{"id":8372,"date":"2024-07-25T11:02:08","date_gmt":"2024-07-25T15:02:08","guid":{"rendered":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/?page_id=8372"},"modified":"2024-09-06T10:46:34","modified_gmt":"2024-09-06T14:46:34","slug":"bulletin-n33-decembre-2011","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/archives\/memoires-vives\/bulletin-n33-decembre-2011\/","title":{"rendered":"Bulletin n\u00b033, d\u00e9cembre 2011"},"content":{"rendered":"\t\t<div data-elementor-type=\"wp-page\" data-elementor-id=\"8372\" class=\"elementor elementor-8372\" data-elementor-post-type=\"page\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-30342f4 e-flex e-con-boxed sc_inner_width_none sc_layouts_column_icons_position_left e-con e-parent\" data-id=\"30342f4\" data-element_type=\"container\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"e-con-inner\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-ce3074d sc_fly_static elementor-widget elementor-widget-trx_sc_layouts_title\" data-id=\"ce3074d\" data-element_type=\"widget\" data-widget_type=\"trx_sc_layouts_title.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t<div class=\"sc_layouts_title sc_align_center with_content without_image without_tint\"><div class=\"sc_layouts_title_content\"><div class=\"sc_layouts_title_title\"><h1 class=\"sc_layouts_title_caption\">Bulletin n\u00b033, d\u00e9cembre 2011<\/h1><\/div><div class=\"sc_layouts_title_breadcrumbs\"><div class=\"breadcrumbs\"><a class=\"breadcrumbs_item home\" href=\"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/\">Accueil<\/a><span class=\"breadcrumbs_delimiter\"><\/span><span class=\"breadcrumbs_item current\">Bulletin n\u00b033, d\u00e9cembre 2011<\/span><\/div><\/div><\/div><\/div>\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-b1998af bulletins e-flex e-con-boxed sc_inner_width_none sc_layouts_column_icons_position_left e-con e-parent\" data-id=\"b1998af\" data-element_type=\"container\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"e-con-inner\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-e7ffd6c sc_fly_static elementor-widget elementor-widget-posts\" data-id=\"e7ffd6c\" data-element_type=\"widget\" data-settings=\"{&quot;pagination_type&quot;:&quot;numbers&quot;,&quot;full_content_row_gap&quot;:{&quot;unit&quot;:&quot;px&quot;,&quot;size&quot;:35,&quot;sizes&quot;:[]}}\" data-widget_type=\"posts.full_content\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t<link rel=\"stylesheet\" href=\"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-content\/plugins\/elementor-pro\/assets\/css\/widget-posts.min.css?ver=1723487895\">\t\t<div class=\"elementor-posts-container elementor-posts elementor-posts--skin-full_content elementor-grid\">\n\t\t\t\t<article class=\"elementor-post elementor-grid-item post-6296 post type-post status-publish format-standard hentry category-bulletin-n33-decembre-2011\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-post__text\">\n\t\t\t\t<h3 class=\"elementor-post__title\">\n\t\t\t<a href=\"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/rose-quebec-rose-de-memoire\/\" >\n\t\t\t\tROSE QUEBEC | Rose de m\u00e9moire\t\t\t<\/a>\n\t\t<\/h3>\n\t\t<h2 align=\"center\">ROSE QU&Eacute;BEC<br \/>Rose de m&eacute;moire<\/h2>\n<h5>par Maud SIROIS-BELLE<\/h5>\n<p>N&rsquo;est-il pas &eacute;mouvant de penser que le Canada fran&ccedil;ais ait pu prendre une si grande place, en 1942-1943, dans le c&oelig;ur et la t&ecirc;te d&rsquo;un obtenteur fran&ccedil;ais de roses, qu&rsquo;il en vint &agrave; baptiser du nom de <i>Qu&eacute;bec<\/i> sa derni&egrave;re cr&eacute;ation ?<\/p>\n<p>&laquo;&nbsp;Nous &eacute;tions en 1943. C&rsquo;&eacute;tait la guerre. Les nazis martelaient de leurs bottes le sol de France. Toutes les communications avec l&rsquo;ext&eacute;rieur &eacute;taient coup&eacute;es. J&rsquo;avais le sentiment qu&rsquo;un jour, des r&eacute;giments de l&rsquo;Am&eacute;rique du Nord viendraient participer &agrave; la lib&eacute;ration de mon pays, et qu&rsquo;il s&rsquo;y trouverait des soldats francophones de la vall&eacute;e du Saint-Laurent. J&rsquo;ai spontan&eacute;ment appel&eacute; ma nouvelle rose <i>Qu&eacute;bec<\/i>.&nbsp;&raquo;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>C&rsquo;est ainsi que Jean Gaujard, cr&eacute;ateur en 1941 de cette rose &laquo;&nbsp;soleil&nbsp; brillant&nbsp;&raquo;, raconta en 1979 &agrave; Robert Pr&eacute;vost, commissaire g&eacute;n&eacute;ral au Tourisme du Qu&eacute;bec en France, la&nbsp; venue au monde de la rose <i>Qu&eacute;bec<\/i>. Geste de r&eacute;sistance qui ne dit pas son nom chez un Lyonnais en attente de lib&eacute;ration : fi&egrave;re audace que d&rsquo;appeler &agrave; la rescousse un peuple alli&eacute; &agrave; travers le nom d&rsquo;une rose, alors que la France est sous occupation allemande.&nbsp; Le 19 ao&ucirc;t 1942 avait vu le tragique d&eacute;barquement de 5000 Canadiens devant Dieppe : pr&egrave;s de mille morts et deux mille prisonniers. Malgr&eacute; tout, Monsieur Gaujard voulait croire au retour de ces lointains &laquo;cousins&raquo; de la vall&eacute;e laurentienne. Appel entendu : en 1944, l&rsquo;arm&eacute;e canadienne d&eacute;barqua sur les plages de Normandie et s&rsquo;engagea dans la longue marche de la lib&eacute;ration de la France ; on y comptait de nombreux Qu&eacute;b&eacute;cois. La rose <i>Qu&eacute;bec<\/i>, fleur d&rsquo;esp&eacute;rance pour la France, fleur de m&eacute;moire pour les hommes venus du Qu&eacute;bec en 1942 et 1944.<\/p>\n<table style=\"margin-right: 10px; margin-bottom: 10px; width: 300px; float: left;\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-content\/uploads\/images\/stories\/bulletin33\/rose-quebec.jpg\" alt=\"Rose Qu&eacute;bec\" title=\"Rose Qu&eacute;bec\" \/><\/p>\n<h6>Rose <i>qu&eacute;bec<br \/><\/i>Cr&eacute;dit : Maud Sirois-Belle<\/h6>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Chacun a son histoire, chacun parcourt son &laquo;&nbsp;chemin de m&eacute;moire&nbsp;&raquo;. Ma premi&egrave;re rencontre avec le rosier <i>Qu&eacute;bec<\/i> eut lieu en 1976 lors d&rsquo;une promenade au Jardin des Plantes &agrave; Paris. Je m&rsquo;arr&ecirc;tai devant un rosier qui portait un seul bouton non encore ouvert, jaune d&rsquo;or frang&eacute; d&rsquo;orange feu, et qui &eacute;tait accompagn&eacute; d&rsquo;une affichette :<\/p>\n<p>&laquo;&nbsp;Rosier Qu&eacute;bec, 1944&nbsp;&raquo;. Pour la fille d&rsquo;un &laquo;&nbsp;gars de la Chaudi&egrave;re&nbsp;&raquo; d&eacute;barqu&eacute; &agrave; Berni&egrave;res le matin du 6 juin 1944, ce fut un moment de grand &eacute;tonnement. A partir de ce jour-l&agrave;, le rosier <i>Qu&eacute;bec<\/i> du Jardin des Plantes devint mon &laquo;&nbsp;lieu de m&eacute;moire&nbsp;&raquo;.<\/p>\n<p>Depuis le d&eacute;placement et le r&eacute;am&eacute;nagement de sa roseraie en 1995, plus trace du rosier <i>Qu&eacute;bec<\/i> au Jardin des Plantes. Pourquoi ne pas sugg&eacute;rer de l&rsquo;y remettre ? Apr&egrave;s tout, ce jardin historique a vu le jour dans les m&ecirc;mes ann&eacute;es que la Nouvelle-France, &agrave; la demande de Louis XIII. Au dix-septi&egrave;me si&egrave;cle, ses deux voisines les plus remarquables &eacute;taient &agrave; sa t&ecirc;te la Piti&eacute; et &agrave; ses pieds la Salp&ecirc;tri&egrave;re, lieux m&eacute;morables pour tout Qu&eacute;b&eacute;cois attach&eacute; &agrave; l&rsquo;histoire des Filles du Roy. Plus de 250 jeunes pensionnaires pauvres et abandonn&eacute;es de ces Maisons y furent &laquo;&nbsp;recrut&eacute;es&nbsp;&raquo; pour partir &laquo;&nbsp;faire des familles&nbsp;&raquo; en Canada durant la d&eacute;cennie 1663-1673. Et certaines, venues de la Piti&eacute;, long&egrave;rent le Jardin royal des plantes m&eacute;dicinales un matin d&rsquo;avril 1670, avant de monter dans le bateau qui devait les amener, avec celles arriv&eacute;es de Saint-Jacques et de la Salp&ecirc;tri&egrave;re, jusqu&rsquo;au Pont du Louvre (Pont Rouge), pour gagner Rouen, Dieppe et, de longs mois apr&egrave;s, Qu&eacute;bec.<br \/>&nbsp;<\/p>\n<p>Alors que, dans la seconde moiti&eacute; du dix-septi&egrave;me si&egrave;cle, se dessine en Am&eacute;rique l&rsquo;avenir d&rsquo;un peuple, &oelig;uvrera pendant plusieurs dizaines d&rsquo;ann&eacute;es dans les jardins de Versailles de Louis XIV, aupr&egrave;s de Le N&ocirc;tre, un jardinier en chef du nom de Pierre Gaujard. D&eacute;but d&rsquo;une dynastie qui prend place de nos jours parmi les &laquo;&nbsp;grands&nbsp;&raquo; de la cr&eacute;ation florale. Jardiniers, puis p&eacute;pini&eacute;ristes &agrave; Ch&acirc;teauroux depuis 1792, c&rsquo;est en 1925 que les Gaujard prennent le chemin de Lyon et celui des &laquo;&nbsp;rosi&eacute;ristes&nbsp;&raquo;, rejoignant l&rsquo;obtenteur Joseph Pernet-Ducher. Jean Gaujard cr&eacute;e alors la roseraie de Feyzin, pr&egrave;s de Lyon. Il saura transmettre sa passion et son savoir-faire de l&rsquo;hybridation des roses &agrave; son fils Jean-Jacques. Le flambeau est maintenant entre les mains de sa petite-fille Aveline Gaujard.<br \/>&nbsp;<\/p>\n<p>Nombreuses sont les r&eacute;compenses officielles qui c&eacute;l&eacute;br&egrave;rent la beaut&eacute; des roses Gaujard. &laquo;&nbsp;En 1979, la Soci&eacute;t&eacute; fran&ccedil;aise des Roses choisissait la <i>P&eacute;n&eacute;lope<\/i> de Jean Gaujard au nombre des trois grandes roses du si&egrave;cle. Pour sa part, la future &laquo;&nbsp;<i>Qu&eacute;bec<\/i>&nbsp;&raquo; re&ccedil;ut le &laquo;&nbsp;premier certificat&nbsp;&raquo; au concours <i>de la Plus belle Rose de France<\/i> en 1942. Jean Gaujard, qui travaillait d&eacute;j&agrave; avec les rosi&eacute;ristes am&eacute;ricains, avait envoy&eacute; le rosier aux Etats-Unis avant m&ecirc;me de lui attribuer son nom de <i>Qu&eacute;bec<\/i>. &laquo;&nbsp;Nos voisins du Sud l&rsquo;ignorant, la Qu&eacute;bec re&ccedil;ut chez eux le nom de <i>Madame Marie Curie<\/i>. (&#8230;) L&rsquo;ann&eacute;e m&ecirc;me (1943), <i>Madame Marie Curie<\/i> &eacute;tait sacr&eacute;e &laquo;&nbsp;plus belle rose d&rsquo;Am&eacute;rique&nbsp;&raquo; par la <i>All America Rose Selection<\/i>. Clin d&rsquo;&oelig;il du hasard, le petit square qui avoisine de nos jours la Salp&ecirc;tri&egrave;re, devenu un lieu refuge de &laquo;&nbsp;sans domicile fixe&nbsp;&raquo; de Paris, porte le nom de <i>Marie Curie<\/i>. Cette rose de qualit&eacute;, jaune d&rsquo;or, belle du bouton &agrave; la fleur &eacute;panouie, au l&eacute;ger parfum de th&eacute;, est fille d&rsquo;un rosier de grande r&eacute;sistance &ndash; comme le fut Marie Curie, comme le furent nos premi&egrave;res grands-m&egrave;res et comme le furent les soldats de la Vall&eacute;e laurentienne venus se battre au pays des anc&ecirc;tres pour la paix du monde.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le hasard, toujours lui, me fit retrouver cette fleur il y a une dizaine d&rsquo;ann&eacute;es chez une voisine dans le Perche en Basse-Normandie, premier lieu de partance des pionniers fran&ccedil;ais vers la Nouvelle-France. J&rsquo;avais maintenant la<\/p>\n<p>&laquo;&nbsp;<i>Qu&eacute;bec 1944<\/i>&nbsp;&raquo; &agrave; port&eacute;e de vue, sous mes fen&ecirc;tres. Elle &eacute;tait toujours cultiv&eacute;e. Commen&ccedil;a alors une qu&ecirc;te de p&eacute;pini&egrave;res parisiennes en p&eacute;pini&egrave;res normandes, de catalogues en catalogues, mais en vain. Cependant, je d&eacute;couvris son histoire au &laquo;&nbsp;hasard&nbsp;&raquo; d&rsquo;une lecture. Une amie m&rsquo;avait offert <i>La France des Qu&eacute;b&eacute;cois<\/i> de Robert Pr&eacute;vost. J&rsquo;y trouvai l&rsquo;odyss&eacute;e de &laquo;&nbsp;ma belle&nbsp;&raquo;, mais surtout la voie &agrave; suivre pour l&rsquo;acqu&eacute;rir. Elle r&egrave;gne aujourd&rsquo;hui au jardin, li&eacute;e pour moi &agrave; l&rsquo;aventure des Blais d&rsquo;Am&eacute;rique.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<table style=\"margin-left: 10px; margin-bottom: 10px; width: 300px; float: right;\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-content\/uploads\/images\/stories\/bulletin33\/pierre-blais-hommage.jpg\" alt=\"Pierre blais - hommage\" title=\"Pierre blais - hommage\" \/><\/p>\n<h6>Rose Pierre Blais<br \/>Cr&eacute;dit : Maud Sirois-Belle<\/h6>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Le Voyage de retour aux sources de l&rsquo;Association des Blais d&rsquo;Am&eacute;rique me donna en effet l&rsquo;occasion d&rsquo;en faire une r&eacute;elle fleur de m&eacute;moire. Le 5 juin 2010, une trentaine de descendants nord-am&eacute;ricains de Pierre Blais posaient une plaque &agrave; la m&eacute;moire de leur anc&ecirc;tre au coeur de son village natal, Hanc, dans les Deux-S&egrave;vres. L&rsquo;accueil des Hancois fut si amical qu&rsquo;il nous sembla impossible de ne pas p&eacute;renniser ce moment. Nous f&ucirc;mes aussi re&ccedil;us avec grande sympathie au pays de Jean Royer, p&egrave;re d&rsquo;Elisabeth Royer, deuxi&egrave;me &eacute;pouse de Pierre Blais, &agrave; Saint-Cosme-en-Vairais dans le Perche sarthois. Le comit&eacute; d&rsquo;organisation du voyage de retour aux sources se rallia &agrave; l&rsquo;id&eacute;e du &laquo;&nbsp;rosier <i>Qu&eacute;bec<\/i>&nbsp;&raquo; : nous allions le planter &agrave; Hanc et &agrave; Saint-Cosme-en-Vairais. Ce qui fut fait en novembre 2010 aupr&egrave;s de la plaque m&eacute;morielle &agrave; Hanc, puis dans le &laquo;&nbsp;Square des pionniers&nbsp;&raquo; de Saint-Cosme-en-Vairais lors de son inauguration en juin 2011. Rose de m&eacute;moire, elle a aussi rejoint le jardin de &laquo;&nbsp;La Rosi&egrave;re&nbsp;&raquo;, propri&eacute;t&eacute; percheronne de Jacques Nortier (administrateur de la CFQLMC), le si fid&egrave;le &laquo;&nbsp;passeur de m&eacute;moire&nbsp;&raquo; du Perche. Pourquoi ce rosier de lumi&egrave;re n&rsquo;accompagnerait-il pas la plaque m&eacute;morielle qui, en 2013 (&agrave; l&rsquo;occasion de la c&eacute;l&eacute;bration du &laquo;&nbsp;350e anniversaire du d&eacute;part des Filles du Roy&nbsp;&raquo; par la Commission franco-qu&eacute;b&eacute;coise sur les lieux de m&eacute;moire communs en France),&nbsp; sera pos&eacute;e au coeur de la Cour Sainte-Claire &agrave; la Salp&ecirc;tri&egrave;re, rappelant que v&eacute;curent l&agrave; pr&egrave;s de 250 jeunes femmes qu&rsquo;on d&eacute;nomma &laquo;&nbsp;Filles du Roy&nbsp;&raquo;?<\/p>\n<p>Pour plus d&rsquo;informations techniques, voir le <a href=\"http:\/\/www.ville.montreal.qc.ca\/jardin\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">&laquo;&nbsp;Carnet horticole et botanique du Jardin botanique de Montr&eacute;al&nbsp;&raquo; <\/a><br \/>Le rosier <i>Qu&eacute;bec<\/i> peut &ecirc;tre vu au Jardin botanique de Montr&eacute;al.<\/p>\n<p>Nos lecteurs peuvent consulter les articles de Maud Sirois-Belle sur les filles du roi , publi&eacute;s dans les bulletins <a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=332:la-salpetriere-et-les-filles-du-roy-au-xviie-siecle-conference&amp;Itemid=300\">n&deg; 30<\/a> et <a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=389:les-filles-du-roy-des-bords-de-seine-aux-rives-du-saint-laurent-1663-1673&amp;Itemid=298\">n&deg; 32<\/a> ainsi que l&rsquo;article <a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=373:voyage-de-retour-aux-sources-en-france-association-des-blais-d-amerique-26-mai-10-juin-2010&amp;Itemid=299\">Voyage de retour aux sources en France <br \/>Association des Blais d&rsquo;Am&eacute;rique dans le bulletin n&deg; 31 <\/a><\/p>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/article>\n\t\t\t\t<article class=\"elementor-post elementor-grid-item post-6297 post type-post status-publish format-standard hentry category-bulletin-n33-decembre-2011\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-post__text\">\n\t\t\t\t<h3 class=\"elementor-post__title\">\n\t\t\t<a href=\"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/tocqueville-carnets-de-voyage\/\" >\n\t\t\t\tTocqueville, carnets de voyage\t\t\t<\/a>\n\t\t<\/h3>\n\t\t<h2 align=\"center\">Tocqueville, carnets de voyage<\/h2>\n<h5>par Jean Louis Beno&icirc;t<\/h5>\n<p><i>Dans le bulletin 32, la r&eacute;daction avait d&eacute;but&eacute; la publication des textes constitu&eacute;s par l&rsquo;ensemble de la correspondance et des journaux tenus par Tocqueville et Beaumont lors de leur voyage qu&rsquo;ils effectu&egrave;rent au Bas-Canada en 1831. Dans ce dernier num&eacute;ro Jean Louis Beno&icirc;t avait pr&eacute;sent&eacute;&nbsp; la correspondance adress&eacute;e par Tocqueville aux siens concernant son projet de voyage puis son s&eacute;jour au Bas-Canada. Poursuivant la publication de cette s&eacute;rie de textes, M. Beno&icirc;t pr&eacute;sente pour cette deuxi&egrave;me livraison, les notes prises par Alexis de Tocqueville dans ses carnets de voyage, selon sa pratique habituelle. <\/i><\/p>\n<p><b>&laquo; Les Anglais et les Fran&ccedil;ais se fondent si peu que les seconds gardent exclusivement le nom de <i>Canadiens<\/i>, les autres continuant &agrave; s&#8217;appeler <i>Anglais<\/i> &raquo;<\/b><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>Introduction<\/b><\/p>\n<p>Pendant son p&eacute;riple aux Etats-Unis, Tocqueville prenait, dans des carnets de voyage, des notes qui ont &eacute;t&eacute; publi&eacute;es partiellement dans l&rsquo;&eacute;dition Beaumont, puis int&eacute;gralement dans le tome V, volume 1 de l&rsquo;&eacute;dition des &OElig;uvres Compl&egrave;tes Gallimard, 1957, et dans le volume II de l&rsquo;&eacute;dition La Pl&eacute;iade <i>Tocqueville &OElig;uvres<\/i>, 1991. Ces cahiers sont organis&eacute;s en trois cat&eacute;gories : trois <i>cahiers non portatifs<\/i>, cinq <i>cahiers portatifs<\/i>, quatre <i>cahiers alphab&eacute;tiques<\/i>. Les notes concernant la partie canadienne du voyage figurent dans le <i>Cahier non alphab&eacute;tique 1<\/i> et le <i>cahier alphab&eacute;tique A<\/i> ; ce sont elles que nous reproduisons ici. Les premi&egrave;res rapportent les &eacute;changes&nbsp; de Tocqueville et Beaumont avec diff&eacute;rents interlocuteurs&nbsp; pour lesquels ils avaient re&ccedil;u des lettres d&rsquo;introduction, mais &eacute;galement des commer&ccedil;ants et n&eacute;gociants, canadiens ou anglais rencontr&eacute;s sur place. La seconde partie &ndash; <i>cahier alphab&eacute;tique A<\/i> &ndash; rapporte l&rsquo;exp&eacute;rience personnelle de Tocqueville : ce qu&rsquo;il a vu, ce qu&rsquo;il a retenu, compris &#8211; ou cru comprendre &ndash; du pays et des gens. Il insiste fortement sur le caract&egrave;re singulier&nbsp; de ces Fran&ccedil;ais qui, ayant &eacute;chapp&eacute; &agrave; la r&eacute;volution, ont &eacute;volu&eacute; autrement et dont il admire la simplicit&eacute;, le naturel, le vieux fond des Fran&ccedil;ais du XVIIe si&egrave;cle dont il trouve encore la trace chez ses compatriotes bas-normands, ses fermiers, ses voisins.