cepteur &eacute;tait d&eacute;j&agrave; d&eacute;c&eacute;d&eacute; au moment o&ugrave; Alexis &eacute;crivait la lettre<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=391:tocqueville-et-beaumont-deux-francais-au-bas-canada-21-aout-3-septembre-1831&amp;Itemid=298#sources\"><sup>3<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>Avec sa belle-s&oelig;ur Emilie, la tonalit&eacute; est diff&eacute;rente et rel&egrave;ve du marivaudage&nbsp;; il est m&ecirc;me parfois plus leste quand il &eacute;voque la virilit&eacute; des Indiens&nbsp;: &laquo;&nbsp;<i>&eacute;tablis comme des cerfs<\/i>&nbsp;&raquo;, voire badin quand il parle des Am&eacute;ricaines (des Etats-Unis) d&eacute;pressives mais fid&egrave;les et consid&egrave;re ironiquement que ceci explique peut-&ecirc;tre cela&nbsp;!<br \/>Avec son p&egrave;re et ses fr&egrave;res, il est davantage question de politique et d&rsquo;institutions.<\/p>\n<p>Les lettres canadiennes figurant ici permettront au lecteur de d&eacute;couvrir une partie du charme et de la diversit&eacute; de cette correspondance&nbsp;: &laquo;&nbsp;<i>Le Canada pique vivement notre curiosit&eacute;. La nation fran&ccedil;aise s&#8217;y est conserv&eacute;e intacte&nbsp;; on y a des m&oelig;urs et on y parle la langue du si&egrave;cle de Louis XIV&#8230;<\/i>&raquo;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>I Lettres de Tocqueville concernant le voyage et le s&eacute;jour au Bas-Canada<\/b><\/p>\n<p>Fragment d&rsquo;une lettre de Tocqueville &agrave; sa m&egrave;re, 19 juin 1831&nbsp;dans laquelle il fait part&nbsp; du projet de voyage au Canada qui n&rsquo;avait pas &eacute;t&eacute; pr&eacute;vu initialement.<\/p>\n<p><i>Nous comptons quitter New York &agrave; la fin du mois. Notre intention &eacute;tait d&#8217;abord d&#8217;aller &agrave; Boston, mais nous avons enti&egrave;rement chang&eacute; de plan. Au lieu de commencer par le Nord, nous allons nous avancer &agrave; l&#8217;Ouest jusqu&#8217;&agrave; une petite ville nomm&eacute;e Auburn, qui se trouve sur la carte un peu plus bas que le lac Ontario. Dans ce lieu se trouve la prison la plus remarquable des &Eacute;tats-Unis. Nous resterons l&agrave; une dizaine de jours, comme &agrave; Sing-Sing, puis nous irons voir la chute du Niagara, qui est tout pr&egrave;s. Nous prendrons le bateau &agrave; vapeur du lac Ontario, qui nous conduira en deux jours &agrave; Qu&eacute;bec. De l&agrave; nous gagnerons tr&egrave;s facilement Boston et reviendrons &agrave; New York. Ce voyage, qui para&icirc;t immense sur la carte, se fait avec une rapidit&eacute; dont rien n&#8217;approche. C&#8217;est le voyage &agrave; la mode dans ce pays-ci, nous le ferons plus lentement parce que nous comptons nous arr&ecirc;ter &agrave; Albany, &agrave; Auburn, &agrave; Montr&eacute;al et &agrave; Qu&eacute;bec. Le Canada pique vivement notre curiosit&eacute;. La nation fran&ccedil;aise s&#8217;y est conserv&eacute;e intacte : on y a les m&oelig;urs et on y parle la langue du si&egrave;cle de Louis XIV. C&#8217;est monsieur Powers, le grand vicaire de New York dont je crois vous avoir parl&eacute;, qui nous a surtout conseill&eacute; ce voyage. Il a habit&eacute; longtemps le Canada et nous a offert des lettres de recommandation pour ce pays-l&agrave;. M. Powers est un homme tr&egrave;s aimable, qui a &eacute;t&eacute; &eacute;lev&eacute; en France et parle le fran&ccedil;ais presque aussi bien que sa langue. Il nous a dit sur les progr&egrave;s que fait le catholicisme dans cette partie du monde des choses tr&egrave;s int&eacute;ressantes que je vous manderai une autre fois quand j&#8217;aurai plus de temps &agrave; moi. C&#8217;est lui en partie qui nous a fait changer notre premier plan, qui consistait &agrave; aller dans l&#8217;Ouest en automne<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=391:tocqueville-et-beaumont-deux-francais-au-bas-canada-21-aout-3-septembre-1831&amp;Itemid=298#sources\"><sup>4<\/sup><\/a>.<\/i><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>Lettre &agrave; son p&egrave;re, le 14 ao&ucirc;t 1831<\/b><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<table style=\"margin-right: 10px; margin-bottom: 10px; width: 285px; float: left;\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-content\/uploads\/images\/stories\/bulletin32\/alexis_de_tocqueville.jpg\" alt=\"Alexis de Tocqueville et son p&egrave;re\" title=\"Alexis de Tocqueville et son p&egrave;re\" \/><\/p>\n<h6>Alexis de Tocqueville et son p&egrave;re<br \/>cr&eacute;dit : Jean-Louis Beno&icirc;t<\/h6>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Tocqueville et Beaumont modifient leur programme initial&nbsp;; ils ne sont pas encore totalement en territoire canadien, mais &agrave; la fronti&egrave;re, comme l&rsquo;explique Beaumont&nbsp;&agrave; son fr&egrave;re Achille : &laquo;&nbsp;<i>Sainte-Marie a &eacute;t&eacute; fond&eacute;e par les Fran&ccedil;ais de m&ecirc;me que tous les autres &eacute;tablissements europ&eacute;ens qui se trouvent de ce m&ecirc;me c&ocirc;t&eacute; ; il faut observer que Sainte-Marie est sur la rive gauche du fleuve et que la rive droite [gauche] est celle du Canada qui autrefois appartenait &agrave; la France. Tout le monde &agrave; Sainte-Marie parle fran&ccedil;ais<\/i>&raquo;.<br \/>Les deux voyageurs rencontrent, pour la premi&egrave;re fois des citoyens appartenant &agrave; la vieille souche fran&ccedil;aise.<\/p>\n<div align=\"right\"><i>Sur le lac Huron, 14 ao&ucirc;t 1831.<\/i><\/div>\n<div align=\"right\"><i>&nbsp;<\/i><\/div>\n<p><i>Dans la derni&egrave;re lettre que j&#8217;&eacute;crivais &agrave; la maison, mon cher p&egrave;re, je vous disais que j&#8217;allais partir pour Buffalo, et de l&agrave; me diriger vers Boston par le Canada. C&#8217;&eacute;tait, en effet, notre intention. Mais il &eacute;tait &eacute;crit, &agrave; ce qu&#8217;il para&icirc;t, que nous n&#8217;accomplirions pas nos projets. En allant porter nos lettres &agrave; la poste, nous avons appris qu&#8217;il venait d&#8217;arriver un grand vaisseau &agrave; vapeur, dont la destination &eacute;tait d&#8217;explorer rapidement tous les grands lacs, et de revenir ensuite &agrave; Buffalo&nbsp;: le tout bien commod&eacute;ment et en douze jours. Nous nous laiss&acirc;mes tenter. Au lieu donc de partir le lendemain matin de Buffalo, comme nous le voulions, nous nous sommes embarqu&eacute;s pour le lac Sup&eacute;rieur&nbsp;: c&#8217;est-&agrave;-dire que nous avons ajout&eacute; &agrave; peu pr&egrave;s quinze cents milles ou cinq cents lieues de France &agrave; notre plan originaire. (&#8230;)<\/i><\/p>\n<p><i>&nbsp;<\/i><\/p>\n<p><i>Nous avons remont&eacute; rapidement le lac Saint-Clair et la rivi&egrave;re du m&ecirc;me nom, et apr&egrave;s avoir &eacute;t&eacute; arr&ecirc;t&eacute;s un jour &agrave; l&#8217;entr&eacute;e du lac Huron par les vents contraires et le manque de bois, nous sommes entr&eacute;s enfin dans cet immense lac, qui ressemble en tout &agrave; la mer, sinon que ses eaux sont d&#8217;une limpidit&eacute; merveilleuse et laissent voir les objets &agrave; trente pieds de leur surface. Nous march&acirc;mes deux jours et une nuit sur le lac Huron, faisant nos trois lieues &agrave; l&#8217;heure et ne pouvant en trouver la fin. Le matin du troisi&egrave;me jour nous d&eacute;couvr&icirc;mes pour la premi&egrave;re fois un lieu habit&eacute; par les blancs. C&#8217;est le Saut Sainte-Marie, situ&eacute; sur la rivi&egrave;re du m&ecirc;me nom, qui joint le lac Sup&eacute;rieur au lac Huron. L&agrave; nous jet&acirc;mes l&#8217;ancre et descend&icirc;mes &agrave; terre. L&#8217;immense &eacute;tendue de c&ocirc;tes que nous venions de parcourir ne pr&eacute;sente pas de points de vue remarquables. Ce sont des plaines couvertes de for&ecirc;ts. L&#8217;ensemble, cependant, produit une impression profonde et durable. Ce lac sans voiles, cette c&ocirc;te qui ne porte encore aucun vestige du passage de l&#8217;homme, cette &eacute;ternelle for&ecirc;t qui la borde: tout cela, je vous assure, n&#8217;est pas seulement grand en po&eacute;sie. C&#8217;est le plus extraordinaire spec&shy;tacle que j&#8217;aie vu dans ma vie. Ces lieux, qui ne forment encore qu&#8217;un immense d&eacute;sert, deviendront un des pays les plus riches et les plus puissants du monde. On peut l&#8217;affirmer sans &ecirc;tre proph&egrave;te. La nature a tout fait ici; une terre fertile, des d&eacute;bou&shy;ch&eacute;s comme il n&#8217;y en a pas d&#8217;autres dans le monde. Rien ne manque que l&#8217;homme civilis&eacute;: et il est &agrave; la porte.