{"id":6019,"date":"2008-07-11T00:42:43","date_gmt":"2008-07-11T04:42:43","guid":{"rendered":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/pionniers-et-pionnieres-de-touraine-en-nouvelle-france\/"},"modified":"2024-05-14T17:06:10","modified_gmt":"2024-05-14T21:06:10","slug":"pionniers-et-pionnieres-de-touraine-en-nouvelle-france","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/pionniers-et-pionnieres-de-touraine-en-nouvelle-france\/","title":{"rendered":"Pionniers et pionni\u00e8res de Touraine en Nouvelle-France"},"content":{"rendered":"<h2 align=\"center\">Pionniers et pionni&egrave;res de Touraine en Nouvelle-France *<\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h5>par Fran&ccedil;oise Deroy-Pineau<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=188:pionniers-et-pionnieres-de-touraine-en-nouvelle-france&amp;Itemid=328#source\"><sup>1<\/sup><\/a><\/h5>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<table border=\"0\" style=\"margin-left: 10px; margin-bottom: 10px; width: 276px; float: right;\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-content\/uploads\/images\/stories\/bulletin25\/pionniers_touraine_nouvelle_france.jpg\" alt=\"pionniers touraine nouvelle france\" title=\"Pionniers Tourrainre Nouvelle-France\" \/><\/p>\n<h6>Fran&ccedil;oise Deroy-Pineau lors d&#8217;une conf&eacute;rence donn&eacute;e au campus de Longueuil le 13 mars 2008<\/h6>\n<h6>Cr&eacute;dit : Gilles Durand<\/h6>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Statistiquement, la Touraine ne repr&eacute;sente que 1,5% des pionniers fondateurs, p&egrave;res et m&egrave;res de la Nouvelle- France. C&rsquo;est peu par rapport au Perche, &agrave; la Normandie et au Poitou-Charentes. Cependant, la proximit&eacute; avec le pouvoir royal de l&rsquo;&eacute;poque en a fait le lieu d&rsquo;origine de personnalit&eacute;s marquantes dans l&rsquo;histoire de la Nouvelle-France.<\/p>\n<p>La Touraine (actuel d&eacute;partement d&rsquo;Indre-et-Loire) est &agrave; l&rsquo;ouest de la r&eacute;gion Centre de la France. Elle est arros&eacute;e par la Loire et trois de ses affluents : le Cher, l&rsquo;Indre et la Vienne. Ce sont les principales voies de circulation jusqu&rsquo;&agrave; l&rsquo;&eacute;poque contemporaine.<\/p>\n<p>Tours est la capitale de la Touraine. Sa richesse remonte au roi Louis XI qui en fit, au XVe si&egrave;cle, la capitale de la France. Il reste de cette p&eacute;riode de tr&egrave;s belles maisons et &eacute;glises. Au XVI<sup>e<\/sup> si&egrave;cle, le roi Fran&ccedil;ois 1er r&eacute;side souvent en son ch&acirc;teau d&rsquo;Amboise (&agrave; l&rsquo;est de Tours) o&ugrave; il fait venir L&eacute;onard de Vinci. Un natif de cette ville est le premier Tourangeau en Nouvelle-France : il faisait partie de l&rsquo;&eacute;quipage de Jacques Cartier dont Rabelais (de Chinon) connaissait l&rsquo;un des capitaines. Tourangeaux et Tourangelles, au XVIIe si&egrave;cle, celui de la fondation de la Nouvelle-France, demeurent proches de la cour et du pouvoir. Ils sont bien inform&eacute;s des nouveaut&eacute;s et du Nouveau Monde. Mais le Canada a mauvaise r&eacute;putation et la province ne manque de rien. Donc, ses natifs ne sont pas port&eacute;s &agrave; &eacute;migrer. Toutefois, un certain nombre d&rsquo;intr&eacute;pides compteront parmi les p&egrave;res et m&egrave;res de la Nouvelle-France.