<\/p>\n<p>Curieusement Tocqueville n&rsquo;&eacute;voque pas Papineau, dont le nom ne figure &agrave; aucun moment dans ses notes et comptes-rendus, alors qu&rsquo;il rapporte longuement ses &eacute;changes avec Neilson qui fut son ami et son partenaire politique, au moins jusqu&rsquo;en 1831, moment o&ugrave; les deux hommes se s&eacute;parent pour utiliser des strat&eacute;gies diff&eacute;rentes. Dans l&rsquo;imm&eacute;diat, rien ne nous permet d&rsquo;expliquer ce silence. Papineau n&rsquo;&eacute;tait peut-&ecirc;tre pas pr&eacute;sent physiquement sur le trajet suivi par Tocqueville, mais il n&rsquo;est sans doute pas sans avoir entendu son nom.<\/p>\n<p>Le second point remarquable est le jugement que Tocqueville porte sur les qualit&eacute;s et les faiblesses des Canadiens&nbsp; qui expliquent, pour partie, la domination des Anglais. Ceux-ci sont pragmatiques et dominateurs, finalement assez d&eacute;sagr&eacute;ables et peu sympathiques<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=421:tocqueville-carnets-de-voyage&amp;Itemid=297#sources\"><sup>1<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>Les Canadiens sont francs, simples, naturels et affables. Le fond de leur temp&eacute;rament est admirable mais leurs attitudes sont paradoxales. Ils ont l&rsquo;esprit de clocher, l&rsquo;attachement au village et &agrave; sa paroisse, qui leur interdisent d&rsquo;entreprendre de grandes choses&nbsp; et d&rsquo;obtenir de grandes r&eacute;ussites commerciales; en ce sens ils sont condamn&eacute;s &agrave; &ecirc;tre domin&eacute;s par les Anglais. En revanche, ils sont capables, au besoin, de vivre la vie des sauvages, de faire soci&eacute;t&eacute; avec eux, voir de fonder une famille. Avec eux, le m&eacute;tissage est possible, voire naturel, ce qui attire l&rsquo;attention et la sympathie de Tocqueville et Beaumont et le plaisir qu&rsquo;ils ont &agrave; d&eacute;couvrir la population de Saut Sainte-Marie, faite de Canadiens, d&rsquo;Indiens et de m&eacute;tis. Ceci explique en outre pourquoi les Indiens ont une r&eacute;elle sympathie pour les Fran&ccedil;ais de souche, pas pour les Anglais.<\/p>\n<p>Le troisi&egrave;me point, le plus remarquable, tient &agrave; la place du clerg&eacute; et de la religion catholique dans la pr&eacute;servation de l&rsquo;identit&eacute; canadienne. Les pr&ecirc;tres canadiens sont naturellement bien meilleurs, parce que mieux adapt&eacute;s&nbsp; &agrave; la soci&eacute;t&eacute; du pays que les pr&ecirc;tres venus d&rsquo;Europe, parce qu&rsquo;ils sont naturellement d&eacute;mocrates, &laquo; <i>d&eacute;magogues<\/i> &raquo; disent les Anglais.<\/p>\n<p>Ils vivent avec le peuple, leur peuple, leurs ouailles ; entre le pr&ecirc;tre et ses paroissiens, nulle place pour l&rsquo;alt&eacute;rit&eacute;, pas de hiatus ; le catholicisme est, au m&ecirc;me titre que la langue, le lieu d&rsquo;une r&eacute;sistance identitaire<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=421:tocqueville-carnets-de-voyage&amp;Itemid=297#sources\"><sup>2<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>En outre, pour Tocqueville qui est agnostique tout en continuant de se r&eacute;clamer du catholicisme, le catholicisme canadien de l&rsquo;&eacute;poque lui semble qualitativement int&eacute;ressant parce qu&rsquo;il va &agrave; l&rsquo;essentiel, ne laissant pas de place aux p&egrave;lerinages, aux ex-voto, &agrave; ce qu&rsquo;il qualifie de fa&ccedil;on famili&egrave;re et p&eacute;jorative de &laquo; <i>m&ocirc;meries<\/i> &raquo;<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=421:tocqueville-carnets-de-voyage&amp;Itemid=297#sources\"><sup>3<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>Ces notes de Tocqueville doivent donc &ecirc;tre prises pour ce qu&rsquo;elles sont: un aper&ccedil;u brut, partiel et singulier, n&eacute;cessairement limit&eacute;, pas obligatoirement juste, du Bas-Canada, vu par un Fran&ccedil;ais, en 1831, et qui de plus est le r&eacute;sultat d&rsquo;un effet de miroir : il a vu, et compris ou cru comprendre le Bas-Canada par l&rsquo;interm&eacute;diaire des propos de ses interlocuteurs. Il s&rsquo;agit donc d&rsquo;un t&eacute;moignage qui peut &ecirc;tre pris en compte, mais qui n&rsquo;a pas de valeur scientifique &agrave; l&rsquo;&eacute;tat brut et doit &ecirc;tre, comme document historique, l&rsquo;objet d&rsquo;une double critique interne et externe.<\/p>\n<p><b>Cahier non alphab&eacute;tique 1<\/b><\/p>\n<table style=\"margin-left: 10px; margin-bottom: 10px; width: 350px; float: right;\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-content\/uploads\/images\/stories\/bulletin33\/ico-tocqueville-1.jpg\" alt=\"Fort Mackinac par Seth Eastman (1808-1875)\" title=\"Fort Mackinac par Seth Eastman (1808-1875)\" \/><\/p>\n<h6><i>Fort Mackinac<\/i> par Seth Eastman (1808-1875)<br \/>Source: Wikip&eacute;dia<\/h6>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Conversation avec des <i>Canadiens<\/i> (commer&ccedil;ant avec les Indiens). <br \/>Le 7 ao&ucirc;t au soir, me promenant sur le rivage de Mackinac, j&#8217;arrivai &agrave; un bivouac de Canadiens. Je m&#8217;assis &agrave; leur feu et j&#8217;eus avec leur chef la conversation suivante. (Je n&#8217;ai pris dans cette conversation que ce qui s&#8217;accordait avec toutes les notions que j&#8217;avais d&eacute;j&agrave; re&ccedil;ues) :<br \/>D. &#8211; Que sont devenus les Hurons et les Iroquois qui ont jou&eacute; un si grand r&ocirc;le dans l&#8217;histoire des colonies?<br \/>R. &#8211; Les Hurons ont presque disparu. Les Iroquois &agrave; moiti&eacute; d&eacute;truits aussi, se sont fondus presque tous avec les Chippeways. Beaucoup sont &eacute;tablis &agrave; Green Bay et dans les environs. Les Iroquois formaient une nation astucieuse, toujours pr&ecirc;te &agrave; se mettre de notre c&ocirc;t&eacute; ou de celui des Anglais suivant que la fortune semblait pencher.<br \/>D. &#8211; Avez-vous quelque chose &agrave; craindre des Indiens en commer&ccedil;ant avec eux ?<br \/>R. &#8211; Presque rien. Les Indiens ne sont pas voleurs et d&#8217;ailleurs nous leur sommes utiles.<br \/>D. &#8211; Pensez-vous que les Indiens soient meilleurs ou plus mauvais en proportion qu&#8217;ils sont plus pr&egrave;s ou plus &eacute;loign&eacute;s des Europ&eacute;ens?<br \/>R. &#8211; Je pense qu&#8217;ils sont beaucoup meilleurs quand ils n&#8217;ont point de contact avec nous, et certainement plus heureux. Il y a plus d&#8217;ordre, plus de gouvernement chez eux, &agrave; mesure qu&#8217;on avance davantage dans le d&eacute;sert. Je fais cependant une exception pour les Indiens chr&eacute;tiens et surtout catholiques. Ceux-l&agrave; sont les meilleurs de tous.<br \/>D. &#8211; Les Indiens &eacute;loign&eacute;s dont vous parlez ont-ils des chefs ?<br \/>R. &#8211; Oui, Monsieur, ils ont des chefs dont le pouvoir est tr&egrave;s respect&eacute; pendant la paix. (Ils sont h&eacute;r&eacute;ditaires et leur origine se perd dans la nuit des temps.) Ils nomment un chef particulier (le plus brave) pour les mener &agrave; la guerre. Ils n&#8217;ont pas pr&eacute;cis&eacute;ment de justice. Lorsque cependant un meurtre est commis, on livre le meurtrier &agrave; la famille du mort. Souvent il parvient &agrave; se racheter. Plus souvent encore on le tue et on l&#8217;enterre avec sa victime.<br \/>D. &#8211; Comment vivent ces Indiens dont vous parlez ?<br \/>R. &#8211; Avec une aisance absolument inconnue pr&egrave;s des &eacute;tablissements europ&eacute;ens. Ils ne cultivent point la terre. Ils sont moins bien couverts et ne se servent que d&#8217;arcs. Mais le gibier est d&#8217;une abondance extr&ecirc;me dans leurs d&eacute;serts. Je me figure qu&#8217;il en &eacute;tait ainsi jusqu&#8217;&agrave; l&#8217;Atlantique avant l&#8217;arriv&eacute;e des Europ&eacute;ens. Mais le gibier fuit vers l&#8217;ouest avec une rapidit&eacute; incroyable. Il pr&eacute;c&egrave;de les blancs de plus de cent lieues. Les peuplades indiennes qui nous environnent meurent de faim si elles ne cultivent pas un peu la terre.<br \/>D. &#8211; Est-ce que les Indiens n&#8217;ont pas l&#8217;id&eacute;e que t&ocirc;t ou tard leur race sera an&eacute;antie par la n&ocirc;tre?<br \/>R. &#8211; Ils ont une incroyable insouciance de l&#8217;avenir. Ceux qui sont &agrave; moiti&eacute; d&eacute;truits d&eacute;j&agrave;, ou sur les pas desquels nous marchons, voient avec d&eacute;sespoir les Europ&eacute;ens s&#8217;avancer vers l&#8217;ouest, mais il n&#8217;est plus temps de r&eacute;sister. Toutes les nations &eacute;loign&eacute;es de l&#8217;Ouest, (J&#8217;ai entendu dire qu&#8217;il y en avait bien trois millions)<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=421:tocqueville-carnets-de-voyage&amp;Itemid=297#sources\"><sup>4<\/sup><\/a> ne semblent pas se douter du danger qui les menace.<br \/>D. &#8211; Est-il vrai que les Indiens aiment les Fran&ccedil;ais?<br \/>R. &#8211; Oui, &#8211; Monsieur. Extr&ecirc;mement. Ils ne consentent &agrave; parler que le fran&ccedil;ais. Dans les d&eacute;serts les plus &eacute;loign&eacute;s la qualit&eacute; de Fran&ccedil;ais est la meilleure recommandation pr&egrave;s d&#8217;eux. Ils se rappellent toujours nos bons traitements lorsque nous &eacute;tions ma&icirc;tres du Canada. D&#8217;ailleurs beaucoup d&#8217;entre nous leur sont alli&eacute;s et vivent presque comme eux.<br \/>D. &#8211; Comment les Fran&ccedil;ais du Canada souffrent-ils la domination anglaise?<br \/>R. &#8211; Comme un mal in&eacute;vitable. Mais nous ne nous fondons point. Nous restons deux peuples distincts. La population fran&ccedil;aise du Canada est devenue tr&egrave;s nombreuse.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>Conversation avec Mr. Quiblier, sup&eacute;rieur du S&eacute;minaire de Montr&eacute;al. <\/b><\/p>\n<table style=\"margin-left: 10px; margin-bottom: 10px; width: 150px; float: right;\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-content\/uploads\/images\/stories\/bulletin33\/ico-tocqueville-2.jpg\" alt=\"Joseph-Vincent Quiblier, p.s.s\" title=\"Joseph-Vincent Quiblier, p.s.s\" \/><\/p>\n<h6>Joseph-Vincent Quiblier, p.s.s<br \/>Source&nbsp;: <a href=\"http:\/\/www.sulpc.org\/evsulpc_quiblier.php\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Compagnie <br \/>des pr&ecirc;tres de Saint-Sulspice<\/a><\/h6>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Mr. Quiblier nous a paru un eccl&eacute;siastique aimable et &eacute;clair&eacute; (24 ao&ucirc;t 1831). C&#8217;est un Fran&ccedil;ais venu de France il y a quelques ann&eacute;es.<br \/>Lui. &#8211; Je ne crois pas qu&#8217;il y ait un peuple plus heureux au monde que le peuple canadien. Il a des m&oelig;urs tr&egrave;s douces, point de dissensions civiles ni religieuses et ne paie aucun imp&ocirc;t.<\/p>\n<p>D. &#8211; Mais n&#8217;existe-t-il pas ici quelque reste du syst&egrave;me f&eacute;odal?<br \/>R. &#8211; Oui, mais c&#8217;est plut&ocirc;t un nom qu&#8217;autre chose. La plus grande partie du Canada est encore divis&eacute;e en <i>seigneuries<\/i>. Ceux qui habitent ou ach&egrave;tent une terre sur ces seigneuries sont tenus de payer une rente au seigneur et des droits de mutation. Mais la rente n&#8217;est qu&#8217;une bagatelle. Le seigneur n&#8217;a aucun droit honorifique, aucune sup&eacute;riorit&eacute; quelconque sur son censitaire. Je pense qu&#8217;il est vis-&agrave;-vis de lui dans une position relative moins &eacute;lev&eacute;e que le propri&eacute;taire d&#8217;Europe et son fermier.<br \/>D. &#8211; Comment se couvrent les frais du culte?<br \/>R. &#8211; Par la d&icirc;me. Le clerg&eacute; en g&eacute;n&eacute;ral n&#8217;a point de propri&eacute;t&eacute; fonci&egrave;re. Ce qu&#8217;on appelle la d&icirc;me est la vingt-sixi&egrave;me partie de la moisson. Elle est pay&eacute;e sans r&eacute;pugnance comme sans peine.<br \/>D. &#8211; Avez-vous des couvents d&#8217;hommes?<br \/>R. &#8211; Non. Il n&#8217;y a au Canada que des couvents de filles. Encore les religieuses m&egrave;nent-elles toutes une vie active, &eacute;levant les enfants ou soignant les malades.<br \/>D. &#8211; Avez-vous la libert&eacute; de la presse?<br \/>R. &#8211; Libert&eacute; compl&egrave;te illimit&eacute;e.<br \/>D. &#8211; A-t-on quelquefois essay&eacute; de la tourner contre la religion?<br \/>R. &#8211; Jamais. La religion est trop respect&eacute;e pour qu&#8217;un journaliste se perm&icirc;t de l&#8217;attaquer le moins du monde.<br \/>D. &#8211; Les classes &eacute;lev&eacute;es de la soci&eacute;t&eacute; sont-elles religieuses ?<br \/>R. &#8211; Oui, beaucoup.<br \/>D. &#8211; Y a-t-il de l&#8217;animosit&eacute; entre les deux races?<br \/>R. &#8211; Oui. Mais pas vive. Elle ne s&#8217;&eacute;tend pas jusqu&#8217;aux rapports habituels de la vie. Les Canadiens pr&eacute;tendent que le gouvernement anglais ne donne les places qu&#8217;&agrave; des Anglais, les Anglais se plaignent au contraire qu&#8217;il favorise les Canadiens. Je crois qu&#8217;il y a de part et d&#8217;autre exag&eacute;ration dans les plaintes. En g&eacute;n&eacute;ral il y a peu d&#8217;animosit&eacute; religieuse entre les deux peuples, la tol&eacute;rance l&eacute;gale &eacute;tant compl&egrave;te.<br \/>D. &#8211; Pensez-vous que cette colonie &eacute;chappe bient&ocirc;t &agrave; l&#8217;Angleterre?<br \/>R. &#8211; Je ne le pense point. Les Canadiens sont heureux sous le r&eacute;gime actuel. Ils ont une libert&eacute; politique presque aussi grande que celle dont on jouit aux &Eacute;tats-Unis. S&#8217;ils devenaient ind&eacute;pendants, il y a une multitude de d&eacute;penses publiques qui tomberaient &agrave; leur charge; s&#8217;ils se r&eacute;unissaient aux &Eacute;tats-Unis, ils craindraient que leur population ne f&ucirc;t bient&ocirc;t absorb&eacute;e dans un d&eacute;luge d&#8217;&eacute;migration et que leurs ports, ferm&eacute;s pendant quatre mois de l&#8217;ann&eacute;e, ne tombassent &agrave; rien s&#8217;ils &eacute;taient priv&eacute;s du march&eacute; de l&#8217;Angleterre.<br \/>D. &#8211; Est-il vrai que l&#8217;instruction se r&eacute;pand?<br \/>R. &#8211; Depuis plusieurs ann&eacute;es il s&#8217;est fait un changement complet sous ce rapport. L&#8217;impulsion est maintenant donn&eacute;e et la race canadienne qui s&#8217;&eacute;l&egrave;ve ne ressemblera pas &agrave; celle qui existe.<br \/>D. &#8211; Ne craignez-vous point que ces lumi&egrave;res ne nuisent au principe religieux?<br \/>R. &#8211; On ne peut encore savoir l&#8217;effet qui sera produit. Je crois cependant que la religion n&#8217;a rien &agrave; en craindre.<br \/>D. &#8211; La race canadienne s&#8217;&eacute;tend-elle ?<br \/>R. &#8211; Oui. Mais lentement et de proche en proche. Elle n&#8217;a point cet esprit aventureux et ce m&eacute;pris des liens de naissance et de famille qui caract&eacute;risent les Am&eacute;ricains. Le Canadien ne s&#8217;&eacute;loigne qu&#8217;&agrave; la derni&egrave;re extr&eacute;mit&eacute; de son clocher et de ses parents et il va s&#8217;&eacute;tablir le plus pr&egrave;s possible. Cependant le mouvement est grand, comme je le disais, et il centuplera je pense avec l&#8217;accroissement des lumi&egrave;res.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>Conversation avec MM. Mondelet <\/b><\/p>\n<p align=\"right\">(24 ao&ucirc;t 1831)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>MM. Mondelet sont avocats &agrave; Montr&eacute;al. Ce sont des jeunes gens intelligents et de bon sens.<br \/>D. &#8211; Dans quelle proportion la population fran&ccedil;aise est-elle &agrave; la population anglaise dans le Canada ?<br \/>R. &#8211; Neuf &agrave; dix. Mais presque toute la richesse et le commerce sont dans les mains des Anglais. Ils ont leur famille et leurs relations en Angleterre et trouvent des facilit&eacute;s que nous n&#8217;avons pas.<br \/>D. &#8211; Avez-vous beaucoup de journaux en langue fran&ccedil;aise ?<br \/>R. &#8211; Deux.<br \/>D. &#8211; Dans quelle proportion leurs abonn&eacute;s sont-ils avec les abonn&eacute;s des journaux anglais?<br \/>R. &#8211; 800 sur 1.300.<br \/>D. &#8211; Ces journaux ont-ils de l&#8217;influence?<br \/>R. &#8211; Oui. Une influence tr&egrave;s marqu&eacute;e quoique moins grande que celle qu&#8217;on dit qu&#8217;ils obtiennent en France.<br \/>D. &#8211; Quelle est la position du clerg&eacute;? Avez-vous remarqu&eacute; en lui la tendance politique qu&#8217;on l&#8217;accuse d&#8217;avoir en Europe?<br \/>R. &#8211; Peut-&ecirc;tre peut-on reconna&icirc;tre en lui une tendance secr&egrave;te &agrave; gouverner ou diriger, mais c&#8217;est tr&egrave;s peu de chose. En g&eacute;n&eacute;ral, notre clerg&eacute; est &eacute;minemment national. Ceci est en partie un r&eacute;sultat des circonstances dans lesquelles il s&#8217;est trouv&eacute; plac&eacute;. Dans les premiers temps de la conqu&ecirc;te et jusqu&#8217;&agrave; nos jours, le gouvernement anglais a sourdement travaill&eacute; &agrave; changer les opinions religieuses des Canadiens afin d&#8217;en faire un corps plus homog&egrave;ne avec les Anglais. Les int&eacute;r&ecirc;ts de la religion se sont donc trouv&eacute;s oppos&eacute;s &agrave; ceux du gouvernement et d&#8217;accord avec ceux du peuple. Toutes les fois qu&#8217;il s&#8217;est agi de lutter contre les Anglais, le clerg&eacute; a donc &eacute;t&eacute; &agrave; notre t&ecirc;te ou dans nos rangs. Il est rest&eacute; aim&eacute; et respect&eacute; de tous. Loin de s&#8217;opposer aux id&eacute;es de libert&eacute;, il les a pr&ecirc;ch&eacute;es lui-m&ecirc;me. Toutes les mesures en faveur de l&#8217;instruction publique que nous avons prises presque de force et malgr&eacute; l&#8217;Angleterre, ont trouv&eacute; un appui dans le clerg&eacute;. Au Canada ce sont les protestants qui soutiennent les id&eacute;es aristocratiques. On accuse les catholiques d&#8217;&ecirc;tre d&eacute;magogues. Ce qui me fait croire que le caract&egrave;re politique de nos pr&ecirc;tres est sp&eacute;cial au Canada, c&#8217;est que les pr&ecirc;tres qui nous arrivent de temps en temps de France montrent au contraire pour le pouvoir une condescendance et un esprit de docilit&eacute; que nous ne pouvons concevoir.<br \/>D. &#8211; Les m&oelig;urs sont-elles pures au Canada?<br \/>R. &#8211; Oui, tr&egrave;s pures.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>Conversation avec Mr. &#8230; &agrave; Qu&eacute;bec (n&eacute;gociant). <\/b><\/p>\n<p>D. &#8211; Pensez-vous avoir quelque chose &agrave; craindre des <i>Canadiens<\/i>?<br \/>R. &#8211; Non. Les avocats et les riches qui appartiennent &agrave; la race fran&ccedil;aise d&eacute;testent les Anglais. Ils font une opposition violente contre nous dans leurs journaux et dans leur Chambre des Communes. Mais c&#8217;est du bavardage et voil&agrave; tout. Le fond de la population canadienne n&#8217;a point de passions politiques et d&#8217;ailleurs presque toute la richesse est dans nos mains.<br \/>D. &#8211; Mais ne craignez-vous pas que cette population nombreuse et compacte aujourd&#8217;hui sans passion n&#8217;en ait demain ?<br \/>R. &#8211; Notre nombre augmente tous les jours, nous n&#8217;aurons bient&ocirc;t rien &agrave; craindre de ce c&ocirc;t&eacute;. Les Canadiens ont plus de haine encore contre les Am&eacute;ricains que contre nous.<br \/>Note: En parlant des Canadiens il se peignait sur la physionomie flegmatique de Mr&#8230; un sentiment de haine et de m&eacute;pris tr&egrave;s visible. Il est rare qu&#8217;on parle avec tant de passion de ceux dont on ne redoute rien.