{"id":6005,"date":"2008-07-08T01:18:39","date_gmt":"2008-07-08T05:18:39","guid":{"rendered":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/chiens-amerindiens-chiens-francais-histoire-dune-rencontre\/"},"modified":"2024-05-14T17:06:09","modified_gmt":"2024-05-14T21:06:09","slug":"chiens-amerindiens-chiens-francais-histoire-dune-rencontre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/chiens-amerindiens-chiens-francais-histoire-dune-rencontre\/","title":{"rendered":"Chiens am\u00e9rindiens, chiens fran\u00e7ais : histoire d&#8217;une rencontre*."},"content":{"rendered":"<h2 align=\"center\">France-Nouvelle-France, la pharmacie civile <br \/>et urbaine au XVIII&egrave;me si&egrave;cle.<br \/>Quelques donn&eacute;es<\/h2>\n<div align=\"right\">\n<h5>&Agrave; mon chien Cao pour m&#8217;avoir beaucoup inspir&eacute;.<\/h5>\n<\/div>\n<h5>par Denys Del&acirc;ge<br \/>D&eacute;partement de Sociologie et centre de recherche CIERA<br \/>Universit&eacute; Laval<br \/>Qu&eacute;bec<\/h5>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<hr size=\"2\" width=\"100%\" \/>\n<p>* Cet article constitue une version r&eacute;duite d&#8217;un article d&eacute;j&agrave; paru et intitul&eacute; &laquo; Vos chiens ont plus d&#8217;esprit que les n&ocirc;tres : histoire des chiens dans la rencontre des Fran&ccedil;ais et des Am&eacute;rindiens &raquo;,<em> Les Cahiers des dix<\/em>, no 59, 2005.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<hr size=\"2\" width=\"100%\" \/>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>L&rsquo;Am&eacute;rique du Nord n&rsquo;avait pour seul animal domestique que le chien dont la domestication pr&eacute;c&egrave;de l&rsquo;arriv&eacute;e des premiers humains en Am&eacute;rique. Le chien &eacute;tait donc le compagnon des premiers chasseurs qui ont travers&eacute; l&rsquo;isthme de la B&eacute;ringie pour se r&eacute;pandre ensuite dans toutes les Am&eacute;riques.<\/p>\n<p><a title=\"1\" name=\"1\"><\/a>Aux yeux du missionnaire naturaliste Louis Nicolas il y avait, tout comme en France, &laquo; dans toutes les terres des barbares &raquo;, toutes les esp&egrave;ces de chiens<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=161:chiens-amerindiens-chiens-francais-histoire-d-une-rencontre&amp;Itemid=307#legende\"><sup>1<\/sup><\/a> caract&eacute;ris&eacute;es par de grandes variations de taille et de couleur, et pouvant tenir autant de &laquo; la figure du loup que du renard &raquo;. Des auteurs contemporains, qui en ont fait l&#8217;histoire, proposent plus pr&eacute;cis&eacute;ment, une quinzaine de races<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=161:chiens-amerindiens-chiens-francais-histoire-d-une-rencontre&amp;Itemid=307#legende\"><sup>2<\/sup><\/a>. Ces chiens avaient par contre toutes les caract&eacute;ristiques communes suivantes : ils hurlaient plus qu&rsquo;ils ne jappaient, leurs oreilles &eacute;taient courtes et droites, ils &eacute;taient pourvus d&rsquo;une &eacute;paisse fourrure en deux couches de poil<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=161:chiens-amerindiens-chiens-francais-histoire-d-une-rencontre&amp;Itemid=307#legende\"><sup>3<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p><a title=\"4\" name=\"4\"><\/a>L&rsquo;arch&eacute;ologie nous informe que la domestication ancienne du chien a conduit &agrave; la r&eacute;duction de sa taille par rapport au loup; dans le nord-est de l&#8217;Am&eacute;rique les chiens &eacute;taient plut&ocirc;t bas sur pattes, pourvus d&rsquo;un museau allong&eacute; et de courtes canines<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=161:chiens-amerindiens-chiens-francais-histoire-d-une-rencontre&amp;Itemid=307#legende\"><sup>4<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p><a title=\"5\" name=\"5\"><\/a>Toutes ces races auraient disparu probablement avec le recul des anciens modes de vie de leurs ma&icirc;tres et &agrave; la suite des croisements avec les diff&eacute;rentes races de chiens introduites par les Europ&eacute;ens. Ne subsistent donc d&eacute;sormais que les races de l&rsquo;Arctique dont les ph&eacute;notypes sont davantage proches du loup, mais pour lesquelles les vieux Inuits, &agrave; l&#8217;Est principalement, disent souvent qu&#8217;ils ne sont plus identiques &agrave; ceux d&#8217;autrefois<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=161:chiens-amerindiens-chiens-francais-histoire-d-une-rencontre&amp;Itemid=307#legende\"><sup>5<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>Pour la chasse<\/h3>\n<p><a title=\"6\" name=\"6\"><\/a>Les chiens &eacute;taient &eacute;videmment indispensables &agrave; la vie des Am&eacute;rindiens et cela &agrave; plusieurs chapitres. Pour la chasse, en premier lieu : un chasseur en aura sept ou huit pour la chasse &agrave; l&rsquo;orignal, particuli&egrave;rement lorsque la cro&ucirc;te de neige supporte les chiens tandis que la proie cale, mais aussi &agrave; l&#8217;&eacute;t&eacute; pour forcer les cervid&eacute;s &agrave; sortir du bois et &agrave; s&rsquo;exposer aux chasseurs qui les abattent sur un plan d&rsquo;eau; &eacute;galement pour rep&eacute;rer les caches d&#8217;ours, le mouvement des castors, pour rapporter de la sauvagine, et plus au sud-ouest, pour la chasse au bison<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=161:chiens-amerindiens-chiens-francais-histoire-d-une-rencontre&amp;Itemid=307#legende\"><sup>6<\/sup><\/a>. Par contre, les chiens d&rsquo;Am&eacute;rique, ne connaissant pas la compagnie des animaux domestiques europ&eacute;ens, en firent leurs proies : oiseaux de basse-cour, mouton, etc. Ce fut la source de conflits avec les colons<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=161:chiens-amerindiens-chiens-francais-histoire-d-une-rencontre&amp;Itemid=307#legende\"><sup>7<\/sup><\/a>. &Agrave; l&rsquo;inverse, les porcs des Europ&eacute;ens laiss&eacute;s en libert&eacute; d&eacute;vastaient les jardins des Am&eacute;rindiens.