<\/p>\n<p>Qui est pionnier ou pionni&egrave;re ? Selon le crit&egrave;re choisi, le nombre des colons partis de Touraine vers le Canada peut varier de 33 &agrave; plus de 200. Nous en avons rep&eacute;r&eacute; environ 150, sans compter les dizaines partis en Acadie et introuvables, car les registres d&rsquo;&eacute;tat civil n&rsquo;y existent plus depuis le &laquo; Grand D&eacute;rangement &raquo;. L&rsquo;ensemble des pionniers de Touraine vient principalement de Tours, Loches, Chinon et Amboise et autres lieux le long des rivi&egrave;res. Ils se r&eacute;partissent &ndash; grossi&egrave;rement &ndash; en six vagues d&rsquo;&eacute;migration correspondant &agrave; des dates-cl&eacute;s de la fondation de la Nouvelle-France.<\/p>\n<ol>\n<li>1632 : plusieurs dizaines de futurs Acadiens, men&eacute;s par le commandeur de Razilly, de Chinon (1587-1635), le controvers&eacute; Menou-d&rsquo;Aulnay et Nicolas Denys, de Tours.<\/li>\n<li>1639 : Marie Guyard de l&rsquo;Incarnation et sa suite arrivent &agrave; Qu&eacute;bec.<\/li>\n<li>1650 : la fameuse famille Simon Denys d&eacute;barque &agrave; Qu&eacute;bec via l&rsquo;Acadie.<\/li>\n<li>1653 : sept membres de la &laquo; Grande recrue &raquo; viennent conforter la fondation de Montr&eacute;al.<\/li>\n<li>1665 : onze soldats + un officier du r&eacute;giment de Carignan-Sali&egrave;res (26 autres soldats au cours du temps).<\/li>\n<li>1665-1673 : quatre &laquo; Filles du Roi &raquo; viennent se marier et s&rsquo;installer dans la vall&eacute;e laurentienne. La plus fertile est Jeanne Languille d&rsquo;Artannes, anc&ecirc;tre des Allard. Elle aura 8 enfants et 26 481 descendants mari&eacute;s au seuil du XX<sup>e<\/sup> si&egrave;cle.<\/li>\n<\/ol>\n<p>Gervais (ou Gervaise), de Souvign&eacute; et Perthuis dit Lalime, d&rsquo;Amboise l&rsquo;ont surpass&eacute;e. Chr&eacute;tien de Loches, Chagnon de (La Haye)-Descartes, B&eacute;nard de Villiers-au-Bouin, Chouinard de Beaumont-la-Ronce, Danis, de Montlouis, Testu du Tilly, de Panzoult, Marie dit Sainte-Marie sont aussi des Tourangeaux prolifiques qui ont particip&eacute; &agrave; la naissance du nouveau pays.<\/p>\n<p>D&rsquo;autres pionniers ont &eacute;t&eacute; moins prolifiques, mais leur &oelig;uvre a compt&eacute;, car ils furent des administrateurs de talent. Louis Rouer de Villeray (Amboise, 1629 &ndash; Qu&eacute;bec, 1700), soldat, puis procureur et premier membre du conseil souverain, se distingue par sa carri&egrave;re et son go&ucirc;t d&rsquo;apprendre, tout au long de sa vie, le commerce, l&rsquo;agriculture et le droit. Sa vaste biblioth&egrave;que, chose rare &agrave; l&rsquo;&eacute;poque, en a fait foi. Thomas-Jacques Taschereau de Sapaill&eacute; (Tours, 1680 &ndash; Qu&eacute;bec, 1749), secr&eacute;taire de l&rsquo;intendant B&eacute;gon en 1726, a d&eacute;velopp&eacute; la Beauce qu&eacute;b&eacute;coise.