{"id":5879,"date":"2008-12-15T23:41:45","date_gmt":"2008-12-16T04:41:45","guid":{"rendered":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/pour-revivre-laventure-des-sulpiciens-durant-trois-siecles-et-demi\/"},"modified":"2024-05-14T17:05:57","modified_gmt":"2024-05-14T21:05:57","slug":"pour-revivre-laventure-des-sulpiciens-durant-trois-siecles-et-demi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/pour-revivre-laventure-des-sulpiciens-durant-trois-siecles-et-demi\/","title":{"rendered":"Pour revivre l\u2019aventure des Sulpiciens durant trois si\u00e8cles et demi"},"content":{"rendered":"<h2 align=\"center\">Pour revivre l&rsquo;aventure des Sulpiciens <br \/>durant trois si&egrave;cles et demi<\/h2>\n<p>Les Sulpiciens de Montr&eacute;al, une des trois provinces de la Compagnie de Saint-Sulpice dont la maison m&egrave;re est en France, f&ecirc;tent, en 2007, leur 350<sup>e<\/sup> anniversaire d&rsquo;arriv&eacute;e. Conscients de l&rsquo;importance de leur contribution au d&eacute;veloppement de Montr&eacute;al et de la richesse du patrimoine qu&rsquo;ils ont accumul&eacute; et pr&eacute;serv&eacute;, ils ont voulu c&eacute;l&eacute;brer leur arriv&eacute;e en 1657 de deux mani&egrave;res : par des activit&eacute;s sp&eacute;ciales qui se d&eacute;rouleront tout au long de l&rsquo;ann&eacute;e de m&ecirc;me que par une publication de prestige command&eacute;e &agrave; trois historiens.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<table border=\"0\" style=\"margin-right: 10px; margin-bottom: 10px; width: 142px; float: left;\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-content\/uploads\/images\/stories\/bulletin21\/sulpiciens1.jpg\" alt=\"Les sulspciciens de Montr&eacute;al\" title=\"Les sulspciciens de Montr&eacute;al\" border=\"0\" \/><\/p>\n<h6>Cr&eacute;dit photo :<a href=\"http:\/\/www.fides.qc.ca\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Les &Eacute;ditions Fides<\/a><\/h6>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>L&rsquo;ouvrage, intitul&eacute; <em>Les Sulpiciens de Montr&eacute;al. Une histoire de pouvoir et de discr&eacute;tion 1657-2007<\/em>, est paru aux &Eacute;ditions Fides en f&eacute;vrier 2007. Elle comprend 670 pages r&eacute;parties en vingt-et-un chapitres, pr&eacute;par&eacute;s sous la direction de Dominique Deslandres, John A. Dickinson et Ollivier Hubert avec la collaboration d&rsquo;historiens bien au fait de l&rsquo;histoire de la communaut&eacute; et de la soci&eacute;t&eacute; montr&eacute;alaise au sein de laquelle elle a &oelig;uvr&eacute;. Une iconographie abondante, choisie judicieusement sous les soins de Jacques Des Rochers, accompagne le r&eacute;cit dont plus de la moiti&eacute; des chapitres (11) apparaissent sous la plume des trois directeurs.<\/p>\n<p>L&rsquo;ouvrage fait revivre l&rsquo;aventure en sol qu&eacute;b&eacute;cois des membres de la Province canadienne de la Compagnie de Saint-Sulpice. Tous les aspects de l&rsquo;histoire de la Compagnie sont abord&eacute;s, des volets plus sp&eacute;cifiques de ses activit&eacute;s faisant suite &agrave; la pr&eacute;sentation de vues d&rsquo;ensemble.