{"id":6048,"date":"2008-07-13T15:33:59","date_gmt":"2008-07-13T19:33:59","guid":{"rendered":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/la-naissance-de-la-botanique-en-nouvelle-france\/"},"modified":"2024-05-14T17:06:12","modified_gmt":"2024-05-14T21:06:12","slug":"la-naissance-de-la-botanique-en-nouvelle-france","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/la-naissance-de-la-botanique-en-nouvelle-france\/","title":{"rendered":"La naissance de la botanique en Nouvelle-France"},"content":{"rendered":"<h2 align=\"center\">La naissance de la botanique en Nouvelle-France<\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h5>par Jacques Mathieu<br \/>Universit&eacute; Laval<\/h5>\n<p><strong><br \/>L&rsquo;auteur du premier livre de plantes du Canada<\/strong><\/p>\n<p>Le premier livre de plantes du Canada a &eacute;t&eacute; publi&eacute; &agrave; Paris en 1635, du temps o&ugrave; Samuel de Champlain, le fondateur de Qu&eacute;bec, vivait encore. L&rsquo;auteur, Jacques-Philippe Cornuti, est docteur r&eacute;gent de la Facult&eacute; de m&eacute;decine de Paris, tout comme son p&egrave;re. Il a termin&eacute; six ann&eacute;es d&rsquo;&eacute;tudes dont une, sous la supervision de Jean Robin, le responsable du Jardin des plantes de l&rsquo;&Eacute;cole de m&eacute;decine et &agrave; la m&ecirc;me &eacute;poque que Vespasien Robin, le fils du pr&eacute;c&eacute;dent, ainsi que d&rsquo;un apothicaire devenu c&eacute;l&egrave;bre en Nouvelle-France, Louis H&eacute;bert.<\/p>\n<p>L&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t de Cornuti pour la botanique se manifeste relativement t&ocirc;t. D&egrave;s 1623, alors qu&rsquo;il poursuit encore ses &eacute;tudes, il &eacute;crit deux petits po&egrave;mes en hommage &agrave; une publication de son ma&icirc;tre en botanique. Devenu m&eacute;decin en 1626, il s&rsquo;&eacute;loigne temporairement de l&rsquo;&eacute;tude des plantes. L&rsquo;ouverture annonc&eacute;e d&rsquo;un jardin royal des herbes m&eacute;dicinales et la perspective d&rsquo;y faire carri&egrave;re l&rsquo;ont sans doute incit&eacute; &agrave; pr&eacute;parer cette publication. Du moins, il ne m&eacute;nage ni sa peine, ni son argent pour produire une &oelig;uvre de qualit&eacute;.<\/p>\n<p>L&rsquo;ouvrage porte principalement sur la description de plantes du Nouveau Monde jusque-l&agrave; inconnues. Il est &eacute;crit en latin, seule langue universelle de communication scientifique &agrave; l&rsquo;&eacute;poque. Il vise ainsi &agrave; accro&icirc;tre le r&eacute;pertoire mondial des plantes. La structuration de l&rsquo;ouvrage, abandonnant l&rsquo;&eacute;l&eacute;mentaire ordre alphab&eacute;tique, s&rsquo;inspire des plus r&eacute;centes avanc&eacute;es dans le syst&egrave;me de classification par familles. L&rsquo;auteur pr&eacute;sente l&rsquo;esp&egrave;ce, puis il d&eacute;crit la vari&eacute;t&eacute; canadienne en en faisant ressortir les particularit&eacute;s.<\/p>\n<p>Il donne &agrave; son travail une saveur didactique par le recours &agrave; de nombreuses illustrations &ndash; en g&eacute;n&eacute;ral une figure par plante &ndash; et dont il produit une repr&eacute;sentation distincte et agrandie des fruits, des fleurs et de la racine. Les dessins, malgr&eacute; une certaine froideur scientifique, sont d&rsquo;une finesse et d&rsquo;une pr&eacute;cision exceptionnelles compte tenu des proc&eacute;d&eacute;s d&rsquo;impression de l&rsquo;&eacute;poque.<\/p>\n<p>Non seulement a-t-il &eacute;t&eacute; publi&eacute;, mais l&rsquo;&eacute;dition fut d&rsquo;une remarquable qualit&eacute; &agrave; de multiples points de vue. L&rsquo;ouvrage se voulait novateur sur le plan du contenu comme de la pr&eacute;sentation, dans ses perspectives scientifiques, esth&eacute;tiques et didactiques. Marie-Victorin consid&egrave;re qu&rsquo;il marque la naissance de la botanique am&eacute;ricaine. Par contre, il est demeur&eacute; relativement m&eacute;connu, encore de nos jours.