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>Comme b&ecirc;tes de somme<\/h3>\n<p><a title=\"8\" name=\"8\"><\/a>Les chiens servaient &eacute;galement de b&ecirc;tes de somme pour h&acirc;ler les tra&icirc;neaux. Partout sur la banquise, les Inuits se<\/p>\n<table border=\"0\" style=\"margin-top: 10px; margin-right: 10px; margin-bottom: 10px; width: 300px; float: left;\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-content\/uploads\/images\/stories\/c013667k.jpg\" alt=\"Traineaux &agrave; chiens\" title=\"Traineaux &agrave; chiens\" \/><\/p>\n<h6>Sans titre [tra&icirc;neau &agrave; chiens], 1875, par William Henry Edward Napier<\/h6>\n<h6><a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=161:chiens-amerindiens-chiens-francais-histoire-d-une-rencontre&amp;Itemid=307#credit\">Cr&eacute;dit<\/a><\/h6>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>d&eacute;pla&ccedil;aient en tra&icirc;neaux. Dans les Prairies, l&rsquo;on fixait un travois au dos d&rsquo;un chien. En 1724, le commandant Bourgmont, &agrave; la rivi&egrave;re Missouri, d&eacute;crit la migration de 600 hommes et femmes avec 500 enfants accompagn&eacute;s de 300 chiens tra&icirc;nant chacun, ce qui est certainement exag&eacute;r&eacute;, pour &laquo; environ trois cents livres &raquo; de peaux pour leurs tipis avec plats, chaudi&egrave;res et autres ustensiles. Bourgmont s&rsquo;&eacute;tonnait &eacute;galement des charges que portaient les femmes<sup><a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=161:chiens-amerindiens-chiens-francais-histoire-d-une-rencontre&amp;Itemid=307#legende\">8<\/a><\/sup>.<\/p>\n<p>Dans les aires culturelles du subarctique et du nord-est de l&#8217;Am&eacute;rique, le recours aux chiens de trait n&#8217;existait pas chez les Algonquiens et chez la plupart des Athapascans<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=161:chiens-amerindiens-chiens-francais-histoire-d-une-rencontre&amp;Itemid=307#legende\"><sup>9<\/sup><\/a>. Cette pratique a &eacute;t&eacute; introduite par les Europ&eacute;ens, parall&egrave;lement &agrave; l&#8217;introduction de nombreuses nouvelles races canines, entre autres, selon le p&egrave;re Nicolas : &laquo; des dogues d&rsquo;Angleterre et de Saint-malo &raquo;, mais ajoute-t-il encore, &laquo; il y a parmi les Fran&ccedil;ais [du Canada (de toutes les esp&egrave;ces de chiens que nous avons en France<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=161:chiens-amerindiens-chiens-francais-histoire-d-une-rencontre&amp;Itemid=307#legende\"><sup>10<\/sup><\/a>&raquo;. &Agrave; l&#8217;exemple des premiers colons canadiens qui, tout particuli&egrave;rement en l&rsquo;absence prolong&eacute;e de chevaux, charrient leur bois, leur eau et leurs provisions en tra&icirc;neaux, &agrave; l&rsquo;exemple &eacute;galement des missionnaires tels le r&eacute;collet Hennepin, des explorateurs comme Lasalle accompagn&eacute;s de leurs chiens de tra&icirc;neau, les Am&eacute;rindiens admiratifs de cette pratique apprirent &agrave; dresser leurs chiens. En cons&eacute;quence, cela lib&eacute;ra les femmes du port des fardeaux<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=161:chiens-amerindiens-chiens-francais-histoire-d-une-rencontre&amp;Itemid=307#legende\"><sup>11<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>Lors des exp&eacute;ditions militaires<\/h3>\n<p><a title=\"12\" name=\"12\"><\/a>Lors des exp&eacute;ditions militaires d&rsquo;hiver contre les villages de la fronti&egrave;re de la Nouvelle-Angleterre, Am&eacute;rindiens et miliciens canadiens pouvaient parfois, car il &eacute;tait rare de trouver des b&ecirc;tes assez bien dress&eacute;es, atteler &laquo; deux gros chiens &agrave; une esp&egrave;ce de traine d&rsquo;&eacute;corces &raquo; sur laquelle l&rsquo;on d&eacute;posait &laquo; son petit bagage &raquo;<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=161:chiens-amerindiens-chiens-francais-histoire-d-une-rencontre&amp;Itemid=307#legende\"><sup>12<\/sup><\/a>. Attelage de chien et toboggans r&eacute;sulteraient donc d&rsquo;un &eacute;change culturel &agrave; double sens. Cela serait caract&eacute;ristique des Innus, mais seulement &agrave; une &eacute;poque r&eacute;cente, c&rsquo;est-&agrave;-dire la toute fin du XIXe si&egrave;cle alors que ces derniers acqu&eacute;raient des Canadiens fran&ccedil;ais, en m&ecirc;me temps que le vocabulaire fran&ccedil;ais des commandements, des gros chiens de tra&icirc;neau (mist&agrave;tum), sans pour autant d&eacute;laisser leurs petits chiens de chasse (mah&igrave;kan atum)<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=161:chiens-amerindiens-chiens-francais-histoire-d-une-rencontre&amp;Itemid=307#legende\"><sup>13<\/sup><\/a>. Il n&rsquo;en va pas de m&ecirc;me, plus au nord, des Cris qui pour leur part, auraient emprunt&eacute; le tra&icirc;neau des Inuit qui y avaient recours depuis des temps imm&eacute;moriaux<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=161:chiens-amerindiens-chiens-francais-histoire-d-une-rencontre&amp;Itemid=307#legende\"><sup>14<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p><a title=\"15\" name=\"15\"><\/a>La guerre en Am&eacute;rique, plus pr&eacute;cis&eacute;ment la petite guerre, se pratiquait traditionnellement sur le mode de la chasse avec ruse et courage, par escarmouches et par surprises. &Agrave; cet &eacute;gard, les chiens jouaient un r&ocirc;le essentiel de gardiens et de sentinelles, pr&eacute;venant du danger, d&eacute;busquant l&rsquo;ennemi. Le chien le plus c&eacute;l&egrave;bre dans ce r&ocirc;le fut Pilote, le chien de Lambert Closse, au d&eacute;but de l&rsquo;histoire de Montr&eacute;al, dans le contexte des guerres iroquoises. Le chevalier Henry Bouquet, celui-l&agrave; m&ecirc;me qui distribua aux &eacute;missaires de Pontiac des couvertes empoisonn&eacute;es par la variole, &eacute;tait, &agrave; titre d&rsquo;officier au fort Pitts (Pittsburg) en Ohio, responsable de deux compagnies de 50 cavaliers chacune. &Agrave; la mani&egrave;re des conquistadores espagnols, puis des chasseurs d&#8217;esclaves, il fit accompagner chacun des cavaliers d&rsquo;un gros chien de chasse &laquo; pour d&eacute;couvrir l&rsquo;ennemi cach&eacute; en embuscade, le suivre &agrave; la piste : ils saisiront le Sauvage nu par ses parties charnues et donneront le temps par l&agrave; &agrave; leurs ma&icirc;tres de le joindre<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=161:chiens-amerindiens-chiens-francais-histoire-d-une-rencontre&amp;Itemid=307#legende\">15<\/a>&raquo;.