<\/p>\n<p><strong>La communaut&eacute;, ses membres, les grands moments de son aventure<\/strong><\/p>\n<p>L&rsquo;ouvrage fait d&rsquo;abord revivre les grands moments qui ont marqu&eacute; l&rsquo;histoire de la Compagnie et qui, &agrave; l&rsquo;occasion, ont constitu&eacute; des tournants dans ses activit&eacute;s missionnaires, pastorales et &eacute;ducatives. Il pr&eacute;sente la communaut&eacute; en regard de la mission trac&eacute;e par son fondateur, Jean-Jacques Olier, de sa structure et de la nature du lien &mdash; associatif &mdash; qui soude les membres entre eux dans leur r&eacute;sidence plus que tricentenaire, le <strong>S&eacute;minaire de Saint-Sulpice<\/strong> du 116, rue Notre-Dame Ouest. La publication renferme aussi une biographie collective de la communaut&eacute; permettant de valider les grandes conclusions &mdash; secteurs dans lesquels les Sulpiciens ont concentr&eacute; leurs activit&eacute;s &agrave; travers le temps &mdash; qui se d&eacute;gagent au terme des &eacute;tudes r&eacute;alis&eacute;es par les auteurs. Cette biographie prend appui sur une base de donn&eacute;es prosopographique rejoignant les 650 associ&eacute;s de la Province canadienne depuis 1657 jusqu&rsquo;&agrave; aujourd&rsquo;hui; en regard de chacun, la base donne le nom et le pr&eacute;nom, l&rsquo;ann&eacute;e et le dioc&egrave;se de naissance, l&rsquo;ann&eacute;e d&rsquo;ordination et de sortie de naissance. Par la suite, des chapitres prennent la rel&egrave;ve pour pr&eacute;senter le r&eacute;sultat d&rsquo;analyses plus en profondeur de certaines activit&eacute;s des Sulpiciens qui ont mobilis&eacute; leur &eacute;nergie et qui ont constitu&eacute; la raison d&rsquo;&ecirc;tre de leur pr&eacute;sence en sol qu&eacute;b&eacute;cois.<\/p>\n<p><strong>Les Sulpiciens comme seigneurs et propri&eacute;taires<\/strong><\/p>\n<p>Comme c&rsquo;est la coutume au 17<sup>e<\/sup> si&egrave;cle de soulager le tr&eacute;sor royal des d&eacute;penses reli&eacute;es au support des colonies, les principaux acteurs qui y oeuvrent sont dot&eacute;s. De fa&ccedil;on &agrave; ce qu&rsquo;ils puissent subvenir &agrave; leur subsistance et fournir &agrave; la collectivit&eacute; qu&eacute;b&eacute;coise des services de base, tels des places fortifi&eacute;es de refuge et de d&eacute;fense et des moulins pour moudre le grain, les Sulpiciens re&ccedil;oivent, en 1663, les seigneuries de l&rsquo;&icirc;le de Montr&eacute;al et de Saint-Sulpice &mdash; la Soci&eacute;t&eacute; de Notre-Dame se d&eacute;met en leur faveur &mdash;, et, en 1717, celle du Lac des Deux-Montagnes, concession royale suivie d&rsquo;une augmentation en 1733. Le S&eacute;minaire de Saint-Sulpice sert alors de r&eacute;sidence aux membres de la communaut&eacute; et de manoir seigneurial, o&ugrave; sont achemin&eacute;s les revenus provenant des droits pay&eacute;s par les censitaires et des domaines que le S&eacute;minaire poss&egrave;de pour son propre usage.