<\/p>\n<p>Dans sa d&eacute;marche, l&rsquo;auteur combine tradition et innovation. Aux citations des travaux des savants de l&rsquo;Antiquit&eacute;, il ajoute le fruit de ses observations conduites sur le terrain. Ses descriptions concernent la forme et la disposition des feuilles, la longueur et le type de tiges et de racines, le nombre et la couleur des fleurs, ainsi que le moment de la floraison. De m&ecirc;me, il reprend en partie l&rsquo;&eacute;nonc&eacute; des vertus m&eacute;dicinales anciennes, mais il n&rsquo;h&eacute;site pas &agrave; en exp&eacute;rimenter lui-m&ecirc;me les propri&eacute;t&eacute;s et usages. Il go&ucirc;te, hume, diss&egrave;que, concocte des potions &agrave; partir de la feuille, de la fleur, du fruit ou de la racine.<\/p>\n<p>&Agrave; la partie principale de l&rsquo;ouvrage, consacr&eacute;e aux plantes de la Nouvelle-France, s&rsquo;ajoutent deux br&egrave;ves dissertations sur les plantes qui ouvrent la nuit et sur celles qui ouvrent &agrave; la chaleur. Ces exp&eacute;riences scientifiques vaudront encore pendant un si&egrave;cle. Enfin, il publie, sous forme de liste, un premier inventaire syst&eacute;matique des plantes des environs de Paris. Il proc&egrave;de sur la base des lieux d&rsquo;herborisation qui, de fait, demeureront privil&eacute;gi&eacute;s tout au long du si&egrave;cle suivant.<\/p>\n<p><strong>Le r&eacute;seau fran&ccedil;ais de Cornuti<\/strong><\/p>\n<p>Les Robin et Marin Mersenne, religieux et homme de science, ont jou&eacute; un r&ocirc;le central dans la carri&egrave;re botanique de Cornuti. Jean Robin, le p&egrave;re, responsable du jardin de l&rsquo;&Eacute;cole de m&eacute;decine, lui a enseign&eacute; pendant une ann&eacute;e l&rsquo;usage des plantes. Vespasien Robin, le fils du pr&eacute;c&eacute;dent, a suivi la m&ecirc;me formation et peut-&ecirc;tre en m&ecirc;me temps. Ce Vespasien, devenu sous-d&eacute;monstrateur au Jardin des plantes au moment de sa cr&eacute;ation en 1635, y a transport&eacute; les plantes du Canada, initialement mises en terre dans le jardin de l&rsquo;&Eacute;cole de m&eacute;decine. Grands collectionneurs, les Robin se pr&eacute;occupaient d&rsquo;obtenir des boutures et des racines de toutes les parties du monde. Dans ces jardins, Mersenne agr&eacute;mentait les promenades en dissertant sur les plantes et leurs vertus. C&rsquo;est dans ces jardins que Cornuti a pu mener la majorit&eacute; de ses observations visant &agrave; d&eacute;crire les plantes du Canada.<\/p>\n<p>Devenu m&eacute;decin en 1626, mais ayant une faible pratique, il offre ses services b&eacute;n&eacute;volement aux religieux minimes o&ugrave; &oelig;uvre Marin Mersenne. Ce dernier, l&rsquo;un des plus grands savants de cette &eacute;poque, est consid&eacute;r&eacute; comme le secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral de la pr&eacute;-Acad&eacute;mie des sciences. Cornuti put ainsi suivre de pr&egrave;s les d&eacute;bats sur les th&egrave;ses scientifiques des personnages les plus c&eacute;l&egrave;bres de l&rsquo;&eacute;poque, Ren&eacute; Descartes, Fabri de Peiresc, Charles de l&rsquo;&Eacute;cluse, Ambroise Par&eacute;, Galil&eacute;e, Conrad Gesner, Mathias Lobel, John Tradescant, John Parkinson.