<\/i><\/p>\n<p><i>&nbsp;<\/i><\/p>\n<p><i>&nbsp;<\/i><\/p>\n<div align=\"right\"><i>Le 15 ao&ucirc;t<br \/><\/i><\/div>\n<p><i><br \/>Je reviens au Saut Sainte-Marie. En cet endroit, la rivi&egrave;re n&#8217;est plus navigable. Notre vaisseau s&#8217;arr&ecirc;ta: mais non pas nous. Les Indiens ont appris aux Europ&eacute;ens &agrave; faire des canots d&#8217;&eacute;corce, que deux hommes portent sur leurs &eacute;paules. Je rapporte un peu de l&#8217;&eacute;corce avec laquelle ces embarcations sont faites. Vous penserez comme moi que celui qui le premier s&#8217;est embarqu&eacute; l&agrave; dedans &eacute;tait un hardi comp&egrave;re. Les sauva&shy;ges font un canot de cette esp&egrave;ce en cinq jours de temps. C&#8217;est une chose effrayante &agrave; voir qu&#8217;une pareille coquille de noix lanc&eacute;e au milieu des r&eacute;cifs de la rivi&egrave;re Sainte-Marie et descendant les Rapides avec la vitesse d&#8217;une fl&egrave;che. Le fait est cependant qu&#8217;il n&#8217;y a aucun danger, et je m&#8217;y suis trouv&eacute; plus d&#8217;une fois d&eacute;j&agrave; avec des dames, sans que personne t&eacute;moign&acirc;t la moindre crainte. Dans la circonstance actuelle on mit les canots sur le dos des bateliers, et ayant gagn&eacute; le dessus des Rapides, nous lan&ccedil;&acirc;mes nos embarcations et nous nous couch&acirc;mes au fond. Toute la population de Sainte-Marie est fran&ccedil;aise. Ce sont de vieux Fran&ccedil;ais gais et en train comme leurs p&egrave;res et comme nous ne le sommes pas. Tout en conduisant nos canots, ils nous chantaient de vieux airs qui sont presque oubli&eacute;s maintenant chez nous. Nous avons retrouv&eacute; ici le Fran&ccedil;ais d&#8217;il y a un si&egrave;cle, conserv&eacute; comme une momie pour l&#8217;ins&shy;truction de la g&eacute;n&eacute;ration actuelle.<\/i><\/p>\n<p><i><br \/>Ayant remont&eacute; pendant pr&egrave;s de trois lieues la rivi&egrave;re Sainte-Marie, nous nous f&icirc;mes descendre sur un promontoire qu&#8217;on nomme le cap aux Ch&ecirc;nes. De l&agrave; nous e&ucirc;mes enfin le spectacle du lac Sup&eacute;rieur, se d&eacute;veloppant &agrave; perte de vue. Il n&#8217;existe encore aucun &eacute;tablissement sur ses rives, et les Rapides emp&ecirc;chent qu&#8217;aucun vaisseau ne l&#8217;ait encore travers&eacute;; ensuite&#8230; Mais si je raconte les choses en d&eacute;tail, je n&#8217;en finirai jamais; il faudrait vous &eacute;crire un volume, et le temps me presse. Apr&egrave;s avoir convers&eacute; longtemps avec les Indiens qui habitent ce lieu, nous rev&icirc;nmes &agrave; notre bateau. De Sainte-Marie nous descend&icirc;mes &agrave; Michillimachinac, &icirc;le situ&eacute;e &agrave; l&#8217;entr&eacute;e du lac Michigan. De l&agrave; nous sommes all&eacute;s &agrave; Green-Bay, qui est &agrave; soixante lieues plus bas dans le lac Michigan. Apr&egrave;s avoir fait quelques excursions dans Fox-River (ou rivi&egrave;re du Renard) et tu&eacute; quelque gibier, nous nous sommes remis en route et nous voici. Je ne crois pas qu&#8217;il existe en France une seule personne qui ait fait le m&ecirc;me voyage. Les Canadiens nous ont assur&eacute; n&#8217;avoir jamais vu de Fran&ccedil;ais. Si je pouvais jamais faire comprendre ce que j&#8217;ai vu et &eacute;prouv&eacute; dans le cours de cette rapide excursion, ce tableau pourrait avoir de l&#8217;int&eacute;r&ecirc;t. J&#8217;ai essay&eacute; de le faire et suis d&eacute;courag&eacute;. Les impressions se succ&egrave;dent trop vite. Je n&#8217;aimerais &agrave; raconter ce que j&#8217;ai vu qu&#8217;au coin du feu&#8230;<\/i><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><i>&nbsp;<\/i><\/p>\n<div align=\"right\"><i>17 ao&ucirc;t.<\/i><\/div>\n<div align=\"right\">&nbsp;<\/div>\n<p><i>J&#8217;arrive &agrave; Buffalo. On m&#8217;assure qu&#8217;il y a encore des chances pour que ma lettre parte pour New York et y arrive &agrave; temps pour le paquebot. Je me h&acirc;te donc de la fermer, mais non sans vous embrasser bien fort.<br \/>Nous sommes bien pr&egrave;s de votre f&ecirc;te, mon cher p&egrave;re. Soyez s&ucirc;r qu&#8217;au moment o&ugrave; on vous la souhaitera, je serai de c&oelig;ur avec vous.<\/i><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>Lettre &agrave; L&rsquo;abb&eacute; Lesueur, le 7 septembre 1831<\/b><\/p>\n<table style=\"margin-right: 10px; margin-bottom: 10px; width: 320px; float: left;\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-content\/uploads\/images\/stories\/bulletin32\/chateau_de_tocqueville.jpg\" alt=\"Ch&acirc;teau de Tocqueville\" title=\"Ch&acirc;teau de Tocqueville\" \/><\/p>\n<h6>Ch&acirc;teau de Tocqueville<br \/>cr&eacute;dit : Jean-Louis Beno&icirc;t<\/h6>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>L&rsquo;abb&eacute; Lesueur, n&eacute; en 1771 ou 1772 avait &eacute;t&eacute; le pr&eacute;cepteur d&rsquo;Herv&eacute; de Tocqueville, p&egrave;re d&rsquo;Alexis, et de ses deux fr&egrave;res a&icirc;n&eacute;s, puis de Tocqueville lui-m&ecirc;me, auquel il vouait un amour quasi paternel. Alexis portait &eacute;galement une tr&egrave;s profonde affection &agrave; ce vieil eccl&eacute;siastique si diff&eacute;rent de lui, maistrien, antir&eacute;volutionnaire,&nbsp; violemment hostile aux lib&eacute;raux qu&rsquo;il vouait aux g&eacute;monies. La suite des lettres de la correspondance am&eacute;ricaine, qui &eacute;voquent le d&eacute;c&egrave;s de l&rsquo;abb&eacute;, en t&eacute;moignent.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div align=\"right\"><i>Albany, 7 septembre 1831.<br \/><\/i><\/div>\n<p><i><br \/>Jugez du plaisir que j&#8217;ai &eacute;prouv&eacute; en arrivant ici, mon bon ami, lorsque j&#8217;ai trouv&eacute; un paquet de lettres contenant la correspondance du 20 et du 30 juin. J&#8217;&eacute;tais extr&ecirc;&shy;mement inquiet des affaires publiques et de vous. Les lettres m&#8217;ont appris, en effet, que vous aviez &eacute;t&eacute; tr&egrave;s souffrant et que vous l&#8217;&eacute;tiez encore un peu au d&eacute;part du courrier. Je grille maintenant de lire les lettres du 10 et du 20 juillet. Je sais qu&#8217;elles sont en Am&eacute;rique. Mais on me les a envoy&eacute;es &agrave; Boston, o&ugrave; nous serons dans deux jours. Ce n&#8217;est qu&#8217;arriv&eacute; l&agrave; que je pourrai avoir les bulletins ult&eacute;rieurs de votre sant&eacute;.<\/i><\/p>\n<p><i><br \/>Il me tarde bien, je vous assure, de les conna&icirc;tre. Je ne puis vous dire, mon bon ami, quel plaisir j&#8217;&eacute;prouve &agrave; me trouver enfin en communication r&eacute;elle avec vous. Jusqu&#8217;&agrave; pr&eacute;sent il n&#8217;y avait que l&#8217;un de nous deux qui parlait. Nous causons mainte&shy;nant. Tous les d&eacute;tails qu&#8217;on me donne sur la mani&egrave;re dont a &eacute;t&eacute; re&ccedil;ue ma derni&egrave;re lettre me font un plaisir extr&ecirc;me. Donnez-moi toujours beaucoup de particularit&eacute;s; ne craignez pas les petits riens. Ce sont de grandes choses &agrave; deux mille lieues&#8230;<\/i><\/p>\n<p><i><br \/>Nous venons de faire une immense tourn&eacute;e dans l&#8217;ouest et le nord de l&#8217;Am&eacute;rique. La derni&egrave;re quinzaine a &eacute;t&eacute; consacr&eacute;e &agrave; visiter le Canada. Lors de ma pr&eacute;c&eacute;dente lettre, je ne croyais pas faire ce voyage. Le manque de nouvelles politiques nous &eacute;tait devenu si insupportable, que nous comptions gagner Albany en droiture. Heureuse&shy;ment nous avons appris en route des nouvelles de France, et nous avons cru pouvoir disposer encore de huit jours pour descendre le Saint-Laurent, Nous nous f&eacute;licitons beaucoup maintenant d&#8217;avoir entrepris ce voyage. Le pays que nous venons de par&shy;courir est, par lui-m&ecirc;me, tr&egrave;s pittoresque. Le Saint-Laurent est le plus vaste fleuve qui existe au monde. A Qu&eacute;bec il est d&eacute;j&agrave; tr&egrave;s large: un peu plus bas, il a sept lieues d&#8217;un bord &agrave; l&#8217;autre, et il conserve la m&ecirc;me largeur pendant cinquante lieues encore. Il prend alors quinze, vingt, trente lieues, et se perd enfin dans l&#8217;Oc&eacute;an. C&#8217;est comme qui dirait la Manche roulant dans l&#8217;int&eacute;rieur des terres. Cet immense volume d&#8217;eau n&#8217;a rien du reste qui surprenne, lorsqu&#8217;on songe que le Saint-Laurent sert seul d&#8217;&eacute;coule&shy;ment &agrave; tous les grands lacs, depuis le Sup&eacute;rieur jusqu&#8217;au lac Ontario. Ils se tiennent tous comme une grappe de raisin, et aboutissent enfin &agrave; la vall&eacute;e du Canada.