<\/p>\n<p>La vie suit ainsi son cours jusqu&rsquo;en 1840. Une loi pass&eacute;e en cette ann&eacute;e abolit le syst&egrave;me de tenure auquel est assujettie la Compagnie de Saint-Sulpice &mdash; l&rsquo;abolition g&eacute;n&eacute;rale du syst&egrave;me seigneurial pour l&rsquo;ensemble du Qu&eacute;bec aura lieu 14 ans plus tard, en 1854 &mdash;. La maison de Montr&eacute;al acquiert la personnalit&eacute; juridique requise pour ne plus avoir &agrave; se r&eacute;f&eacute;rer &agrave; la maison m&egrave;re fran&ccedil;aise. D&eacute;sormais, elle poss&egrave;de en toute propri&eacute;t&eacute; les biens qu&rsquo;elle s&rsquo;est r&eacute;serv&eacute;s en propre pour se ravitailler, qu&rsquo;elle a d&eacute;frich&eacute;s, am&eacute;nag&eacute;s et sur lesquels elle a construit, dans le Vieux-Montr&eacute;al, au domaine de la Montagne et &agrave; celui du Sault-au-R&eacute;collet. Les biens immobiliers de la Compagnie s&rsquo;av&eacute;reront, tout au long de ces trois si&egrave;cles et demi, des sources de revenus indispensables pour supporter les nombreuses initiatives qu&rsquo;elle prend, pour pallier des conjonctures adverses et, en d&eacute;finitive, pour &eacute;chapper &agrave; la faillite en raison de placements &agrave; perte faits par un de ses employ&eacute;s au d&eacute;but du 20<sup>e<\/sup> si&egrave;cle.<\/p>\n<p><strong>Les Sulpiciens comme missionnaires<\/strong><\/p>\n<p>L&rsquo;&eacute;vang&eacute;lisation des autochtones fait partie de la mission confi&eacute;e aux Sulpiciens par leur fondateur parisien, Jean-Jacques Olier. Pour la r&eacute;aliser, ils adoptent l&rsquo;approche de la francisation, la vie en r&eacute;serve. L&rsquo;&eacute;nergie d&eacute;ploy&eacute;e par les Sulpiciens pour la relocaliser, du domaine de la Montagne au Sault-au-R&eacute;collet, puis, de nouveau en 1721, au Lac des Deux-Montagnes, ne suffit pas &agrave; leur assurer le succ&egrave;s. Au 19<sup>e<\/sup> si&egrave;cle, les Iroquois de la mission d&rsquo;Oka revendiquent un droit de coupe de bois &mdash; pour la vente et non pour leur seul usage personnel &mdash; sur le domaine de la communaut&eacute; de m&ecirc;me que la propri&eacute;t&eacute; de leurs terres. Les Sulpiciens tentent de multiplier au milieu d&rsquo;eux les &eacute;tablissements fran&ccedil;ais et canadiens. Les Trappistes r&eacute;pondent positivement en achetant, en 1881, 1000 acres de terre pour y &eacute;tablir un institut agricole et une ferme mod&egrave;le dont la r&eacute;putation du fromage n&rsquo;est plus &agrave; faire. Par contre, ils ne peuvent r&eacute;gler d&eacute;finitivement la question des revendications des Iroquois, m&ecirc;me en achetant un canton ontarien, Gibson, et en supportant le d&eacute;part et l&rsquo;&eacute;tablissement sur celui-ci des m&eacute;contents &mdash; plusieurs familles ont apostasi&eacute; &mdash;. Dans les ann&eacute;es 1930, voyant qu&rsquo;ils n&rsquo;ont plus leur raison d&rsquo;&ecirc;tre dans une mission qui a abandonn&eacute; en grand nombre le catholicisme, les Sulpiciens acc&eacute;l&egrave;rent la vente des propri&eacute;t&eacute;s qu&rsquo;ils poss&egrave;dent, non sans laisser dans la paroisse un h&eacute;ritage d&rsquo;inspiration fran&ccedil;aise. Le <strong>presbyt&egrave;re d&rsquo;Oka (Deux-Montagnes)<\/strong> du 181, rue des Anges, reb&acirc;ti apr&egrave;s l&rsquo;incendie de 1923, est aujourd&rsquo;hui d&eacute;clar&eacute; site du patrimoine par la municipalit&eacute;. Dor&eacute;navant, les Sulpiciens se tournent du c&ocirc;t&eacute; du Japon et de l&rsquo;Am&eacute;rique latine pour exercer leur apostolat missionnaire; l&agrave;, ils connaissent le succ&egrave;s.