<\/p>\n<div align=\"right\"><i>26 ao&ucirc;t 1831<\/i><\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div><b>27 ao&ucirc;t 1831. Conversation avec Mr. Neilson. <\/b><\/div>\n<div><\/p>\n<table style=\"margin-right: 10px; margin-bottom: 10px; width: 161px; float: left;\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-content\/uploads\/images\/stories\/bulletin33\/ico-tocqueville-3.jpg\" alt=\"John Neilson\" title=\"John Neilson\" \/><\/p>\n<h6>John Neilson<br \/>Source : <a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Fichier:JohnNeilson_-_Pistard_-_03Q_P560S2D1P0951_-_V2.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Wikipedia<\/a><\/h6>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Mr. Neilson est &Eacute;cossais. N&eacute; dans le Canada, alli&eacute; &agrave; des Canadiens, il parle le fran&ccedil;ais avec autant de facilit&eacute; que sa langue. Mr. Neilson, quoique &eacute;tranger, peut &ecirc;tre regard&eacute; comme un des chefs des Canadiens dans toutes leurs luttes avec le gouvernement anglais. Bien que protestant, il a &eacute;t&eacute; nomm&eacute; constamment depuis quinze ans par les Canadiens membre de la Chambre d&#8217;Assembl&eacute;e. Toutes les mesures favorables &agrave; la population canadienne ont trouv&eacute; en lui un d&eacute;fenseur ardent. C&#8217;est lui et deux autres qui en 1825 ont &eacute;t&eacute; envoy&eacute;s en Angleterre pour le redressement des griefs<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=421:tocqueville-carnets-de-voyage&amp;Itemid=297#sources\"><sup>5<\/sup><\/a>. Mr. Neilson est un homme d&#8217;un esprit vif et original. Sa naissance et sa position sociale en opposition l&#8217;une &agrave; l&#8217;autre forment quelquefois dans ses id&eacute;es et dans sa conversation de singuliers contrastes &#8211;<\/div>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<p>D. &#8211; Que co&ucirc;te le Canada, ann&eacute;e courante, au gouvernement anglais?<br \/>R. &#8211; De 200 &agrave; 250.000 livres sterling.<br \/>D. &#8211; Lui rapporte-t-il quelque chose?<br \/>R. &#8211; Rien. Les droits per&ccedil;us par la douane sont employ&eacute;s pour la colonie. Nous nous battrions plut&ocirc;t que de livrer aux Anglais un sou de notre argent.<br \/>D. &#8211; Mais quel int&eacute;r&ecirc;t l&#8217;Angleterre a-t-elle &agrave; conserver le Canada?<br \/>R. &#8211; L&#8217;int&eacute;r&ecirc;t qu&#8217;ont les grands seigneurs &agrave; conserver de grandes possessions qui figurent dans leurs titres, mais leur co&ucirc;tent de grandes d&eacute;penses et leur suscitent souvent de mauvais proc&egrave;s. Cependant on ne peut nier que l&#8217;Angleterre n&#8217;ait un int&eacute;r&ecirc;t indirect &agrave; nous conserver; en cas de guerre avec les &Eacute;tats-Unis, le Saint-Laurent est un canal par lequel elle fait p&eacute;n&eacute;trer ses marchandises et ses arm&eacute;es jusqu&#8217;au sein de l&#8217;Am&eacute;rique. En cas de guerre avec les peuples du Nord de l&#8217;Europe, le Canada lui fournit tous les bois de construction dont elle a besoin. De plus la charge n&#8217;est pas aussi on&eacute;reuse qu&#8217;on le suppose. L&#8217;Angleterre est oblig&eacute;e d&#8217;avoir l&#8217;empire de la mer non pour sa gloire, mais pour son existence. Les d&eacute;penses qu&#8217;elle est oblig&eacute;e de faire pour arriver &agrave; cette supr&eacute;matie rendent l&#8217;occupation de ses colonies beaucoup moins co&ucirc;teuse pour elle qu&#8217;elle ne le serait pour une nation qui n&#8217;aurait pour but que la conservation des colonies.<br \/>D. &#8211; Pensez-vous que les Canadiens secouent bient&ocirc;t le joug de l&rsquo;Angleterre?<br \/>R. &#8211; Non, &agrave; moins que l&#8217;Angleterre ne nous y force. Sans cela il est absolument contraire &agrave; notre int&eacute;r&ecirc;t de nous rendre ind&eacute;pendants. Nous ne formons encore que 600,000 &acirc;mes dans le Bas-Canada ; si nous devenions ind&eacute;pendants, nous ne tarderions pas &agrave; &ecirc;tre envelopp&eacute;s par les &Eacute;tats-Unis. Notre population serait comme &eacute;cras&eacute;e par une masse irr&eacute;sistible d&#8217;&eacute;migration. Il faut attendre que nous soyons assez nombreux pour d&eacute;fendre notre nationalit&eacute;. Alors nous deviendrons le peuple canadien. La population livr&eacute;e &agrave; elle-m&ecirc;me augmente ici avec autant de rapidit&eacute; que celle des &Eacute;tats-Unis. Lors de la conqu&ecirc;te en 1763 nous n&#8217;&eacute;tions que 60.000.<br \/>D. &#8211; Pensez-vous que la race fran&ccedil;aise parvienne jamais &agrave; se d&eacute;barrasser de la race anglaise ? (Cette question fut faite avec pr&eacute;caution, attendu la naissance de l&#8217;interlocuteur).<br \/>R. &#8211; Non. Je crois que les deux races vivront et se m&ecirc;leront sur le m&ecirc;me sol et que l&#8217;anglais restera la langue officielle des affaires. L&#8217;Am&eacute;rique du Nord sera anglaise, la fortune a prononc&eacute;. Mais la race fran&ccedil;aise du Canada ne dispara&icirc;tra pas. L&#8217;amalgame n&#8217;est pas aussi difficile &agrave; faire que vous le pensez. Ce qui maintient surtout votre langue ici, c&#8217;est le clerg&eacute;. Le clerg&eacute; forme la seule classe <i>&eacute;clair&eacute;e et intellectuelle qui ait besoin<\/i> de parler fran&ccedil;ais et qui le parle avec puret&eacute;.<br \/>D. &#8211; Quel est le caract&egrave;re du paysan canadien?<br \/>R. &#8211; C&#8217;est &agrave; mon avis une race admirable. Le paysan canadien est simple dans ses go&ucirc;ts, tr&egrave;s tendre dans ses affections de famille, tr&egrave;s pur dans ses m&oelig;urs, remarquablement sociable, poli dans ses mani&egrave;res; avec cela tr&egrave;s propre &agrave; r&eacute;sister &agrave; l&#8217;oppression, ind&eacute;pendant et guerrier, nourri dans l&#8217;esprit d&#8217;&eacute;galit&eacute;. L&#8217;opinion publique a ici une force incroyable. Il n&#8217;y a pas d&#8217;autorit&eacute; dans les villages, cependant l&#8217;ordre public s&#8217;y maintient mieux que dans aucun autre pays du monde. Un homme commet-il une faute, on s&#8217;&eacute;loigne de lui, il faut qu&#8217;il quitte le village. Un vol est-il commis, on ne d&eacute;nonce pas le coupable, mais il est d&eacute;shonor&eacute; et oblig&eacute; de fuir.<\/p>\n<p>On n&#8217;a pas vu d&#8217;ex&eacute;cution capitale au Canada depuis dix ans. Les enfants naturels sont une chose &agrave; peu pr&egrave;s inconnue dans nos campagnes.<\/p>\n<p>Je me rappelle la conversation de XX (j&#8217;ai oubli&eacute; le nom); depuis deux cents ans on n&#8217;en avait pas vu un seul; il y a dix ans un Anglais &eacute;tant venu s&#8217;y &eacute;tablir, s&eacute;duisit une fille; le scandale fut affreux.<br \/>Le Canadien est tendrement attach&eacute; au sol qui l&#8217;a vu na&icirc;tre, &agrave; son clocher, &agrave; sa famille. C&#8217;est ce qui fait qu&#8217;il est si difficile de l&#8217;engager &agrave; aller chercher fortune ailleurs. De plus, comme je le disais, il est &eacute;minemment <i>social<\/i>; les r&eacute;unions amicales, l&#8217;office divin en commun, l&#8217;assembl&eacute;e &agrave; la porte de l&#8217;&eacute;glise, voil&agrave; ses seuls plaisirs. Le Canadien est profond&eacute;ment religieux, il paie la d&icirc;me sans r&eacute;pugnance. Chacun pourrait s&#8217;en dispenser en se d&eacute;clarant protestant, on n&#8217;a point encore d&#8217;exemple d&#8217;un pareil fait. Le clerg&eacute; ne forme ici qu&#8217;un corps compact avec le peuple. Il partage ses id&eacute;es, il entre dans ses int&eacute;r&ecirc;ts politiques, il lutte avec lui contre le pouvoir. Sorti de lui, il n&#8217;existe que pour lui. On l&#8217;accuse ici d&#8217;&ecirc;tre d&eacute;magogue. Je n&#8217;ai pas entendu dire qu&#8217;on f&icirc;t le m&ecirc;me reproche aux pr&ecirc;tres catholiques en Europe. Le fait est qu&#8217;il est lib&eacute;ral, &eacute;clair&eacute; et cependant profond&eacute;ment croyant, ses m&oelig;urs sont exemplaires. Je suis une preuve de sa tol&eacute;rance: protestant, j&#8217;ai &eacute;t&eacute; nomm&eacute; dix fois par des catholiques &agrave; notre Chambre des Communes et jamais je n&#8217;ai entendu dire que le moindre pr&eacute;jug&eacute; de religion ait &eacute;t&eacute; mis en avant contre moi par qui que ce soit. Les pr&ecirc;tres fran&ccedil;ais qui nous arrivent d&#8217;Europe, semblables aux n&ocirc;tres pour leurs m&oelig;urs, leur sont absolument diff&eacute;rents pour la tendance politique.<br \/>Je vous ai dit que parmi les paysans canadiens il existait un grand esprit de sociabilit&eacute;. Cet esprit les porte &agrave; s&#8217;entraider les uns les autres dans toutes les circonstances critiques. Un malheur arrive-t-il au champ de l&#8217;un d&#8217;eux, la commune tout enti&egrave;re se met ordinairement en mouvement pour le r&eacute;parer. Derni&egrave;rement la grange de XX vint &agrave; &ecirc;tre frapp&eacute;e du tonnerre: cinq jours apr&egrave;s elle &eacute;tait reb&acirc;tie par les voisins sans frais.<br \/>D. &#8211; Il existe ici quelques restes de f&eacute;odalit&eacute;?<br \/>R. &#8211; Oui, mais si l&eacute;gers qu&#8217;ils sont presque inaper&ccedil;us: 1&deg; Le seigneur re&ccedil;oit pour les terres qu&#8217;il a originairement conc&eacute;d&eacute;es une rente presque insignifiante. C&#8217;est 6 &agrave; 8 francs par exemple pour 90 arpents. 2&deg; On est oblig&eacute; de faire moudre &agrave; son moulin, mais il ne peut demander plus d&#8217;un prix fix&eacute; par la loi et qui est au-dessous de celui qu&#8217;on paye aux &Eacute;tats-Unis avec la libert&eacute; et la concurrence. 3&deg; Il y a des droits <i>de lods et ventes<\/i>, c&#8217;est-&agrave;-dire que, quand le propri&eacute;taire d&#8217;une terre inf&eacute;od&eacute;e la vend, il est oblig&eacute; de donner le douzi&egrave;me du prix au seigneur. Cette charge serait assez pesante si l&#8217;esprit dominant de la population n&#8217;&eacute;tait pas de rester invinciblement attach&eacute; au sol. Tels sont tous les restes du syst&egrave;me f&eacute;odal au Canada. Du reste, le seigneur n&#8217;a point de droits honorifiques, point de privil&egrave;ges. Il n&#8217;y a point de noblesse et il ne peut y en avoir. Ici comme aux Etats-Unis, il faut travailler pour vivre. On ne trouve point de fermiers. Le seigneur est donc ordinairement lui-m&ecirc;me un cultivateur. Et cependant, quel que soit le pied d&#8217;&eacute;galit&eacute; sur lequel sont maintenant plac&eacute;s les seigneurs, la population ne les voit pas sans quelque crainte et jalousie. Ce n&#8217;est qu&#8217;en embrassant le parti populaire que quelques-uns d&#8217;entre eux sont parvenus &agrave; se faire &eacute;lire &agrave; la Chambre des Communes. Les paysans se souviennent de l&#8217;&eacute;tat de suj&eacute;tion dans lequel on les tenait sous le gouvernement fran&ccedil;ais. Il y a surtout un mot qui est rest&eacute; dans leur m&eacute;moire comme un &eacute;pouvantail politique, c&#8217;est la <i>taille<\/i>. Ils ne savent plus pr&eacute;cis&eacute;ment quel est le sens du mot, mais il repr&eacute;sente toujours pour eux une chose insupportable. Je suis convaincu qu&#8217;ils prendraient les armes si on voulait &eacute;tablir une taxe quelconque &agrave; laquelle on donn&acirc;t ce nom.<br \/>D. &#8211; Quelles sont les conditions d&#8217;&eacute;ligibilit&eacute; pour arriver &agrave; votre Chambre des Communes ?<br \/>R. &#8211; Il n&#8217;y en a point.<br \/>D. &#8211; Qui est &eacute;lecteur dans les campagnes?<br \/>R. &#8211; Celui qui a 41 livres de revenu foncier est &eacute;lecteur.<br \/>D. &#8211; Ne craignez-vous rien d&#8217;une si grande masse d&#8217;&eacute;lecteurs ?<br \/>R. &#8211; Non. Tout ce peuple est propri&eacute;taire, il est religieux, aime l&#8217;ordre, ses choix sont bons et quoiqu&#8217;il prenne un grand int&eacute;r&ecirc;t aux &eacute;lections, elles ne sont presque jamais accompagn&eacute;es de troubles. Les Anglais ont voulu nous importer leur syst&egrave;me de corruption, mais il a compl&egrave;tement &eacute;chou&eacute; contre la moralit&eacute; et l&#8217;honneur de nos paysans.<br \/>D. &#8211; O&ugrave; en est l&#8217;instruction primaire ?<br \/>R. &#8211; C&#8217;est une longue histoire. Du temps des Fran&ccedil;ais, il n&#8217;y avait point d&#8217;instruction. Le Canadien avait toujours les armes &agrave; la main. Il ne pouvait passer son temps &agrave; l&#8217;&eacute;cole. Apr&egrave;s la conqu&ecirc;te, les Anglais ne se sont occup&eacute;s que des leurs. Il y a vingt ans le gouvernement a voulu &eacute;tablir l&#8217;instruction, mais il s&#8217;y est pris maladroitement. Il a choqu&eacute; les pr&eacute;jug&eacute;s religieux. Il a fait croire qu&#8217;il voulait s&#8217;emparer de l&#8217;instruction et la diriger en faveur du protestantisme. C&#8217;est ce que <i>nous<\/i> avons dit au moins, et le projet a &eacute;chou&eacute;. Les Anglais ont dit que le clerg&eacute; catholique voulait retenir le peuple dans l&#8217;ignorance. On ne disait la v&eacute;rit&eacute; de part ni d&#8217;autre, mais c&#8217;est l&agrave; le langage des partis. Il y a quatre ans notre Chambre des Communes aper&ccedil;ut clairement que si la population canadienne ne s&#8217;&eacute;clairait pas, elle finirait par se trouver enti&egrave;rement absorb&eacute;e par une population &eacute;trang&egrave;re qui s&#8217;&eacute;levait &agrave; c&ocirc;t&eacute; et au milieu d&#8217;elle. On fit des exhortations, on donna des encouragements, on forma des fonds, on nomma enfin des inspecteurs des &eacute;coles. J&#8217;en suis un et je reviens de faire ma tourn&eacute;e. Rien n&#8217;est plus satisfaisant que le rapport que j&#8217;ai &agrave; faire. L&#8217;impulsion est donn&eacute;e. La population saisit avec une remarquable activit&eacute; l&#8217;occasion de s&#8217;instruire. Le clerg&eacute; nous aide de tous ses efforts. D&eacute;j&agrave; nous avons dans nos &eacute;coles la moiti&eacute; des enfants, 50.000 environ. Dans deux ou trois ans, je ne doute pas que nous ne les ayons <i>tous<\/i>. J&#8217;esp&egrave;re qu&#8217;alors la race canadienne commencera &agrave; quitter les bords du fleuve et &agrave; s&#8217;avancer vers l&#8217;int&eacute;rieur. Jusqu&#8217;&agrave; pr&eacute;sent nous nous &eacute;tendons &agrave; peu pr&egrave;s 120 lieues le long des deux rives du St-Laurent, mais cette ligne a rarement dix lieues de large. Au-del&agrave; cependant se trouvent des terres excellentes, qu&#8217;on donne presque toujours pour rien (ceci est &agrave; la lettre) et qu&#8217;on peut facilement cultiver (le prix de la main-d&rsquo;&oelig;uvre est 3 francs dans les villes, moins dans les campagnes. La nourriture est tr&egrave;s bon march&eacute;. Le paysan canadien fait lui-m&ecirc;me tous les objets de n&eacute;cessit&eacute;: il fait ses souliers, ses habits, toutes les &eacute;toffes de laine qui le couvrent (Je l&#8217;ai vu).<\/p>\n<table style=\"margin-top: 10px; margin-left: 10px; margin-bottom: 10px; width: 314px; float: right;\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-content\/uploads\/images\/stories\/bulletin33\/ico-tocqueville-4.jpg\" alt=\"Eglise de l&rsquo;ancienne Lorette\" title=\"Eglise de l&rsquo;ancienne Lorette\" \/><\/p>\n<h6>&Eacute;glise de l&rsquo;ancienne Lorette<br \/>Source : <a href=\"http:\/\/www.ndloretteetsthadelin.be\/lorette\/danslemonde.php\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Confr&eacute;rie Notre Dame de Lorette et Saint-Hadelin<\/a><\/h6>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>D. &#8211; Pensez-vous que des Fran&ccedil;ais pussent venir s&#8217;&eacute;tablir ici ?<\/p>\n<p>R. &#8211; Oui. Notre Chambredes Communes a pass&eacute; une loi il y a un an pour abolir la l&eacute;gislation d&#8217;<i>aubaine<\/i>.<\/p>\n<p>Au bout de sept ans de r&eacute;sidence, l&#8217;&eacute;tranger est Canadien et jouit des droits de citoyen.<\/p>\n<p>Nous all&acirc;mes voir avec Mr. Neilson le village de Lorette &agrave; trois lieues de Qu&eacute;bec, fond&eacute; par les j&eacute;suites. Mr. Neilson nous montra l&#8217;ancienne &eacute;glise fond&eacute;e par les j&eacute;suites et nous dit: La m&eacute;moire des j&eacute;suites est ador&eacute;e ici. Les maisons des Indiens &eacute;taient fort propres. Eux-m&ecirc;mes parlaient le fran&ccedil;ais et avaient une apparence presque europ&eacute;enne bien que leur costume f&ucirc;t diff&eacute;rent. Presque tous sont de sang m&ecirc;l&eacute;. Je m&#8217;&eacute;tonnais de ne pas les voir cultiver la terre. Bah! me dit Mr. Neilson, ce sont des gentilshommes que ces Hurons-l&agrave;, ils croiraient se d&eacute;shonorer en travaillant. Gratter la terre comme des b&oelig;ufs, disent-ils, cela ne convient qu&#8217;&agrave; des Fran&ccedil;ais ou des Anglais. Ils vivent encore de la chasse et des petits ouvrages que font leurs femmes.<br \/>D. &#8211; Est-il vrai que les Indiens aient une pr&eacute;dilection pour les Fran&ccedil;ais ?<br \/>R. &#8211; Oui, c&#8217;est incontestable. Le Fran&ccedil;ais qui est peut-&ecirc;tre le peuple qui garde le plus en d&eacute;finitive sa trace originelle, est cependant celui qui se plie le plus facilement pour un temps aux m&oelig;urs, aux id&eacute;es, aux pr&eacute;jug&eacute;s de celui chez lequel il vit. C&#8217;est en devenant sauvages que vous avez obtenu des sauvages un attachement qui dure encore.<\/p>\n<table style=\"margin-right: 10px; margin-top: 10px; margin-bottom: 10px; width: 150px; float: left;\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-content\/uploads\/images\/stories\/bulletin33\/ico-tocqueville-5.jpg\" alt=\"Coureur des bois - Gravure sur bois de Arthur Heming\" title=\"Coureur des bois - Gravure sur bois de Arthur Heming\" \/><\/p>\n<h6>Coureur des bois &#8211; Gravure <br \/>sur bois de Arthur Heming<br \/>Source : <a href=\"http:\/\/www.ph-ludwigsburg.de\/html\/2b-frnz-s-01\/overmann\/baf4\/quebec\/abecedaire\/Trappeursetcoureursdesbois.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">PH Ludwigsburg<br \/><\/a>Cr&eacute;dit: <a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Coureur_des_bois\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Wikip&eacute;dia <\/a><\/h6>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>D. &#8211; Que sont donc devenus les Hurons qui ont montr&eacute; un attachement si constant aux Fran&ccedil;ais et ont jou&eacute; un si grand r&ocirc;le dans l&#8217;histoire de la colonie ?<\/p>\n<p>R. &#8211; Ils se sont fondus peu &agrave; peu. C&#8217;&eacute;tait cependant la plus grande nation indienne de ce continent. Elle pouvait mettre jusqu&#8217;&agrave; 60.000 hommes sous les armes. Vous en voyez le reste. On pense que presque tous les sauvages de l&#8217;Am&eacute;rique du Nord ont la m&ecirc;me origine. Il n&#8217;y a que les Esquimaux de la baie d&#8217;Hudson qui appartiennent &eacute;videmment &agrave; une autre race. L&agrave;, tout est diff&eacute;rent: langue, canots&#8230; je vous parlais tout &agrave; l&#8217;heure de votre aptitude &agrave; devenir sauvages. Nous avions surtout au Canada une race d&#8217;hommes maintenant presque &eacute;teinte qui excellait sur ce point. C&#8217;&eacute;taient les agents du commerce de fourrures connus sous le nom de Voyageurs. Ils se recrutaient dans toute la population. Je ne crois pas que l&#8217;intr&eacute;pidit&eacute; et l&#8217;esprit d&#8217;aventure aient jamais &eacute;t&eacute; pouss&eacute;s si loin. Ils &eacute;tonnaient et subjuguaient les Indiens eux-m&ecirc;mes dans leurs for&ecirc;ts.