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>Comme aliment<\/h3>\n<p><a title=\"16\" name=\"16\"><\/a>Contrairement &agrave; l&rsquo;Europe, mais comme en Asie, le chien &eacute;tait un aliment en Am&eacute;rique. Non pas une nourriture quotidienne ou banale, mais une nourriture de survie en cas de famine<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=161:chiens-amerindiens-chiens-francais-histoire-d-une-rencontre&amp;Itemid=307#legende\"><sup>16<\/sup><\/a>, et fr&eacute;quemment une nourriture rituelle. Rien n&rsquo;indique qu&rsquo;une race ou qu&rsquo;une lign&eacute;e particuli&egrave;re ait &eacute;t&eacute; asservie &agrave; des f&ecirc;tes rituelles. Pas d&rsquo;indications non plus de chiens sp&eacute;cialement engraiss&eacute;s &agrave; ces fins, comme c&#8217;&eacute;tait le cas chez les Azt&egrave;ques. Chez les nations algonquiennes des Grands Lacs, comme chez les Iroquoiens, le chien &eacute;tait le mets le plus estim&eacute;; souvent accompagn&eacute; d&rsquo;autres viandes, ce mets &eacute;tait pr&eacute;sent aux f&ecirc;tes, aux c&eacute;l&eacute;brations : tenue de grands conseils, de rencontres diplomatiques ou guerri&egrave;res, de rituels de mise &agrave; mort, de festins pour un malade ou pour les morts<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=161:chiens-amerindiens-chiens-francais-histoire-d-une-rencontre&amp;Itemid=307#legende\"><sup>17<\/sup><\/a>. Les Fran&ccedil;ais ont adopt&eacute; ces pratiques non pas entre eux, mais dans leurs rapports avec les Am&eacute;rindiens : ainsi, gouverneurs et officiers suspendaient au feu, pour leurs alli&eacute;s, de grandes &laquo; chaudi&egrave;res &raquo; de b&oelig;uf et de chien<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=161:chiens-amerindiens-chiens-francais-histoire-d-une-rencontre&amp;Itemid=307#legende\"><sup>18<\/sup><\/a>. Certains Fran&ccedil;ais mangent le chien comme le capitaine Bossu chez les Illinois &laquo; plut&ocirc;t par complaisance que par go&ucirc;t [&hellip; ayant (pris pour maxime qu&rsquo;il fallait dans l&rsquo;occurrence se conformer au g&eacute;nie des peuples avec lesquels on est oblig&eacute; de vivre et affecter leurs mani&egrave;res pour se les concilier<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=161:chiens-amerindiens-chiens-francais-histoire-d-une-rencontre&amp;Itemid=307#legende\"><sup>19<\/sup><\/a>&raquo;.<\/p>\n<p><a title=\"21\" name=\"21\"><\/a>Les missionnaires j&eacute;suites, pour leur part, en ont surmont&eacute; &laquo; l&rsquo;aversion comme en France &raquo; et en font du bouillon pour leurs malades<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=161:chiens-amerindiens-chiens-francais-histoire-d-une-rencontre&amp;Itemid=307#legende\"><sup>20<\/sup><\/a>, mais le p&egrave;re Nicolas, le plus indianis&eacute; des missionnaires, les juge &laquo; d&rsquo;un go&ucirc;t exquis<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=161:chiens-amerindiens-chiens-francais-histoire-d-une-rencontre&amp;Itemid=307#legende\"><sup>21<\/sup><\/a>&raquo;. Cependant, cette pratique alimentaire qui devient banale pour qui s&rsquo;inscrit en pays am&eacute;rindien, demeure un indice de barbarie et un glissement hors de la civilisation comme le souligne cette lettre de l&rsquo;intendant Denonville en 1687 &eacute;crite au ministre des colonies et dans laquelle il exprime son indignation et sa grande peur &agrave; l&rsquo;&eacute;gard de la proximit&eacute; des Am&eacute;rindiens nomades de la zone fran&ccedil;aise de peuplement :<\/p>\n<blockquote><p><a title=\"22\" name=\"22\"><\/a>mais Monseigneur &agrave; l&rsquo;&eacute;gard des autres Sauvages qui sont vagabonds et errants autour des seigneuries particuli&egrave;res (sans &ecirc;tre rassembl&eacute;s en bourgades comme les autres [dans les missions de Sillery, Lorette, Sault de la Prairie, la Montagne de Montr&eacute;al (vous ne saurez croire Monseigneur le tort que cela fait &agrave; la discipline de la colonie, car non seulement les enfants des seigneurs s&rsquo;accoutument &agrave; vivre en libertinage comme eux, mais m&ecirc;me abusent des filles et femmes sauvagesses qu&rsquo;ils entretiennent avec eux, et m&egrave;nent &agrave; leurs chasses dans les bois, o&ugrave; souvent ils souffrent la faim jusqu&rsquo;&agrave; manger leurs chiens<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=161:chiens-amerindiens-chiens-francais-histoire-d-une-rencontre&amp;Itemid=307#legende\"><sup>22<\/sup><\/a>.<\/p><\/blockquote>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>Lors des f&ecirc;tes rituelles<\/h3>\n<p><a title=\"23\" name=\"23\"><\/a>Le chien pouvait &eacute;galement &ecirc;tre mis &agrave; mort &agrave; des f&ecirc;tes rituelles sans &ecirc;tre consomm&eacute; : pendu &agrave; une perche pour chasser la maladie, pour affronter un p&eacute;ril, ligot&eacute; et ficel&eacute; pour l&rsquo;arriv&eacute;e du printemps. Nous traiterons ult&eacute;rieurement de cela, mais retenons que les missionnaires associ&egrave;rent le sacrifice du chien &agrave; celui de l&rsquo;agneau que, dans la tradition jud&eacute;o-chr&eacute;tienne, l&rsquo;on peut consommer banalement, mais qui est &eacute;galement investi d&rsquo;une formidable charge symbolique : l&rsquo;offrande &agrave; Dieu dans l&rsquo;Ancien Testament de l&rsquo;agneau pour renouveler l&rsquo;alliance et, dans le Nouveau Testament, le Christ-agneau de Dieu qui s&rsquo;immole pour effacer les p&eacute;ch&eacute;s des hommes et racheter l&rsquo;humanit&eacute;. Le sacrifice du chien rel&egrave;verait donc d&#8217;une alliance avec le diable<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=161:chiens-amerindiens-chiens-francais-histoire-d-une-rencontre&amp;Itemid=307#legende\"><sup>23<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p><a title=\"24\" name=\"24\"><\/a>Les missionnaires projetaient une interpr&eacute;tation jud&eacute;o-chr&eacute;tienne sur les rites religieux am&eacute;rindiens impliquant le chien. En r&eacute;alit&eacute;, il ne s&rsquo;agissait pas de sacrifices d&#8217;expiation ou de r&eacute;demption parce que l&rsquo;id&eacute;e de p&eacute;ch&eacute; &ndash; tant l&rsquo;originel que l&rsquo;individuel &ndash; ne faisait pas partie des conceptions religieuses des animistes. L&#8217;oblation du chien constituait un sacrifice propitiatoire de communication avec les forces de l&#8217;au-del&agrave; et de renouvellement d&rsquo;alliance<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=161:chiens-amerindiens-chiens-francais-histoire-d-une-rencontre&amp;Itemid=307#legende\"><sup>24<\/sup><\/a>, ainsi que nous tenterons de l&rsquo;expliquer plus loin.