<\/p>\n<p><strong>Les Sulpiciens comme cur&eacute;s de paroisse<\/strong><\/p>\n<p>S&rsquo;il est une fonction dans l&rsquo;exercice de laquelle les Sulpiciens se d&eacute;marquent, c&rsquo;est celle de pasteurs de la grande paroisse de Notre-Dame, &agrave; l&rsquo;image de la grande paroisse de Notre-Dame de Paris. Pour la desservir, ils proc&egrave;dent &agrave; la construction de ce qui est aujourd&rsquo;hui deux basiliques, empruntant toutes deux &agrave; l&rsquo;architecture fran&ccedil;aise. La premi&egrave;re, l&rsquo;<strong>&eacute;glise Notre-Dame<\/strong>, par sa localisation en plein centre-ville et par ses dimensions imposantes, marque avec force le fait catholique et fran&ccedil;ais. Elle explique la localisation de la cath&eacute;drale, d&eacute;nomm&eacute;e aujourd&rsquo;hui basilique-cath&eacute;drale Marie-Reine-du-Monde et Saint-Jacques-le-Majeur, en p&eacute;riph&eacute;rie de la vieille ville, d&rsquo;abord &agrave; l&rsquo;angle des rues Sainte-Catherine et Saint-Denis, par la suite &agrave; l&rsquo;angle du boulevard Ren&eacute;-L&eacute;vesque et de la rue de la Cath&eacute;drale. La deuxi&egrave;me basilique, l&rsquo;<strong>&eacute;glise Saint-Patrick<\/strong>, au service de la communaut&eacute; irlandaise de langue anglaise, affirme haut la pr&eacute;sence catholique dans cette partie de la ville occup&eacute;e par les protestants. Les Sulpiciens laissent &eacute;galement en h&eacute;ritage des chapelles facilitant la desserte du grand territoire qui est le leur, la <strong>Chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours<\/strong> du 400, rue Saint-Paul Est, incendi&eacute;e et relev&eacute;e en 1771, de m&ecirc;me que t&eacute;moignant de l&rsquo;importance accord&eacute;e au culte &agrave; Marie, la <strong>Chapelle Notre-Dame-de-Lourdes<\/strong>, du 430, rue Sainte-Catherine Est, inaugur&eacute;e en 1876, &oelig;uvre de grande qualit&eacute; architecturale et artistique &mdash; la toponymie de Montr&eacute;al porte abondamment la marque de la d&eacute;votion de la communaut&eacute; &agrave; Marie &mdash;.<\/p>\n<p>Tout &agrave; c&ocirc;t&eacute; de l&rsquo;&eacute;glise paroissiale, monumentale, le <strong>S&eacute;minaire de Saint-Sulpice<\/strong> &mdash; qu&rsquo;il ne faut pas confondre avec le petit s&eacute;minaire ou Coll&egrave;ge de Montr&eacute;al &mdash;, r&eacute;sidence plus que tricentenaire des Sulpiciens, domine la vieille ville. Il t&eacute;moigne &agrave; la fois de leur mission de pasteur, de leur conformit&eacute; &agrave; l&rsquo;une de leur r&egrave;gle, la vie en communaut&eacute;, et de leur fid&eacute;lit&eacute; au mod&egrave;le fran&ccedil;ais : la grande paroisse, desservie &agrave; partir d&rsquo;un point unique n&rsquo;obligeant pas les pasteurs &agrave; s&rsquo;isoler des membres de la communaut&eacute; pour accomplir leurs charges. Avec la croissance de la population, les Sulpiciens doivent se r&eacute;signer &agrave; la subdivision de leur paroisse par l&rsquo;&eacute;v&ecirc;que de Montr&eacute;al. D&eacute;sireux d&rsquo;en arriver &agrave; des unit&eacute;s plus pr&egrave;s d&rsquo;une population qui s&rsquo;&eacute;tend continuellement dans l&rsquo;espace, Mgr Ignace Bourget