<\/i><\/p>\n<p><i><br \/>Mais ce qui nous a int&eacute;ress&eacute;s le plus vivement au Canada, ce sont ses habitants. Je m&#8217;&eacute;tonne que ce pays soit si inconnu en France. Il n&#8217;y a pas six mois, je croyais, com&shy;me tout le monde, que le Canada &eacute;tait devenu compl&egrave;tement anglais. J&#8217;en &eacute;tais toujours rest&eacute; au relev&eacute; de 1763, qui n&#8217;en portait la population fran&ccedil;aise qu&#8217;&agrave; 60,000 personnes. Mais depuis ce temps, le mouvement d&#8217;accroissement a &eacute;t&eacute; l&agrave; aussi rapide qu&#8217;aux &Eacute;tats-Unis, et aujourd&#8217;hui il y a dans la seule province du Bas-Canada 600,000 descendants de Fran&ccedil;ais<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=391:tocqueville-et-beaumont-deux-francais-au-bas-canada-21-aout-3-septembre-1831&amp;Itemid=298#sources\"><sup>5<\/sup><\/a>. Je vous r&eacute;ponds qu&#8217;on ne peut leur contester leur origine. Ils sont aussi Fran&ccedil;ais que vous et moi. Ils nous ressemblent m&ecirc;me bien plus que les Am&eacute;ricains des &Eacute;tats-Unis ne ressemblent aux Anglais. Je ne puis vous exprimer quel plaisir nous avons &eacute;prouv&eacute; &agrave; nous retrouver au milieu de cette population. Nous nous sentions comme chez nous, et partout on nous recevait comme des compatriotes, enfants de la vieille France, comme ils l&#8217;appellent. A mon avis, l&#8217;&eacute;pith&egrave;te est mal choisie. La vieille France est au Canada, la nouvelle est chez nous. Nous avons retrouv&eacute; l&agrave;, surtout dans les villages &eacute;loign&eacute;s des villes, les anciennes habitudes, les anciennes m&oelig;urs fran&ccedil;aises. Autour d&#8217;une &eacute;glise, surmont&eacute;e du coq et de la croix fleurdelis&eacute;e, se trouvent group&eacute;es les maisons du village: car le propri&eacute;taire canadien n&#8217;aime point &agrave; s&#8217;isoler sur sa terre comme l&#8217;Anglais ou l&#8217;Am&eacute;ricain des &Eacute;tats-Unis. Ces maisons sont bien b&acirc;ties, solides au dehors, propres et soign&eacute;es au dedans. Le paysan est riche et ne paye pas un denier d&#8217;imp&ocirc;t. L&agrave; se r&eacute;unit quatre fois par jour, autour d&#8217;une table ronde, une famille compos&eacute;e de parents vigoureux et d&#8217;enfants gros et r&eacute;jouis. On chante apr&egrave;s souper quelque vieille chanson fran&ccedil;aise, ou bien on raconte quelque vieille prouesse des premiers Fran&ccedil;ais du Canada; quelques grands coups d&#8217;&eacute;p&eacute;e donn&eacute;s du temps de Montcalm et des guerres avec les Anglais. Le dimanche on joue, on danse apr&egrave;s les offices. Le cur&eacute; lui-m&ecirc;me prend part &agrave; la joie commune tant qu&#8217;elle ne d&eacute;g&eacute;n&egrave;re pas en licence. Il est l&#8217;oracle du lieu, l&#8217;ami, le conseil de la population. Loin d&#8217;&ecirc;tre accus&eacute; ici d&#8217;&ecirc;tre le partisan du pouvoir, les Anglais le traitent de d&eacute;magogue. Le fait est qu&#8217;il est le premier &agrave; r&eacute;sister &agrave; l&#8217;oppres&shy;sion, et le peuple voit en lui son plus constant appui. Aussi les Canadiens sont-ils religieux par principe et par passion politique. Le clerg&eacute; forme l&agrave; la haute classe, non parce que les lois, mais parce que l&#8217;opinion et les m&oelig;urs le placent &agrave; la t&ecirc;te de la soci&eacute;t&eacute;. J&#8217;ai vu plusieurs de ces eccl&eacute;siastiques: et je suis rest&eacute; convaincu que ce sont, en effet, les gens les plus distingu&eacute;s du pays. Ils ressemblent beaucoup &agrave; nos vieux cur&eacute;s fran&ccedil;ais. Ce sont, en g&eacute;n&eacute;ral, des hommes gais, aimables et bien &eacute;lev&eacute;s.<\/i><\/p>\n<p><i><br \/>Ne serait-on pas vraiment tent&eacute; de croire que le caract&egrave;re national d&#8217;un peuple d&eacute;pend plus du sang dont il est sorti que des institutions politiques ou de la nature du pays&nbsp;? Voil&agrave; des Fran&ccedil;ais m&ecirc;l&eacute;s depuis quatre-vingts ans &agrave; une population anglaise; soumis aux lois de l&#8217;Angleterre, plus s&eacute;par&eacute;s de la m&egrave;re patrie que s&#8217;ils habitaient aux antipodes. Eh bien&nbsp;! Ce sont encore des Fran&ccedil;ais trait pour trait; non pas seulement les vieux, mais tous, jusqu&#8217;au bambin qui fait tourner sa toupie. Comme nous, ils sont vifs, alertes, intelligents, railleurs, emport&eacute;s, grands parleurs et fort difficiles &agrave; conduire quand leurs passions sont allum&eacute;es. Ils sont guerriers par excellence et aiment le bruit plus que l&#8217;argent. A c&ocirc;t&eacute;, et n&eacute;s comme eux dans le pays, se trouvent des Anglais flegmatiques et logiciens comme aux bords de la Tamise; hommes &agrave; pr&eacute;c&eacute;dents, qui veulent qu&#8217;on &eacute;tablisse la majeure avant de songer &agrave; passer &agrave; la mineure; gens sages qui pensent que la guerre est le plus grand fl&eacute;au de la race humaine, mais qui la feraient cepen&shy;dant aussi bien que d&#8217;autres, parce qu&#8217;ils ont calcul&eacute; qu&#8217;il y a des choses plus difficiles &agrave; supporter que la mort.<\/i><\/p>\n<p><i><br \/>Adieu, mon bon ami, je vous aime et vous embrasse du fond de mon c&oelig;ur.<br \/>Il y a dans chaque doctrine religieuse une doctrine politique qui, par affinit&eacute;, lui est jointe.<\/i><\/p>\n<p><i><br \/>Ce point est incontestable en ce sens que l&agrave; o&ugrave; rien ne contrarie cette tendance, elle se montre certainement. Mais il ne s&#8217;ensuit pas qu&#8217;on ne puisse s&eacute;parer les doctrines religieuses de tous leurs effets politiques. On a vu au contraire dans presque tous les pays du monde les int&eacute;r&ecirc;ts mat&eacute;riels op&eacute;rer cette s&eacute;paration. Les catholiques au Canada et aux &Eacute;tats-Unis sont invariablement les soutiens du parti d&eacute;mocratique. S&#8217;ensuit-il que le catholicisme porte &agrave; l&#8217;esprit d&eacute;mocratique? Non. Mais ces catholiques-l&agrave; sont pauvres et viennent presque tous d&#8217;un pays o&ugrave; l&#8217;aristo&shy;cratie est protestante.<\/i><\/p>\n<p><b>Lettre &agrave; sa belle-s&oelig;ur Emilie, le 7 septembre 1831<\/b><\/p>\n<div align=\"right\"><i>Albany, ce 7 septembre 1831<br \/><\/i><\/div>\n<p><i>Il est arriv&eacute; depuis que je suis en Am&eacute;rique, ch&egrave;re petite s&oelig;ur, le contraire de ce qui devrait avoir lieu; vous m&#8217;avez &eacute;crit souvent les lettres les plus aimables et les plus amusantes et moi, je ne vous ai encore r&eacute;pondu, je crois, que deux fois depuis mon d&eacute;part de France. Je vous assure de bien bonne foi cependant que ce n&#8217;est pas ma faute si j&rsquo;ai &eacute;t&eacute; inexact ; notre vie depuis deux mois surtout a &eacute;t&eacute; plus errante qu&rsquo;on ne peut se l&#8217;imaginer. Et puis, tous les dix jours il fallait, bon gr&eacute; mal gr&eacute;, &eacute;crire une longue lettre &agrave; la maison pour donner signe de vie. Je voudrais bien cependant que mon inexactitude ne vous d&eacute;courage&acirc;t pas. Vos lettres me font un plaisir extr&ecirc;me ; elles sont pleines des t&eacute;moignages d&#8217;une amiti&eacute; qui m&#8217;est bien ch&egrave;re et bien pr&eacute;cieuse. Il y a d&rsquo;ailleurs une foule de petits d&eacute;tails de famille que vous seule savez&nbsp; conter.