{"id":6032,"date":"2008-07-11T00:33:33","date_gmt":"2008-07-11T04:33:33","guid":{"rendered":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/lheritage-linguistique-que-le-quebec-partage-avec-la-france-la-3e-journee-quebecoise-des-dictionnaires\/"},"modified":"2024-05-14T17:06:10","modified_gmt":"2024-05-14T21:06:10","slug":"lheritage-linguistique-que-le-quebec-partage-avec-la-france-la-3e-journee-quebecoise-des-dictionnaires","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/lheritage-linguistique-que-le-quebec-partage-avec-la-france-la-3e-journee-quebecoise-des-dictionnaires\/","title":{"rendered":"L&#8217;h\u00e9ritage linguistique que le Qu\u00e9bec partage avec la France : la 3e Journ\u00e9e qu\u00e9b\u00e9coise des dictionnaires"},"content":{"rendered":"<h2 align=\"center\">L&#8217;h&eacute;ritage linguistique que le Qu&eacute;bec partage avec la France :<br \/>la 3e Journ&eacute;e qu&eacute;b&eacute;coise des dictionnaires<\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h5>par Gilles Durand<\/h5>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<table border=\"0\" style=\"margin-left: 10px; margin-bottom: 10px; width: 199px; float: right;\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-content\/uploads\/images\/stories\/bulletin25\/heritage_linguistique_dictionnaires.jpg\" alt=\"heritage linguistique dictionnaires\" title=\"H&eacute;ritage lingusitique dictionnaire\" \/><\/p>\n<h6>Monique C. Cormier, conceptrice de la Journ&eacute;e qu&eacute;b&eacute;coise des dictionnaires<\/h6>\n<h6>Cr&eacute;dit : Universit&eacute; de Montr&eacute;al<\/h6>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Le 4 avril 2008 se d&eacute;roule la 3<sup>e<\/sup> journ&eacute;e qu&eacute;b&eacute;coise des dictionnaires. L&#8217;amphith&eacute;&acirc;tre du Mus&eacute;e des beaux-arts de Qu&eacute;bec est compl&egrave;tement rempli. Conf&eacute;renciers qu&eacute;b&eacute;cois et fran&ccedil;ais se succ&egrave;dent pour exposer le chemin parcouru par les lexicographes qu&eacute;b&eacute;cois et fran&ccedil;ais depuis la Nouvelle-France jusqu&#8217;&agrave; aujourd&#8217;hui, et pour pr&eacute;senter leur apport au cours de la m&ecirc;me p&eacute;riode.<\/p>\n<p><strong>Le fran&ccedil;ais d&rsquo;usage en Nouvelle-France<\/strong><\/p>\n<p>Les premiers arrivants fran&ccedil;ais am&egrave;nent dans la vall&eacute;e du Saint-Laurent leur langue, celle de l&#8217;&Icirc;le-de-France d&eacute;j&agrave; r&eacute;pandue &agrave; l&#8217;&eacute;poque au centre, au nord et &agrave; l&#8217;ouest de la France. En m&ecirc;me temps, l&#8217;&eacute;lite surtout, membres des communaut&eacute;s religieuses, administrateurs et repr&eacute;sentants du pouvoir royal, prend soin d&#8217;apporter dans ses bagages des imprim&eacute;s, en particulier des dictionnaires, qui lui permettent de confirmer ou d&#8217;infirmer sa fa&ccedil;on de parler et d&#8217;&eacute;crire. Le livre import&eacute; de l&rsquo;Hexagone conserve alors toute son importance dans un pays d&eacute;pourvu &agrave; l&#8217;origine d&#8217;imprimerie, de biblioth&egrave;que publique, de librairie et m&ecirc;me de journal.