entreprend, &agrave; compter de 1865, la cr&eacute;ation de nouvelles paroisses &agrave; m&ecirc;me le territoire de la paroisse initiale de Notre-Dame. Progressivement, compte tenu de leurs effectifs, les Sulpiciens doivent se retirer de certaines cures. Ils orientent alors leurs effectifs, affect&eacute;s aux charges presbyt&eacute;rales, vers un meilleur encadrement des ouailles, par la pr&eacute;dication et par une pr&eacute;sence soutenue dans les confr&eacute;ries de d&eacute;votion qui se multiplient, telles par exemple les confr&eacute;ries de la Sainte-Famille, du Scapulaire, du Rosaire.<\/p>\n<p><strong>Les Sulpiciens comme &eacute;ducateurs et formateurs<\/strong><\/p>\n<p>Si les Sulpiciens sont des pasteurs et des missionnaires, ils sont d&rsquo;abord et avant tout des &eacute;ducateurs, des formateurs de la jeunesse et du clerg&eacute; dioc&eacute;sain.<\/p>\n<p>Une jeune colonie comme la Nouvelle-France ne n&eacute;cessite pas &agrave; ses d&eacute;buts des institutions d&rsquo;enseignement pouss&eacute;. Les Sulpiciens investissent d&rsquo;abord le secteur de l&rsquo;enseignement &eacute;l&eacute;mentaire. Ils financent et dirigent de petites &eacute;coles, mais ne s&rsquo;impliquent pas dans la t&acirc;che d&rsquo;enseignement proprement dite. Ils en confient la responsabilit&eacute; de pr&eacute;f&eacute;rence aux membres de communaut&eacute;s religieuses ou, &agrave; d&eacute;faut, &agrave; des &eacute;tudiants en th&eacute;ologie ou &agrave; des instituteurs et des institutrices la&iuml;ques. L&rsquo;engagement des Sulpiciens dans la formation &eacute;l&eacute;mentaire va d&eacute;croissant &agrave; la fin du 19<sup>e<\/sup> si&egrave;cle. &Agrave; compter de 1906, il n&rsquo;y a plus de Sulpicien agissant comme commissaire d&rsquo;&eacute;cole; les derni&egrave;res &eacute;coles &agrave; &ecirc;tre financ&eacute;es par la communaut&eacute; sont l&rsquo;&eacute;cole Saint-Jacques, jusqu&rsquo;en 1920, et l&rsquo;&eacute;cole Saint-Laurent, jusqu&rsquo;en 1930. Le secteur public a bien en main la rel&egrave;ve et il &eacute;paule le priv&eacute;.<\/p>\n<p>La fin du 18<sup>e<\/sup> si&egrave;cle et le tournant du 19<sup>e<\/sup> si&egrave;cle am&egrave;nent le besoin d&rsquo;une formation plus pouss&eacute;e. Les Sulpiciens reconnaissent le bien-fond&eacute; des disciplines profanes. Ils financent le Coll&egrave;ge Saint-Rapha&euml;l (1774-1803), par la suite le petit s&eacute;minaire du faubourg des R&eacute;collets (&agrave; compter de1806) qui emm&eacute;nage au domaine de la Montagne en 1862 &mdash; aux c&ocirc;t&eacute;s du Grand S&eacute;minaire d&eacute;j&agrave; pr&eacute;sent depuis 1857 &mdash;, pour devenir le c&eacute;l&egrave;bre <strong>Coll&egrave;ge de Montr&eacute;al<\/strong> du 1931, rue Sherbrooke Ouest.