<\/p>\n<p><strong>Un deuxi&egrave;me r&eacute;seau de personnes en relation avec la Nouvelle-France<\/strong><\/p>\n<p>Cornuti a alors profit&eacute; de l&rsquo;existence d&rsquo;un deuxi&egrave;me r&eacute;seau de personnes, cette fois en relation avec la Nouvelle-France. La personne qui, dans la colonie d&rsquo;Am&eacute;rique, pouvait rep&eacute;rer les plantes du Canada inconnues jusque-l&agrave; en France devait absolument poss&eacute;der une connaissance intime des plantes. Seul l&rsquo;apothicaire Louis H&eacute;bert avait une semblable comp&eacute;tence. Le relev&eacute; des dates d&rsquo;entr&eacute;e des plantes en France, soit entre 1621 et 1627, correspond aux ann&eacute;es o&ugrave; Louis H&eacute;bert vit &agrave; Qu&eacute;bec avec sa famille, soit de 1617 &agrave; 1627. Au surplus, Louis H&eacute;bert a sans doute fait ses &eacute;tudes d&rsquo;apothicaire sous la supervision de Robin p&egrave;re et vraisemblablement durant la m&ecirc;me p&eacute;riode que le fils Robin. Enfin, un fr&egrave;re de Louis H&eacute;bert, Jacques, a v&eacute;cu chez les Minimes de 1588 &agrave; 1632. Il y a d&rsquo;ailleurs &eacute;t&eacute; rejoint en 1632 par Eustache Boull&eacute;, le beau-fr&egrave;re de Samuel de Champlain, qui avait &eacute;galement v&eacute;cu &agrave; Qu&eacute;bec de 1619 &agrave; 1629. Tout un faisceau d&rsquo;&eacute;l&eacute;ments et un r&eacute;seau complexe de personnes convergent ainsi pour identifier les initiateurs de la publication du premier livre de plantes du Canada.<\/p>\n<p>Ce livre n&rsquo;a pas connu de succ&egrave;s d&rsquo;audience. Sa publication en latin, l&rsquo;absence de traduction avant la deuxi&egrave;me moiti&eacute; du XXe si&egrave;cle et le d&eacute;faut d&rsquo;identification du personnage de la Nouvelle-France qui en a rendu possible la r&eacute;alisation expliquent sans doute ce relatif anonymat. Par contre, parmi les plants qui y sont d&eacute;crits, le Robinier faux acacia (du nom m&ecirc;me de Robin) est devenu l&rsquo;une des esp&egrave;ces d&rsquo;arbres les plus r&eacute;pandues dans les parcs europ&eacute;ens. Le grand Linn&eacute; a donn&eacute; au Thalictrum le nom de Cornuti pour signaler son apport &agrave; la botanique. Et si l&rsquo;on n&rsquo;avait pas fait de Louis H&eacute;bert l&rsquo;Abraham de la colonie parce qu&rsquo;il est venu avec sa famille ou encore le premier agriculteur &agrave; cause de son jardin, on aurait pu, &agrave; juste titre, voir en lui le p&egrave;re de la botanique nord-am&eacute;ricaine.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<table border=\"0\" style=\"margin-right: 10px; margin-bottom: 10px; width: 125px; float: left;\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-content\/uploads\/images\/stories\/bulletin25\/botanique_nouvelle_france.jpg\" alt=\"botanique nouvelle france\" title=\"Le premier livre de plantes du Canada\" \/><\/p>\n<h6>Source : Les Presses de l&rsquo;Universit&eacute; Laval<\/h6>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Pour en savoir plus : Jacques Mathieu, avec la collaboration d&rsquo;Andr&eacute; Daviault. <a href=\"http:\/\/www.pulaval.com\/catalogue\/premier-livre-plantes-canada-les-enfants-3381.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Le premier livre de plantes de la Nouvelle-France. Les enfants des bois du Canada au jardin du roi &agrave; Paris en 1635<\/a>. Qu&eacute;bec, Les Presses de l&rsquo;Universit&eacute; Laval, 1998, 331p.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La naissance de la botanique en Nouvelle-France &nbsp; par Jacques MathieuUniversit&eacute; Laval L&rsquo;auteur du premier livre de plantes du Canada Le premier livre de plantes du Canada a &eacute;t&eacute; publi&eacute; &agrave; Paris en 1635, du&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[38],"tags":[],"class_list":["post-6048","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-bulletin-n25-mai-2008"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6048","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6048"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6048\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6838,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6048\/revisions\/6838"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6048"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6048"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6048"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}