<\/p>\n<p><b>Cahier alphab&eacute;tique A<\/b><\/p>\n<p><b>&laquo; Notre Religion, notre langue, nos lois &hellip; Ou il faut nier l&#8217;utilit&eacute; d&#8217;un clerg&eacute;, ou l&#8217;avoir comme au Canada &raquo;.<\/b><\/p>\n<div align=\"right\">25 ao&ucirc;t 1831<a target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><sup>6<\/sup><\/a><\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><i>Apparence ext&eacute;rieure<\/i>: Le Canada est sans comparaison la portion de l&#8217;Am&eacute;rique jusqu&#8217;ici visit&eacute;e par nous, qui a le plus d&#8217;analogie avec l&#8217;Europe et surtout la France. Les bords du fleuve Saint-Laurent sont parfaitement cultiv&eacute;s et couverts de maisons et de villages, en tout semblables aux n&ocirc;tres. Toutes les traces de la <i>wilderness<\/i> ont disparu; des champs cultiv&eacute;s, des clochers, une population aussi nombreuse que dans nos provinces l&#8217;a remplac&eacute;e.<\/p>\n<p>Les villes, et en particulier Montr&eacute;al (nous n&#8217;avons pas encore vu Qu&eacute;bec) ont une ressemblance frappante avec nos villes de province. Le fond de la population et l&#8217;immense majorit&eacute; est partout fran&ccedil;aise. Mais il est facile de voir que les Fran&ccedil;ais sont le peuple vaincu. Les classes riches appartiennent pour la plupart &agrave; la race anglaise. Bien que le fran&ccedil;ais soit la langue presque universellement parl&eacute;e, la plupart des journaux, les affiches, et jusqu&#8217;aux enseignes des marchands fran&ccedil;ais sont en anglais. Les entreprises commerciales sont presque toutes en leurs mains. C&#8217;est v&eacute;ritablement la classe dirigeante au Canada. Je doute qu&#8217;il en soit longtemps ainsi. Le clerg&eacute; et une grande partie des classes non pas riches, mais &eacute;clair&eacute;es, est fran&ccedil;ais, ils commencent &agrave; sentir vivement leur position secondaire. Les journaux fran&ccedil;ais que j&#8217;ai lus font contre les Anglais une opposition constante et anim&eacute;e. Jusqu&#8217;&agrave; pr&eacute;sent le peuple ayant peu de besoins et de passions intellectuelles et menant une vie mat&eacute;rielle fort douce, n&#8217;a que tr&egrave;s imparfaitement entrevu sa position de nation conquise et n&#8217;a fourni qu&#8217;un faible point d&#8217;appui aux classes &eacute;clair&eacute;es. Mais depuis quelques ann&eacute;es, la Chambre des Communes, presque toute canadienne, a pris des mesures pour r&eacute;pandre &agrave; profusion l&#8217;instruction. Tout annonce que la nouvelle g&eacute;n&eacute;ration sera diff&eacute;rente de la g&eacute;n&eacute;ration actuelle, et si d&#8217;ici &agrave; quelques ann&eacute;es, la race anglaise n&#8217;augmente pas prodigieusement par les &eacute;migrations et ne parvient pas &agrave; <i>parquer<\/i> les Fran&ccedil;ais dans l&#8217;espace qu&#8217;ils occupent aujourd&#8217;hui, les deux peuples se trouveront en pr&eacute;sence. Je ne puis croire qu&#8217;ils se fondent jamais, ni qu&#8217;il puisse exister une union indissoluble entre eux. J&#8217;esp&egrave;re encore que les Fran&ccedil;ais, en d&eacute;pit de la conqu&ecirc;te, arriveront un jour &agrave; former &agrave; eux seuls un bel empire dans le Nouveau Monde, plus &eacute;clair&eacute;s peut-&ecirc;tre, plus moraux et plus heureux que leurs p&egrave;res. Pour le moment actuel, cette division entre les races est singuli&egrave;rement favorable &agrave; la domination de l&#8217;Angleterre.<\/p>\n<p><\/p>\n<div align=\"right\">27 ao&ucirc;t 1831.<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le pays entre Montr&eacute;al et Qu&eacute;bec a l&#8217;apparence d&#8217;&ecirc;tre aussi peupl&eacute; que nos belles provinces d&#8217;Europe. De plus, le fleuve est magnifique. Qu&eacute;bec est dans une position tr&egrave;s pittoresque, entour&eacute; de campagnes riches et fertiles. Je n&#8217;ai jamais vu en Europe de tableau plus anim&eacute; que celui que pr&eacute;sentent les environs de Qu&eacute;bec.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<table style=\"margin-right: 10px; margin-bottom: 10px; width: 200px; float: left;\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-content\/uploads\/images\/stories\/bulletin33\/ico-tocqueville-6.jpg\" alt=\"Aquarelle : Cal&egrave;che descendant une c&ocirc;te &agrave; Qu&eacute;bec, au Bas-Canada\" title=\"Aquarelle : Cal&egrave;che descendant une c&ocirc;te &agrave; Qu&eacute;bec, au Bas-Canada\" \/><\/p>\n<h6>Aquarelle : Cal&egrave;che descendant une c&ocirc;te <br \/>&agrave; Qu&eacute;bec, au Bas-Canada<br \/>Source : <a href=\"http:\/\/www.collectionscanada.gc.ca\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Biblioth&egrave;que <br \/>et Archives Canada<\/a>\/C-040288<\/h6>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Toute la population ouvri&egrave;re de Qu&eacute;bec est fran&ccedil;aise. On n&#8217;entend parler que du fran&ccedil;ais dans les rues. Cependant, toutes les enseignes sont anglaises; il n&#8217;y a que deux th&eacute;&acirc;tres qui sont anglais. L&#8217;int&eacute;rieur de la ville est laid, mais n&#8217;a aucune analogie avec les villes am&eacute;ricaines. Il ressemble d&#8217;une mani&egrave;re frappante &agrave; l&#8217;int&eacute;rieur de la plupart de nos villes de province.<\/p>\n<p>Les villages que nous avons vus aux environs ressemblent extraordinairement &agrave; nos beaux villages. On n&#8217;y parle que le fran&ccedil;ais. La population y para&icirc;t heureuse et ais&eacute;e. Le sang y est remarquablement plus beau qu&#8217;aux &Eacute;tats-Unis. La race y est forte, les femmes n&#8217;ont pas cet air d&eacute;licat et maladif qui caract&eacute;rise la plupart des Am&eacute;ricaines.<\/p>\n<p>La religion catholique n&#8217;est accompagn&eacute;e ici d&#8217;aucun des accessoires qu&#8217;elle a dans les pays du midi de l&#8217;Europe o&ugrave; elle r&egrave;gne avec le plus d&#8217;empire. Il n&#8217;y a point de couvents d&#8217;hommes et les couvents de femmes ont des buts d&#8217;utilit&eacute; et donnent des exemples de charit&eacute; vivement admir&eacute;s par les Anglais eux-m&ecirc;mes. On ne voit point de madone sur les chemins. Point d&#8217;ornements bizarres et ridicules, point d&#8217;<i>ex-votos<\/i> dans les &eacute;glises. La religion (est) &eacute;clair&eacute;e et le catholicisme ici n&#8217;excite ni la haine ni les sarcasmes des protestants. J&#8217;avoue que pour ma part, elle satisfait plus &agrave; mon esprit que le protestantisme des &Eacute;tats-Unis. Le cur&eacute; est bien v&eacute;ritablement ici le pasteur du troupeau; ce n&#8217;est point un entrepreneur d&#8217;industrie religieuse comme la plupart des ministres am&eacute;ricains. Ou il faut nier l&#8217;utilit&eacute; d&#8217;un clerg&eacute;, ou l&#8217;avoir comme au Canada.<\/p>\n<p>J&#8217;ai &eacute;t&eacute; aujourd&#8217;hui au cabinet de lecture. Presque tous les journaux imprim&eacute;s au Canada sont en anglais. Ils ont la dimension &agrave; peu pr&egrave;s de ceux de Londres. Je ne les ai point encore lus. Il para&icirc;t &agrave; Qu&eacute;bec un journal appel&eacute; la <i>Gazette<\/i>, semi-anglais, semi-fran&ccedil;ais; et un journal absolument fran&ccedil;ais appel&eacute; le <i>Canadien<\/i>. Ces journaux ont &agrave; peu pr&egrave;s la dimension de nos journaux fran&ccedil;ais. J&#8217;en ai lu avec soin plusieurs num&eacute;ros: ils font une opposition violente au gouvernement et m&ecirc;me &agrave; tout ce qui est anglais. Le <i>Canadien<\/i> a pour &eacute;pigraphe: <i>notre Religion, notre langue, nos lois<\/i>. Il est difficile d&#8217;&ecirc;tre plus franc. Le contenu r&eacute;pond au titre. Tout ce qui peut enflammer les grandes et les petites passions populaires contre les Anglais est relev&eacute; avec soin dans ce journal. J&#8217;ai vu un article dans lequel on disait que le Canada ne serait jamais heureux jusqu&#8217;&agrave; ce qu&#8217;il e&ucirc;t une administration canadienne de naissance, de principe, d&#8217;id&eacute;es, de pr&eacute;jug&eacute;s m&ecirc;me, et que si le Canada &eacute;chappait &agrave; l&#8217;Angleterre, ce ne serait pas pour devenir anglais. Dans ce m&ecirc;me journal se trouvaient des pi&egrave;ces de vers fran&ccedil;ais assez jolis. On y rendait compte de distributions de prix o&ugrave; les &eacute;l&egrave;ves avaient jou&eacute; <i>Athalie, Za&iuml;re, la Mort de C&eacute;sar<\/i>. En g&eacute;n&eacute;ral le style de ce journal est commun, m&ecirc;l&eacute; d&#8217;<i>anglicismes et de tournures &eacute;tranges<\/i>. Il ressemble beaucoup aux journaux publi&eacute;s dans le canton de Vaud en Suisse. Je n&#8217;ai encore vu dans le Canada aucun homme de talent, ni lu une production qui en fit preuve. Celui qui doit remuer la population fran&ccedil;aise, et la lever contre les Anglais n&#8217;est pas encore n&eacute;.<\/p>\n<p>Les Anglais et les Fran&ccedil;ais se fondent si peu que les seconds gardent exclusivement le nom de Canadiens, les autres continuant &agrave; s&#8217;appeler Anglais.<\/p>\n<p><i><b>Visite &agrave; l&#8217;un des tribunaux civils de Qu&eacute;bec<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=421:tocqueville-carnets-de-voyage&amp;Itemid=297#sources\"><sup>7<\/sup><\/a>.<\/b><\/i><\/p>\n<p>Nous entr&acirc;mes dans une salle spacieuse remplie de gradins sur lesquels se tenait une foule dont toutes les apparences &eacute;taient fran&ccedil;aises. Au fond de la salle &eacute;taient peintes en grand les armes britanniques. Au-dessous de ce tableau &eacute;tait plac&eacute; le juge en robe et en rabat. Devant lui &eacute;taient rang&eacute;s les avocats.<\/p>\n<p>Au moment o&ugrave; nous parv&icirc;nmes dans cette salle, on plaidait une affaire de diffamation. Il s&#8217;agissait de faire condamner &agrave; l&#8217;amende un homme qui avait trait&eacute; un autre de pendard et de crasseux. L&#8217;avocat plaidait en anglais. Pendard, disait-il en pronon&ccedil;ant le mot avec un accent tout britannique, signifie un homme qui a &eacute;t&eacute; pendu. Non, reprenait gravement le juge, mais qui m&eacute;rite de l&#8217;&ecirc;tre. &Agrave; cette parole l&#8217;avocat du d&eacute;fenseur se levait avec indignation et plaidait sa cause en fran&ccedil;ais, son adversaire lui r&eacute;pondait en anglais. On s&#8217;&eacute;chauffait de part et d&#8217;autre dans les deux langues sans se comprendre sans doute parfaitement. L&#8217;Anglais s&#8217;effor&ccedil;ait de temps en temps d&#8217;exprimer ses id&eacute;es en fran&ccedil;ais pour suivre de plus pr&egrave;s son adversaire; ainsi faisait aussi parfois celui-ci. Le juge s&#8217;effor&ccedil;ait tant&ocirc;t en fran&ccedil;ais, tant&ocirc;t en anglais, de remettre l&#8217;ordre, Et l&#8217;huissier criait: &#8211; Silence ! en donnant alternativement &agrave; ce mot la prononciation anglaise et fran&ccedil;aise. Le calme r&eacute;tabli, on produisit des t&eacute;moins. Les uns bais&egrave;rent le Christ d&#8217;argent qui couvrait la Bible et jur&egrave;rent en fran&ccedil;ais de dire la v&eacute;rit&eacute;, les autres firent en anglais le m&ecirc;me serment et bais&egrave;rent en leur qualit&eacute; de protestants l&#8217;autre c&ocirc;t&eacute; de la Bible qui &eacute;tait tout uni. On cita ensuite la coutume de Normandie, on s&#8217;appuya de Denisart, et on fit mention des arr&ecirc;ts du Parlement de Paris et des statuts du r&egrave;gne de George III. Apr&egrave;s quoi le juge: Attendu que le mot <i>crasseux<\/i> emporte l&#8217;id&eacute;e d&#8217;un homme sans moralit&eacute;, sans conduite et sans honneur, condamne le d&eacute;fenseur &agrave; dix louis ou dix livres sterling d&#8217;amende.<\/p>\n<p>Les avocats que je vis l&agrave;, et qu&#8217;on dit des meilleurs de Qu&eacute;bec ne firent preuve de talent ni dans le fond des choses ni dans la mani&egrave;re de les dire. Ils manquent particuli&egrave;rement de distinction, parlent fran&ccedil;ais avec l&#8217;accent normand des classes moyennes. Leur style est vulgaire et m&ecirc;l&eacute; d&#8217;<i>&eacute;tranget&eacute;s<\/i> et de locutions anglaises. Ils disent qu&#8217;un homme est <i>charg&eacute;<\/i> de dix louis pour dire qu&#8217;on lui demande dix louis. &#8211; Entrez dans la bo&icirc;te, crient-ils au t&eacute;moin pour lui indiquer de se placer dans le banc o&ugrave; il doit d&eacute;poser.<\/p>\n<p>L&#8217;ensemble du tableau a quelque chose de bizarre, d&#8217;incoh&eacute;rent, de burlesque m&ecirc;me. Le fond de l&#8217;impression qu&#8217;il faisait na&icirc;tre &eacute;tait cependant triste. Je n&#8217;ai jamais &eacute;t&eacute; plus convaincu qu&#8217;en sortant de l&agrave; que le plus grand et le plus irr&eacute;m&eacute;diable malheur pour un peuple c&#8217;est d&#8217;&ecirc;tre conquis.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div align=\"right\"><i>28 ao&ucirc;t 1831<\/i><\/div>\n<div align=\"right\">&nbsp;<\/div>\n<p>M. Neilson est venu nous chercher aujourd&#8217;hui pour nous mener voir le pays. (Quant &agrave; M. Neilson, son caract&egrave;re et sa position, voyez la conversation.) Le r&eacute;sultat de cette promenade a &eacute;t&eacute; on ne saurait plus favorable &agrave; la population canadienne. Nous avons trouv&eacute; des terres bien cultiv&eacute;es, des maisons qui respirent l&#8217;aisance. Nous sommes entr&eacute;s dans plusieurs. La grande salle est garnie de lits excellents, les murs sont peints en blanc. Les meubles tr&egrave;s propres. Un petit miroir, une croix ou quelques gravures repr&eacute;sentant des sujets de l&#8217;&Eacute;criture Sainte compl&egrave;tent l&#8217;ensemble. Le paysan est fort, bien constitu&eacute;, bien v&ecirc;tu. Son abord a la cordialit&eacute; franche qui manque &agrave; l&#8217;Am&eacute;ricain. Il est poli sans servilit&eacute; et vous re&ccedil;oit sur le pied de l&#8217;&eacute;galit&eacute; mais avec pr&eacute;venance. Ceux m&ecirc;mes chez lesquels nous avons &eacute;t&eacute; avaient dans leurs mani&egrave;res quelque chose de distingu&eacute; qui nous a frapp&eacute;s. (Il est vrai qu&#8217;on nous conduisit chez les premi&egrave;res familles du village.) Au total, cette race d&#8217;hommes nous a paru inf&eacute;rieure aux Am&eacute;ricains en lumi&egrave;res, mais sup&eacute;rieure quant aux qualit&eacute;s de c&oelig;ur. On ne sent ici en aucune fa&ccedil;on cet esprit mercantile qui para&icirc;t dans toutes les actions comme dans tous les discours de l&#8217;Am&eacute;ricain. La raison des Canadiens est peu cultiv&eacute;e, mais elle est simple et droite, ils ont incontestablement moins d&#8217;id&eacute;es que leurs voisins, mais leur sensibilit&eacute; para&icirc;t plus d&eacute;velopp&eacute;e; ils ont une vie de c&oelig;ur, les autres de t&ecirc;te.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div align=\"right\"><i>29 ao&ucirc;t.<\/i><\/div>\n<div align=\"right\">&nbsp;<\/div>\n<p>Aujourd&#8217;hui nous sommes mont&eacute;s &agrave; cheval pour aller visiter la campagne sans guide.<br \/>Dans la commune de Beaufort, &agrave; deux lieues de Qu&eacute;bec, nous avons vu le peuple sortir de l&#8217;&eacute;glise. Sa mise annon&ccedil;ait la plus grande aisance. Ceux qui appartenaient &agrave; un hameau &eacute;loign&eacute; s&#8217;en retournaient en voiture. Nous nous sommes &eacute;cart&eacute;s dans les sentiers et nous avons caus&eacute; avec tous les habitants que nous avons rencontr&eacute;s, t&acirc;chant de faire porter la conversation sur des sujets graves. Voici ce qui nous a paru r&eacute;sulter de ces conversations :<\/p>\n<ul>\n<li>Il r&egrave;gne quant &agrave; pr&eacute;sent une grande aisance parmi eux. La terre aux environs de Qu&eacute;bec se vend extr&ecirc;mement cher, aussi cher qu&#8217;en France, mais aussi elle rapporte beaucoup.<\/li>\n<li>Les id&eacute;es de cette population semblent encore peu d&eacute;velopp&eacute;es. Cependant, ils sentent d&eacute;j&agrave; tr&egrave;s bien que la race anglaise s&#8217;&eacute;tend autour d&#8217;eux d&#8217;une mani&egrave;re alarmante; qu&#8217;ils ont tort de se renfermer dans un rayon au lieu de s&#8217;&eacute;tendre dans le pays encore libre. Leur jalousie est vivement excit&eacute;e par l&#8217;arriv&eacute;e journali&egrave;re des nouveaux-venus d&#8217;Europe. Ils sentent qu&#8217;ils finiront par &ecirc;tre absorb&eacute;s. On voit que tout ce qu&#8217;on dit &agrave; ce sujet remue leurs passions, mais ils ne voient pas clairement le rem&egrave;de. Les Canadiens craignent trop de quitter la vue du clocher, ils ne sont pas assez malins. &#8211; Oh! vous avez bien raison, mais que voulez-vous faire? Telles sont leurs r&eacute;ponses. Ils sentent &eacute;videmment leur position de peuple vaincu, ne comptent point sur la bienveillance, non pas pr&eacute;cis&eacute;ment du gouvernement, mais des Anglais. Toutes leurs esp&eacute;rances se rattachent &agrave; leurs repr&eacute;sentants. Ils paraissent avoir pour eux et particuli&egrave;rement pour M. Neilson &#8211; Il est cependant Anglais, nous disaient-ils comme avec &eacute;tonnement ou regret &#8211; cet attachement exalt&eacute; qu&#8217;ont en g&eacute;n&eacute;ral les peuples opprim&eacute;s pour leur protecteur. Plusieurs nous ont paru parfaitement comprendre les besoins de l&#8217;instruction et se r&eacute;jouir vivement de ce qu&#8217;on venait de faire en sa faveur. Au total cette population nous a paru capable d&#8217;&ecirc;tre dirig&eacute;e quoique encore incapable de se diriger elle-m&ecirc;me. Nous arrivons au moment de la crise. Si les Canadiens ne sortent pas de leur apathie d&#8217;ici &agrave; vingt ans, il ne sera plus temps d&#8217;en sortir. Tout annonce que le r&eacute;veil de ce peuple approche. Mais si dans cet effort les classes interm&eacute;diaires et sup&eacute;rieures de la population canadienne abandonnent les basses classes et se laissent entra&icirc;ner dans le mouvement anglais, la race fran&ccedil;aise est perdue en Am&eacute;rique. Et ce serait en v&eacute;rit&eacute; dommage car il y a ici tous les &eacute;l&eacute;ments d&#8217;un grand peuple. Les Fran&ccedil;ais d&#8217;Am&eacute;rique sont aux Fran&ccedil;ais de France ce que les Am&eacute;ricains sont aux Anglais. Ils ont conserv&eacute; la plus grande partie des traits originaux du caract&egrave;re national, et l&#8217;ont m&ecirc;l&eacute; avec plus de moralit&eacute; et de simplicit&eacute;. Ils sont d&eacute;barrass&eacute;s comme eux d&#8217;une foule de pr&eacute;jug&eacute;s et de faux points de d&eacute;part qui font et feront peut-&ecirc;tre toujours les mis&egrave;res de l&#8217;Europe. En un mot ils ont en eux tout ce qu&#8217;il faudrait pour cr&eacute;er un grand souvenir de la France dans le Nouveau Monde. Mais parviendront-ils jamais &agrave; reconqu&eacute;rir compl&egrave;tement leur nationalit&eacute;? C&#8217;est ce qui est probable sans malheureusement &ecirc;tre assur&eacute;. Un homme de g&eacute;nie qui comprendrait, sentirait et serait capable de d&eacute;velopper les passions nationales du peuple aurait ici un admirable r&ocirc;le &agrave; jouer. Il deviendrait bient&ocirc;t l&#8217;homme le plus puissant de la colonie. Mais je ne le vois encore nulle part.