<\/p>\n<p>D&eacute;j&agrave;, en 1840, le contexte n&rsquo;est plus le m&ecirc;me. Mgr Bourget confie, cette ann&eacute;e-l&agrave;, la formation du clerg&eacute; dioc&eacute;sain aux Sulpiciens. Ceux-ci am&eacute;nagent d&rsquo;abord le <strong>Grand S&eacute;minaire de Montr&eacute;al<\/strong> dans des locaux du petit s&eacute;minaire &mdash; qui devient le Coll&egrave;ge de Montr&eacute;al &mdash; et entreprennent la construction d&rsquo;un b&acirc;timent au domaine de la Montagne, au 2065, rue Sherbrooke Ouest, qui ouvre ses portes en 1857. Avec le temps, ils mettent davantage l&rsquo;accent sur la formation sacerdotale. Le Coll&egrave;ge de Montr&eacute;al perd les deux derni&egrave;res ann&eacute;es du cours classique, les plus prestigieuses comme certains disent &agrave; l&rsquo;&eacute;poque, au profit du <strong>S&eacute;minaire de philosophie<\/strong>, une institution pr&eacute;paratoire au Grand S&eacute;minaire, qui ouvre ses portes en 1876, au domaine de la Montagne, plus pr&eacute;cis&eacute;ment au 3880, chemin de la C&ocirc;te-des-Neiges. De 1911 &agrave; 1927, une &eacute;cole ayant comme principale mission de pr&eacute;parer au S&eacute;minaire de philosophie, est aussi en op&eacute;ration au domaine de la Montagne, l&rsquo;&Eacute;cole Saint-Jean-l&rsquo;&Eacute;vang&eacute;liste.<\/p>\n<p>Le 20<sup>e<\/sup> si&egrave;cle marque le retour du balancier. Les Sulpiciens se tournent davantage vers les &eacute;tudiants qui se destinent &agrave; des professions autres que la carri&egrave;re sacerdotale. En 1927, ils cr&eacute;ent le premier externat classique, le <strong>Coll&egrave;ge Andr&eacute;-Grasset<\/strong>, dans la partie sud-est de leur domaine du Sault-au-R&eacute;collet, au 1001, boulevard Cr&eacute;mazie Est. En 1951, ils implantent un autre externat classique &agrave; Verdun, en milieu populaire, le <strong>Coll&egrave;ge Jean-Jacques-Olier<\/strong>, institution constituant une sorte d&rsquo;annexe du Coll&egrave;ge de Montr&eacute;al. Du c&ocirc;t&eacute; de l&rsquo;enseignement universitaire, les Sulpiciens ne sont pas en reste. Ils contribuent par leurs ressources financi&egrave;res et leurs membres au d&eacute;veloppement de l&rsquo;Universit&eacute; de Montr&eacute;al &mdash; Mgr Olivier Maurault sera recteur de l&rsquo;Universit&eacute; de Montr&eacute;al &mdash;.<\/p>\n<p>La r&eacute;volution tranquille et ses cons&eacute;quences, la s&eacute;cularisation de l&rsquo;enseignement, l&rsquo;intervention du secteur public et la d&eacute;saffection des &eacute;tudiants pour la carri&egrave;re sacerdotale, am&egrave;nent les Sulpiciens &agrave; r&eacute;orienter leur action. Ils se retirent du Coll&egrave;ge Jean-Jacques-Olier de Verdun en 1965. Dans les ann&eacute;es 1990, ils confient les coll&egrave;ges de Montr&eacute;al et Andr&eacute;-Grasset &agrave; des corporations priv&eacute;es autonomes. Le S&eacute;minaire de philosophie est aujourd&rsquo;hui rattach&eacute; au Coll&egrave;ge Marianopolis. Par l&agrave;, les Sulpiciens peuvent mieux recentrer leur action au Grand S&eacute;minaire, sur la mission premi&egrave;re qui leur avait &eacute;t&eacute; confi&eacute;e par leur fondateur, la formation du clerg&eacute; &mdash; la communaut&eacute; des Sulpiciens n&rsquo;accepte que des pr&ecirc;tres d&eacute;j&agrave; ordonn&eacute;s qui doivent franchir l&rsquo;&eacute;tape de la &laquo; solitude &raquo; avant de devenir pleinement associ&eacute;s &mdash; dont une partie importante des aspirants provient de leur mission au Japon et en Am&eacute;rique latine.<\/p>\n<p><strong>Les Sulpiciens sont-ils des &laquo; travailleurs sociaux &raquo;?