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>Comme vidangeurs et coprophages<\/h3>\n<p><a title=\"25\" name=\"25\"><\/a>La derni&egrave;re fonction du chien &eacute;tait celle de vidangeur et de coprophage. Les sources n&rsquo;en disent rien, ou si peu et encore de mani&egrave;re bien allusive. Pourtant il s&rsquo;agit d&rsquo;une question essentielle : quelles &eacute;taient les r&egrave;gles d&rsquo;hygi&egrave;ne dans les campements et surtout dans les villages? Ainsi, o&ugrave; allaient les excr&eacute;ments humains dans ces villages hurons regroupant facilement cinq cents personnes, parfois probablement plus de mille, voire pr&egrave;s de deux mille? Le fr&egrave;re Sagard missionnaire en Huronie nous en livre un indice. De sa part, cela n&rsquo;est pas surprenant, car les Franciscains d&eacute;crivaient mieux que les missionnaires des autres ordres religieux les &laquo; petites choses &raquo; de la vie quotidienne. Il &eacute;crit qu&#8217;il a fini par trouver la chair de chien : &laquo; bonne, et de go&ucirc;t un peu approchant &agrave; celle du porc, aussi ne vivent-ils pour le plus ordinaire que des salet&eacute;s qu&rsquo;ils trouvent par les rues et par les chemins<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=161:chiens-amerindiens-chiens-francais-histoire-d-une-rencontre&amp;Itemid=307#legende\">25<\/a>&raquo;.<\/p>\n<p>Nous apprenons ici que ce sont les chiens qui nettoient le village. Ajoutons ce deuxi&egrave;me et dernier passage, concernant l&rsquo;hygi&egrave;ne dans les maisons longues huronnes &mdash; je n&rsquo;en connais pas d&rsquo;autres &mdash; qui compl&egrave;te le tableau :<\/p>\n<p> <a title=\"26\" name=\"26\"><\/a>S&rsquo;ils ont des souris sans nombre, je peux dire qu&rsquo;ils ont des puces &agrave; l&rsquo;infini, qu&rsquo;ils appellent Touhauc, et particuli&egrave;rement l&rsquo;&eacute;t&eacute;, desquelles ils sont fort tourment&eacute;s : car outre que l&rsquo;urine qu&rsquo;ils tombent en leurs cabanes en engendre, ils ont une quantit&eacute; de chiens qui leur en fournissent &agrave; bon escient, et n&rsquo;y a autre rem&egrave;de que la patience et les armes ordinaires<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=161:chiens-amerindiens-chiens-francais-histoire-d-une-rencontre&amp;Itemid=307#legende\">26<\/a>.<\/p>\n<p><a title=\"27\" name=\"27\"><\/a>Sagard n&rsquo;&eacute;crit pas que les chiens sont coprophages, mais nous pouvons l&rsquo;induire. Les chiens de l&rsquo;Arctique le sont pour leurs propres excr&eacute;ments comme pour ceux des humains. Autrefois, les Inuit avaient des &laquo; compagnons de torche-cul &raquo; pour chasser les chiens alors qu&rsquo;ils allaient &agrave; la selle. Chez les Chipewyans, nation D&eacute;n&eacute;e des Territoires du Nord-Ouest, l&rsquo;anthropologue Henry S. Sharp observe que dans un village presque toutes les vidanges aboutissent dans l&rsquo;estomac des chiens, que les chiens abandonn&eacute;s se nourrissent l&rsquo;hiver de chiens morts et des f&egrave;ces des &laquo; b&eacute;cosses &raquo;<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=161:chiens-amerindiens-chiens-francais-histoire-d-une-rencontre&amp;Itemid=307#legende\">27<\/a>. Il devait en &ecirc;tre partout de m&ecirc;me autrefois, d&rsquo;autant que la p&ecirc;che et la chasse avaient leurs p&eacute;riodes creuses durant lesquelles les chiens je&ucirc;naient. Enfin, ne devait-on pas &eacute;galement d&eacute;f&eacute;quer dans les maisons longues? Ajoutons encore que le silence des sources constitue un t&eacute;moignage : ne serait-ce pas parce que les chiens faisaient le m&eacute;nage qu&#8217;elles sont silencieuses? Mais comme Sagard nous dit encore que ces m&ecirc;mes chiens mettent leur museau dans le pot de nourriture, cela impliquerait, outre qu&rsquo;ils mangent avec les humains et qu&rsquo;ils sont mang&eacute;s par les humains, qu&rsquo;ils se situent &eacute;galement aux deux bouts de la cha&icirc;ne alimentaire.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3><a title=\"28\" name=\"28\"><\/a>&laquo; Les chiens fran&ccedil;ais ont infiniment d&rsquo;esprit<sup><a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=161:chiens-amerindiens-chiens-francais-histoire-d-une-rencontre&amp;Itemid=307#legende\">28<\/a><\/sup>&raquo;<\/h3>\n<p><a title=\"29\" name=\"29\"><\/a>Dans son Histoire naturelle des Indes occidentales, le p&egrave;re Louis Nicolas rapporte un commentaire, &agrave; premi&egrave;re vue &eacute;nigmatique, de ses h&ocirc;tes outaouais &agrave; propos des deux chiens europ&eacute;ens que le missionnaire avait amen&eacute;s avec lui. Le p&egrave;re Nicolas nous dit qu&rsquo;il avait dress&eacute; ses chiens &agrave; tous les exercices qui leur sont propres : &laquo; tra&icirc;ner de gros fardeaux &raquo;, chasser le gibier &agrave; poil et plume m&ecirc;me dans l&#8217;eau, poursuivre &laquo; la grosse venaison &raquo;, etc.<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=161:chiens-amerindiens-chiens-francais-histoire-d-une-rencontre&amp;Itemid=307#legende\"><sup>29<\/sup><\/a>. Il nous dit encore que :<\/p>\n<p> <a title=\"30\" name=\"30\"><\/a>ces nations les admirent n&rsquo;ayant jamais vu telle chose &raquo; [et qu&rsquo;ils] tinrent conseil pour savoir s&rsquo;il ne serait pas exp&eacute;dient de leur faire des sacrifices comme &agrave; leurs divinit&eacute;s, ces hommes ne se lassaient point de dire que nos chiens avaient infiniment plus d&rsquo;esprit que les leurs, ce sont des manitous disaient&ndash;ils, et les n&ocirc;tres ne sont que des b&ecirc;tes fort stupides, ils n&rsquo;ont point d&rsquo;esprit que pour chasser le castor, et les orignaux, les chiens de ces gens ressemblent &agrave; leurs ma&icirc;tres, ils ont infiniment de g&eacute;nie, ils sont adroits &agrave; tout comme les gens de la nation du grand canot de bois, c&rsquo;est ainsi qu&rsquo;ils nommaient les Francs (&hellip;), Keghet, disent-ils enfin de nos chiens en se fermant la bouche avec la main par admiration et frappant la terre avec l&rsquo;autre (&hellip;) en v&eacute;rit&eacute;, et de bonne foi, les chiens des Fran&ccedil;ais ont bien de l&rsquo;esprit<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=161:chiens-amerindiens-chiens-francais-histoire-d-une-rencontre&amp;Itemid=307#legende\"><sup>30<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>Les Outaouais reconnaissent une habilit&eacute; plus grande aux chiens europ&eacute;ens, qui va au-del&agrave; de celle des leurs qui se limiterait &agrave; la chasse aux castors et aux orignaux. Cette sup&eacute;riorit&eacute; des chiens europ&eacute;ens serait analogue &agrave; celle des grands voiliers des Fran&ccedil;ais par rapport aux canots des Am&eacute;rindiens. Et cette sup&eacute;riorit&eacute; des chiens europ&eacute;ens tiendrait &agrave; une force int&eacute;rieure plus grande, prise au sens d&rsquo;une force spirituelle ou d&#8217;un esprit plus puissant, ce qui est coh&eacute;rent avec la vision animiste des animaux. &Agrave; quoi tiendraient alors les habilet&eacute;s plus grandes des chiens europ&eacute;ens? &Agrave; notre avis aux trois facteurs suivants. Tout d&#8217;abord, nous l&rsquo;avons d&eacute;j&agrave; soulign&eacute;, les Outaouais comme l&rsquo;ensemble des Am&eacute;rindiens du Nord-Est et du subarctique ne connaissaient pas les chiens de tra&icirc;neaux.