<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<table style=\"margin-left: 10px; margin-bottom: 10px; width: 250px; float: right;\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><img fetchpriority=\"high\" fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-content\/uploads\/images\/stories\/bulletin33\/ico-tocqueville-7.jpg\" alt=\"Le premier journal publi&eacute; au Bas-Canada est la Gazette de Qu&eacute;bec\" width=\"250\" height=\"394\" title=\"Le premier journal publi&eacute; au Bas-Canada est la Gazette de Qu&eacute;bec\" \/><\/p>\n<h6>Le premier journal publi&eacute; au Bas-Canada <br \/>est la Gazette de Qu&eacute;bec<br \/>Source : <a href=\"http:\/\/primaire.recitus.qc.ca\/sujets\/9\/transport-et-communication\/3756\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Soci&eacute;t&eacute;s et territoires<\/a><\/h6>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Il existe d&eacute;j&agrave; &agrave; Qu&eacute;bec une classe d&#8217;hommes qui forme la transition entre le Fran&ccedil;ais et l&#8217;Anglais: ce sont des Anglais alli&eacute;s &agrave; des Canadiens, des Anglais m&eacute;contents de l&#8217;administration, des Fran&ccedil;ais en place. Cette classe est repr&eacute;sent&eacute;e dans la presse p&eacute;riodique par la <i>Gazette de Qu&eacute;bec<\/i>, m&eacute;lange de fran&ccedil;ais et d&#8217;anglais, dans les assembl&eacute;es politiques par M. Neilson et probablement plusieurs autres que nous ne connaissons pas. C&#8217;est elle que je crains le plus pour le sort futur de la population canadienne. Elle n&#8217;excite ni sa jalousie, ni ses passions. Au contraire elle est plus canadienne qu&#8217;anglaise d&#8217;int&eacute;r&ecirc;t parce qu&#8217;elle fait de l&#8217;opposition au gouvernement. Au fond, cependant, elle est anglaise de m&oelig;urs, d&#8217;id&eacute;es, de langue. Si elle prenait jamais la place des hautes classes et des classes &eacute;clair&eacute;es parmi les Canadiens, la nationalit&eacute; de ceux-ci serait perdue sans retour. Ils v&eacute;g&eacute;teraient comme les Bas-Bretons en France. Heureusement la religion met un obstacle aux mariages entre les deux races, et cr&eacute;e dans le clerg&eacute; une classe &eacute;clair&eacute;e qui a int&eacute;r&ecirc;t &agrave; parler fran&ccedil;ais et &agrave; se nourrir de la litt&eacute;rature et des id&eacute;es fran&ccedil;aises.<\/p>\n<p>Nous avons pu apercevoir dans nos conversations avec le peuple de ce pays-ci un fond de haine et de jalousie contre les seigneurs. Les seigneurs cependant n&#8217;ont pour ainsi dire point de droits, ils sont peuple autant qu&#8217;on peut l&#8217;&ecirc;tre et r&eacute;duits presque tous &agrave; cultiver la terre. Mais l&#8217;esprit d&#8217;&eacute;galit&eacute; de la d&eacute;mocratie est vivant l&agrave; comme aux &Eacute;tats-Unis, bien qu&#8217;il ne soit pas si raisonneur. J&#8217;ai retrouv&eacute; au fond du c&oelig;ur de ces paysans les passions politiques qui ont amen&eacute; notre R&eacute;volution et causent encore tous nos malheurs. Ici, elles sont inoffensives ou &agrave; peu pr&egrave;s, parce que rien ne leur r&eacute;siste. Nous avons cru remarquer aussi que le paysan ne voyait pas sans peine le droit que le clerg&eacute; avait de pr&eacute;lever la d&icirc;me, et ne consid&eacute;rait pas sans envie la richesse que cet imp&ocirc;t met dans les mains de quelques eccl&eacute;siastiques. Si la religion perd jamais son empire au Canada, c&#8217;est par cette br&egrave;che-l&agrave; que l&#8217;ennemi entrera.<\/p>\n<p>Comme le Fran&ccedil;ais, le paysan canadien a l&#8217;esprit gai et vif, il y a presque toujours quelque chose de piquant dans ses r&eacute;parties. Je demandais un jour &agrave; un cultivateur pourquoi les Canadiens se laissaient resserrer dans des champs &eacute;troits, tandis qu&#8217;ils pouvaient trouver &agrave; vingt lieues de chez eux des terres fertiles et incultes. &#8211; Pourquoi, me r&eacute;pondit-il, aimez-vous mieux votre femme, quoique celle du voisin ait de plus beaux yeux? J&#8217;ai trouv&eacute; qu&#8217;il y avait un sentiment r&eacute;el et profond dans cette r&eacute;ponse.<br \/>Les gazettes fran&ccedil;aises au Canada contiennent tous les jours de petits morceaux de litt&eacute;rature en prose ou en vers, ce qui ne se rencontre jamais dans les vastes colonnes des journaux anglais. Cette versification a l&#8217;ancien caract&egrave;re de la versification fran&ccedil;aise. Elle a un tour simple et na&iuml;f fort &eacute;loign&eacute; de nos grands mots, de l&#8217;emphase et de la simplicit&eacute; affect&eacute;e de notre litt&eacute;rature actuelle, mais elle roule sur de petites ou de vieilles id&eacute;es.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div align=\"right\"><i>31 ao&ucirc;t 1831.<\/i><\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;Nous avons &eacute;t&eacute; aujourd&#8217;hui avec M. Neilson et un Canadien nomm&eacute; M. Viger sur la rive droite du Saint-Laurent jusqu&#8217;au village de Saint-Thomas situ&eacute; &agrave; 10 lieues de Qu&eacute;bec. C&#8217;est le point o&ugrave; le Saint-Laurent prend une largeur de 7 lieues, largeur qu&#8217;il conserve pendant l&#8217;espace de 50 lieues. Toutes les campagnes que nous avons parcourues sont admirables de fertilit&eacute;; jointes au Saint-Laurent et aux montagnes du Nord, elles forment le plus complet et le plus magnifique tableau. Les maisons sont <i>universellement<\/i> bien b&acirc;ties. Elles respirent toutes un air d&#8217;aisance et de propret&eacute;. Les &eacute;glises sont riches, mais riches de tr&egrave;s bon go&ucirc;t. Leur d&eacute;coration int&eacute;rieure ne serait pas d&eacute;plac&eacute;e dans nos villes. Remarquez que c&#8217;est la commune elle-m&ecirc;me qui s&#8217;impose pour &eacute;tablir son &eacute;glise. Dans cette portion du Canada, on n&#8217;entend point l&#8217;anglais. La population n&#8217;est que fran&ccedil;aise, et cependant lorsqu&#8217;on rencontre une auberge, ou un marchand, son enseigne est en anglais.<\/p>\n<p>Mr. Neilson nous disait aujourd&#8217;hui en parlant des Indiens: Ces peuples dispara&icirc;tront compl&egrave;tement, mais ils succomberont victimes de la hauteur de leur &acirc;me. Le dernier d&#8217;entre eux se croit au moins l&#8217;&eacute;gal du gouverneur de Qu&eacute;bec. Ils ne se plieront point &agrave; la civilisation, non parce qu&#8217;ils sont incapables de faire comme nous, mais parce qu&#8217;ils m&eacute;prisent notre mani&egrave;re de vivre et se jugent nos sup&eacute;rieurs.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>Remarques g&eacute;n&eacute;rales<\/b><\/p>\n<div align=\"right\">1er septembre 1831<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Nous avons remarqu&eacute; par les conversations que nous avons eues avec plusieurs Canadiens que leur haine se dirigeait plus encore contre le gouvernement que contre la race anglaise en g&eacute;n&eacute;ral. Les instincts du peuple sont contre les Anglais, mais beaucoup de Canadiens appartenant aux classes &eacute;clair&eacute;es ne nous ont pas paru anim&eacute;s, au degr&eacute; que nous croyions, du d&eacute;sir de conserver intacte la trace de leur origine, et de devenir un peuple enti&egrave;rement &agrave; part. Plusieurs ne nous ont pas paru &eacute;loign&eacute;s de se fondre avec les Anglais, si ceux-ci voulaient adopter les int&eacute;r&ecirc;ts du pays. Il est donc &agrave; craindre qu&#8217;avec le temps et surtout l&#8217;&eacute;migration des Irlandais catholiques, la fusion ne s&#8217;op&egrave;re. Et elle ne peut s&#8217;op&eacute;rer qu&#8217;au d&eacute;triment de la race, de la langue et des m&oelig;urs fran&ccedil;aises.<br \/>Cependant il est certain :<\/p>\n<ul>\n<li>Le Bas-Canada (heureusement pour la race fran&ccedil;aise) forme un &Eacute;tat &agrave; part. Or, dans le Bas-Canada la population fran&ccedil;aise est &agrave; la population anglaise dans la proportion de dix contre un. Elle est compacte. Elle a son gouvernement, son Parlement &agrave; elle. Elle forme v&eacute;ritablement un corps de nation distinct. Dans le Parlement compos&eacute; de quatre-vingt-quatre membres, il y a soixante-quatre Fran&ccedil;ais et vingt Anglais.<\/li>\n<li>Les Anglais jusqu&#8217;&agrave; pr&eacute;sent se sont toujours tenus &agrave; part. Ils soutiennent le gouvernement contre la masse du peuple. Tous les journaux fran&ccedil;ais font de l&#8217;opposition, tous les journaux anglais sont minist&eacute;riels, &agrave; l&#8217;exception d&#8217;un seul, <i>the Vindicator<\/i>, &agrave; Montr&eacute;al, encore a-t-il &eacute;t&eacute; fond&eacute; par des Canadiens.<\/li>\n<li>Dans les villes, les Anglais et les Canadiens forment deux soci&eacute;t&eacute;s. Les Anglais affichent un grand luxe; il n&#8217;y a parmi les Canadiens que des fortunes tr&egrave;s born&eacute;es; de l&agrave;, jalousie, tracasseries de petite ville.<\/li>\n<li>Les Anglais ont dans les mains tout le commerce ext&eacute;rieur et dirigent en chefs tout le commerce int&eacute;rieur. De l&agrave; encore jalousie.<\/li>\n<li>Les Anglais s&#8217;emparent tous les jours de terres que les Canadiens croyaient r&eacute;serv&eacute;es &agrave; leur race.<\/li>\n<li>Enfin les Anglais se montrent au Canada avec tous les traits de leur caract&egrave;re national, et les Canadiens ont conserv&eacute; tous les traits du caract&egrave;re fran&ccedil;ais.<\/li>\n<li>Il y a donc fort &agrave; parier que le Bas-Canada finira par devenir un peuple enti&egrave;rement fran&ccedil;ais. Mais ce ne sera jamais un peuple nombreux. Tout deviendra anglais autour de lui. Ce sera une goutte dans l&#8217;oc&eacute;an. J&#8217;ai bien peur que, comme le disait M. Neilson avec sa franchise brusque, la fortune n&#8217;ait en effet prononc&eacute; et que l&rsquo;Am&eacute;rique du Nord ne soit anglaise.<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div align=\"right\">2 septembre 1831.<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=421:tocqueville-carnets-de-voyage&amp;Itemid=297#sources\"><sup>8<\/sup><\/a><\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Nous avons vu un tr&egrave;s grand nombre d&#8217;eccl&eacute;siastiques depuis que nous sommes dans le Canada. Il nous a sembl&eacute; qu&#8217;ils formaient &eacute;videmment la premi&egrave;re classe parmi les Canadiens. Tous ceux que nous avons vus sont instruits, polis, bien &eacute;lev&eacute;s. Ils parlent le fran&ccedil;ais avec puret&eacute;. En g&eacute;n&eacute;ral ils sont plus distingu&eacute;s que la plupart de nos cur&eacute;s de France. On voit dans leur conversation qu&#8217;ils sont <i>tout canadiens<\/i>. Ils sont unis de c&oelig;ur et d&#8217;int&eacute;r&ecirc;ts &agrave; la population et discutent tr&egrave;s bien ses besoins. Ils nous ont paru cependant en g&eacute;n&eacute;ral avoir des sentiments de loyaut&eacute; envers le roi d&#8217;Angleterre, et soutenir en g&eacute;n&eacute;ral le principe de la l&eacute;gitimit&eacute;. Cependant l&#8217;un d&#8217;eux me disait: Nous avons tout &agrave; esp&eacute;rer maintenant, le minist&egrave;re est <i>d&eacute;mocrate<\/i>. Ils font aujourd&#8217;hui de l&#8217;opposition, ils feraient certainement de la r&eacute;bellion si le gouvernement devenait tyrannique. <i>Somme toute<\/i>, ce peuple-ci ressemble prodigieusement au peuple fran&ccedil;ais. Ou plut&ocirc;t ce sont encore des Fran&ccedil;ais, trait pour trait, et cons&eacute;quemment parfaitement diff&eacute;rents des populations anglaises qui les environnent. Gais, vifs, railleurs, aimant la gloire et le bruit, intelligents, &eacute;minemment sociables, leurs m&oelig;urs sont douces et leur caract&egrave;re serviable. Le peuple est en g&eacute;n&eacute;ral plus moral, plus hospitalier, plus religieux qu&#8217;en France. Il n&#8217;y a qu&#8217;au Canada qu&#8217;on puisse trouver ce qu&#8217;on appelle un <i>bon enfant<\/i> en France. L&#8217;Anglais et l&#8217;Am&eacute;ricain est ou <i>grossier ou glac&eacute;<\/i>.<\/p>\n<p>Un paysan me disait: Si on en vient jamais aux mots, les Anglais ne sont pas blancs.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div align=\"right\"><i>2 septembre 1831.<br \/><\/i><\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<table border=\"0\" style=\"margin-bottom: 10px;\" cellspacing=\"0\" cellpadding=\"0\">\n<tbody>\n<tr>\n<td style=\"padding-right: 10px; width: 250px;\" align=\"\" valign=\"\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-content\/uploads\/images\/stories\/bulletin33\/ico-tocqueville-8.jpg\" alt=\"L'Assembl&eacute;e l&eacute;gislative du Bas-Canada (chapelle du Palais &eacute;piscopal), ville\" title=\"L'Assembl&eacute;e l&eacute;gislative du Bas-Canada (chapelle du Palais &eacute;piscopal), ville\" \/><\/p>\n<h6>L&#8217;<b>Assembl&eacute;e l&eacute;gislative<\/b> du Bas-Canada <br \/>(chapelle du Palais &eacute;piscopal), ville <br \/>Charles W. Simpson (1927), l&#8217;A<i>ssembl&eacute;e <br \/>l&eacute;gislative du Bas-Canada <br \/>(chapelle du palais &eacute;piscopal)<\/i>, ville de Qu&eacute;bec, <br \/>Biblioth&egrave;que et Archives Canada,<br \/>Source : <a href=\"http:\/\/histoiresociete.blogspot.com\/2010\/02\/le-premier-debat-du-parlement-de-quebec.html%20\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Histoire et soci&eacute;t&eacute;<br \/><\/a>Cr&eacute;dit: <a href=\"http:\/\/www.collectionscanada.gc.ca\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Biblioth&egrave;que et Archives Canada<\/a><\/h6>\n<\/td>\n<td rowspan=\"1\" id=\"\" dir=\"\" lang=\"\" scope=\"\" align=\"\" valign=\"top\">\n<p>Il y a cinq ou six ans, le gouvernement anglais a voulu r&eacute;unir tout le Canada dans une seule assembl&eacute;e. C&#8217;&eacute;tait la mesure la plus propre &agrave; dissoudre enti&egrave;rement la nation canadienne, aussi tout le Peuple s&#8217;est-il r&eacute;veill&eacute; tout &agrave; coup et c&#8217;est depuis ce temps qu&#8217;il conna&icirc;t sa force.<\/p>\n<p>Plusieurs cur&eacute;s m&#8217;ont dit que dans leur commune il n&#8217;y avait pas un seul individu parlant l&#8217;anglais. Eux-m&ecirc;mes ne l&#8217;entendaient point et nous prenaient pour interpr&egrave;tes.<\/p>\n<p>La nomination des officiers de milice appartient au gouvernement, mais la Chambre d&#8217;assembl&eacute;e ayant d&eacute;cid&eacute; que pour &ecirc;tre officier de milice il fallait r&eacute;sider sur le lieu de son commandement, le r&eacute;sultat a &eacute;t&eacute; de mettre la direction de la force arm&eacute;e presque exclusivement dans les mains des Canadiens.<\/p>\n<p>Un Canadien me disait aujourd&#8217;hui que dans la Chambre d&#8217;assembl&eacute;e les discussions &eacute;taient vives, emport&eacute;es, et que souvent on prenait des r&eacute;solutions pr&eacute;cipit&eacute;es dont on se repentait quand la t&ecirc;te &eacute;tait refroidie. Ne croirait-on pas entendre parler d&#8217;une Chambre fran&ccedil;aise ?<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Les lecteurs peuvent consulter le premier article de cette s&eacute;rie, consacr&eacute;&nbsp; &agrave; la correspondance adress&eacute;e par Tocqueville aux siens concernant son projet de voyage puis son s&eacute;jour au Bas-Canada, publi&eacute; dans le <a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=391:tocqueville-et-beaumont-deux-francais-au-bas-canada-21-aout-3-septembre-1831&amp;Itemid=298\">bulletin n&deg; 32<\/a>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a title=\"sources\" name=\"sources\"><\/a>Sources :<\/p>\n<ol>\n<li>\n<h6>Il y aurait beaucoup &agrave; dire sur l&rsquo;ambivalence des sentiments de Tocqueville vis-&agrave;-vis des Anglais. Il leur portait une (grande) admiration, (tr&egrave;s) critique dont on trouve des t&eacute;moignages multiples dans sa correspondance et dans ses choix politiques, par exemple quand il opte pour la colonisation de l&rsquo;Alg&eacute;rie, pour faire pi&egrave;ce &agrave; l&rsquo;expansionnisme britannique &hellip;<br \/>Pr&eacute;cisons que Mary Mottley, qui &eacute;tait sa ma&icirc;tresse depuis 1828, et qu&rsquo;il &eacute;pousera en 1835, appartenait &agrave; la moyenne bourgeoisie anglaise (bien qu&rsquo;&eacute;lev&eacute;e en France par sa tante). Ce mariage demeura toujours consid&eacute;r&eacute; par sa famille comme une m&eacute;salliance.<\/h6>\n<\/li>\n<li>\n<h6>Comme ce fut le cas en Pologne dans la seconde moiti&eacute; du XXe si&egrave;cle.<\/h6>\n<\/li>\n<li>\n<h6>J&rsquo;ai consacr&eacute; plusieurs communications, articles et conf&eacute;rences, ainsi qu&rsquo;un livre &agrave; <i>Tocqueville et la religion<\/i> que le lecteur peut retrouver en ligne sur le site uqac de J.M. Tremblay.<\/h6>\n<\/li>\n<li>\n<h6>Dans un autre passage, les deux voyageurs affirment qu&rsquo;on estime &agrave; quatre millions le nombre d&rsquo;Indiens vivant encore, en 1831, dans le Nord-Ouest des Etats-Unis.<\/h6>\n<\/li>\n<li>\n<h6>Il s&rsquo;agit sans doute ici de la seule allusion &ndash; sans le nommer explicitement &ndash; &agrave; Papineau&nbsp;:&nbsp; &laquo;&nbsp;<i>Des dizaines de p&eacute;titions seront achemin&eacute;es &agrave; Londres. Louis-Joseph Papineau et John Neilson seront d&eacute;l&eacute;gu&eacute;s dans la capitale britannique&nbsp; pour faire valoir les raisons qui militent contre l&rsquo;&eacute;ventuelle union<\/i>&nbsp;&raquo; (Jacques lacoursi&egrave;re, <i>Histoire du Qu&eacute;bec<\/i>, p. 73).<\/h6>\n<\/li>\n<li>\n<h6>Tocqueville et Beaumont ont quitt&eacute; Montr&eacute;al dans l&#8217;apr&egrave;s-midi du 24 ao&ucirc;t &agrave; bord du John Molson.<\/h6>\n<\/li>\n<li>\n<h6>N&rsquo;oublions pas que Tocqueville et Beaumont sont magistrats&nbsp;; quand ils visitent les Etats-Unis, l&rsquo;Irlande ou l&rsquo;Angleterre, ils ne manquent pas d&rsquo;assister &agrave; des s&eacute;ances des tribunaux qui permettent de comprendre l&rsquo;esprit du lieu, la mentalit&eacute; et la loi du pays &agrave; travers la fa&ccedil;on dont la justice est rendue.<\/h6>\n<\/li>\n<li>\n<h6>Voyages I, pp. 218-219.