<\/p>\n<p>Enfin, des c&eacute;l&eacute;brit&eacute;s n&rsquo;ont pas fait souche outre-Atlantique, mais y ont laiss&eacute; trace dans l&rsquo;Histoire :<\/p>\n<ul>\n<li>le chevalier Huault de Montmagny (Tourangeau par son grand-p&egrave;re d&rsquo;Azay-le-Rideau), premier gouverneur apr&egrave;s Champlain ;<\/li>\n<li>Pierre Le Voyer d&rsquo;Argenson (de Mouzay), 3e gouverneur ;<\/li>\n<li>Jacques du Chesneau, intendant, de Tours ;<\/li>\n<li>Jacques de Meulles (intendant, Tourangeau par sa m&egrave;re) ;<\/li>\n<li>Jean Bochart (intendant dont l&rsquo;&eacute;pouse est Tourangelle) ;<\/li>\n<li>Fran&ccedil;ois Bigot, le dernier intendant qui souleva le scandale ;<\/li>\n<li>les marchands Fran&ccedil;ois Hazeur et Denis Riverin ;<\/li>\n<li>les missionnaires Claude Trouv&eacute; et Jean-Mand&eacute; Sigogne.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Le cas de Paul-Joseph Lemoyne de Longueuil, n&eacute; &agrave; Longueuil, pr&egrave;s de Montr&eacute;al, et militaire &agrave; la triste destin&eacute;e m&eacute;rite une mention : il a &eacute;t&eacute; charg&eacute; de veiller sur les familles des officiers fran&ccedil;ais rapatri&eacute;s en Touraine apr&egrave;s la conqu&ecirc;te anglaise de 1760.<\/p>\n<p>Aucun (ou presque) de ces premiers colons n&rsquo;aurait pu survivre sans l&rsquo;aide apport&eacute;e par les ursulines de Qu&eacute;bec, fond&eacute;es par la Tourangelle Marie Guyard de l&rsquo;Incarnation consid&eacute;r&eacute;e comme le troisi&egrave;me personnage de la Nouvelle-France apr&egrave;s Cartier et Champlain. D&egrave;s le d&eacute;but de la colonie, elle s&rsquo;est av&eacute;r&eacute;e une personne pivot essentielle. Lors d&rsquo;une p&eacute;riode critique &agrave; la suite de l&rsquo;incendie du premier monast&egrave;re construit par elle (sur le mod&egrave;le de celui qui est actuellement une &eacute;cole de musique et qu&rsquo;elle avait vu construire), les principaux habitants de Qu&eacute;bec ont d&eacute;cid&eacute;, en 1651, de placer la reconstruction du monast&egrave;re en priorit&eacute; nationale. M&ecirc;me les conqu&eacute;rants anglais ont gard&eacute; les ursulines &agrave; Qu&eacute;bec (comme les autres religieuses) et confi&eacute; leurs filles &agrave; leur &eacute;ducation. La mani&egrave;re dont Marie Guyard a mobilis&eacute; ses r&eacute;seaux sociaux est typique de la d&eacute;termination des personnes-cl&eacute;s parmi les pionniers lors de la naissance de la population de Nouvelle-France.<\/p>\n<p>La premi&egrave;re grammaire fran&ccedil;aise est arriv&eacute;e &agrave; Qu&eacute;bec avec les ursulines. On dit que c&rsquo;est en Touraine que l&rsquo;on parle le meilleur fran&ccedil;ais et que ce sont les femmes &ndash; m&egrave;res de famille et enseignantes &ndash; qui ont gard&eacute; la langue fran&ccedil;aise en Am&eacute;rique du Nord. Cette co&iuml;ncidence n&rsquo;est peut-&ecirc;tre pas fortuite et suffirait &agrave; elle seule pour expliquer les liens toujours actuels entre Touraine, Qu&eacute;bec et Canada (jumelage entre les Villes de Tours et Trois-Rivi&egrave;res, centre franco-qu&eacute;b&eacute;cois interuniversitaire &agrave; l&rsquo;Universit&eacute; Fran&ccedil;ois-Rabelais de Tours, pr&eacute;sence de plusieurs associations franco-qu&eacute;b&eacute;coises et franco-canadiennes en Touraine).