<\/p>\n<p><a title=\"31\" name=\"31\"><\/a>De plus, le dressage des chiens dans la tradition europ&eacute;enne commandait des comportements plus diversifi&eacute;s et davantage sp&eacute;cifiques. N&rsquo;oublions pas qu&rsquo;en Europe la chasse (comme d&rsquo;ailleurs la p&ecirc;che en eau douce) &eacute;taient des privil&egrave;ges exclusifs des nobles qui y consacraient une part importante de leurs loisirs. De cette tradition sont n&eacute;es, gr&acirc;ce &agrave; un &eacute;levage &agrave; base de s&eacute;lection, des races extr&ecirc;mement diversifi&eacute;es, depuis les bassets pour poursuivre le gibier dans les terriers jusqu&#8217;aux grands l&eacute;vriers<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=161:chiens-amerindiens-chiens-francais-histoire-d-une-rencontre&amp;Itemid=307#legende\"><sup>31<\/sup><\/a>. Les paysans avaient des chiens gardiens de troupeaux, bouviers et bergers, de m&ecirc;me que des chiens de trait. S&#8217;y ajoutaient encore les chiens de sauveteurs, les chiens plongeurs des p&ecirc;cheurs, etc. Bref, une division des fonctions canines plus &eacute;labor&eacute;e en Europe. Les nobles poss&eacute;daient des races de chiens diff&eacute;rentes pour chaque gibier et ils s&#8217;attendaient &agrave; des performances sp&eacute;cifiques, tant de leurs meutes que de leurs chiens pris individuellement, tel le chien d&#8217;arr&ecirc;t. En corollaire, comme &laquo; artisan &raquo; de la chasse, l&rsquo;Am&eacute;rindien r&eacute;unit dans sa pratique davantage d&rsquo;habilit&eacute;s que l&rsquo;aristocrate, mais ce dernier dirige une &laquo; entreprise &raquo; de chasse plus puissante que celle de l&rsquo;Am&eacute;rindien. Nous sugg&eacute;rons ici l&rsquo;analogie entre la boutique de l&rsquo;artisan et la manufacture, mais revenons plut&ocirc;t &agrave; l&rsquo;explication de notre missionnaire-aristocrate-chasseur. Celui-ci compare la chasse du &laquo; cerf des Indes &raquo; (probablement le wapiti maintenant extermin&eacute; &agrave; l&rsquo;est du continent) et celle du cerf de France. Ces deux types de chasse seraient &laquo; toute diff&eacute;rentes &raquo;. Les Am&eacute;rindiens sont les plus habiles chasseurs du monde et ils sont loin de se pr&eacute;occuper des mani&egrave;res des veneurs des vieux pays, c&rsquo;est-&agrave;-dire de ces officiers de v&eacute;nerie d&rsquo;un prince qui s&rsquo;occupent de la chasse &agrave; courre, m&ecirc;me si le chasseur autochtone poss&egrave;de d&rsquo;aussi grandes meutes de chiens que les seigneurs. Le chasseur d&#8217;Am&eacute;rique ne dispose pas de piqueurs qui l&#8217;accompagneraient, c&rsquo;est-&agrave;-dire de valets de chiens qui poursuivent la b&ecirc;te &agrave; cheval. &Agrave; l&#8217;Am&eacute;rindien, il suffit d&rsquo;un canot, d&rsquo;avirons, de fl&egrave;ches ou d&rsquo;un fusil. Sachant se passer de &laquo; tout ce grand appareil de chasse d&rsquo;Europe &raquo;, un seul &laquo; Sauvage &raquo;, sans chiens, d&eacute;ploiera une extraordinaire habilit&eacute; &agrave; suivre les pistes et &agrave; d&eacute;jouer l&#8217;animal. Louis Nicolas nous informe que le &laquo; veneur sauvage ne met presque jamais les chiens apr&egrave;s les b&ecirc;tes fauves et quoique les chiens de ce chasseur (&hellip;) valent bien nos gros limiers, nos courants et nos allants, nos bassets d&rsquo;Artois, nos l&eacute;vriers, et nos m&acirc;tins, ils ne s&rsquo;en servent gu&egrave;re l&rsquo;&eacute;t&eacute;, il suppl&eacute;e &agrave; tout et l&rsquo;on peut dire qu&rsquo;il a tout seul, et les qualit&eacute;s d&rsquo;un tr&egrave;s bon veneur, et de toute une grande meute de chiens bien dress&eacute;s &agrave; la v&eacute;nerie &raquo;. En somme, quels que soient les tours et d&eacute;tours de la b&ecirc;te, notre chasseur la rejoint toujours, m&ecirc;me en suivant les traces sur de la vieille neige. Il arrive m&ecirc;me que le chasseur &laquo; se tra&icirc;ne comme un serpent pour les aller tuer &raquo; et, conclut-il : &laquo; il est assez rare que le chasseur ne vienne &agrave; bout de son dessein<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=161:chiens-amerindiens-chiens-francais-histoire-d-une-rencontre&amp;Itemid=307#legende\"><sup>32<\/sup><\/a>&raquo;.<\/p>\n<p>Selon Nicolas, c&#8217;est donc moins le d&eacute;veloppement de races canines pour diverses fonctions de la chasse qui compte que l&rsquo;utilisation du chien et le partage des fonctions entre chasseurs et chiens de chasse. L&rsquo;aristocrate a tout d&eacute;l&eacute;gu&eacute; &agrave; ses valets et &agrave; ses chiens. Le chasseur am&eacute;rindien ne d&eacute;l&egrave;gue rien &agrave; des valets tout en gardant l&rsquo;aptitude de d&eacute;coder et de suivre lui-m&ecirc;me les pistes de l&rsquo;animal sans confier toute cette fonction au chien. Le chasseur am&eacute;rindien aura jou&eacute; de ruse avec l&rsquo;animal, il se sera confondu avec lui; l&rsquo;aristocrate ne sera pas descendu de son cheval, il aura domin&eacute; la b&ecirc;te et la nature, de par son apparat et sa puissance. Au terme de la qu&ecirc;te, dans la for&ecirc;t de Fontainebleau, le voyer offrira &agrave; son ma&icirc;tre le pied droit du cerf, aux grands limiers, c&#8217;est-&agrave;-dire &agrave; l&#8217;aristocratie des chiens, le c&oelig;ur et la t&ecirc;te, respectant en cela, partout et pour tous, la hi&eacute;rarchie.