<\/h6>\n<\/li>\n<\/ol>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/article>\n\t\t\t\t<article class=\"elementor-post elementor-grid-item post-6298 post type-post status-publish format-standard hentry category-bulletin-n33-decembre-2011\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-post__text\">\n\t\t\t\t<h3 class=\"elementor-post__title\">\n\t\t\t<a href=\"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/samuel-de-champlain-au-secours-de-lamerique-francaise-1632\/\" >\n\t\t\t\tSamuel de Champlain, Au secours de l\u2019Am\u00e9rique fran\u00e7aise. 1632\t\t\t<\/a>\n\t\t<\/h3>\n\t\t<div align=\"center\">\n<h2><i>Samuel de Champlain,<br \/>Au secours de l&rsquo;Am&eacute;rique fran&ccedil;aise. 1632<\/i>*<\/h2>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-content\/uploads\/images\/stories\/bulletin33\/au-secours-de-l-amerique-francaise.jpg\" alt=\"Au secours de l'Am&eacute;rique fran&ccedil;aise\" width=\"153\" height=\"259\" title=\"Au secours de l'Am&eacute;rique fran&ccedil;aise\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n<h5>&nbsp;<\/h5>\n<h5>Texte &eacute;tabli, annot&eacute; et pr&eacute;sent&eacute; par &Eacute;ric Thierry,<br \/>Collection V, Qu&eacute;bec, Septentrion, 2011<\/h5>\n<p>&nbsp;&nbsp; &nbsp;<br \/>Cet ouvrage est la pr&eacute;sentation du troisi&egrave;me tome de l&rsquo;&eacute;dition de <i>Champlain en fran&ccedil;ais moderne<\/i>, dont M&eacute;moires vives s&rsquo;&eacute;tait fait l&rsquo;&eacute;cho dans son <a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=390:champlain-en-francais-moderne&amp;Itemid=298\">bulletin n&deg; 32 <\/a>et dont la sortie en librairie a eu lieu en d&eacute;cembre 2011 au Qu&eacute;bec et &agrave; partir du d&eacute;but de l&#8217;ann&eacute;e 2012 en france.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le 19 juillet 1629, Champlain accepte de capituler face aux Anglais venus s&rsquo;emparer de Qu&eacute;bec. Il devient le prisonnier de leurs chefs, les fr&egrave;res Kirke, qui le transf&egrave;rent &agrave; Londres, avant de l&rsquo;autoriser &agrave; rentrer en France. &Agrave; Paris, il s&rsquo;emploie &agrave; permettre la r&eacute;cup&eacute;ration de Qu&eacute;bec et de l&rsquo;Acadie, tomb&eacute;e entre les mains de l&rsquo;&Eacute;cossais William Alexander, mais le roi Louis XIII ne tarde pas &agrave; le disgracier : on le soup&ccedil;onne d&rsquo;avoir facilit&eacute; la chute de Qu&eacute;bec.<\/p>\n<p>Humili&eacute;, Champlain se bat la plume &agrave; la main pour retrouver l&rsquo;estime de son roi. Il r&eacute;dige une histoire de ce que les Fran&ccedil;ais ont entrepris en Am&eacute;rique du Nord depuis Jacques Cartier et montre que, contrairement &agrave; ses pr&eacute;d&eacute;cesseurs, il a lui r&eacute;ussi &agrave; y b&acirc;tir une Nouvelle-France, de 1603 &agrave; 1629. S&rsquo;il a d&ucirc; abandonner Qu&eacute;bec aux Anglais, c&rsquo;est parce que la cupidit&eacute; des marchands huguenots l&rsquo;a priv&eacute; des moyens de faire prosp&eacute;rer la colonie fran&ccedil;aise, et non parce qu&rsquo;il a d&eacute;m&eacute;rit&eacute;.<\/p>\n<p>Ce dernier grand livre de Champlain est paru en 1632. Gr&acirc;ce &agrave; &Eacute;ric Thierry, il est d&eacute;sormais possible de le lire int&eacute;gralement en fran&ccedil;ais moderne et de d&eacute;couvrir, au fil de l&rsquo;introduction et des notes, les dessous de la disgr&acirc;ce du p&egrave;re de la Nouvelle-France. Champlain a &eacute;t&eacute; la victime de la volont&eacute; d&rsquo;expansion de l&rsquo;Angleterre de Charles Ier, mais il a aussi p&acirc;ti des divisions de la France de Louis XIII, encore en proie aux guerres de Religion, et des agissements de l&rsquo;entourage du cardinal de Richelieu, d&eacute;sireux de lui faire ch&egrave;rement payer ses affinit&eacute;s avec le parti des d&eacute;vots.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>N&eacute; en 1964, &Eacute;ric Thierry enseigne l&rsquo;histoire et la g&eacute;ographie au Lyc&eacute;e Paul Claudel de Laon. Docteur de l&rsquo;Universit&eacute; de Paris-Sorbonne, il est l&rsquo;auteur d&rsquo;une biographie de Marc Lescarbot (Paris, Honor&eacute; Champion, 2001), qui a &eacute;t&eacute; couronn&eacute;e par l&rsquo;Acad&eacute;mie fran&ccedil;aise, et de <i>La France de Henri IV en Am&eacute;rique du Nord<\/i> (Paris, Honor&eacute; Champion, 2008). Il a d&eacute;j&agrave; publi&eacute;, dans la collection V, deux tomes des &oelig;uvres de Champlain en fran&ccedil;ais moderne (<i>Les Fondations de l&rsquo;Acadie et de Qu&eacute;bec<\/i> (2008) et <i>A la rencontre des Algonquins et des Hurons<\/i> (2009).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>*Pr&eacute;sentation de l&rsquo;&eacute;diteur Septentrion<\/p>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/article>\n\t\t\t\t<article class=\"elementor-post elementor-grid-item post-6299 post type-post status-publish format-standard hentry category-bulletin-n33-decembre-2011\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-post__text\">\n\t\t\t\t<h3 class=\"elementor-post__title\">\n\t\t\t<a href=\"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/les-journees-du-patrimoine-17-18-septembre-2011-sur-le-lieu-de-memoire-de-marie-guyard-de-lincarnation-a-tours-un-cru-exceptionnel\/\" >\n\t\t\t\tLes Journ\u00e9es du Patrimoine (17 \u2013 18 septembre 2011) sur le lieu de m\u00e9moire de Marie Guyard \u2013 de l\u2019Incarnation \u00e0 Tours : \u00ab un cru exceptionnel \u00bb !\t\t\t<\/a>\n\t\t<\/h3>\n\t\t<h2 align=\"center\">Les Journ&eacute;es du Patrimoine (17 &ndash; 18 septembre 2011)<br \/>sur le lieu de m&eacute;moire de Marie Guyard &ndash; de l&rsquo;Incarnation &agrave; Tours :<br \/>&laquo; un cru exceptionnel &raquo; !<\/h2>\n<h5>par Fran&ccedil;oise Deroy-Pineau, avec la collaboration de Sylvie Grangeon, Genevi&egrave;ve Lansac, Marie-Anne Pottier.<\/h5>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<table style=\"margin-left: 10px; margin-bottom: 10px; width: 250px; float: right;\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-content\/uploads\/images\/stories\/bulletin33\/concert-la-chapelle-guyard.jpg\" alt=\"Concertation &agrave; la chapelle\" width=\"250\" height=\"187\" title=\"Concertation &agrave; la chapelle\" \/><\/p>\n<h6>Le concert &agrave; l&#8217;ermittage Saint-Joseph<br \/>Cr&eacute;dit : soeur Marie-B&eacute;n&eacute;dicte, osu.<\/h6>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Une concertation entre le Conservatoire de musique de Tours, les s&oelig;urs ursulines et l&rsquo;association qui g&egrave;re la Chapelle Saint-Michel, lieu de m&eacute;moire de Marie de l&rsquo;Incarnation (Touraine-Canada) a produit cette ann&eacute;e des animations coordonn&eacute;es lors des Journ&eacute;es du Patrimoine sur le site occup&eacute; au XVIIe si&egrave;cle par le monast&egrave;re des ursulines. Ce lieu, malgr&eacute; les tribulations de l&rsquo;Histoire, a &eacute;t&eacute; au cours du temps essentiellement consacr&eacute; &agrave; l&rsquo;&eacute;ducation des filles de tous les milieux sociaux, notamment &agrave; l&rsquo;enseignement de la musique.<\/p>\n<p>D&egrave;s 11h le dimanche 18, une trentaine de personnes &eacute;taient pr&eacute;sentes &agrave; l&rsquo;Ermitage Saint-Joseph pour &eacute;couter le chant gr&eacute;gorien (plain-chant et motets fran&ccedil;ais des XVII<sup>e<\/sup> et XVIII<sup>e<\/sup> si&egrave;cles) et suivre une procession reconstitu&eacute;e conduite par des &eacute;l&egrave;ves du Conservatoire jusqu&rsquo;&agrave; la chapelle Saint-Michel d&eacute;j&agrave; remplie de personnes venues &eacute;couter un concert de musique baroque. Le samedi 17, il y avait autant de monde pour suivre les r&eacute;p&eacute;titions, visiter les lieux et, souvent, <a href=\"http:\/\/www.ameriquefrancaise.org\/fr\/article-407\/Lieux_de_m&eacute;moire_de_Marie_de_l&rsquo;Incarnation_&agrave;_Tours.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">d&eacute;couvrir Marie Guyard de l&rsquo;Incarnation, pionni&egrave;re de la Nouvelle-France<\/a>. <\/p>\n<p>Des concerts se sont succ&eacute;d&eacute;s le dimanche apr&egrave;s-midi. A chaque s&eacute;ance, presque cent personnes ont &eacute;cout&eacute; dans la chapelle Saint-Michel et par la porte ouverte. A l&rsquo;int&eacute;rieur de la chapelle, on pouvait entendre, avant et apr&egrave;s les interpr&eacute;tations musicales, des commentaires sur Marie de l&rsquo;Incarnation. Le tout a &eacute;t&eacute; si appr&eacute;ci&eacute; qu&rsquo;on parle du passage d&rsquo;environ 2000 visiteurs sur le site. En fait, personne n&rsquo;a pu compter avec exactitude tant la foule se pressait aux portes de la Chapelle Saint-Michel, &agrave; la Petite Bourdaisi&egrave;re voisine (actuelle propri&eacute;t&eacute; des Ursulines) et sur l&rsquo;ensemble du site occup&eacute; par le Conservatoire, jusqu&rsquo;au petit Ermitage Saint-Joseph (anc&ecirc;tre, selon certains, de l&rsquo;Oratoire Saint-Joseph de Montr&eacute;al), &agrave; l&rsquo;autre bout du terrain de plus d&rsquo;un hectare.<\/p>\n<p>Marie-Anne Pottier, la chef de ch&oelig;ur qui coordonnait tous les concerts, a rendu hommage &agrave; Marie de l&#8217;Incarnation en disant combien son influence avait &eacute;t&eacute; positive sur l&#8217;&eacute;ducation des filles car la femme d&rsquo;affaire de Tours devenue ursuline et fondatrice &agrave; Qu&eacute;bec souhaitait non seulement leur apprendre la lecture et l&#8217;&eacute;criture mais aussi tous les arts dont la musique. Le monast&egrave;re m&eacute;tamorphos&eacute; en coll&egrave;ge la&iuml;c et r&eacute;publicain a continu&eacute; cette &eacute;ducation. A l&#8217;Ermitage, les guides b&eacute;n&eacute;voles ont pu remarquer d&rsquo;anciennes &eacute;l&egrave;ves du coll&egrave;ge, revenues les 17 et 18 septembre en savoir plus sur une histoire qui les intriguait mais qu&#8217;elles ignoraient totalement la plupart du temps.<\/p>\n<p>Conclusion : un cru exceptionnel pour ces Journ&eacute;es du Patrimoine 2011 sur le lieu de m&eacute;moire de Marie Guyard de l&rsquo;Incarnation, gr&acirc;ce &agrave; la concertation entre les responsables du site et au dynamisme du d&eacute;partement de musique ancienne du Conservatoire. Un franc succ&egrave;s : Vive les Journ&eacute;es du Patrimoine qui font revivre les lieux de m&eacute;moire !<\/p>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/article>\n\t\t\t\t<article class=\"elementor-post elementor-grid-item post-6300 post type-post status-publish format-standard hentry category-bulletin-n33-decembre-2011\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-post__text\">\n\t\t\t\t<h3 class=\"elementor-post__title\">\n\t\t\t<a href=\"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/quebec-une-dynamique-creative\/\" >\n\t\t\t\tQu\u00e9bec : une dynamique cr\u00e9ative\t\t\t<\/a>\n\t\t<\/h3>\n\t\t<h2 align=\"center\">QU&Eacute;BEC<br \/>UNE DYNAMIQUE CR&Eacute;ATIVE<\/h2>\n<h2 align=\"center\">Solange de Loisy &amp; Fran&ccedil;ois Poche<br \/>Pr&eacute;face de Michel Drucker<\/h2>\n<p align=\"center\"><img loading=\"lazy\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-content\/uploads\/images\/stories\/bulletin33\/quebec-une-dynamique.jpg\" alt=\"Qu&eacute;bec : une dynamique cr&eacute;ative\" width=\"250\" height=\"339\" title=\"Qu&eacute;bec : une dynamique cr&eacute;ative\" \/> <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h5>Par Mich&egrave;le Marcadier<\/h5>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Un album publi&eacute; aux Editions de La Martini&egrave;re<br \/>160 pages, dont 70 illustr&eacute;es en couleurs, format : 19 x 26 cm <\/p>\n<p>Ma premi&egrave;re rencontre litt&eacute;raire fut <i>Mon premier Larousse<\/i> et j&rsquo;avais huit ans, c&rsquo;est de cette &eacute;poque que date ma fascination pour les dictionnaires ! Et c&rsquo;est bien cette m&ecirc;me fascination que j&rsquo;ai ressentie en feuilletant le <i>Qu&eacute;bec une dynamique cr&eacute;ative<\/i> de Solange de Loisy.<\/p>\n<p>Des mots qu&eacute;b&eacute;cois &laquo; chapeautent &raquo; les pages illustr&eacute;es de cet album enti&egrave;rement structur&eacute; sur l&rsquo;alphabet de A comme <i>Accot&eacute;<\/i> (en concubinage) &agrave; Z comme <i>Zigonner<\/i> (perdre son temps). Une cr&eacute;ativit&eacute; de langage qui fait r&ecirc;ver.<\/p>\n<p>Anticiper, int&eacute;resser, surprendre, r&eacute;jouir, charmer de fa&ccedil;on originale, tels ont &eacute;t&eacute; les objectifs de &laquo; l&rsquo;auteure &raquo; qui a collabor&eacute; pendant plus de quinze ans &agrave; un club de livres qu&eacute;b&eacute;cois. &Agrave; l&rsquo;heure o&ugrave; la France semble un peu morose, il lui semblait&nbsp; important de mettre en exergue la modernit&eacute; du Qu&eacute;bec, un pays d&rsquo;o&ugrave; se d&eacute;gage une r&eacute;elle &eacute;nergie.<\/p>\n<p>Au fil des textes, et des magnifiques photos de Fran&ccedil;ois Poche, le Qu&eacute;bec se d&eacute;couvre tour &agrave; tour accueillant et sauvage, d&eacute;cor propice &agrave; la cr&eacute;ation culturelle et artistique. Po&egrave;tes, cin&eacute;astes, peintres, chanteurs, et &eacute;crivains qu&eacute;b&eacute;cois se succ&egrave;dent, de <i>Denys Arcand<\/i> et <i>Claude Fournier<\/i> &agrave; <i>Jean-Paul Riopelle<\/i>, de <i>Denise Bombardier<\/i> &agrave; <i>C&eacute;line Dion<\/i>, <i>Robert Charlebois<\/i> et <i>Lynda Lemay<\/i> en passant par le <i>Cirque du Soleil<\/i> ou la s&eacute;rie t&eacute;l&eacute;vis&eacute;e <i>Un gars une fille<\/i>.<\/p>\n<p>Enfin les t&eacute;moignages de personnalit&eacute;s fran&ccedil;aises et qu&eacute;b&eacute;coises, telles que <i>Jean-Pierre Raffarin<\/i>, <i>Jean-Marie Bockel<\/i>, <i>Bernard Landry<\/i>, <i>Jean-Louis Roy<\/i>, <i>Nicolas Rioux<\/i> ou <i>R&eacute;gis Labeaume<\/i>, entre autres, s&rsquo;expriment sur le Qu&eacute;bec et des enjeux actuels de soci&eacute;t&eacute; : la d&eacute;fense du fran&ccedil;ais, la mondialisation, le divertissement num&eacute;rique, la diversit&eacute; culturelle ou l&rsquo;immigration. Le tout &laquo; mis en sc&egrave;ne &raquo; dans la belle nature qu&eacute;b&eacute;coise o&ugrave; le Nord est largement repr&eacute;sent&eacute; d&egrave;s la couverture.<\/p>\n<p>Selon son humeur, le lecteur peut d&eacute;couvrir ce livre en s&rsquo;en remettant au hasard, d&eacute;buter par la fin, le milieu, les pages roses ou vertes, sourire aux mots &laquo; fournaise &raquo; ou &laquo; carreaut&eacute; &raquo;.&nbsp; Nostalgique, il peut&nbsp; aussi voyager dans le temps &eacute;motionnel, et d&eacute;couvrir &agrave; &laquo; Charlebois &raquo; les paroles de <i>Lindberg<\/i>. Esth&egrave;te, il peut se laisser guider par les couleurs ou les photos. Il peut enfin faire preuve d&rsquo;organisation et de rationalit&eacute; en consultant les grands chapitres du sommaire. La libert&eacute; de lecture, c&rsquo;est &ccedil;a la magie du &laquo; dico &raquo; !<\/p>\n<p><i>Qu&eacute;bec Une dynamique cr&eacute;ative<\/i> a &eacute;t&eacute; publi&eacute; en mars 2010, une nouvelle &eacute;dition vient de sortir. Les lecteurs peuvent trouver cet ouvrage &agrave; la librairie du Qu&eacute;bec &agrave; Paris, situ&eacute; au 30, rue Gay Lussac ou chez Renaud-Bray, 1 Place Ville-Marie, suite 11 520, &agrave; Montr&eacute;al et Place Laurier, 2700 boul. Laurier, local 2900, &agrave; Qu&eacute;bec<\/p>\n<p><\/p>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/article>\n\t\t\t\t<article class=\"elementor-post elementor-grid-item post-6301 post type-post status-publish format-standard hentry category-bulletin-n33-decembre-2011\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-post__text\">\n\t\t\t\t<h3 class=\"elementor-post__title\">\n\t\t\t<a href=\"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/plaque-commemorative-a-la-memoire-de-guillaume-cartier-drain-maine-et-loire\/\" >\n\t\t\t\tPlaque comm\u00e9morative \u00e0 la m\u00e9moire de Guillaume Cartier : Drain, Maine et Loire\t\t\t<\/a>\n\t\t<\/h3>\n\t\t<h2 align=\"center\">Plaque comm&eacute;morative &agrave; la m&eacute;moire de Guillaume Cartier<br \/>Drain, Maine et Loire<\/h2>\n<h5>par Marie-Th&eacute;r&egrave;se GALLARD<\/h5>\n<p>D&egrave;s neuf heures du matin, le mardi 13 septembre 2011, huit adh&eacute;rents de Loire-Mauges-Qu&eacute;bec, d&rsquo;une part et 26 Qu&eacute;b&eacute;cois descendants de Guillaume Cartier, d&rsquo;autre part, arrivent &agrave; la Mairie de Drain afin de rendre hommage &agrave; l&rsquo;anc&ecirc;tre-pionnier, Guillaume Cartier.<\/p>\n<p>Son histoire n&rsquo;est pas banale puisque sa descendance se retrouve &agrave; la fois en France (dans les Mauges entre autres),&nbsp; au Qu&eacute;bec et aux Etats-Unis. En effet, Guillaume (Quartier &agrave; son bapt&ecirc;me) na&icirc;t le 19 f&eacute;vrier 1647 &agrave; Drain, fils de Julien et de Fran&ccedil;oise Bourdain. En 1680, il &eacute;pouse Perrine Morineau, &agrave; la Chapelle-Basse-Mer (Loire-Atlantique). Celle-ci lui donne un fils, Louis (dont descendance en France) mais elle d&eacute;c&egrave;de rapidement. Apr&egrave;s son veuvage, Guillaume laisse son petit enfant aux soins de sa famille et s&rsquo;embarque pour la Nouvelle-France. Meunier, il est cit&eacute; l&agrave;-bas pour la premi&egrave;re fois en 1684 et c&rsquo;est le 18 janvier 1685 qu&rsquo;il se remarie &agrave; Neuville avec Marie-Etiennette Garnier. Sept enfants n&eacute;s au Qu&eacute;bec de cette union assurent sa descendance au Qu&eacute;bec et aux Etats-Unis. Beaucoup, &agrave; l&rsquo;heure actuelle, font partie de l&rsquo;Association des Cartier d&rsquo;Am&eacute;rique*, membre de la F&eacute;d&eacute;ration des familles souches.<\/p>\n<table style=\"margin-right: 10px; margin-bottom: 5px; width: 150px; float: left;\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><img loading=\"lazy\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-content\/uploads\/images\/stories\/bulletin33\/plaque-commemorative.jpg\" alt=\"Plaque comm&eacute;morative\" width=\"150\" height=\"278\" title=\"Plaque comm&eacute;morative\" \/> <\/p>\n<h6>Plaque comm&eacute;morative<\/h6>\n<h6>Cr&eacute;dit : Marc Jouis <br \/>et Marie-Th&eacute;r&egrave;se Gallard<\/h6>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Madame Marie-Th&eacute;r&egrave;se Croix, maire de Drain, a convi&eacute; trois associations ayant trait au Qu&eacute;bec et &agrave; la g&eacute;n&eacute;alogie. Par ce matin pluvieux, Madame le Maire accueille tous ses invit&eacute;s, offrant th&eacute;, caf&eacute;, jus de fruits, g&acirc;teaux, et pr&eacute;sente sa ville&hellip; tandis que certains s&rsquo;empressent derri&egrave;re la Mairie afin de fixer et&hellip; de recouvrir de drapeaux fran&ccedil;ais et qu&eacute;b&eacute;cois la plaque comm&eacute;morative qui va &ecirc;tre inaugur&eacute;e.<\/p>\n<p>Vient l&rsquo;heure solennelle&hellip; La pluie s&rsquo;arr&ecirc;te momentan&eacute;ment&hellip; Les maires ou leurs repr&eacute;sentants du canton de Champtoceaux sont pr&eacute;sents. La fanfare de Drain ouvre le ban. Madame Croix, dans son discours de bienvenue, parle bien entendu de Guillaume Cartier, de ses descendants et pr&eacute;cise que le ravissant square sans nom derri&egrave;re la Mairie, prendra d&eacute;sormais le nom de <i>Square Guillaume Cartier<\/i>. Le responsable des Cartier, Monsieur&nbsp; Lucien&nbsp; Cartier, n&rsquo;ayant pas pr&eacute;par&eacute; de discours, y r&eacute;pond tr&egrave;s simplement et s&rsquo;ensuit alors la d&eacute;couverte de la plaque. Fanfare, applaudissements, &eacute;change de cadeaux&#8230;, tout s&rsquo;encha&icirc;ne parfaitement. L&rsquo;&eacute;motion est patente parmi les Qu&eacute;b&eacute;cois.