<\/i><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<table style=\"margin-right: 10px; margin-bottom: 10px; width: 320px; float: left;\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-content\/uploads\/images\/stories\/bulletin32\/chateau_de_nacqueville.jpg\" alt=\"Ch&acirc;teau de Nacqueville\" title=\"Ch&acirc;teau de Nacqueville\" \/><\/p>\n<h6>Ch&acirc;teau de Nacqueville<\/h6>\n<h6>cr&eacute;dit : Jean-Louis Beno&icirc;t<\/h6>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><i>Enfin vous voil&agrave; donc &agrave; Nacqueville<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=391:tocqueville-et-beaumont-deux-francais-au-bas-canada-21-aout-3-septembre-1831&amp;Itemid=298#sources\"><sup>6<\/sup><\/a> ; que Dieu en soit lou&eacute; ! Il me grillait de vous savoir &agrave; Paris. On dit cependant que vous aviez fini par vous habituer &agrave; y vivre. Nos parents du moins me mandent que vous &eacute;tiez engraiss&eacute;e et que vous aviez repris toutes vos belles couleurs habituelles. Je pense que tout cela ne va faire que s&#8217;accro&icirc;tre encore dans votre Normandie. Restez-y tant que vous pourrez, ch&egrave;re s&oelig;ur ; c&#8217;est un conseil d&#8217;&eacute;go&iuml;ste que je vous donne l&agrave;, puisque moi-m&ecirc;me je suis absent de Paris et ne perds rien &agrave; votre absence. Croyez cependant que c&#8217;est un bon conseil. Au reste, je vous sais d&eacute;cid&eacute;e &agrave; le suivre, mais votre mari n&#8217;en dit peut-&ecirc;tre pas autant et il se permet quelquefois d&#8217;avoir des volont&eacute;s.<br \/>Je viens de faire un voyage immense dans l&#8217;int&eacute;rieur des terres ; de proche en proche, et toujours entra&icirc;n&eacute;s par une bonne occasion, nous sommes enfin parvenus jusqu&#8217;au lac Sup&eacute;rieur, qui est situ&eacute; &agrave; plus de quatre cents lieues de New York. Nous avons vu des millions d&#8217;arpents de bois o&ugrave; jamais on ne s&#8217;est avis&eacute; de porter la hache et force nations indiennes. &Agrave; propos, savez-vous ce que c&#8217;est qu&#8217;Atala ou sa pareille, il faut que je vous en fasse la description pour que vous puissiez juger de sa ressemblance avec celle de monsieur de Ch<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=391:tocqueville-et-beaumont-deux-francais-au-bas-canada-21-aout-3-septembre-1831&amp;Itemid=298#sources\"><sup>7<\/sup><\/a>. Atala, c&#8217;est une Indienne de couleur caf&eacute; au lait fort fonc&eacute;, dont les cheveux raides et luisants tombent comme des baguettes de tambour jusqu&#8217;au bas du dos. Elle a ordinairement un gros grand nez &agrave; peu pr&egrave;s aquilin, une large bouche .inn&eacute;e de dents &eacute;tincelantes et deux yeux noirs qui en plein jour ressemblent assez &agrave; ceux d&#8217;un chat pendant la nuit. Ne croyez pas qu&#8217;avec cette beaut&eacute; naturelle elle n&eacute;glige la parure. Point du tout. D&#8217;abord elle se fait autour des yeux une raie noire, puis au-dessous une belle raie rouge, puis une bleue, plus une verte, jusqu&#8217;&agrave; ce que sa figure ressemble &agrave; un arc-en-ciel. Alors elle suspend &agrave; ses oreilles une esp&egrave;ce de carillon chinois qui p&egrave;se une demi-livre. Celles qui sont les plus mondaines se passent de plus &agrave; travers les narines un grand anneau d&#8217;&eacute;tain qui leur pend sur la bouche et fait le plus gracieux effet. Elles ajoutent encore un collier compos&eacute; de larges plaques sur lesquelles sont grav&eacute;s divers animaux sauvages. Leur v&ecirc;tement consiste en une esp&egrave;ce de tunique de toile qui descend un peu plus bas que les genoux, elles se drapent ordinairement dans une couverture qui la nuit leur sert de lit. Vous n&#8217;&ecirc;tes point encore au bout du portrait: la mode dans les for&ecirc;ts est d&#8217;avoir les pieds en dedans. Je ne sais si c&#8217;est plus contre nature que de les avoir en dehors, mais nos yeux europ&eacute;ens ne s&#8217;habituent [que] difficilement &agrave; ce genre de beaut&eacute;. Imaginez-vous que pour l&#8217;obtenir, l&#8217;Indienne se lie les pieds d&egrave;s l&#8217;enfance. De telle sorte qu&#8217;&agrave; vingt ans, les deux pointes des pieds se trouvent vis-&agrave;-vis l&#8217;une de l&#8217;autre en marchant. Alors elle enl&egrave;ve tous les hommages et est r&eacute;put&eacute;e des plus fashionable. Tout ce que je sais, c&#8217;est que je ne voudrais pas remplir pr&egrave;s d&#8217;elle le r&ocirc;le de Chactas pour tout l&#8217;or du monde. Les Indiens, du reste, sont mieux que leurs femmes. Ce sont de grands gaillards, &eacute;tablis comme des cerfs et qui en ont l&#8217;agilit&eacute;. Ils ont une charmante expression de figure quand ils sourient et ressemblent &agrave; des diables incarn&eacute;s quand ils sont en col&egrave;re. Nous en avons vu moins que nous n&#8217;aurions voulu ; mais les for&ecirc;ts se d&eacute;peuplent avec une incroyable rapidit&eacute;. \/Nous sommes revenus par le Canada &#8216;. Si jamais vous allez en Am&eacute;rique, ch&egrave;re s&oelig;ur, c&#8217;est l&agrave; qu&#8217;il faut venir vous &eacute;tablir. Vous retrouverez vos chers Bas-Normands trait pour trait. Monsieur Gisles, madame No&euml;l<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=391:tocqueville-et-beaumont-deux-francais-au-bas-canada-21-aout-3-septembre-1831&amp;Itemid=298#sources\"><sup>8<\/sup><\/a>, j&#8217;ai vu tous ces gens-l&agrave; dans les rues de Qu&eacute;bec, les beaux du pays ressemblent &agrave; vos cousins de la&#8230;, j&#8217;ai oubli&eacute; le nom, c&#8217;est &agrave; s&#8217;y m&eacute;prendre et les paysans nous ont assur&eacute; qu&#8217;ils n&#8217;avaient jamais besoin d&#8217;aller &agrave; la ville parce que c&#8217;&eacute;taient les &laquo; cr&eacute;atures &raquo; qui se chargeaient de tisser et de faire leurs habits.<\/i><\/p>\n<p><i><br \/>Adieu, ma bonne et ch&egrave;re s&oelig;ur, je vous prie de toujours compter dans quelque circonstance que ce soit sur ma plus vive amiti&eacute;. Archives Tocqueville. Original.<\/i><\/p>\n<p><i><\/i><br \/>Tocqueville et Beaumont ont p&eacute;n&eacute;tr&eacute; le 21 ao&ucirc;t sur le territoire canadien ; ils l&#8217;ont quitt&eacute; pour revenir &agrave; Albany le 5 septembre.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>Lettre &agrave; Mme la comtesse de Grancey<\/b><\/p>\n<p>De retour &agrave; New-York, Tocqueville &eacute;crit une longue lettre &agrave; sa cousine, la comtesse de Grancey, dans laquelle il &eacute;voque le d&eacute;c&egrave;s de l&rsquo;abb&eacute; Lesueur, le voyage am&eacute;ricain et la d&eacute;couverte, inattendue du Canada et la survivance de la vieille souche de la colonie fran&ccedil;aise, seul &eacute;l&eacute;ment retenu ci-dessous&hellip;<br \/>&nbsp;<\/p>\n<p><i>&Agrave; Madame La Comtesse De Grancey<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=391:tocqueville-et-beaumont-deux-francais-au-bas-canada-21-aout-3-septembre-1831&amp;Itemid=298#sources\"><sup>9<\/sup><\/a><\/i><\/p>\n<table style=\"margin-left: 10px; margin-bottom: 10px; width: 132px; float: right;\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-content\/uploads\/images\/stories\/bulletin32\/buste_alexis_de_tocqueville.jpg\" alt=\"Buste Alexis de Tocqueville sur la place du village\" title=\"Buste Alexis de Tocqueville sur la place du village\" \/> <\/p>\n<h6>Buste d&rsquo;Alexis <br \/>de Tocqueville <br \/>sur la place du village<\/h6>\n<h6>cr&eacute;dit : Jean-Louis Beno&icirc;t<\/h6>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<div align=\"right\"><i>New York, 10 octobre 1831.