<\/p>\n<p><a title=\"33\" name=\"33\"><\/a>Poursuivons encore notre qu&ecirc;te d&rsquo;explication du &laquo; g&eacute;nie &raquo; plus grand des chiens fran&ccedil;ais aux yeux de nos h&ocirc;tes outaouais. Nous l&rsquo;avons remarqu&eacute;, pour parler avec autant d&rsquo;attention et d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t de la chasse, le p&egrave;re Nicolas en avait gard&eacute;, y compris pour la fauconnerie, la passion de ses origines aristocratiques. Passion &eacute;galement pour les animaux qu&rsquo;il nous d&eacute;crit avec d&eacute;tail dans leur environnement am&eacute;ricain, passion encore pour le dressage, lui qui a appris &agrave; deux jeunes ours &agrave; marcher comme des hommes, &agrave; danser, &agrave; manier la hallebarde et &agrave; mimer les exercices du mousquet<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=161:chiens-amerindiens-chiens-francais-histoire-d-une-rencontre&amp;Itemid=307#legende\"><sup>33<\/sup><\/a>. Il est donc probable qu&rsquo;en plus du contexte soci&eacute;tal qui rend compte de rapports diff&eacute;rents aux chiens, le p&egrave;re Nicolas ait &eacute;t&eacute; un dresseur exceptionnel de chiens. Qui plus est, et c&#8217;est l&agrave; notre troisi&egrave;me facteur explicatif de l&#8217;apparente sup&eacute;riorit&eacute; des chiens des Fran&ccedil;ais, &agrave; cette &eacute;poque, seule l&rsquo;aristocratie gardait, pour son seul plaisir, des chiens de compagnie, on dirait &laquo; pet &raquo; en anglais<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=161:chiens-amerindiens-chiens-francais-histoire-d-une-rencontre&amp;Itemid=307#legende\"><sup>34<\/sup><\/a>. Ces chiens, on les voit fr&eacute;quemment aux c&ocirc;t&eacute;s de leurs ma&icirc;tres dans des tableaux de l&#8217;&eacute;poque repr&eacute;sentant des familles aristocratiques dans leurs confortables et luxueux int&eacute;rieurs. Tous ces facteurs raciaux, soci&eacute;taux, individuels ont bien pu fonder le jugement des Outaouais sur &laquo; l&rsquo;esprit &raquo; sup&eacute;rieur des chiens fran&ccedil;ais. Quant au p&egrave;re Nicolas, les habilit&eacute;s, la ruse, la finesse du chasseur autochtone l&#8217;envo&ucirc;taient bien davantage que ne lui en imposait la majest&eacute; du seigneur &agrave; la chasse &agrave; courre. Cela ne fait-il pas encore l&#8217;objet d&#8217;un d&eacute;bat au Royaume-Uni!<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>Beaucoup de chiens?<\/h3>\n<p><a title=\"35\" name=\"35\"><\/a>Les missionnaires ont &eacute;crit que les Am&eacute;rindiens se nourrissaient de chiens &laquo; comme on fait des moutons en France<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=161:chiens-amerindiens-chiens-francais-histoire-d-une-rencontre&amp;Itemid=307#legende\"><sup>35<\/sup><\/a>&raquo;. Il y en avait beaucoup et, chez les Hurons, communaut&eacute; dense d&rsquo;au moins 20 000 habitants, &agrave; part le chien, on mangeait tr&egrave;s peu de viande, peut-&ecirc;tre cinq ou six fois par ann&eacute;e<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=161:chiens-amerindiens-chiens-francais-histoire-d-une-rencontre&amp;Itemid=307#legende\"><sup>36<\/sup><\/a>, la di&egrave;te reposant sur l&rsquo;agriculture et en second lieu sur la p&ecirc;che. Il fallait donc beaucoup de chiens pour tous ces rituels. Les chiennes en avaient deux port&eacute;es par ann&eacute;e et il semble bien qu&rsquo;on ne tuait pas les chiots. Kohl le dit explisupment<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=161:chiens-amerindiens-chiens-francais-histoire-d-une-rencontre&amp;Itemid=307#legende\"><sup>37<\/sup><\/a> et les j&eacute;suites le sugg&egrave;rent en &eacute;crivant que dans les maisons longues, les chiens &laquo; sont aussi ch&eacute;ris que les enfants<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=161:chiens-amerindiens-chiens-francais-histoire-d-une-rencontre&amp;Itemid=307#legende\"><sup>38<\/sup><\/a>&raquo;. Certes, ils ne disent pas sp&eacute;cifiquement les chiots, mais ne pouvons-nous pas le d&eacute;duire, par l&rsquo;attention port&eacute;e aux jeunes chiots lorsque la chienne meurt et, autour de nous, dans nos soci&eacute;t&eacute;s contemporaines, par cette r&eacute;action aussi spontan&eacute;e qu&rsquo;affectueuse des enfants &agrave; prendre soin des petits chiots quand, ce qui est devenu rare, la chienne de la maison n&#8217;a pas &eacute;t&eacute; st&eacute;rilis&eacute;e? Ensuite, jamais les sources ne parlent d&#8217;&eacute;limination des chiots. Il est donc raisonnable de penser que l&rsquo;on ne r&eacute;duisait pas la taille des port&eacute;es, tout comme les bergers ne sacrifient pas les agneaux &agrave; la naissance. En bons &eacute;leveurs, les Am&eacute;rindiens devaient les laisser grandir pour s&rsquo;en nourrir ensuite. Revenant &agrave; notre citation du d&eacute;but o&ugrave; un missionnaire &eacute;crivait que vivre parmi les Am&eacute;rindiens c&rsquo;est &laquo; vivre autant parmi les chiens que parmi les hommes<sup><a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=161:chiens-amerindiens-chiens-francais-histoire-d-une-rencontre&amp;Itemid=307#legende\">39<\/a><\/sup>&raquo;, nous pourrions ajouter que c&rsquo;&eacute;tait la m&ecirc;me chose que d&#8217;habiter parmi des pasteurs, c&#8217;est-&agrave;-dire &laquo; vivre autant parmi les moutons que parmi les hommes &raquo;.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>Le chien pour penser la soci&eacute;t&eacute;?<\/h3>\n<p>L&#8217;histoire des chiens s&#8217;inscrit dans l&#8217;histoire g&eacute;n&eacute;rale des animaux tout autant que dans celle des humains parce que le chien est justement &agrave; la fronti&egrave;re du monde animal et de celui des humains dont il est l&#8217;indispensable compagnon depuis des mill&eacute;naires. L&#8217;&eacute;thologie et la sociographie des chiens nous ont conduit &agrave; d&eacute;crire les diff&eacute;rentes races, leur utilit&eacute;, leurs traits communs et leurs diff&eacute;rences d&#8217;avec les chiens europ&eacute;ens, ce qui nous a incit&eacute;s &agrave; d&eacute;gager les sp&eacute;cificit&eacute;s culturelles europ&eacute;ennes et am&eacute;rindiennes du rapport au chien, mais plus fondamentalement du rapport &agrave; l&#8217;animal. Si des Am&eacute;rindiens ont pu croire que les chiens europ&eacute;ens avaient plus d&#8217;esprit que les leurs parce qu&#8217;ils &eacute;taient dress&eacute;s pour des habilet&eacute;s nouvelles &agrave; leurs yeux, &agrave; l&#8217;inverse les Europ&eacute;ens ont r&eacute;alis&eacute; que les Am&eacute;rindiens accordaient aux chiens une puissance d&#8217;esprit percutante, inconcevable pour eux.