<\/p>\n<p>Madame Croix donne alors la parole aux repr&eacute;sentants des associations invit&eacute;es. La Pr&eacute;sidente de Loire-Mauges-Qu&eacute;bec, Th&eacute;r&egrave;se Bret&eacute;cher,&nbsp; lui offre une coupelle avec le logo de l&rsquo;association. M. Cartier re&ccedil;oit &eacute;galement la m&ecirc;me coupelle ainsi que le volume 10 de la s&eacute;rie <i>Ces villes et villages de France, berceau de l&rsquo;Am&eacute;rique fran&ccedil;aise<\/i>, consacr&eacute; au <i>Pays de Loire<\/i>. Enfin, Marie-Christine Guinoiseau qui fut l&rsquo;interm&eacute;daire entre Drain, les Cartier et l&rsquo;association,&nbsp; remet &agrave; Madame le Maire un exemplaire de la Revue France Qu&eacute;bec. Marie-Th&eacute;r&egrave;se Gallard, adh&eacute;rente de la Commission des Lieux de M&eacute;moire et de Loire-Mauges-Qu&eacute;bec, &agrave; la demande de Th&eacute;r&egrave;se Bret&eacute;cher,&nbsp; improvise la pr&eacute;sentation de France-Qu&eacute;bec et l&rsquo;importance de son r&eacute;seau national, l&rsquo;histoire du livre qui vient d&rsquo;&ecirc;tre remis (r&eacute;dig&eacute; par des b&eacute;n&eacute;voles, sous l&rsquo;&eacute;gide de Monsieur Rouleau Pr&eacute;sident de Maine-Qu&eacute;bec),&nbsp;&nbsp; et indique les f&ecirc;tes pr&eacute;vues &agrave; l&rsquo;occasion du cinquantenaire de la D&eacute;l&eacute;gation G&eacute;n&eacute;rale du Qu&eacute;bec &agrave; Paris, dont un colloque le 4 octobre suivant. L&rsquo;association des Cartier, en retour, offre un sac aux couleurs du drapeau qu&eacute;b&eacute;cois, contenant entre autres, un drapeau fleurdelis&eacute; et un magnifique &laquo; fl&eacute;ch&eacute; &raquo; r&eacute;alis&eacute; aux couleurs des armoiries des Cartier, armoiries qu&rsquo;arboraient, d&rsquo;ailleurs,&nbsp; fi&egrave;rement sur leurs tee-shirts les descendants dudit Guillaume ! <\/p>\n<p>La fanfare ferme le ban et indique le d&eacute;part vers le Domaine des Galloires. Visite et explications d&eacute;taill&eacute;es par les propri&eacute;taires&hellip; nous sommes en pleine p&eacute;riode de vendanges. L&rsquo;accueil remarquable nous permet de d&eacute;guster divers c&eacute;pages angevins accompagn&eacute;s de toasts tr&egrave;s fins. Mais, il n&rsquo;est point de bonne compagnie qui ne se quitte&hellip; <\/p>\n<p>Toutefois, les huit adh&eacute;rents de Loire-Mauges-Qu&eacute;bec, &agrave; l&rsquo;improviste, furent convi&eacute;s &agrave; se joindre au &laquo; d&icirc;ner &raquo; pr&eacute;vu par les voyageurs &laquo; Cartier &raquo;. Leurs confidences convergeaient : &laquo; c&rsquo;&eacute;tait une r&eacute;ception extraordinaire, merveilleuse, conviviale, mais on ne s&rsquo;attendait vraiment pas &agrave; tout cela &raquo;&hellip;<\/p>\n<p>Un regret : si la douceur angevine c&eacute;l&eacute;br&eacute;e par Du Bellay (Lir&eacute;, sa patrie, est toute proche de Drain) &eacute;tait au rendez-vous, la pluie n&rsquo;a pas permis &agrave; nos voyageurs d&rsquo;Outre-Atlantique d&rsquo;admirer &agrave; sa juste valeur&nbsp; la beaut&eacute; des paysages lig&eacute;riens. Mais ils reviendront peut-&ecirc;tre au pays de Guillaume Cartier ! En effet, l&rsquo;adage ne dit-il pas : &laquo; A Drain, on y est bien, &agrave; Drain on y revient &raquo; !<\/p>\n<p>*Les lecteurs peuvent consulter <a href=\"http:\/\/www.ffsq.qc.ca\/C-D.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">le site de la F&eacute;d&eacute;ration des familles souches du Qu&eacute;bec<\/a> et plus particuli&egrave;rement <a href=\"http:\/\/www.ffsq.qc.ca\/cartier.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">la page de <i>l&rsquo;Association des Cartier d&rsquo;Am&eacute;rique<\/i><\/a>. Ils peuvent &eacute;galement consulter <a href=\"http:\/\/geneanet.org\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">le site de g&eacute;n&eacute;alogie<\/a>.<\/p>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/article>\n\t\t\t\t<article class=\"elementor-post elementor-grid-item post-6302 post type-post status-publish format-standard hentry category-bulletin-n33-decembre-2011\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-post__text\">\n\t\t\t\t<h3 class=\"elementor-post__title\">\n\t\t\t<a href=\"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/fecondite-des-pionniers-en-nouvelle-france-au-xviie-siecle\/\" >\n\t\t\t\tF\u00e9condit\u00e9 des pionniers en Nouvelle-France au XVIIe si\u00e8cle\t\t\t<\/a>\n\t\t<\/h3>\n\t\t<h2 align=\"center\">F&eacute;condit&eacute; des pionniers en Nouvelle-France au XVIIe si&egrave;cle<\/h2>\n<h5>par Monique Pontault<\/h5>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Selon une &eacute;tude qu&eacute;b&eacute;coise, parue le 3 novembre 2011 dans la revue <i>Science<\/i>, c&rsquo;est &agrave; leur arriv&eacute;e que les pionniers ont &eacute;t&eacute; les plus f&eacute;conds. <\/p>\n<p>Cette &eacute;tude rend compte du projet Balsac men&eacute; par l&rsquo;Universit&eacute; du Qu&eacute;bec &agrave; Chicoutimi avec la collaboration de chercheurs de l&rsquo;Universit&eacute; de Montr&eacute;al mais aussi de Berne et de l&rsquo;Institut de bioinformatique en Suisse. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un fichier de population r&eacute;alis&eacute; &agrave; partir des registres paroissiaux de la Nouvelle-France depuis son origine &#8211; soit 3 millions d&rsquo;actes civils concernant 5 millions d&rsquo;individus dont 1,2 millions se trouvent reli&eacute;s g&eacute;n&eacute;alogiquement avec les lign&eacute;es descendantes de plus de 88 000 couples mari&eacute;s &eacute;tablis dans Charlevoix et le Saguenay-Lac-Saint-Jean entre 1686 et 1960. <\/p>\n<p>Une constatation s&rsquo;impose : les arrivantes dans une colonie avaient 15 % d&rsquo;enfants de plus que celles qui y &eacute;taient d&eacute;j&agrave; install&eacute;es. Elles se mariaient un an plus t&ocirc;t et avaient 20 % de plus d&rsquo;enfants mari&eacute;s. Ces femmes ont donc laiss&eacute; une marque sup&eacute;rieure dans l&rsquo;h&eacute;ritage g&eacute;n&eacute;tique des populations actuelles.<\/p>\n<p>Con&ccedil;u en 1972 &agrave; destination des sciences sociales et historiques, le fichier Balsac apporte aujourd&rsquo;hui une contribution inestimable en G&eacute;n&eacute;tique des populations. Gr&acirc;ce &agrave; ses donn&eacute;es nominatives, il permet, &agrave; partir des pionni&egrave;res, de suivre l&rsquo;&eacute;volution biologique et la diffusion des maladies h&eacute;r&eacute;ditaires. L&rsquo;&eacute;tude se poursuit actuellement par pr&eacute;l&egrave;vement d&rsquo;ADN sur leurs descendants.<\/p>\n<p>Source : <i>Le Monde<\/i>, suppl&eacute;ment &laquo; Science et techno &raquo;, 12 nov. 2011.<\/p>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/article>\n\t\t\t\t<article class=\"elementor-post elementor-grid-item post-6303 post type-post status-publish format-standard hentry category-bulletin-n33-decembre-2011\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-post__text\">\n\t\t\t\t<h3 class=\"elementor-post__title\">\n\t\t\t<a href=\"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/des-distinctions-bien-meritees\/\" >\n\t\t\t\tDes distinctions bien m\u00e9rit\u00e9es\t\t\t<\/a>\n\t\t<\/h3>\n\t\t<h2 align=\"center\">Des distinctions bien m&eacute;rit&eacute;es<\/h2>\n<h5>par Gilles Durand<\/h5>\n<p>Quatre personnalit&eacute;s des domaines de l&rsquo;histoire, de la mus&eacute;ologie historique et du patrimoine se sont vues honor&eacute;es au cours des derniers mois :<\/p>\n<ul>\n<li><a href=\"http:\/\/www.prixduquebec.gouv.qc.ca\/recherche\/desclaureat.php?noLaureat=425\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Jean Provencher, Prix du Qu&eacute;bec G&eacute;rard-Morisset en patrimoine 2011, comme historien par excellence de la vie quotidienne dans la vall&eacute;e du Saint-Laurent<\/a>;<\/li>\n<li><a href=\"http:\/\/www.maisonsaint-gabriel.qc.ca\/fr\/index.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Madeleine Juneau, M&eacute;daille de l&rsquo;Assembl&eacute;e nationale du Qu&eacute;bec, comme directrice de la Maison Saint-Gabriel dans laquelle Marguerite Bourgeoys pose un des fondements de la pr&eacute;sence fran&ccedil;aise en terre d&rsquo;Am&eacute;rique<\/a>;<\/li>\n<li><a href=\"http:\/\/www.septentrion.qc.ca\/septentrion\/2011\/07\/un_doctorat_honoris_causa_pour.php\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Denis Vaugeois, Doctorat <i>honoris causa<\/i> de l&rsquo;Universit&eacute; Laval pour sa contribution &agrave; la soci&eacute;t&eacute; qu&eacute;b&eacute;coise qui d&eacute;passe les fronti&egrave;res de l&rsquo;histoire et de l&rsquo;&eacute;dition<\/a>;<\/li>\n<li><a href=\"http:\/\/pacmusee.qc.ca\/fr\/actualites\/la-directrice-generale-de-pointe-a-calliere-francine-lelievre-recoit-un-doctorat-honoris-causa-de-l-uqam\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Francine Leli&egrave;vre, Doctorat <i>honoris causa<\/i> de l&rsquo;Universit&eacute; du Qu&eacute;bec &agrave; Montr&eacute;al, comme fondatrice et directrice g&eacute;n&eacute;rale de Pointe-&agrave;-Calli&egrave;re, Mus&eacute;e d&rsquo;arch&eacute;ologie et d&rsquo;histoire<\/a>.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Quatre sp&eacute;cialistes dans leur domaine qui se d&eacute;marquent par certains traits communs : passion du savoir, souci constant de la perfection dans leur travail quotidien, engagement soutenu &agrave; &eacute;veiller leurs compatriotes &agrave; leurs racines et fiert&eacute; de l&rsquo;h&eacute;ritage identitaire que le Qu&eacute;bec partage avec la France.<\/p>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/article>\n\t\t\t\t<article class=\"elementor-post elementor-grid-item post-6304 post type-post status-publish format-standard hentry category-bulletin-n33-decembre-2011\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-post__text\">\n\t\t\t\t<h3 class=\"elementor-post__title\">\n\t\t\t<a href=\"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/bretagne-et-canada-francais-sous-la-loupe-des-ethnologues\/\" >\n\t\t\t\tBretagne et Canada fran\u00e7ais sous la loupe des ethnologues\t\t\t<\/a>\n\t\t<\/h3>\n\t\t<h2 align=\"center\">Bretagne et Canada fran&ccedil;ais sous la loupe des ethnologues<\/h2>\n<h5>par Jean Simard<br \/>Soci&eacute;t&eacute; qu&eacute;b&eacute;coise d&rsquo;ethnologie<\/h5>\n<p>Des ethnologues de l&rsquo;Universit&eacute; Sainte-Anne &agrave; Pointe-de-l&rsquo;&Eacute;glise (Nouvelle-&Eacute;cosse), de l&rsquo;Universit&eacute; de Bretagne occidentale &agrave; Brest (France), de l&rsquo;Universit&eacute; de Moncton (Nouveau-Brunswick) et de la Soci&eacute;t&eacute; qu&eacute;b&eacute;coise d&rsquo;ethnologie (Qu&eacute;bec) ont organis&eacute; &agrave; Pointe-de-l&rsquo;&Eacute;glise du 19 au 21 octobre, et &agrave; Brest les 17 et 18 novembre 2011, des Journ&eacute;es internationales d&rsquo;&eacute;tude ayant pour th&egrave;me &laquo; L&rsquo;Apport des pr&ecirc;tres et religieux au patrimoine des minorit&eacute;s. Parcours compar&eacute;s Bretagne\/Canada fran&ccedil;ais &raquo;. Le comit&eacute; scientifique de ces r&eacute;unions &eacute;tait compos&eacute; de Jean-Pierre Pichette, Chaire de recherche en oralit&eacute; des francophonies minoritaires (Cofram) de l&rsquo;Universit&eacute; Sainte-Anne, Ronald Labelle, Chaire McCain en ethnologie acadienne (Cremea) de l&rsquo;Universit&eacute; de Moncton, Jean Simard, Soci&eacute;t&eacute; qu&eacute;b&eacute;coise d&rsquo;ethnologie (Sqe), Jean-Fran&ccedil;ois Simon et Fanch Postic, Centre de recherche bretonne et celtique (Crbc) de l&rsquo;Universit&eacute; de Bretagne occidentale. Pr&egrave;s d&rsquo;une trentaine d&rsquo;experts des deux communaut&eacute;s minoritaires ont pr&eacute;sent&eacute; des communications et ont &eacute;chang&eacute; leurs points de vue.<\/p>\n<p>Deux grandes conclusions se sont d&eacute;gag&eacute;es de ces rencontres. Tout d&rsquo;abord que l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t des pr&ecirc;tres et des religieux pour la collecte ethnographique accuse un net d&eacute;calage chronologique entre la Bretagne et le Canada fran&ccedil;ais alors m&ecirc;me que l&rsquo;histoire religieuse des deux communaut&eacute;s montre des parall&eacute;lismes saisissants. Ensuite que les premi&egrave;res collectes ethnographiques n&rsquo;&eacute;taient pas tout &agrave; fait neutres. Elles &eacute;taient des outils d&rsquo;apostolat religieux puis de d&eacute;fense et de promotion de l&rsquo;identit&eacute;. &Agrave; ce chapitre, la Bretagne et le Canada fran&ccedil;ais n&rsquo;accusent gu&egrave;re de diff&eacute;rences. Mais &agrave; mesure que nous avan&ccedil;ons vers le pr&eacute;sent, l&rsquo;esprit scientifique a gagn&eacute; du terrain de telle sorte que ces religieux ont d&eacute;laiss&eacute; peu &agrave; peu le militantisme des premiers temps.<\/p>\n<p>Pourquoi les pr&ecirc;tres et les religieux de Bretagne et du Canada fran&ccedil;ais, qui b&eacute;n&eacute;ficiaient d&rsquo;un statut comparable dans leur communaut&eacute; respective, ne se sont pas int&eacute;ress&eacute;s aux m&ecirc;mes choses aux m&ecirc;mes moments ? Raisons de conjonctures certainement. L&rsquo;&Eacute;glise du Qu&eacute;bec a d&ucirc; se reconstruire au XIX<sup>e<\/sup> si&egrave;cle apr&egrave;s une longue p&eacute;riode de latence qui a suivi le changement d&rsquo;all&eacute;geance coloniale apr&egrave;s 1760 et l&rsquo;&eacute;chec du projet lib&eacute;ral et d&eacute;mocratique du mouvement patriote des ann&eacute;es 1837-1839. Nostalgique de la France monarchique d&rsquo;Ancien R&eacute;gime, elle a vu au tournant du XX<sup>e<\/sup> si&egrave;cle l&rsquo;occasion de renouer avec la vieille m&egrave;re-patrie en accueillant ses h&eacute;ros catholiques et conservateurs venus lui pr&ecirc;ter main forte dans la d&eacute;fense et l&rsquo;illustration de la langue fran&ccedil;aise. C&rsquo;est de cette &eacute;poque que date le concept de &laquo; <i>la langue gardienne de la foi<\/i> &raquo; qui r&eacute;veillera, au Qu&eacute;bec et au Canada fran&ccedil;ais, l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t des clercs pour la chose nationale et les collectes ethnographiques.<\/p>\n<table style=\"margin-right: 10px; margin-bottom: 5px; float: left;\">\n<tbody>\n<tr>\n<td style=\"padding-right: 10px; width: 100px; vertical-align: top;\" align=\"\" valign=\"top\"><img loading=\"lazy\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-content\/uploads\/images\/stories\/bulletin33\/abbe-stanislas-alfred-lortie.jpg\" alt=\"Abb&eacute; Stanislas-Alfred Lortie, vers 1900\" width=\"82\" height=\"107\" title=\"Abb&eacute; Stanislas-Alfred Lortie, vers 1900\" \/><\/p>\n<h6>Abb&eacute; <br \/>Stanislas-Alfred<br \/> Lortie, vers 1900<br \/>Source : <a href=\"http:\/\/commons.wikimedia.org\/w\/index.php?title=Special%3ASearch&amp;search=Stanislas+Alfred+Lortie&amp;button=%3CIMG+alt%3DSearch+src%3D%22%2F%2Fbits.wikimedia.org%2Fskins-1.18%2Fvector%2Fimages%2Fsearch-ltr.png%3F303-4%22%3E\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">wikim&eacute;dia<\/a> <\/h6>\n<\/td>\n<td rowspan=\"1\" style=\"width: 104px; vertical-align: top;\" align=\"\" valign=\"top\"><img loading=\"lazy\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-content\/uploads\/images\/stories\/bulletin33\/adjutor-rivard.jpg\" alt=\"Adjutor Rivard\" width=\"104\" height=\"107\" title=\"Adjutor Rivard\" \/><\/p>\n<h6>Adjutor Rivard<br \/>Source : <a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Soci%C3%A9t%C3%A9_du_parler_fran%C3%A7ais_au_Canada\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Wikip&eacute;dia<\/a><\/h6>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>En 1902, l&rsquo;ann&eacute;e m&ecirc;me o&ugrave; &Eacute;mile Combes, ministre de l&rsquo;Int&eacute;rieur et des Cultes de la IIIe R&eacute;publique, ordonne aux pr&ecirc;tres de Basse-Bretagne d&rsquo;utiliser le fran&ccedil;ais plut&ocirc;t que le breton au cat&eacute;chisme et au pr&ocirc;ne du dimanche, Adjutor Rivard et l&rsquo;abb&eacute; Stanislas Lortie fondent &agrave; Qu&eacute;bec la Soci&eacute;t&eacute; du parler fran&ccedil;ais au Canada dont l&rsquo;une des missions est &laquo; <i>l&#8217;examen des dangers qui menacent le parler fran&ccedil;ais au Canada : influence du milieu, contact habituel et n&eacute;cessaire avec des&nbsp; idiomes &eacute;trangers, d&eacute;formation graduelle du langage populaire laiss&eacute; &agrave; lui-m&ecirc;me, tendances d&eacute;cadentes de la langue dans la litt&eacute;rature, le commerce et l&#8217;industrie modernes, et go&ucirc;t trop prononc&eacute; pour quelques formes vieillies<\/i> &raquo;. Cette attitude d&eacute;fensive n&rsquo;infirme en rien la valeur scientifique de l&rsquo;oeuvre &agrave; laquelle s&rsquo;est associ&eacute; un nombreux clerg&eacute;, comme le d&eacute;montre la r&eacute;putation jamais ternie du <i>Glossaire du parler fran&ccedil;ais au Canada<\/i> que publiait cette Soci&eacute;t&eacute; en 1930. Les efforts de la Soci&eacute;t&eacute; du parler fran&ccedil;ais au Canada sont &agrave; mettre en parall&egrave;le avec ceux de l&rsquo;&Eacute;glise bretonne, qui d&egrave;s le XVI<sup>e<\/sup> si&egrave;cle a voulu cr&eacute;er une langue de culture avec ce qu&rsquo;elle qualifiait de &laquo; mis&eacute;rable patois tout farci de mots fran&ccedil;ais &raquo;.<\/p>\n<p>Les g&eacute;n&eacute;rations qui ont pris la rel&egrave;ve au milieu du XX<sup>e<\/sup> si&egrave;cle ont g&eacute;n&eacute;ralement opt&eacute; pour des entreprises lib&eacute;r&eacute;es de toute intention religieuse ou nationale. Il faut citer &agrave; cet &eacute;gard, pour le Canada fran&ccedil;ais, les travaux d&rsquo;Anselme Chiasson en Acadie (&Icirc;les de la Madeleine et Nouveau-Brunswick) et de Germain Lemieux (nord de l&rsquo;Ontario), mais aussi et surtout les collectes initi&eacute;es par Luc Lacourci&egrave;re et Mgr F&eacute;lix-Antoine Savard des Archives de folklore de l&rsquo;Universit&eacute; Laval, auxquelles ont contribu&eacute; bon nombre de religieux et de religieuses, telles que Marie-Ursule, Catherine Jolicoeur et Denise Rodrigue, qui depuis les ann&eacute;es 1960 y ont pr&eacute;par&eacute; des th&egrave;ses. <br \/>Au total, si les premi&egrave;res collectes ethnographiques des pr&ecirc;tres et religieux des deux communaut&eacute;s ont &eacute;t&eacute; motiv&eacute;es par des intentions apostoliques ou nationalistes, elles n&rsquo;en demeurent pas moins des collectes. Il appartient d&eacute;sormais aux scientifiques de faire leur m&eacute;tier, c&rsquo;est-&agrave;-dire de critiquer leurs sources et de d&eacute;gager ce qui doit &ecirc;tre justement consid&eacute;r&eacute; pour l&rsquo;&eacute;tude compar&eacute;e du patrimoine des minorit&eacute;s de Bretagne, du Canada fran&ccedil;ais et plus particuli&egrave;rement du Qu&eacute;bec. <\/p>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/article>\n\t\t\t\t<article class=\"elementor-post elementor-grid-item post-6305 post type-post status-publish format-standard hentry category-bulletin-n33-decembre-2011\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-post__text\">\n\t\t\t\t<h3 class=\"elementor-post__title\">\n\t\t\t<a href=\"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/3-juillet-1608-et-17-mai-1642-deux-des-journees-qui-ont-fait-le-quebec\/\" >\n\t\t\t\t3 juillet 1608 et 17 mai 1642 : Deux des journ\u00e9es qui ont fait le Qu\u00e9bec\t\t\t<\/a>\n\t\t<\/h3>\n\t\t<h2 align=\"center\">3 juillet 1608 et 17 mai 1642 :<br \/>Deux des journ&eacute;es qui ont fait le Qu&eacute;bec<\/h2>\n<h5>par Gilles Durand<\/h5>\n<p>La Fondation Lionel-Groulx, dont le pr&eacute;sident du conseil d&rsquo;administration est M. Claude B&eacute;land, a initi&eacute; en collaboration avec Biblioth&egrave;que et Archives nationales du Qu&eacute;bec et le canal Vox, une s&eacute;rie de dix conf&eacute;rences sur les journ&eacute;es qui ont eu une influence marquante sur le devenir du Qu&eacute;bec depuis les tout d&eacute;buts de la pr&eacute;sence fran&ccedil;aise en Am&eacute;rique du Nord. Pr&eacute;sent&eacute;es dans l&rsquo;auditorium de la Grande Biblioth&egrave;que de Montr&eacute;al, les conf&eacute;rences s&rsquo;&eacute;chelonnent sur la p&eacute;riode 2011-2013. Deux de celles-ci portant sur le 3 juillet 1608 et le 17 mai 1742, donn&eacute;es respectivement par Jacques Lacoursi&egrave;re et Jean-Claude Germain, ont eu lieu &agrave; date. En quel sens les dates retenues ont-elles marqu&eacute; notre histoire?