<\/i><\/div>\n<div align=\"right\">&nbsp;<\/div>\n<p><i>Nous sommes enfin arriv&eacute;s &agrave; Buffalo, sur le bord des grands lacs, sans en avoir vu un seul. Le moyen de revenir en France sans rapporter dans sa t&ecirc;te son sauvage et sa for&ecirc;t vierge! Il ne fallait point y songer. Le bonheur a voulu que pr&eacute;cis&eacute;ment &agrave; cette &eacute;poque un vaisseau &agrave; vapeur partit de Buffalo pour aller explorer l&#8217;entr&eacute;e du lac Sup&eacute;rieur et les bords du lac Michigan. Nous nous sommes d&eacute;termin&eacute;s &agrave; saisir l&#8217;occasion, et nous voil&agrave; ajoutant un crochet de cinq cents lieues &agrave; notre voyage. Cette fois, du reste, nous avons &eacute;t&eacute; compl&egrave;tement satisfaits; nous avons parcouru des c&ocirc;tes immenses o&ugrave; les Blancs n&#8217;ont point encore abattu un seul arbre&nbsp;; et nous avons visit&eacute; un grand nombre de nations indiennes. J&#8217;esp&egrave;re un jour pouvoir vous raconter bien des &eacute;pisodes de ce long voyage, mais aujourd&#8217;hui il faut me borner.<\/i><\/p>\n<p><i><br \/>Ce sont de singuliers personnages que ces Indiens! Ils s&#8217;imaginent que quand un homme a une couverture pour se couvrir, des armes pour tuer du gibier et un beau ciel sur la t&ecirc;te, il n&#8217;a rien &agrave; demander de plus &agrave; la fortune. Tout ce qui tient aux recherches de notre civilisation, ils le m&eacute;prisent profond&eacute;ment. Il est absolument impossible de les plier aux moindres de nos usages. Ce sont les &ecirc;tres les plus orgueilleux de la cr&eacute;ation&nbsp;: ils sourient de piti&eacute; en voyant le soin que nous prenons de nous garantir de la fatigue et du mauvais temps; et il n&#8217;y en a pas un seul d&#8217;entre eux qui, roul&eacute; dans sa couverture au pied d&#8217;un arbre, ne se croie sup&eacute;rieur au pr&eacute;sident des &Eacute;tats-Unis et au gouverneur du Canada. De tout mon attirail europ&eacute;en ils n&#8217;enviaient que mon fusil &agrave; deux coups; mais cette arme faisait sur leur esprit le m&ecirc;me effet que le syst&egrave;me p&eacute;nitentiaire sur celui des Am&eacute;ricains. Je me rappelle entre autres un vieux chef que nous rencontr&acirc;mes sur les bords du lac Sup&eacute;rieur, assis pr&egrave;s de son feu dans l&#8217;immobilit&eacute; qui convient &agrave; un homme de son rang. Je m&#8217;&eacute;tablis &agrave; c&ocirc;t&eacute; de lui, et nous caus&acirc;mes amicalement &agrave; l&#8217;aide d&#8217;un Canadien-fran&ccedil;ais qui nous servait d&#8217;interpr&egrave;te. Il examina mon fusil, et remarqua qu&#8217;il n&#8217;&eacute;tait pas fait comme le sien. Je lui dis alors que mon fusil ne craignait pas la pluie et pouvait partir dans Peau; il refusa de me croire, mais je le tirai devant lui apr&egrave;s l&#8217;avoir tremp&eacute; dans un ruisseau qui &eacute;tait pr&egrave;s de l&agrave;. A cette vue, l&#8217;Indien t&eacute;moigna l&#8217;admiration la plus profonde; il examina de nouveau l&#8217;arme, et me la rendit en disant avec emphase: &laquo;&nbsp;Les p&egrave;res des Canadiens sont de grands guer&shy;riers!&nbsp;&raquo; (&hellip;)<\/i><\/p>\n<p><i><br \/>Quant aux Indiennes, je ne vous en dirai autre chose, sinon qu&#8217;il faut lire Atala avant de venir en Am&eacute;rique. Pour qu&#8217;une femme indienne soit r&eacute;put&eacute;e parfaite, il faut qu&#8217;elle soit couleur chocolat, qu&#8217;elle ait de petits yeux qui ressemblent &agrave; ceux d&#8217;un chat sauvage, et une bouche raisonnablement fendue d&#8217;une oreille &agrave; l&#8217;autre<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=391:tocqueville-et-beaumont-deux-francais-au-bas-canada-21-aout-3-septembre-1831&amp;Itemid=298#sources\"><sup>10<\/sup><\/a>. (&hellip;)<\/i><\/p>\n<p><i><br \/>Permettez-moi de vous r&eacute;it&eacute;rer l&#8217;assurance de ma bien vive et bien sinc&egrave;re amiti&eacute;.<\/i><\/p>\n<p><b>Lettre &agrave; son fr&egrave;re Hippolyte, le 26 novembre 1831<\/b><a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=391:tocqueville-et-beaumont-deux-francais-au-bas-canada-21-aout-3-septembre-1831&amp;Itemid=298#sources\"><sup>11<\/sup><\/a><\/p>\n<table style=\"width: 240px; float: right;\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-content\/uploads\/images\/stories\/bulletin32\/hyppolite_de_tocqueville.jpg\" alt=\"Hyppolite de Tocqueville\" title=\"Hyppolite de Tocqueville\" \/><\/p>\n<h6>Hyppolite de Tocqueville<br \/>cr&eacute;dit : Jean-Louis Beno&icirc;t 1<\/h6>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>O&ugrave; Tocqueville fait part &agrave; son fr&egrave;re a&icirc;n&eacute; de ses vifs regrets devant la perte de cette Am&eacute;rique du Nord qui aurait d&ucirc;\/pu &ecirc;tre fran&ccedil;aise&hellip;<\/p>\n<div align=\"right\"><i>&Agrave; bord du Fourth of July, 26 novembre 1831. <br \/><\/i><\/div>\n<p><i><br \/>Je commence cette lettre, mon bon ami, dans le bateau &agrave; vapeur qui nous conduit de Pittsburg &agrave; Cincinnati. Je ne la finirai et ne la daterai que dans quelques jours, quand je serai arriv&eacute; dans cette derni&egrave;re ville. Nous naviguons en ce moment sur l&#8217;Ohio, qui, en cet endroit, est d&eacute;j&agrave; large comme la Seine &agrave; Paris, et qui cependant, comme tu pourras le voir sur la carte, est encore bien loin de sa jonction avec le Mississipi.<\/i><\/p>\n<p><i><br \/>Il roule en ce moment &agrave; travers les plus belles montagnes du monde. Le mal est qu&#8217;elles sont couvertes de neige. L&#8217;hiver nous a enfin atteints. Nous l&#8217;avons trouv&eacute; au milieu des Alleghanys, et il ne nous quitte plus. Mais nous le fuyons, et dans huit jours nous n&#8217;aurons plus rien &agrave; en craindre. Pittsburg est l&#8217;ancien fort Duquesne des Fran&ccedil;ais, l&#8217;une des causes de la guerre de 1745. Les Fran&ccedil;ais ont donn&eacute;, en Am&eacute;rique, la preuve d&#8217;un g&eacute;nie extraordinaire dans la mani&egrave;re dont ils avaient dispos&eacute; leurs postes militaires. Alors que l&#8217;int&eacute;rieur du continent de l&#8217;Am&eacute;rique septentrionale &eacute;tait encore enti&egrave;rement inconnu aux Europ&eacute;ens, les Fran&ccedil;ais ont &eacute;tabli, au milieu des d&eacute;serts, depuis le Canada jusqu&#8217;&agrave; la Louisiane, une suite de petits forts qui, depuis que le pays est parfaitement explor&eacute;, ont &eacute;t&eacute; reconnus pour les meilleurs emplace&shy;ments qu&#8217;on p&ucirc;t destiner &agrave; la fondation des villes les plus florissantes et les situations les plus heureuses pour attirer le commerce et commander la navigation des fleuves. Ici, comme en bien d&#8217;autres circonstances, nous avons travaill&eacute; pour les Anglais, et ceux-ci ont profit&eacute; d&#8217;un vaste plan qu&#8217;ils n&#8217;avaient pas con&ccedil;u. Si nous avions r&eacute;ussi, les colonies anglaises &eacute;taient envelopp&eacute;es par un arc immense, dont Qu&eacute;bec et la Nouvelle-Orl&eacute;ans formaient les deux extr&eacute;mit&eacute;s. Press&eacute;s sur leurs derri&egrave;res par les Fran&ccedil;ais et leurs alli&eacute;s les Indiens, les Am&eacute;ricains des &Eacute;tats-Unis ne se seraient pas r&eacute;volt&eacute;s contre la m&egrave;re patrie. Ils le reconnaissent tous. Il n&#8217;y aurait pas eu de r&eacute;vo&shy;lution d&#8217;Am&eacute;rique, peut-&ecirc;tre pas de r&eacute;volution fran&ccedil;aise, du moins dans les conditions o&ugrave; elle s&#8217;est accomplie.<\/i><\/p>\n<p><i><br \/>Les Fran&ccedil;ais d&#8217;Am&eacute;rique avaient en eux tout ce qu&#8217;il fallait pour faire un grand peuple. Ils forment encore le plus beau rejeton de la famille europ&eacute;enne dans le nouveau monde. Mais, accabl&eacute;s par le nombre, ils devaient finir par succomber. Leur abandon est une des plus grandes ignominies de l&#8217;ignominieux r&egrave;gne de Louis XV.