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h6><a title=\"legende\" name=\"legende\"><\/a>1 &#8211; Louis Nicolas, <em>Histoire naturelle des Indes occidentales<\/em>, Biblioth&egrave;que nationale, Fr. 2425, f. 68 [<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=161:chiens-amerindiens-chiens-francais-histoire-d-une-rencontre&amp;Itemid=307#1\">Retour au texte<\/a>]<\/h6>\n<h6>2 &#8211; Bryan D Cummins, <em>First Nations, First Dogs<\/em>, Calgary, Detselig Entreprises, 2002: 9-10.<\/h6>\n<h6>Mark Derr, <em>A Dog&#8217;s History of America<\/em>, New York, North Point Press, 2004: 17-18. Marion Schwartz, <em>A History of Dogs in early Americas<\/em>, New Haven, Yale University Press, 1997, p. 30.[<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=161:chiens-amerindiens-chiens-francais-histoire-d-une-rencontre&amp;Itemid=307#1\">Retour au texte<\/a>]<\/h6>\n<h6>3 &#8211; Reuben G. Thwaites, dir.: <em>The Jesuit Relations and Allied Documents. Travels and Explorations of the Jesuit Missionaries in New France<\/em>, 1610-1791 Cleveland, Burrows, 1896 &#8211; 1901, 73 vols, t. 38 (1652-1653), p. 241; Fran&ccedil;ois-Xavier Charlevoix, <em>Journal d&rsquo;un voyage fait par ordre du roi dans l&rsquo;Am&eacute;rique septentrionale<\/em>, &Eacute;dition critique par Pierre Berthiaume, Montr&eacute;al, Presses de l&rsquo;Universit&eacute; de Montr&eacute;al, 1994 : p.300. [<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=161:chiens-amerindiens-chiens-francais-histoire-d-une-rencontre&amp;Itemid=307#1\">Retour au texte<\/a>]<\/h6>\n<h6>4 &#8211; Grant Keddle, , &laquo;Prehistoric Dogs of B.C.:Wolves in Sheeps&#8217; Clothing?&raquo; <em>The Midden<\/em>, Publication of the Archeological Society of British Columbia, t. 25, no.1, February 1993, p. 3.[<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=161:chiens-amerindiens-chiens-francais-histoire-d-une-rencontre&amp;Itemid=307#4\">Retour au texte<\/a>]<\/h6>\n<h6>5 &#8211; Fr&eacute;d&eacute;ric Laugrand, communication personnelle. [<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=161:chiens-amerindiens-chiens-francais-histoire-d-une-rencontre&amp;Itemid=307#5\">Retour au texte<\/a>]<\/h6>\n<h6>6 &#8211; Nicolas Denys, <em>Histoire naturelle des peuples, des animaux, des arbres et des plantes de l&rsquo;Am&eacute;rique septentrionale et de ses divers climats<\/em>, Paris, Claude Barbier, 1672, p. 326-327, 429-434; Pehr Kalm, <em>Voyage de Pehr Kalm au Canada en 1749<\/em>, Montr&eacute;al, Tisseyre, 1977, p. 377 &ndash; 378 [811].[<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=161:chiens-amerindiens-chiens-francais-histoire-d-une-rencontre&amp;Itemid=307#6\">Retour au texte<\/a>]<\/h6>\n<h6>7 &#8211; Gabriel Sagard, <em>op. cit.<\/em>, p. 219 [310] ; Louis Nicolas, <em>op. cit.<\/em>, f 68.[<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=161:chiens-amerindiens-chiens-francais-histoire-d-une-rencontre&amp;Itemid=307#6\">Retour au texte<\/a>]<\/h6>\n<h6>8 &#8211; France. AN, Colonies, C13C 4, f. 139 &ndash;139v. Relation du voyage de Monsieur de Bourgmont chevalier de l&#8217;ordre militaire de St. Louis, commandant de la rivi&egrave;re du Missoury et sur le haut de celle des Akansas du Missoury aux Padoucas. 15 novembre 1724. Il faudrait plut&ocirc;t retenir, pour de longues distances, 50 livres ( 22,7 kg) pour un chien costaud selon Marion Schwartz, op. cit., p. 52.[<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=161:chiens-amerindiens-chiens-francais-histoire-d-une-rencontre&amp;Itemid=307#8\">Retour au texte<\/a>]<\/h6>\n<h6>9 &#8211; Bryan D.Cummins, op. cit., p.147-151; Marion Schwartz, <em>op. cit.<\/em>, p.52.[<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=161:chiens-amerindiens-chiens-francais-histoire-d-une-rencontre&amp;Itemid=307#8\">Retour au texte<\/a>]<\/h6>\n<h6>10 &#8211; Louis Nicolas, <em>op. cit.<\/em> f. 67-68.[<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=161:chiens-amerindiens-chiens-francais-histoire-d-une-rencontre&amp;Itemid=307#8\">Retour au texte<\/a>]<\/h6>\n<h6>11 &#8211; Pehr Kalm, <em>op. cit.<\/em>, p. 300, 379, 446 [ 760, 812, 856]; Louis Nicolas, op. cit., f. 67; Louis Hennepin, <em>Nouvelle d&eacute;couverte d&rsquo;un tr&egrave;s grand pays situ&eacute; dans l&rsquo;Am&eacute;rique<\/em>, Utrecht, Guillaume Broedelet, 1697, p. 17-18, 96.[<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=161:chiens-amerindiens-chiens-francais-histoire-d-une-rencontre&amp;Itemid=307#8\">Retour au texte<\/a>]<\/h6>\n<h6>12 &#8211; France. AN, colonie C11A 122, f. 39-39v [ Raudot ?], 2e lettre. A Qu&eacute;bec, ce 20 8 bre. 1705 [1718]. [<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=161:chiens-amerindiens-chiens-francais-histoire-d-une-rencontre&amp;Itemid=307#12\">Retour au texte<\/a>]<\/h6>\n<h6>13 &#8211; Frank G. Speck, <em>op. cit.<\/em> [<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=161:chiens-amerindiens-chiens-francais-histoire-d-une-rencontre&amp;Itemid=307#12\">Retour au texte<\/a>]<\/h6>\n<h6>14 &#8211; Ibid. [<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=161:chiens-amerindiens-chiens-francais-histoire-d-une-rencontre&amp;Itemid=307#12\">Retour au texte<\/a>]<\/h6>\n<h6>15 &#8211; H. Bouquet, <em>Relation historique de l&rsquo;exp&eacute;dition contre les Indiens de l&rsquo;Ohio en MDCCLXIV<\/em>, Amsterdam, Marc Michel Rey, 1769, p. 112. [<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=161:chiens-amerindiens-chiens-francais-histoire-d-une-rencontre&amp;Itemid=307#15\">Retour au texte<\/a>]<\/h6>\n<h6>17 &#8211; R. P. S. Tailhan in Nicolas Perrot, 1973, <em>M&eacute;moire sur les M&oelig;urs, coustumes et relligion des Sauvages de l&rsquo;Am&eacute;rique septentrionale<\/em>, R.P.S. Tailhan, eds.,Montr&eacute;al &Eacute;ditions Elys&eacute;e, 1973, [1864],p.172.[<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=161:chiens-amerindiens-chiens-francais-histoire-d-une-rencontre&amp;Itemid=307#16\">Retour au texte<\/a>]<\/h6>\n<h6>18 &#8211; T&eacute;lesphore St. Pierre, 1895, <em>Histoire des Canadiens du Michigan et du comt&eacute; d&#8217;Essex<\/em>, Ontario, Montr&eacute;al, Typographie de La Gazette, 1895, p. 56-57; R. G. Thwaites, op. cit., t. 67 (1723), p. 220.[<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=161:chiens-amerindiens-chiens-francais-histoire-d-une-rencontre&amp;Itemid=307#16\">Retour au texte<\/a>]<\/h6>\n<h6>19 &#8211; Jean-Bernard Bossu, capitaine, Nouveaux voyages aux Indes occidentales, Paris, Le Jay, 1768, p. 217.