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>La fondation de Qu&eacute;bec<\/b><\/p>\n<p>Le 3 juillet 1608 donne le signal de d&eacute;part du premier &eacute;tablissement permanent de la France en Am&eacute;rique. L&rsquo;on s&rsquo;accorde aujourd&rsquo;hui pour pr&eacute;senter Champlain comme cofondateur avec Pierre Du Gua de Monts, mais le premier n&rsquo;en conserve pas moins un grand m&eacute;rite, ayant entrevu Qu&eacute;bec comme base permanente pour explorer l&rsquo;int&eacute;rieur du continent et pour chercher un passage pour atteindre la mer de Chine.<\/p>\n<table style=\"margin-left: 10px; margin-bottom: 10px; width: 200px; float: right;\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><img loading=\"lazy\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-content\/uploads\/images\/stories\/bulletin33\/champlain-construction-residence-quebec.jpg\" alt=\"Champlain supervisant la construction de sa r&eacute;sidence, Qu&eacute;bec, 1608\" width=\"200\" height=\"288\" title=\"Champlain supervisant la construction de sa r&eacute;sidence, Qu&eacute;bec, 1608\" \/><\/p>\n<h6>Champlain supervisant la construction<br \/>de sa r&eacute;sidence, Qu&eacute;bec, 1608<\/p>\n<p>Cr&eacute;dit : Biblioth&egrave;que et Archives <br \/>Canada, no d&rsquo;acc 1972-26-760<\/h6>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Champlain est un novateur, n&rsquo;h&eacute;sitant pas &agrave; sortir des sentiers battus. Il rompt avec la tradition s&eacute;culaire de limiter la traite des fourrures aux voyages de p&ecirc;che des Europ&eacute;ens dans le golfe Saint-Laurent. Aussi, les p&ecirc;cheurs basques ne lui pardonnent pas d&rsquo;&eacute;tablir un poste de traite &agrave; l&rsquo;ouest de Tadoussac. Ils fomentent un complot pour le faire assassiner en soudoyant certains de ses hommes, tentative que Champlain sait bien d&eacute;jouer.<\/p>\n<p>Champlain est un fin strat&egrave;ge. D&egrave;s 1603, il s&rsquo;assure, &agrave; Tadoussac, de l&rsquo;appui des Montagnais et d&rsquo;autres tribus pour p&eacute;n&eacute;trer &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur du continent et s&rsquo;&eacute;tablir en amont, collaboration indispensable &eacute;tant donn&eacute;s leurs savoirs de premiers occupants et le petit nombre d&rsquo;immigrants fran&ccedil;ais.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Champlain apprend bien de son exp&eacute;rience pass&eacute;e. La visite de reconnaissance qu&rsquo;il effectue des c&ocirc;tes du Maine, entre sa venue &agrave; Tadoussac en 1603 et la fondation de Qu&eacute;bec en 1608, le convainc de l&rsquo;importance de la r&egrave;gle du donnant-donnant pour les Am&eacute;rindiens. En 1609, il accompagne ses alli&eacute;s de 1603 dans une exp&eacute;dition contre leurs ennemis les Iroquois au lac Champlain.<\/p>\n<p>Champlain fait preuve d&rsquo;audace. Il ne se laisse pas abattre par le premier hiver au cours duquel certains de ses hommes meurent du scorbut, le savoir des Am&eacute;rindiens qui avaient sauv&eacute; une partie de l&rsquo;&eacute;quipage de Cartier s&rsquo;&eacute;tant perdu dans la nuit des temps. Il poursuit l&rsquo;entreprise jusqu&rsquo;&agrave; son d&eacute;c&egrave;s survenu en 1635.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>La fondation de Montr&eacute;al<\/b><\/p>\n<table style=\"margin-right: 10px; margin-bottom: 10px; width: 250px; float: left;\" cellpadding=\"0\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><img loading=\"lazy\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-content\/uploads\/images\/stories\/bulletin33\/fort-ville-marie-montreal-1645.jpg\" alt=\"Fort Ville-Marie, Montr&eacute;al, 1645\" width=\"250\" height=\"194\" title=\"Fort Ville-Marie, Montr&eacute;al, 1645\" \/><\/p>\n<h6>Fort Ville-Marie, Montr&eacute;al, 1645<br \/>Source: <a href=\"http:\/\/commons.wikimedia.org\/wiki\/File:Fort_Montreal_1645.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Wikimedia<\/a><\/h6>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Ville-Marie prend naissance le 17 mai 1642. &Agrave; l&rsquo;inverse de Qu&eacute;bec qui se situe plut&ocirc;t dans le cadre d&rsquo;un projet &agrave; caract&egrave;re &eacute;conomique, la fondation de ce qui deviendra la m&eacute;tropole d&rsquo;aujourd&rsquo;hui est un projet d&eacute;vot, d&eacute;coulant d&rsquo;une utopie. Ses principaux porteurs, la Compagnie du Saint-Sacrement, un organisme &agrave; caract&egrave;re secret, la Soci&eacute;t&eacute; Notre-Dame de Montr&eacute;al concessionnaire de l&rsquo;&icirc;le, Paul Chomedey de Maisonneuve, un militaire de profession gouverneur de l&rsquo;&icirc;le jusqu&rsquo;&agrave; sa disgr&acirc;ce en 1665, de m&ecirc;me que Jeanne Mance, une infirmi&egrave;re c&eacute;libataire la&iuml;que &eacute;prise de libert&eacute;, ont en vue la conversion au catholicisme des populations am&eacute;rindiennes et leur int&eacute;gration dans une nouvelle communaut&eacute; fran&ccedil;aise qui prendra forme sur les bords du Saint-Laurent. Leur r&ecirc;ve ne se r&eacute;alisera malheureusement pas, Ville-Marie ayant une vocation de ville nord-am&eacute;ricaine, destin&eacute;e &agrave; servir de porte d&rsquo;entr&eacute;e pour l&rsquo;exploitation des ressources du continent nord-am&eacute;ricain.<\/p>\n<p>Tout comme Champlain, Maisonneuve et Jeanne Mance font preuve de d&eacute;termination et d&rsquo;audace pour atteindre leur fin. Ils passent outre aux propositions du gouverneur de Qu&eacute;bec, Montmagny, qui tente, en 1641, de les dissuader de se rendre &agrave; Montr&eacute;al. Ils ne reculent pas devant les attaques iroquoises qui font des victimes parmi la petite population naissante de Ville-Marie, traversant l&rsquo;oc&eacute;an lorsque n&eacute;cessaire pour aller chercher de nouvelles recrues afin de combler les pertes. Jeanne Mance, habile administratrice, bras droit de Maisonneuve, met &agrave; profit son entregent pour se rallier le support financier de veuves fortun&eacute;es de la cour de France. Au moment opportun, elle saura utiliser des fonds, bien que destin&eacute;s &agrave; l&rsquo;h&ocirc;pital, pour ramener de France des soldats et des colons.<\/p>\n<p>Malgr&eacute; tout, les bases sont jet&eacute;es, m&ecirc;me si Montr&eacute;al ne se d&eacute;veloppe pas sous l&rsquo;impulsion de ce projet utopique de conversion des &acirc;mes, mais plut&ocirc;t en marge de celui-ci. Le v&eacute;ritable moteur, c&rsquo;est le contact avec les Am&eacute;rindiens, l&rsquo;apprentissage de leur langue et de leur culture, l&rsquo;&eacute;change des fourrures contre des produits import&eacute;s d&rsquo;Europe. Lorsque Louis XIV reprend en main la colonie en 1663, jusque l&agrave; confi&eacute;e &agrave; la Compagnie des Cent Associ&eacute;s et &agrave; la Soci&eacute;t&eacute; de Notre-Dame, et qu&rsquo;est assur&eacute;e la pacification des nations iroquoises par l&rsquo;envoi du r&eacute;giment Carignan-Sali&egrave;res, Ville-Marie peut enfin donner libre cours &agrave; son penchant naturel pour les activit&eacute;s &eacute;conomiques, qui en fait un &eacute;tablissement &laquo; affair&eacute; et affaireux &raquo; comme le dit le conf&eacute;rencier.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>Pour en savoir davantage<\/b><\/p>\n<ul>\n<li>Sur la fondation de Qu&eacute;bec : <a href=\"http:\/\/www.fondationlionelgroulx.org\/1ere-conference-La-fondation-de.html\">Texte de la communication du conf&eacute;rencier<\/a><\/li>\n<li>Sur la fondation de Montr&eacute;al : <a href=\"http:\/\/www.fondationlionelgroulx.org\/2e-conference-La-fondation-de.html\">Texte de la communication du conf&eacute;rencier<\/a><\/li>\n<\/ul>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/article>\n\t\t\t\t<article class=\"elementor-post elementor-grid-item post-6306 post type-post status-publish format-standard hentry category-bulletin-n33-decembre-2011\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-post__text\">\n\t\t\t\t<h3 class=\"elementor-post__title\">\n\t\t\t<a href=\"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/une-magnifique-exposition-au-chateau-ramezay-sur-les-soins-de-sante-en-nouvelle-france\/\" >\n\t\t\t\tUne magnifique exposition au Ch\u00e2teau Ramezay sur les soins de sant\u00e9 en Nouvelle-France\t\t\t<\/a>\n\t\t<\/h3>\n\t\t<h2 align=\"center\">Une magnifique exposition au Ch&acirc;teau Ramezay<br \/>sur les soins de sant&eacute; en Nouvelle-France<\/h2>\n<h5>par Gilles Durand<\/h5>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<table style=\"margin-left: 10px; margin-bottom: 10px; width: 142px; float: right;\" cellpadding=\"0\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-content\/uploads\/images\/stories\/bulletin33\/temps-petite-verole.jpg\" alt=\"Au temps de la petite v&eacute;role\" title=\"Au temps de la petite v&eacute;role\" \/> <\/p>\n<h6>Cr&eacute;dit : Ch&acirc;teau Ramezay &ndash; <br \/>Mus&eacute;e et site historique <br \/>de Montr&eacute;al<\/h6>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Le 15 novembre 2011, le directeur du Ch&acirc;teau Ramezay &ndash; Mus&eacute;e et site historique de Montr&eacute;al, Andr&eacute; J. Delisle, donne le coup d&rsquo;envoi d&rsquo;une exposition sur les soins de sant&eacute; aux 17<sup>e<\/sup> et 18<sup>e<\/sup> si&egrave;cles. Ayant pour titre &laquo; Au temps de la petite v&eacute;role. M&eacute;decins, chirurgiens et apothicaires en Nouvelle-France &raquo;, l&rsquo;exposition se d&eacute;marque par la qualit&eacute; du montage et de la pr&eacute;sentation. Plus de 250 artefacts en montre, emprunt&eacute;s &agrave; diverses institutions mus&eacute;ales, dont les collections du Mus&eacute;e Stewart de l&rsquo;&icirc;le Sainte-H&eacute;l&egrave;ne. Les objets, d&eacute;crits et dat&eacute;s avec pr&eacute;cision, sont regroup&eacute;s selon leur nature ou leur destination par sous-ensemble, chacun &eacute;tant introduit par une mise en contexte soign&eacute;e.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>La formation des professionnels de la sant&eacute; en Nouvelle-France<\/b><\/p>\n<p>Les pionniers fran&ccedil;ais entrent en contact tr&egrave;s t&ocirc;t avec les Am&eacute;rindiens. En 1536, Cartier voit une partie de son &eacute;quipage atteinte du scorbut sauv&eacute;e par les Am&eacute;rindiens. Ceux-ci font appel aux vertus de l&rsquo;arbre de vie ou annedda, appel&eacute; de nos jours le sapin baumier. Malheureusement leurs savoirs se perd dans la nuit des temps. Il faut attendre les d&eacute;couvertes de la pharmacop&eacute;e moderne pour renouer avec l&rsquo;arbre de vie et ses vertus curatives.<\/p>\n<p>En fait les m&eacute;decins, chirurgiens sont form&eacute;s en France. Ils font appel aux savoirs et au savoir-faire europ&eacute;ens pour soigner et gu&eacute;rir les infections et les maladies de m&ecirc;me que pour enrayer les &eacute;pid&eacute;mies. Il en est de m&ecirc;me des apothicaires et des rem&egrave;des qu&rsquo;ils pr&eacute;parent dans la m&egrave;re patrie. Tr&egrave;s peu de m&eacute;dicaments sont &agrave; base de plantes locales.<\/p>\n<p><b>Les professionnels de la sant&eacute; ayant pris racine sur le nouveau continent s&rsquo;organisent<\/b><\/p>\n<p>L&rsquo;exposition traite des 17<sup>e<\/sup> et 18<sup>e<\/sup> si&egrave;cles, mais elle s&rsquo;attache aussi &agrave; les relier aux 19<sup>e<\/sup> et 20<sup>e<\/sup> si&egrave;cles. &Agrave; compter de la seconde moiti&eacute; du 19<sup>e<\/sup> si&egrave;cle, les professionnels de la sant&eacute; se regroupent en fonction de leur sp&eacute;cialit&eacute;. C&rsquo;est ainsi, par exemple, que voient le jour, en 1847, le Coll&egrave;ge des m&eacute;decins et chirurgiens, regroupant &eacute;galement au point de d&eacute;part les praticiens de la pharmacie et de l&rsquo;obst&eacute;trique, en 1869 l&rsquo;Association des chirurgiens dentistes du Qu&eacute;bec, en 1867 la Montreal Chemists Association pour les apothicaires, graduellement appel&eacute;s pharmaciens. Le d&eacute;veloppement des professions et les d&eacute;couvertes scientifiques qui voient r&eacute;guli&egrave;rement le jour, tels l&rsquo;anesth&eacute;sie et les rayons X, sauront profiter aux populations.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>Une exposition &agrave; voir et &agrave; revoir<\/b><\/p>\n<p>L&rsquo;exposition est en montre au 280, rue Notre-Dame Est, Montr&eacute;al, jusqu&rsquo;au 11 novembre 2012. Tous sont invit&eacute;s, grand public comme &eacute;coliers. &Agrave; compter de janvier 2012, une programmation sp&eacute;ciale est pr&eacute;vue : conf&eacute;rence, lectures, animation, etc. Le Mus&eacute;e propose &eacute;galement en vitrine des ouvrages &agrave; se procurer sur le sujet.<\/p>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/article>\n\t\t\t\t<article class=\"elementor-post elementor-grid-item post-6307 post type-post status-publish format-standard hentry category-bulletin-n33-decembre-2011\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-post__text\">\n\t\t\t\t<h3 class=\"elementor-post__title\">\n\t\t\t<a href=\"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/les-rois-de-france-en-nouvelle-france\/\" >\n\t\t\t\tLes rois de France en Nouvelle-France\t\t\t<\/a>\n\t\t<\/h3>\n\t\t<h2 align=\"center\">Les rois de France en Nouvelle-France*<\/h2>\n<p>Du 3 juillet 1608, date de la fondation de Qu&eacute;bec, jusqu&rsquo;au 13&nbsp;septembre 1759, date de la bataille des plaines d&rsquo;Abraham, combien de rois de France ont r&eacute;gn&eacute; sur la Nouvelle-France?<br \/>Y a-t-il des lieux au Qu&eacute;bec qui les rappellent? <\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-content\/uploads\/images\/stories\/bulletin33\/les-rois-france-nouvelle-france.jpg\" alt=\"Les rois de France en Nouvelle-France\" style=\"display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;\" title=\"Les rois de France en Nouvelle-France\" \/><\/p>\n<table border=\"0\" style=\"width: 502px; margin-left: auto; margin-right: auto;\" cellspacing=\"0\" cellpadding=\"0\">\n<tbody>\n<tr>\n<td rowspan=\"1\" style=\"width: 105px; text-align: center;\" align=\"center\">Henri IV<\/td>\n<td rowspan=\"1\" style=\"width: 125px; text-align: center;\" align=\"center\">Louis XIII<\/td>\n<td rowspan=\"1\" style=\"width: 135px; text-align: center;\" align=\"center\">Louis XIV<\/td>\n<td style=\"width: 125px; text-align: center;\" align=\"center\">Louis XV<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td colspan=\"4\">\n<h6>Photos : Wikip&eacute;dia, l&#8217;encyclop&eacute;die libre<\/h6>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Durant ces quelque 150 ans, seuls quatre rois ont r&eacute;gn&eacute; en France et en Nouvelle-France :<\/p>\n<ul>\n<li>Henri IV, roi de 1589 &agrave; 1610, soit durant 22 ans;<\/li>\n<li>Louis XIII, roi de 1610 &agrave; 1643, soit durant 34 ans;&nbsp;<\/li>\n<li>Louis XIV le Grand, roi de 1643 &agrave; 1715, soit durant 73 ans;&nbsp;<\/li>\n<li>Louis XV le Bien-Aim&eacute;, roi de 1715 &agrave; 1774, soit durant 60 ans.<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&Agrave; peine onze noms de lieux rappellent ces quatre rois sous leur nom de r&egrave;gne :<\/p>\n<ul>\n<li>Le souvenir d&rsquo;Henri IV, surnomm&eacute; le Vert-Galant, est &eacute;voqu&eacute;, quel beau hasard, par quatre toponymes dont celui d&rsquo;<b>Autoroute Henri-IV<\/b> qui d&eacute;signe une art&egrave;re importante de Qu&eacute;bec.<br \/><a href=\"http:\/\/www.toponymie.gouv.qc.ca\/CT\/toposweb\/recherche.aspx\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Banque de noms de lieux du Qu&eacute;bec<\/a><\/li>\n<li>&Eacute;tonnamment, aucun nom ne rappelle Louis XIII, connu aussi comme Louis le Juste.<\/li>\n<li>Cinq noms &eacute;voquent la m&eacute;moire de Louis XIV, le Roi-Soleil.<br \/><a href=\"http:\/\/www.toponymie.gouv.qc.ca\/CT\/toposweb\/recherche.aspx\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Banque de noms de lieux du Qu&eacute;bec<\/a><\/li>\n<li>Enfin, on trouve deux voies de communication d&eacute;sign&eacute;es sous l&rsquo;appellation Rue Louis-XV.<br \/><a href=\"http:\/\/www.toponymie.gouv.qc.ca\/CT\/toposweb\/recherche.aspx\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Banque de noms de lieux du Qu&eacute;bec<\/a><\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ll est &agrave; noter qu&rsquo;&agrave; Qu&eacute;bec, on trouve un buste de Louis XIV, sur la place Royale depuis 1686<\/p>\n<p>Source&nbsp;: Commission de toponymie du Qu&eacute;bec, 2007-09-13<\/p>\n<p>*Nous remercions M. Claude Jean,.Soldat Sanspareil, 2e Bataillon du R&eacute;giment de La Sarre sanspareil@regimentdelasarre.org, de nous avoir signal&eacute; pour le b&eacute;n&eacute;fice de nos lecteurs l&rsquo;information ci-dessus diffus&eacute;e par la Commission de toponymie du Qu&eacute;bec.<\/p>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/article>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\n\t\t\t\t<div class=\"e-load-more-anchor\" data-page=\"1\" data-max-page=\"3\" data-next-page=\"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/8372\/page\/2\/\"><\/div>\n\t\t\t\t<nav class=\"elementor-pagination\" aria-label=\"Pagination\">\n\t\t\t<span aria-current=\"page\" class=\"page-numbers current\"><span class=\"elementor-screen-only\">Page<\/span>1<\/span>\n<a class=\"page-numbers\" href=\"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/8372\/page\/2\/\"><span class=\"elementor-screen-only\">Page<\/span>2<\/a>\n<a class=\"page-numbers\" href=\"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/8372\/page\/3\/\"><span class=\"elementor-screen-only\">Page<\/span>3<\/a>\t\t<\/nav>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Page (post) title HomePage (post) title<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":5120,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"footnotes":""},"class_list":["post-8372","page","type-page","status-publish","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/8372","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=8372"}],"version-history":[{"count":7,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/8372\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":10780,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/8372\/revisions\/10780"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/5120"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=8372"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}