<\/p>\n<p><strong>L&#8217;&eacute;volution de la langue apr&egrave;s la Conqu&ecirc;te<br \/><\/strong><br \/>D&egrave;s le d&eacute;but du 17<sup>e<\/sup> si&egrave;cle, au contact du nouveau continent, la langue &eacute;volue. Des mots nouveaux apparaissent, tant&ocirc;t pour d&eacute;signer des r&eacute;alit&eacute;s nouvelles, tant&ocirc;t comme une cons&eacute;quence de la perception que les coloniaux entretiennent de leurs relations avec la France &ndash; d&eacute;sir d&rsquo;autonomie, fid&eacute;lit&eacute; &agrave; la m&egrave;re patrie &#8211;, par exemple les termes &laquo; habitant &raquo;, &laquo; canadien &raquo; et &laquo; canadien-fran&ccedil;ais &raquo;. Les nouveaux venus sentent le besoin tant&ocirc;t de se conformer aux fa&ccedil;ons de s&rsquo;exprimer de leur pays d&rsquo;origine, tant&ocirc;t de se diff&eacute;rentier du paysan de l&#8217;Hexagone. &Agrave; la suite de la conqu&ecirc;te de la Nouvelle-France par les Anglais en 1760, les ponts sont coup&eacute;s entre le Qu&eacute;bec et la France. Isol&eacute;s, les Qu&eacute;b&eacute;cois font appel &agrave; des anglicismes pour d&eacute;signer des r&eacute;alit&eacute;s de tous les jours et, il faut bien l&#8217;avouer, ils ne sont pas sans permettre la contamination de leur langue par quelques bact&eacute;ries, barbarismes et autres &laquo;jouals&raquo;. Au cours du 19e si&egrave;cle, des Canadiens fran&ccedil;ais prennent conscience de cet &eacute;cart entre leur langage et celui de la France, &eacute;cart d&#8217;autant plus important que le fran&ccedil;ais de la vall&eacute;e du Saint-Laurent avait &eacute;volu&eacute; plus lentement que celui de la France apr&egrave;s 1760.<\/p>\n<p><strong>Les glossairistes puristes<\/strong><\/p>\n<p>Cette prise de conscience a des r&eacute;percussions importantes au lendemain de l&#8217;&eacute;chec des r&eacute;bellions, provoquant un r&eacute;alignement inconditionnel de certains lexicographes qu&eacute;b&eacute;cois, tel Thomas Maguire, sur la langue en usage dans l&#8217;Hexagone. Pour eux, la cause de cet &eacute;cart est due &agrave; la contamination du fran&ccedil;ais canadien par l&#8217;anglais et par le laisser-aller de leurs compatriotes. Plut&ocirc;t que de tenter de dresser un inventaire exhaustif des mots et des tournures employ&eacute;s dans le langage courant afin de disposer de toute l&rsquo;information n&eacute;cessaire pour porter un jugement de valeur, ils adoptent plut&ocirc;t une attitude de d&eacute;nigrement. Par leurs glossaires de type correctif et m&eacute;lioratif, ils tentent de provoquer un retour au fran&ccedil;ais de France.<\/p>\n<p><strong>La description avant le jugement de valeur<\/strong><\/p>\n<p>D&#8217;autres glossairistes qu&eacute;b&eacute;cois empruntent cependant une voie diff&eacute;rente. &Agrave; compter de 1880 surtout, ils d&eacute;passent l&#8217;explication de la d&eacute;g&eacute;n&eacute;rescence de la langue par les anglicismes et le laisser-aller de leurs compatriotes qu&eacute;b&eacute;cois pour aller au fond des choses. Au lieu de condamner, ils entreprennent la pr&eacute;paration d&#8217;inventaires et de r&eacute;pertoires des qu&eacute;b&eacute;cismes accompagn&eacute;s d&#8217;explications. Par l&agrave;, ils sont en mesure d&#8217;aller au-del&agrave; de la perception du langage des Canadiens fran&ccedil;ais comme une langue conservatrice, c&#8217;est-&agrave;-dire rest&eacute;e conforme au fran&ccedil;ais des 17<sup>e<\/sup> et 18<sup>e<\/sup> si&egrave;cles, pour d&eacute;couvrir la richesse des mots et des tournures qui ont pris naissance en terre qu&eacute;b&eacute;coise. De tels travaux, accomplis m&eacute;thodiquement et d&rsquo;une fa&ccedil;on soutenue, contribuent &agrave; la revalorisation du fran&ccedil;ais canadien.