<\/strong><\/p>\n<p>Les Sulpiciens ne sont pas une communaut&eacute; ayant l&rsquo;assistance sociale comme objectif prioritaire. Nulle surprise que le <a href=\"http:\/\/www.sulpc.org\/memoire_ccprq_pss_300805.php\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">m&eacute;moire<\/a> pr&eacute;sent&eacute; &agrave; la Commission de la culture, en 2005, ne mentionne aucune propri&eacute;t&eacute;, affect&eacute;e aux &oelig;uvres caritatives, comme ayant une tr&egrave;s grande valeur en mati&egrave;re de patrimoine culturel.<\/p>\n<p>Les Sulpiciens n&rsquo;en jouent pas moins un r&ocirc;le important &agrave; Montr&eacute;al dans le secours aux plus d&eacute;munis, en particulier dans la seconde moiti&eacute; du 19<sup>e<\/sup> si&egrave;cle. Ils interviennent comme corps de diff&eacute;rentes mani&egrave;res : par des aum&ocirc;nes destin&eacute;es au remboursement des fournisseurs de nourriture et de bois de chauffage aux pauvres; par des souscriptions et un support &mdash; cession de terrain, location de maisons &agrave; des taux avantageux, prise en charge de la client&egrave;le h&eacute;berg&eacute;e &mdash; aux institutions d&rsquo;assistance. Face &agrave; celles-ci, ils r&eacute;servent leurs ressources plus particuli&egrave;rement aux S&oelig;urs grises de l&rsquo;H&ocirc;pital g&eacute;n&eacute;ral. Ils s&rsquo;impliquent &eacute;galement pour faciliter l&rsquo;implantation de communaut&eacute;s, dont les Fr&egrave;res de Saint-Gabriel, une communaut&eacute; qui se consacre &agrave; la formation des orphelins. Les Sulpiciens interviennent aussi dans la prolongation de leur charge de pasteur paroissial et comme individu, pour mettre leur fortune personnelle au soulagement de la mis&egrave;re.<\/p>\n<p><strong>Les Sulpiciens comme animateurs culturels<\/strong><\/p>\n<p>Les Sulpiciens jouent un r&ocirc;le majeur aupr&egrave;s du grand public montr&eacute;alais pour d&eacute;velopper le go&ucirc;t pour les arts d&rsquo;inspiration fran&ccedil;aise : musique, chant, beaux-arts et architecture. Leur contribution s&rsquo;effectue par l&rsquo;importation d&rsquo;&oelig;uvres artistiques, par des commandes &agrave; des artistes fran&ccedil;ais de m&ecirc;me que par une incitation d&rsquo;artistes qu&eacute;b&eacute;cois &agrave; leur service &agrave; poursuivre leur formation aupr&egrave;s de ma&icirc;tres fran&ccedil;ais.<\/p>\n<p>Les Sulpiciens sont aussi hommes de lettres, sachant int&eacute;resser les Montr&eacute;alais &agrave; leur histoire et, d&rsquo;une fa&ccedil;on plus g&eacute;n&eacute;rale, &agrave; la bonne lecture. Charg&eacute; de la visite des maisons sulpiciennes en Am&eacute;rique pour le compte du Sup&eacute;rieur g&eacute;n&eacute;ral, &Eacute;tienne-Michel Faillon laisse en h&eacute;ritage une production historique &eacute;tonnante : des biographies des religieuses fondatrices d&rsquo;institutions montr&eacute;alaises, une histoire g&eacute;n&eacute;rale de la Nouvelle-France jusqu&rsquo;en 1675, en trois volumes, plusieurs recueils de documents permettant de compl&eacute;ter son &oelig;uvre. Par ses &eacute;crits, Olivier Maurault, directeur du Coll&egrave;ge Andr&eacute;-Grasset et aussi recteur de l&rsquo;Universit&eacute; de Montr&eacute;al, redonne aussi vie au souvenir de sa communaut&eacute;.