<\/i><\/p>\n<p><i><br \/>Je viens de voir dans le Canada un million de Fran&ccedil;ais braves, intelligents, faits pour former un jour une grande nation fran&ccedil;aise en Am&eacute;rique, qui vivent en quelque sorte en &eacute;trangers dans leur pays. Le peuple conqu&eacute;rant tient le commerce, les em&shy;plois, la richesse, le pouvoir. Il forme les hautes classes et domine la soci&eacute;t&eacute; enti&egrave;re. Le peuple conquis, partout o&ugrave; il n&#8217;a pas l&#8217;immense sup&eacute;riorit&eacute; num&eacute;rique, perd peu &agrave; peu ses m&oelig;urs, sa langue, son caract&egrave;re national.<br \/>Aujourd&#8217;hui le sort en est jet&eacute;, toute l&#8217;Am&eacute;rique du Nord parlera anglais. Mais n&#8217;es-tu pas frapp&eacute; de l&#8217;impossibilit&eacute; o&ugrave; sont les hommes de sentir la port&eacute;e qu&#8217;aura un &eacute;v&eacute;nement pr&eacute;sent dans l&#8217;avenir, et le danger dans lequel ils sont toujours de s&#8217;affliger ou de se r&eacute;jouir sans discernement? Lorsque la bataille des plaines d&#8217;Abraham, la mort de Montcalm et le honteux trait&eacute; de 1763, mirent l&#8217;Angleterre en possession du Canada et d&#8217;un pays plus grand que l&#8217;Europe enti&egrave;re, et qui auparavant appartenait &agrave; la France, les Anglais se livr&egrave;rent &agrave; une joie presque extravagante. La nation, ni ses plus grands hommes, ne se doutaient gu&egrave;re alors que, par l&#8217;effet de cette conqu&ecirc;te, les colonies n&#8217;ayant plus besoin de l&#8217;appui de la m&egrave;re patrie, commenceraient &agrave; aspirer &agrave; l&#8217;ind&eacute;pendance&nbsp;: que, vingt ans apr&egrave;s, cette ind&eacute;pendance serait sign&eacute;e, l&#8217;Angleterre entra&icirc;n&eacute;e dans une guerre d&eacute;sastreuse qui donnerait un &eacute;norme accroissement &agrave; sa dette; et que de cette mani&egrave;re se cr&eacute;erait sur le continent de l&#8217;Am&eacute;rique une immense nation, son ennemie naturelle tout en parlant sa langue, et qui est certainement appel&eacute;e &agrave; lui enlever l&#8217;empire de la mer.<\/i><\/p>\n<p><i><\/p>\n<p><\/i><\/p>\n<div align=\"right\"><i>30 novembre.<\/i><\/div>\n<div align=\"right\"><i>&nbsp;<\/i><\/div>\n<p><i>Nous arrivons &agrave; Cincinnati apr&egrave;s un voyage que la neige et le froid ont rendu assez p&eacute;nible.<\/i><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Il faut joindre &agrave; ces lettres trois courts passages des carnets de voyage et un autre,&nbsp; remarquable, tir&eacute; Quinze jours au d&eacute;sert, qui &eacute;voque la premi&egrave;re rencontre des deux voyageurs avec des Canadiens et celle, fort singuli&egrave;re, d&rsquo;un de ces m&eacute;tis, un <i>Bois-br&ucirc;l&eacute;<\/i>, que Tocqueville prend d&rsquo;abord pour un Indien mais qui parle avec l&rsquo;accent des paysans normands et chante&nbsp;:<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div align=\"center\"><i>&laquo;&nbsp;Entre Paris et Saint-Denis<\/i><br \/><i>Il &eacute;tait une fille&nbsp;&raquo;&hellip;<\/i><\/div>\n<p>Dans ce surprenant r&eacute;cit de voyage, Alexis explique comment &eacute;tant arriv&eacute; &agrave; la &laquo;&nbsp;fronti&egrave;re&nbsp;&raquo;, &agrave; l&rsquo;extr&eacute;mit&eacute; du monde &laquo;&nbsp;civilis&eacute;&nbsp;&raquo; du moment il constate dans la clairi&egrave;re de Saguinaw Bay, l&rsquo;existence de cinq groupes humains totalement diff&eacute;rents&nbsp;: les Anglais et les Canadiens, les Indiens et les Bois-Br&ucirc;l&eacute;s, et un homme nouveau&nbsp;: le colon am&eacute;ricain, en route vers l&rsquo;Ouest et qui ne s&rsquo;arr&ecirc;tera que lorsqu&rsquo;il aura atteint le Pacifique, apr&egrave;s avoir extermin&eacute; la quasi-totalit&eacute; de la population indienne<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=391:tocqueville-et-beaumont-deux-francais-au-bas-canada-21-aout-3-septembre-1831&amp;Itemid=298#sources\"><sup>12<\/sup><\/a>.&nbsp; &nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>15 jours au d&eacute;sert<\/b><\/p>\n<p>Mr. Richard, cur&eacute; catholique, est envoy&eacute; au Congr&egrave;s par une population pro&shy;testante.&nbsp; Mr. Neilson, protestant, est&nbsp; envoy&eacute; aux Communes du Canada par une population catholique. Ces faits prouvent-ils que la religion est mieux entendue ou que sa force s&#8217;&eacute;puise? Ils prouvent, je crois, l&#8217;un et l&#8217;autre<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=391:tocqueville-et-beaumont-deux-francais-au-bas-canada-21-aout-3-septembre-1831&amp;Itemid=298#sources\"><sup>13<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p><i>8 ao&ucirc;t. <\/i>&#8211; Journ&eacute;e insignifiante pass&eacute;e sur l&#8217;eau. De temps en temps, &agrave; droite et &agrave; gauche, des terres basses couvertes de for&ecirc;ts.<\/p>\n<p><i>9 ao&ucirc;t. <\/i>&#8211; Arriv&eacute;e &agrave; 8 heures du matin &agrave; Green Bay. Fort. Village sur le bord au milieu d&#8217;une prairie sur le bord d&#8217;une rivi&egrave;re. Village indien iroquois plus haut. Grand settlement. Nous ne savons que faire, je vais chasser seul. Rivi&egrave;re travers&eacute;e &agrave; la nage. Canot. Herbes au fond de l&#8217;eau. Je me perds un moment, retourne au m&ecirc;me endroit sans m&#8217;en douter. Apr&egrave;s le d&icirc;ner, pars avec un Anglais pour Ducks Creek: 4 milles. Nous remontons en canot un petit fleuve solitaire. Arrive &agrave; la maison d&#8217;une Indienne. Herbe. Bonne aventure. Nous revenons.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><i>11 ao&ucirc;t. <\/i>&#8211; Conversation avec un sauvage civilis&eacute;, habill&eacute; comme un de nos pay&shy;sans. Parle bien l&#8217;anglais. Les sauvages aiment mieux les Fran&ccedil;ais; ses id&eacute;es sur la vie civilis&eacute;e; esp&egrave;re que tous les Indiens s&#8217;y plieront. N&#8217;est pas chr&eacute;tien. Religion des Indiens. Dieu, immortalit&eacute; de l&#8217;&acirc;me. Le paradis indien. Ob&eacute;ir &agrave; ses commandements.<br \/>Journ&eacute;e monotone sur le lac.<\/p>\n<p><i>12 ao&ucirc;t. <\/i>&#8211; Arriv&eacute;e &agrave; 11 heures &agrave; Machinac.<br \/>Sauvage <i>pharo<\/i>. Chapeau europ&eacute;en, plume noire autour. Cercle de fer blanc autour du haut. Trois plumes de voltigeur au sommet. Immenses boucles d&#8217;oreilles. Nez perc&eacute;, un anneau dedans. Cravate noire. Blouse bleue. Grand collier compos&eacute; de pla&shy;ques de fer blanc avec des animaux graves, anneaux de fer blanc aux jambes, jarreti&egrave;res rouges avec une multitude de petites perles de verre. Mocassins brod&eacute;s. Un manteau rouge avec lequel il se drape. Opinion d&#8217;un vieux Canadien qu&#8217;ils sont plus beaux dans leur costume sauvage, enti&egrave;rement nus sauf les plumes &agrave; la ceinture et &agrave; la t&ecirc;te. Longs cheveux tress&eacute;s souvent jusqu&#8217;aux pieds. Tout le corps peint. Chasse aux pigeons. Canadian pointer. Sermon de Mr. Mullon.<\/p>\n<p><i>13 ao&ucirc;t. <\/i>&#8211; D&eacute;part &agrave; 9 heures de Machinac. Rien d&#8217;int&eacute;ressant dans le retour. Arriv&eacute; le dimanche 14 au soir &agrave; D&eacute;troit<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=391:tocqueville-et-beaumont-deux-francais-au-bas-canada-21-aout-3-septembre-1831&amp;Itemid=298#sources\"><sup>14<\/sup><\/a>.(&hellip;)<\/p>\n<p>Au bout de quelques minutes un l&eacute;ger bruit se fit entendre et quelque chose s&#8217;approcha du rivage. C&#8217;&eacute;tait un canot indien long de dix pieds environ et form&eacute; d&#8217;un seul arbre. L&#8217;homme qui &eacute;tait accroupi au fond de cette fragile embarcation portait le costume et avait toute l&#8217;apparence d&#8217;un Indien. Il adressa la parole &agrave; nos guides qui &agrave; son commandement se h&acirc;t&egrave;rent d&#8217;enlever les selles de nos chevaux et de les disposer dans la pirogue. Comme je me pr&eacute;parais moi-m&ecirc;me &agrave; y monter, le pr&eacute;tendu Indien s&#8217;avan&ccedil;a vers moi, me pla&ccedil;a deux doigts sur l&#8217;&eacute;paule et me dit avec un accent normand qui me fit tressaillir: &laquo;&nbsp;N&#8217;allez pas trop vitement, y en a des fois ici qui s&#8217;y noyent.