<\/p>\n<p>* R&eacute;sum&eacute; d&rsquo;une conf&eacute;rence prononc&eacute;e au Campus de Longueuil de l&rsquo;Universit&eacute; de Montr&eacute;al, le 13 mars 2008.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h6><a title=\"source\" name=\"source\"><\/a><sup>1<\/sup>Sources :<\/h6>\n<ul>\n<li>\n<h6>H.Charbonneau, B. Desjardins et al., 1987, <em>Naissance d&rsquo;une population. &Eacute;tude de d&eacute;mographie historique, Paris, PUF. Et pr&eacute;cisions du Programme de d&eacute;mographie historique de l&rsquo;Universit&eacute; de Montr&eacute;al<\/em> (PRDH).<\/h6>\n<\/li>\n<li>\n<h6>F.Deroy-Pineau<\/h6>\n<\/li>\n<li>\n<h6>1992, <em>Madeleine de La Peltrie, amazone du Nouveau Monde<\/em>, Montr&eacute;al, Bellarmin.<\/h6>\n<\/li>\n<li>\n<h6>1999 (1re &eacute;d. Robert Laffont, Paris, 1989), <em>Marie de l&rsquo;Incarnation, femme d&rsquo;affaires, mystique, m&egrave;re de la Nouvelle-France<\/em>, Montr&eacute;al, Bellarmin.<\/h6>\n<\/li>\n<li>\n<h6>2000 (coord.), <em>Marie de l&rsquo;Incarnation, un destin transoc&eacute;anique<\/em>, Paris, L&rsquo;Harmattan. Sp&eacute;cialement les articles de Brigitte Maillard, Idelette Ardouin et Pierre Leveel.<\/h6>\n<\/li>\n<li>\n<h6>Dub&eacute;, J.-C., 1984, <em>Les intendants de la Nouvelle-France<\/em>, Montr&eacute;al, Fides, coll. Fleur de Lys.<\/h6>\n<\/li>\n<li>\n<h6><em>Dictionnaire biographique du Canada en ligne<\/em><\/h6>\n<\/li>\n<li>\n<h6><em>Fichier origine<\/em><\/h6>\n<\/li>\n<li>\n<h6><em>Marie de l&rsquo;Incarnation, Correspondance (1971) et &Eacute;crits spirituels et historiques (1985), Ursulines de Qu&eacute;bec<\/em>.<\/h6>\n<\/li>\n<li>\n<h6>M. Trudel<\/h6>\n<\/li>\n<li>\n<h6>1976, <em>Montr&eacute;al, la formation d&rsquo;une soci&eacute;t&eacute; 1642-1663<\/em>, Montr&eacute;al, Fides<\/h6>\n<\/li>\n<li>\n<h6>1983, <em>Histoire de la Nouvelle-France<\/em>, III-2, Montr&eacute;al, Fides<\/h6>\n<\/li>\n<li>\n<h6>1999, <em>Les &eacute;coli&egrave;res des Ursulines de Qu&eacute;bec 1639-1686<\/em>, Montr&eacute;al, Hurtubise HMH<\/h6>\n<\/li>\n<li>\n<h6>2001, <em>Mythes et r&eacute;alit&eacute;s dans l&rsquo;histoire du Qu&eacute;bec<\/em> (tome 1), Montr&eacute;al, Hurtubise HMH, Biblio. qu&eacute;b.<\/h6>\n<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pionniers et pionni&egrave;res de Touraine en Nouvelle-France * &nbsp; &nbsp; par Fran&ccedil;oise Deroy-Pineau1 &nbsp; Fran&ccedil;oise Deroy-Pineau lors d&#8217;une conf&eacute;rence donn&eacute;e au campus de Longueuil le 13 mars 2008 Cr&eacute;dit : Gilles Durand Statistiquement, la Touraine&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[38],"tags":[],"class_list":["post-6019","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-bulletin-n25-mai-2008"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6019","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6019"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6019\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6823,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6019\/revisions\/6823"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6019"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6019"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6019"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}