[<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=161:chiens-amerindiens-chiens-francais-histoire-d-une-rencontre&amp;Itemid=307#16\">Retour au texte<\/a>]<\/h6>\n<h6>20 &#8211; R. G. Thwaites, <em>op. cit.<\/em>, t. 13, (1637), p.96.[<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=161:chiens-amerindiens-chiens-francais-histoire-d-une-rencontre&amp;Itemid=307#16\">Retour au texte<\/a>]<\/h6>\n<h6>21 &#8211; Louis Nicolas, <em>op. cit.<\/em> f. 68.[<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=161:chiens-amerindiens-chiens-francais-histoire-d-une-rencontre&amp;Itemid=307#21\">Retour au texte<\/a>]<\/h6>\n<h6>22 &#8211; France. AN, Colonies, C11A 7 f. 90v, Denonville au ministre. A Qu&eacute;bec le 13 novembre 1685.[<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=161:chiens-amerindiens-chiens-francais-histoire-d-une-rencontre&amp;Itemid=307#22\">Retour au texte<\/a>]<\/h6>\n<h6>23 &#8211; Gabriel Sagard, op. cit., p. 219 [ 310]; R. G. Thwaites, op. cit., t. 7, (1634-35), p. 222 ; t. 23, (1642-1643) p.122-124,158, 170-172.[<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=161:chiens-amerindiens-chiens-francais-histoire-d-une-rencontre&amp;Itemid=307#23\">Retour au texte<\/a>]<\/h6>\n<h6>24 &#8211; Henri Hubert et Marcel Mauss, &laquo;Essai sur la nature et la fonction du sacrifice (1899), dans Marcel Mauss, &OElig;uvres, t. 1, Paris, &Eacute;dictions de Minuit, 1968, p. 204-206; &Eacute;lisabeth de Fontenay, <em>Le silence des b&ecirc;tes. La philosophie &agrave; l&#8217;&eacute;preuve de l&#8217;animalit&eacute;<\/em>, Paris, Fayard, 1998, p. 203.[<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=161:chiens-amerindiens-chiens-francais-histoire-d-une-rencontre&amp;Itemid=307#24\">Retour au texte<\/a>]<\/h6>\n<h6>25 &#8211; Gabriel Sagard, <em>op. cit.<\/em>, p.219 [310-311].[<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=161:chiens-amerindiens-chiens-francais-histoire-d-une-rencontre&amp;Itemid=307#25\">Retour au texte<\/a>]<\/h6>\n<h6>26 &#8211; Ibid. p.221 [313] [<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=161:chiens-amerindiens-chiens-francais-histoire-d-une-rencontre&amp;Itemid=307#26\">Retour au texte<\/a>]<\/h6>\n<h6>27 &#8211; Henry S. Sharp, &laquo; Man: wolf: woman: dog &raquo; <em>Arctic Anthropology<\/em>, 1976, XIII, 1, p 28.[<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=161:chiens-amerindiens-chiens-francais-histoire-d-une-rencontre&amp;Itemid=307#27\">Retour au texte<\/a>]<\/h6>\n<h6>28 &#8211; Louis Nicolas, <em>op. cit.<\/em>, f. 67.[<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=161:chiens-amerindiens-chiens-francais-histoire-d-une-rencontre&amp;Itemid=307#28\">Retour au texte<\/a>]<\/h6>\n<h6>29 &#8211; Ibid.f. 67.[<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=161:chiens-amerindiens-chiens-francais-histoire-d-une-rencontre&amp;Itemid=307#29\">Retour au texte<\/a>]<\/h6>\n<h6>30 &#8211; Ibid., f. 67-68.[<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=161:chiens-amerindiens-chiens-francais-histoire-d-une-rencontre&amp;Itemid=307#30\">Retour au texte<\/a>]<\/h6>\n<h6>31 &#8211; Ibid. f. 83. Virginia DeJohn Anderson, <em>op. cit.<\/em>, p. 34.[<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=161:chiens-amerindiens-chiens-francais-histoire-d-une-rencontre&amp;Itemid=307#31\">Retour au texte<\/a>]<\/h6>\n<h6>32 &#8211; Ibid. f. 83-84. [<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=161:chiens-amerindiens-chiens-francais-histoire-d-une-rencontre&amp;Itemid=307#31\">Retour au texte<\/a>]<\/h6>\n<h6>33 &#8211; Ibid. f. 78-79, 145-151.[<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=161:chiens-amerindiens-chiens-francais-histoire-d-une-rencontre&amp;Itemid=307#33\">Retour au texte<\/a>]<\/h6>\n<h6>34 &#8211; Katherine C. Grier, <em>Pets in America, A History<\/em>, Chapel Hill, The University of North Carolina Press, 2006, p. 20.[<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=161:chiens-amerindiens-chiens-francais-histoire-d-une-rencontre&amp;Itemid=307#33\">Retour au texte<\/a>]<\/h6>\n<h6>35 &#8211; Ibid. t. 7, (1634-1635), p. 222.[<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=161:chiens-amerindiens-chiens-francais-histoire-d-une-rencontre&amp;Itemid=307#35\">Retour au texte<\/a>]<\/h6>\n<h6>36 &#8211; Ibid; Vernon W. Kinietz, op. cit., p.284. [<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=161:chiens-amerindiens-chiens-francais-histoire-d-une-rencontre&amp;Itemid=307#35\">Retour au texte<\/a>]<\/h6>\n<h6>37 &#8211; L.G. Kohl, p. 37- 39. [<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=161:chiens-amerindiens-chiens-francais-histoire-d-une-rencontre&amp;Itemid=307#35\">Retour au texte<\/a>]<\/h6>\n<h6>38 &#8211; R. G. Thwaites, <em>op. cit.<\/em>, t, 17, (1639-40), p.12-14.[<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=161:chiens-amerindiens-chiens-francais-histoire-d-une-rencontre&amp;Itemid=307#35\">Retour au texte<\/a>]<\/h6>\n<h6>39 &#8211; R. G. Thwaites, <em>op. cit.<\/em>, t. 27, (1642), p. 214. [<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=161:chiens-amerindiens-chiens-francais-histoire-d-une-rencontre&amp;Itemid=307#35\">Retour au texte<\/a>]<\/h6>\n<h6>&nbsp;<\/h6>\n<h6><a title=\"credit\" name=\"credit\"><\/a>Cr&eacute;dit : Biblioth&egrave;que et Archives Canada, no d&#8217;acc 1948-112-1<\/h6>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>France-Nouvelle-France, la pharmacie civile et urbaine au XVIII&egrave;me si&egrave;cle.Quelques donn&eacute;es &Agrave; mon chien Cao pour m&#8217;avoir beaucoup inspir&eacute;. par Denys Del&acirc;geD&eacute;partement de Sociologie et centre de recherche CIERAUniversit&eacute; LavalQu&eacute;bec &nbsp; * Cet article constitue une&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[37],"tags":[],"class_list":["post-6005","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-bulletin-n23-decembre-2007"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6005","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6005"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6005\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6795,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6005\/revisions\/6795"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6005"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6005"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6005"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}