<br \/><strong><br \/>La r&eacute;alit&eacute; qu&eacute;b&eacute;coise du c&ocirc;t&eacute; des lexicographes fran&ccedil;ais<\/strong><\/p>\n<p>L&rsquo;entr&eacute;e du continent nord-am&eacute;ricain, plus particuli&egrave;rement de la Nouvelle-France, dans les dictionnaires fran&ccedil;ais, progresse au rythme des d&eacute;couvertes. &Agrave; compter de la fin du 16<sup>e<\/sup> si&egrave;cle, des termes, tels &laquo; sauvage &raquo;, &laquo; castor &raquo;, &laquo; Canada &raquo;, &laquo; nouvelle France &raquo;, &laquo; Qu&eacute;bec &raquo;, &laquo; m&acirc;ture &raquo;, trouvent place dans de tels ouvrages. Avec la r&eacute;volution tranquille, les qu&eacute;b&eacute;cismes, revaloris&eacute;s, retiennent davantage l&rsquo;attention des Fran&ccedil;ais : &agrave; la fin des ann&eacute;es 1960, des termes en r&eacute;f&eacute;rence aux symboles du Qu&eacute;bec, tels &laquo; bleuet &raquo;, &laquo; coureur des bois &raquo;, &laquo; &eacute;pinette &raquo;, &laquo; poudrerie &raquo;, &laquo; tuque &raquo;, etc., trouvent place par exemple dans le Larousse. C&rsquo;est l&rsquo;entr&eacute;e de F&eacute;lix Leclerc chez Moli&egrave;re, dit-on.<\/p>\n<p><strong>D&rsquo;autres projets et pour en savoir davantage<\/strong><\/p>\n<p>Plusieurs projets de dictionnaires sont en cours &agrave; l&rsquo;heure actuelle. Mentionnons, &agrave; titre d&rsquo;exemple, le projet FRANCUS (fran&ccedil;ais qu&eacute;b&eacute;cois usage standard), men&eacute; &agrave; l&#8217;Universit&eacute; de Sherbrooke : tout en reconnaissant que plusieurs mots sont communs tant du c&ocirc;t&eacute; de la France que du c&ocirc;t&eacute; du Qu&eacute;bec, les auteurs pr&eacute;sentent la langue d&rsquo;usage en tenant compte de la r&eacute;alit&eacute; qu&eacute;b&eacute;coise, c&#8217;est-&agrave;-dire de son emploi au Qu&eacute;bec, de nos valeurs et des textes de notre litt&eacute;rature, sans taire pour autant l&#8217;emploi fran&ccedil;ais des mots. Pour en apprendre davantage, les lecteurs sont invit&eacute;s &agrave; consulter l&#8217;ouvrage <em>Les dictionnaires de la langue fran&ccedil;aise au Qu&eacute;bec de la Nouvelle-France &agrave; aujourd&#8217;hui<\/em>. Cette publication renferme les conf&eacute;rences prononc&eacute;es lors de la 3<sup>e<\/sup> Journ&eacute;e des dictionnaires (<a href=\"http:\/\/www.pum.umontreal.ca\/ca\/fiches\/978-2-7606-2087-2.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">et aussi d&#8217;autres expos&eacute;s compl&eacute;mentaires<\/a>).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&#8217;h&eacute;ritage linguistique que le Qu&eacute;bec partage avec la France :la 3e Journ&eacute;e qu&eacute;b&eacute;coise des dictionnaires &nbsp; par Gilles Durand &nbsp; Monique C. 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