&nbsp;&raquo; Mon cheval m&#8217;aurait adress&eacute; la parole que je n&#8217;aurais pas, je crois, &eacute;t&eacute; plus surpris. J&#8217;envisageai celui qui m&#8217;avait parl&eacute; et dont la figure frapp&eacute;e des premiers rayons de la lune reluisait alors comme une boule de cuivre: &laquo;&nbsp;Qui &ecirc;tes-vous donc, lui dis-je, le fran&ccedil;ais semble &ecirc;tre votre langue et vous avez l&#8217;air d&#8217;un Indien?&nbsp;&raquo; Il me r&eacute;pondit qu&#8217;il &eacute;tait un bois-br&ucirc;l&eacute;, c&#8217;est-&agrave;-dire le fils d&#8217;un Canadien et d&#8217;une Indienne. J&#8217;aurai souvent occasion de parler de cette singuli&egrave;re race de m&eacute;tis qui couvre toutes les fronti&egrave;res du Canada et une partie de celles des &Eacute;tats-Unis. Pour le moment je ne songeai qu&#8217;au plaisir de parler ma langue maternelle. Suivant les conseils de notre compatriote le sauvage, je m&#8217;assis au fond du canot et me tins aussi en &eacute;quilibre qu&#8217;il m&#8217;&eacute;tait possible. Le cheval entra dans la rivi&egrave;re et se mit &agrave; la nage tandis que le Canadien poussait la nacelle de l&#8217;aviron, tout en chantant &agrave; demi voix sur un vieil air fran&ccedil;ais le couplet suivant dont je ne saisis que les deux premiers vers:<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div align=\"center\"><i>Entre Paris et Saint-Denis<\/i><br \/><i>Il &eacute;tait une fille.<\/i><\/div>\n<p>(&hellip;) A l&#8217;autre bord de la Saginaw, pr&egrave;s des d&eacute;frichements europ&eacute;ens et pour ainsi dire sur les confins de l&#8217;ancien et du Nouveau Monde s&#8217;&eacute;l&egrave;ve une cabane rustique plus commode que le wigwam du sauvage, plus grossi&egrave;re que la maison de l&#8217;homme poli&shy;c&eacute;. C&#8217;est la demeure du m&eacute;tis. Lorsque nous nous pr&eacute;sent&acirc;mes pour la premi&egrave;re fois &agrave; la porte de cette hutte &agrave; demi civilis&eacute;e, nous f&ucirc;mes tout surpris d&#8217;entendre dans l&#8217;int&eacute;rieur une voix douce qui psalmodiait sur un air indien les cantiques de la p&eacute;ni&shy;tence. Nous nous arr&ecirc;t&acirc;mes un moment pour &eacute;couter. Les modulations des sons &eacute;taient lentes et profond&eacute;ment m&eacute;lancoliques; on reconnaissait ais&eacute;ment cette harmo&shy;nie plaintive qui caract&eacute;rise tous les chants de l&#8217;homme au d&eacute;sert. Nous entr&acirc;mes. Le ma&icirc;tre &eacute;tait absent. Assise au milieu de l&#8217;appartement, les jambes crois&eacute;es sur une natte, une jeune femme travaillait &agrave; faire des mocassins; du pied elle ber&ccedil;ait un enfant dont le teint cuivr&eacute; et les traits annon&ccedil;aient la double origine. Cette femme &eacute;tait habill&eacute;e comme une de nos paysannes, sinon que ses pieds &eacute;taient nus et que ses cheveux tombaient librement sur ses &eacute;paules. En nous apercevant elle se tut avec une sorte de crainte respectueuse. Nous lui demand&acirc;mes si elle &eacute;tait Fran&ccedil;aise. &laquo;&nbsp;Non, r&eacute;pondit-elle en souriant. &ndash; Anglaise&nbsp;? &#8211; Non plus, dit-elle; elle baissa les yeux et ajouta&nbsp;: Je ne suis qu&#8217;une sauvage.&nbsp;&raquo; Enfant de deux races, &eacute;lev&eacute; dans l&#8217;usage de deux langues, nourri dans des croyances diverses et berc&eacute; dans des pr&eacute;juges contraires, le m&eacute;tis forme un compos&eacute; aussi inexplicable aux autres qu&#8217;&agrave; lui-m&ecirc;me. Les images du monde lorsqu&#8217;elles viennent se r&eacute;fl&eacute;chir sur son cerveau grossier, ne lui apparaissent que comme un chaos inextricable dont son esprit ne saurait sortir. Fier de son origine europ&eacute;enne, il m&eacute;prise le d&eacute;sert&nbsp;; et pourtant il aime la libert&eacute; sauvage qui y r&egrave;gne. Il admire la civilisation et ne peut compl&egrave;tement se soumettre &agrave; son empire. Ses go&ucirc;ts sont en contradiction avec ses id&eacute;es, ses opinions avec ses m&oelig;urs. Ne sachant comment se guider au jour incertain qui l&#8217;&eacute;claire, son &acirc;me se d&eacute;bat p&eacute;niblement dans les langes d&#8217;un doute universel. Il adopte des usages oppos&eacute;s; il prie &agrave; deux autels; il croit au R&eacute;dempteur du monde et aux amulettes du jongleur; et il arrive au bout de sa carri&egrave;re sans avoir pu d&eacute;brouiller le probl&egrave;me obscur de son existence.<\/p>\n<p>Ainsi donc dans ce coin de terre ignor&eacute; du monde la main de Dieu avait d&eacute;j&agrave; jet&eacute; les semences de nations diverses; d&eacute;j&agrave; plusieurs races diff&eacute;rentes, plusieurs peuples distincts se trouvent ici en pr&eacute;sence<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=391:tocqueville-et-beaumont-deux-francais-au-bas-canada-21-aout-3-septembre-1831&amp;Itemid=298#sources\"><sup>15<\/sup><\/a><\/p>\n<p><b>Pour en savoir plus<\/b><\/p>\n<p>La pr&eacute;sentation que nous donnons ici est &agrave; la fois importante et restreinte, nous avons renonc&eacute; aux commentaires et analyses critiques et &agrave; des textes compl&eacute;mentaires que le lecteur a la possibilit&eacute; de consulter en ligne sur le site de J-M. Tremblay auxquels il donne acc&egrave;s aux adresses qui suivent.<\/p>\n<ul>\n<li><a href=\"http:\/\/classiques.uqac.ca\/classiques\/De_tocqueville_alexis\/au_bas_canada\/au_bas_canada.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/classiques.uqac.ca\/classiques\/De_tocqueville_alexis\/au_bas_canada\/au_bas_canada.html<\/a><\/li>\n<li><a href=\"http:\/\/classiques.uqac.ca\/contemporains\/leclercq_jean_michel\/etudes_can_tocqueville\/etudes_can_tocqueville.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/classiques.uqac.ca\/contemporains\/leclercq_jean_michel\/etudes_can_tocqueville\/etudes_can_tocqueville.html<\/a><\/li>\n<li><a href=\"http:\/\/classiques.uqac.ca\/contemporains\/bergeron_gerard\/Quand_Tocqueville_Siegfried\/Quand_Tocqueville.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/classiques.uqac.ca\/contemporains\/bergeron_gerard\/Quand_Tocqueville_Siegfried\/Quand_Tocqueville.html<\/a><\/li>\n<li><a href=\"http:\/\/classiques.uqac.ca\/contemporains\/langlois_simon\/tocqueville\/tocqueville_biblio.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/classiques.uqac.ca\/contemporains\/langlois_simon\/tocqueville\/tocqueville_biblio.html<\/a><\/li>\n<li><a href=\"http:\/\/classiques.uqac.ca\/classiques\/beaumont_gustave_de\/marie_ou_esclavage_aux_EU\/marie.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/classiques.uqac.ca\/classiques\/beaumont_gustave_de\/marie_ou_esclavage_aux_EU\/marie.html<\/a><\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le lecteur peut &eacute;galement se reporter &agrave; la biographie que j&rsquo;ai fait para&icirc;tre, en 2005, chez Bayard, &agrave; laquelle Simon Langlois se r&eacute;f&egrave;re dans son article&nbsp;: Tocqueville un sociologue au Bas-Canada&nbsp;: Tocqueville un destin paradoxal, Bayard, 2005, Paris.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a title=\"jeanlouisbenoit\" name=\"jeanlouisbenoit\"><\/a>*Jean-Louis BENO&Icirc;T, professeur agr&eacute;g&eacute;, Docteur &egrave;s Lettres, est l&rsquo;un des principaux sp&eacute;cialistes de Tocqueville.