<\/p>\n<p>Enfin, les Sulpiciens contribuent &agrave; propager le go&ucirc;t de la lecture parmi le grand public et &agrave; l&rsquo;orienter. Sur ce point, ils se d&eacute;marquent tout particuli&egrave;rement en mettant sur pied la premi&egrave;re grande biblioth&egrave;que francophone. Leur contribution financi&egrave;re, leurs biblioth&egrave;ques personnelles, des dons de particuliers donnent naissance &agrave; une collection qui passe du Cabinet de lecture paroissial, localis&eacute; en face du S&eacute;minaire de Saint-Sulpice en 1857, &agrave; la <strong>Biblioth&egrave;que Saint-Sulpice<\/strong> du 1700, rue Saint-Denis, qui ouvre ses portes en 1915 &mdash; acquise en 2005 par l&rsquo;Universit&eacute; du Qu&eacute;bec &agrave; Montr&eacute;al &mdash;. &Agrave; la suite des difficult&eacute;s financi&egrave;res rencontr&eacute;es par les Sulpiciens, l&rsquo;&eacute;difice et ses collections sont achet&eacute;s par le gouvernement du Qu&eacute;bec en 1941. Les bases sont d&eacute;sormais jet&eacute;es pour la cr&eacute;ation de la Biblioth&egrave;que nationale du Qu&eacute;bec, aujourd&rsquo;hui Biblioth&egrave;que et Archives nationales du Qu&eacute;bec.<\/p>\n<p><strong>La m&eacute;moire des Sulpiciens<\/strong><\/p>\n<p>La pr&eacute;sente publication est tout &agrave; l&rsquo;honneur des directeurs et de ceux qui y ont collabor&eacute;. Elle contribue &agrave; redonner vie au patrimoine immobilier de Montr&eacute;al. Une lecture attentive permettra s&ucirc;rement au visiteur qui d&eacute;ambule le dimanche apr&egrave;s-midi de red&eacute;couvrir une face cach&eacute;e de certains b&acirc;timents devant lesquels il a coutume de passer. Pour les activit&eacute;s moins visibles de la communaut&eacute;, comme la pr&eacute;dication ou sa pr&eacute;sence aupr&egrave;s des congr&eacute;gations religieuses, les archives que les Sulpiciens pr&eacute;servent soigneusement, en conservent la trace et ne demandent qu&rsquo;&agrave; &ecirc;tre consult&eacute;s. Abondamment cit&eacute;es par les auteurs de l&rsquo;ouvrage, elles cr&eacute;ent un nouvel int&eacute;r&ecirc;t pour les archives paroissiales dans leur ensemble, dont il existe maintenant au Qu&eacute;bec des inventaires pour certains dioc&egrave;ses.<\/p>\n<p>Gilles Durand<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pour revivre l&rsquo;aventure des Sulpiciens durant trois si&egrave;cles et demi Les Sulpiciens de Montr&eacute;al, une des trois provinces de la Compagnie de Saint-Sulpice dont la maison m&egrave;re est en France, f&ecirc;tent, en 2007, leur 350e&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[34],"tags":[],"class_list":["post-5879","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-bulletin-n21-juin-2007"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5879","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5879"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5879\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6669,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5879\/revisions\/6669"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5879"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5879"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5879"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}