<br \/>Il a notamment publi&eacute;&nbsp;:<\/p>\n<ul>\n<li>Tome XIV des Etats-Unis de Tocqueville, <i>Correspondance familiale<\/i>, appareil critique, notes et introduction, &eacute;ditions Gallimard, mai 1998,&nbsp;prix de l&rsquo;Acad&eacute;mie des Sciences, Arts et Belles-Lettres de Caen, d&eacute;cembre 1998<\/li>\n<li><i>Alexis de Tocqueville, Textes essentiels, Anthologie critique<\/i>, &eacute;ditions Pocket, collection Agora, Juin 2000, prix litt&eacute;raire du Cotentin, novembre 2000<\/li>\n<li><i>Tocqueville moraliste<\/i>, Champion, collection Romantisme et Modernit&eacute;s, mai 2004<\/li>\n<li><i>Comprendre Tocqueville<\/i>, Armand Colin, collections Cursus, Ao&ucirc;t 2004<\/li>\n<li><i>Alexis de Tocqueville, Textes &eacute;conomiques, Anthologie critique<\/i>, &#8211; En collaboration avec &Eacute;ric Keslassy &ndash; &eacute;ditions Pocket, collection Agora, mars 2005<\/li>\n<li><i>Tocqueville, un destin paradoxal<\/i>, Bayard, collection Biographies, mai 2005<\/li>\n<li><i>Tocqueville, notes sur le Coran et autres textes sur les religions<\/i>, Bayard, f&eacute;vrier 2007<\/li>\n<\/ul>\n<p>Les lecteurs peuvent consulter les conf&eacute;rences et communications de Jean-Louis Benoit sur les sites&nbsp;:<\/p>\n<ul>\n<li><a href=\"http:\/\/classiques.uqac.ca\/contemporains\/benoit_jean_louis\/benoit_jean_louis.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/classiques.uqac.ca\/contemporains\/benoit_jean_louis\/benoit_jean_louis.html<\/a><\/li>\n<li><a href=\"http:\/\/classiques.uqac.ca\/classiques\/De_tocqueville_alexis\/de_tocqueville.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/classiques.uqac.ca\/classiques\/De_tocqueville_alexis\/de_tocqueville.html<\/a><\/li>\n<\/ul>\n<p>Co-organisateur de deux Colloques internationaux&nbsp;consacr&eacute;s &agrave; Tocqueville :<\/p>\n<ul>\n<li>11-12 septembre 1990, Saint-L&ocirc;&nbsp;: <i><b>&#8211; L&rsquo;Actualit&eacute; de Tocqueville<\/b><\/i><br \/>Les actes du colloque ont &eacute;t&eacute; publi&eacute;s dans les <i>Cahiers de Philosophie Politique et Juridique de l&rsquo;Universit&eacute; de Caen<\/i>, N&deg;19, 1991<\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li>Mai &ndash; septembre-octobre 2005, Cerisy-la-Salle \/ Yale &ndash; Codirection du Colloque du bicentenaire de la naissance de Tocqueville avec Fran&ccedil;oise M&eacute;lonio et Olivier Zunz&nbsp;: <i><b>Tocqueville entre l&rsquo;Europe et les &Eacute;tats-Unis<\/b><\/i>,\n<ul>\n<li><a href=\"http:\/\/www.ccic-cerisy.asso.fr\/tocqueville05.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">1&egrave;re partie, 26-31 mai centre culturel international de Cerisy-la-Salle <\/a><\/li>\n<li><a href=\"http:\/\/highway49.library.yale.edu\/tocqueville\/summary.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">2e partie, Beinecke Library, universit&eacute; Yale, 29 septembre 1<sup>er<\/sup> octobre&nbsp;; communication de cl&ocirc;ture &agrave; la Beinecke de Yale :&nbsp;<i>La d&eacute;mocratie au risque de son arm&eacute;e<\/i>, publi&eacute;e dans <i>The Tocqueville Review \/ La Revue Tocqueville, Vol. XXVII, n&deg; 2 &ndash; 2006-08-25<\/i><\/a><\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a title=\"sources\" name=\"sources\"><\/a>Sources<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ol>\n<li>\n<h6>Voir &agrave; ce sujet la pr&eacute;face du tome XIV des &OElig;uvres Compl&egrave;tes Gallimard <i>(O.C.)<\/i> qui analyse les m&eacute;canismes de cette &laquo;&nbsp;<i>c&eacute;r&eacute;monie &eacute;pistolaire<\/i>&nbsp;&raquo;.<\/h6>\n<\/li>\n<li>\n<h6><i>O.C.<\/i> XIV, p. 25, lettre du 9 ao&ucirc;t 1829; la correspondance am&eacute;ricaine exp&eacute;di&eacute;e par Alexis repose sur les m&ecirc;mes modalit&eacute;s que celles qui sont pr&eacute;sent&eacute;es ici, dans une correspondance ant&eacute;rieure, lors d&rsquo;un de ses voyages en Suisse.<\/h6>\n<\/li>\n<li>\n<h6>Tocqueville&nbsp; apprit deux jours plus tard la mort de l&rsquo;abb&eacute; Lesueur.<\/h6>\n<\/li>\n<li>\n<h6><i>O.C.<\/i>, XIV, p. 105.<\/h6>\n<\/li>\n<li>\n<h6>Ce sont l&agrave; les chiffres donn&eacute;s &agrave; Beaumont et Tocqueville par leurs interlocuteurs&nbsp;; &agrave; d&rsquo;autres moments, ils parleront de 900 000, voire d&rsquo;un million de Canadiens. D&rsquo;apr&egrave;s Jacques Lacoursi&egrave;re, <i>Histoire du Qu&eacute;bec des origines &agrave; nos jours<\/i>, un recensement de 1831, ann&eacute;e du voyage de Tocqueville et Beaumont, indique une population de 583000 habitants, Canadiens, Anglais et &eacute;migrants compris, les Canadiens repr&eacute;sentant les neuf dixi&egrave;mes de l&rsquo;ensemble de la population.<\/h6>\n<\/li>\n<li>\n<h6>Hippolyte de Tocqueville et sa femme Emilie restaur&egrave;rent le ch&acirc;teau de Nacqueville, dans le nord&ndash;ouest du Cotentin, propri&eacute;t&eacute; d&rsquo;Emilie, le dotant d&rsquo;un splendide parc &agrave; l&rsquo;anglaise qu&rsquo;on admire encore aujourd&rsquo;hui.<\/h6>\n<\/li>\n<li>\n<h6>Chateaubriand.<\/h6>\n<\/li>\n<li>\n<h6>Monsieur Gisles &eacute;tait maire de Valognes sous la monarchie de Juillet. Peut-&ecirc;tre madame No&euml;l &eacute;tait-elle l&#8217;&eacute;pouse de l&#8217;homme d&#8217;affaires de Cherbourg qui g&eacute;rait une partie des biens de Tocqueville.<\/h6>\n<\/li>\n<li>\n<h6>Edition Beaumont, <i>Nouvelle correspondance enti&egrave;rement in&eacute;dite<\/i>, p. 69-77&nbsp;; les seuls passages concernant le Canada ont &eacute;t&eacute; retenus ici.<\/h6>\n<\/li>\n<li>\n<h6>La suite du portrait de l&rsquo;Indienne reprend la description&nbsp; faite dans la lettre pr&eacute;c&eacute;dente &agrave; Emilie.<\/h6>\n<\/li>\n<li>\n<h6>Edition Beaumont, <i>Nouvelle correspondance enti&egrave;rement in&eacute;dite<\/i>, p. 86 et suivantes.<\/h6>\n<\/li>\n<li>\n<h6>Pour Tocqueville, comme pour Beaumont, le g&eacute;nocide &ndash; bien que le terme ne f&ucirc;t pas encore invent&eacute; &#8211;&nbsp; &eacute;tait absolument d&eacute;termin&eacute; et d&eacute;cid&eacute;&nbsp;; commenc&eacute; par Jackson, il irait jusqu&rsquo;&agrave; son terme&nbsp;: &laquo;&nbsp;Le jour o&ugrave; les Europ&eacute;ens se seront &eacute;tablis sue les bords de l&rsquo;oc&eacute;an Pacifique (la race indienne) aura cess&eacute; d&rsquo;exister&nbsp;&raquo; (<i>De la d&eacute;mocratie en Am&eacute;rique, 1<\/i>). Rappelons que la population indienne des Etats-Unis repr&eacute;sentait de huit &agrave; douze millions d&rsquo;individus lors de l&rsquo;arriv&eacute;e des premiers colons en Virginie, et qu&rsquo;il n&rsquo;en subsistait qu&rsquo;environ deux cents mille au plus bas niveau de l&rsquo;&eacute;tiage, &agrave; la fin du XIXe si&egrave;cle&nbsp;!<\/h6>\n<\/li>\n<li>\n<h6>O.C. V, 1, <i>Voyages<\/i>, pp. 231-232.<\/h6>\n<\/li>\n<li>\n<h6>O.C. V, 1, <i>Voyages<\/i>, pp. 176-177.<\/h6>\n<\/li>\n<li>\n<h6><i>Ibid. Quinze jours au d&eacute;sert<\/i>, p. 379-380.<\/h6>\n<\/li>\n<\/ol>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/article>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\n\t\t\t\t<div class=\"e-load-more-anchor\" data-page=\"1\" data-max-page=\"4\" data-next-page=\"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/8371\/page\/2\/\"><\/div>\n\t\t\t\t<nav class=\"elementor-pagination\" aria-label=\"Pagination\">\n\t\t\t<span aria-current=\"page\" class=\"page-numbers current\"><span class=\"elementor-screen-only\">Page<\/span>1<\/span>\n<a class=\"page-numbers\" href=\"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/8371\/page\/2\/\"><span class=\"elementor-screen-only\">Page<\/span>2<\/a>\n<a class=\"page-numbers\" href=\"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/8371\/page\/3\/\"><span class=\"elementor-screen-only\">Page<\/span>3<\/a>\n<a class=\"page-numbers\" href=\"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/8371\/page\/4\/\"><span class=\"elementor-screen-only\">Page<\/span>4<\/a>\t\t<\/nav>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Page (post) title HomePage (post) title<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":5120,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"footnotes":""},"class_list":["post-8371","page","type-page","status-publish","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/8371","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=8371"}],"version-history":[{"count":7,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/8371\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":10777,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/8371\/revisions\/10777"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/5120"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=8371"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}