{"id":6053,"date":"2008-07-15T00:54:24","date_gmt":"2008-07-15T04:54:24","guid":{"rendered":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/jean-francois-gaultier-medecin-du-roi-meteorologue-1742-1756\/"},"modified":"2024-05-14T17:06:12","modified_gmt":"2024-05-14T21:06:12","slug":"jean-francois-gaultier-medecin-du-roi-meteorologue-1742-1756","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/jean-francois-gaultier-medecin-du-roi-meteorologue-1742-1756\/","title":{"rendered":"Jean-Fran\u00e7ois Gaultier, m\u00e9decin du roi m\u00e9t\u00e9orologue (1742-1756)"},"content":{"rendered":"<h2 align=\"center\">Jean-Fran&ccedil;ois Gaultier, m&eacute;decin du roi m&eacute;t&eacute;orologue (1742-1756)<\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h5>par St&eacute;phanie T&eacute;sio<br \/>Docteur en Histoire, Universit&eacute; Laval<br \/>Docteur en Histoire, Universit&eacute; de Caen<\/h5>\n<p>C&rsquo;est l&agrave; toute la question de la relation entre climat et maladies.<br \/>Bien avant l&rsquo;&eacute;mergence des topographies m&eacute;dicales en France, les observations m&eacute;t&eacute;orologiques de Jean-Fran&ccedil;ois Gaultier se situent entre 1742 et 1756. Seules ses observations recueillies entre 1742 et 1748 sont connues. G&eacute;n&eacute;ralement, les derniers vaisseaux du roi quittent Qu&eacute;bec en octobre &agrave; cause du froid hivernal qui emp&ecirc;che toute navigation. En cons&eacute;quence, Jean-Fran&ccedil;ois Gaultier r&eacute;dige ses rapports de telle sorte qu&rsquo;ils embrassent une ann&eacute;e, d&rsquo;octobre &agrave; septembre &mdash; except&eacute; pour 1742, premi&egrave;re ann&eacute;e d&rsquo;observations, qui commence en novembre. Ainsi parvenu &agrave; Paris, chacun de ses rapports ou relev&eacute;s, appel&eacute;s &laquo; journal d&rsquo;observations botanico-m&eacute;t&eacute;orologiques &raquo; par Duhamel du Monceau, est lu par cet acad&eacute;micien devant l&rsquo;Acad&eacute;mie Royale des Sciences de Paris.<\/p>\n<p>Jour apr&egrave;s jour, mois apr&egrave;s mois, Jean-Fran&ccedil;ois Gaultier indique les temp&eacute;ratures en degr&eacute;s R&eacute;aumur dont le syst&egrave;me s&rsquo;approche de celui de Celsius, l&rsquo;&eacute;tat du ciel (nuageux, ensoleill&eacute;, pluvieux, etc.) et l&rsquo;orientation du vent. Cela permet de conna&icirc;tre le climat de Qu&eacute;bec &agrave; cette &eacute;poque, avec des temp&eacute;ratures saisonni&egrave;res bien contrast&eacute;es. Jean-Fran&ccedil;ois Gaultier s&rsquo;attarde &agrave; d&eacute;crire toutes les &eacute;tapes de la culture des bl&eacute;s, des fruits et des l&eacute;gumes et de la r&eacute;colte du sirop d&rsquo;&eacute;rable; il signale aussi les &eacute;v&eacute;nements comme les gel&eacute;es, les inondations et les &eacute;pid&eacute;mies de chenilles. Les maladies et les soins ne sont pas son propos central. Il s&rsquo;inscrit dans un mouvement appel&eacute; la &laquo; m&eacute;decine m&eacute;t&eacute;orologique &raquo; ou &laquo; m&eacute;decine a&eacute;riste &raquo;, mouvement cr&eacute;&eacute; par Hippocrate, remis en vigueur par Sydenham &agrave; la fin du XVII<em>e<\/em> si&egrave;cle et largement d&eacute;velopp&eacute; en Europe &agrave; partir des ann&eacute;es 1770 (<a href=\"http:\/\/www.ulaval.ca\/afi\/colloques\/colloque2003\/decouvreurs\/tesio.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/www.ulaval.ca\/afi\/colloques\/colloque2003\/decouvreurs\/tesio.html<\/a>).<\/p>\n<p>Jean-Fran&ccedil;ois Gaultier effectue ses observations le matin vers 7 ou 8 heures et l&rsquo;apr&egrave;s- midi vers 14 ou 15 heures &agrave; un endroit inconnu. Il &eacute;prouve des difficult&eacute;s &agrave; plusieurs reprises, particuli&egrave;rement lorsque les froids hivernaux deviennent intenses. Par exemple, les 20, 21 et 22 d&eacute;cembre 1742, la temp&eacute;rature est si basse que le liquide du thermom&egrave;tre se situe dans la boule de l&rsquo;appareil, en dessous du minimum et ne peut donc pas indiquer une temp&eacute;rature qui est suppos&eacute;e &ecirc;tre inf&eacute;rieure &agrave; celle du 19 d&eacute;cembre (-25&deg;). Pour rem&eacute;dier &agrave; ces inconv&eacute;nients, Duhamel du Monceau lui exp&eacute;die de nouveaux thermom&egrave;tres dans le courant de l&rsquo;ann&eacute;e 1743, thermom&egrave;tres &agrave; mercure mis au point par Delisle, sur lesquels le m&eacute;decin r&eacute;adapte une graduation calqu&eacute;e sur le syst&egrave;me de R&eacute;aumur.<\/p>\n<p>Les quatre saisons traditionnelles existent au Canada, mais ce sont l&rsquo;&eacute;t&eacute; et l&rsquo;hiver qui occupent le plus de place dans ses descriptions mensuelles. L&rsquo;&eacute;t&eacute; dure de mai &agrave; octobre et l&rsquo;hiver, de novembre &agrave; avril. Les saisons interm&eacute;diaires, le printemps et l&rsquo;automne, durent peu de temps, seulement quelques semaines en mai et en octobre. Sur les sept ans d&rsquo;observation, en hiver, lors des mois de janvier, f&eacute;vrier et mars, la temp&eacute;rature minimale est quasiment identique (c&rsquo;est-&agrave;-dire environ -30&deg;), et ce, en supposant que le thermom&egrave;tre ait &eacute;t&eacute; bien plac&eacute; et soit fiable. Jean-Fran&ccedil;ois Gaultier rapporte d&rsquo;ailleurs qu&rsquo;en hiver le fleuve Saint-Laurent g&egrave;le et conna&icirc;t des ponts de glace. Quant aux &eacute;t&eacute;s, sauf pour 1743, ils pr&eacute;sentent des maximales &eacute;lev&eacute;es (plus de 35&deg;). Entre ces deux saisons, les &eacute;carts sont donc plut&ocirc;t cons&eacute;quents.<\/p>\n<p>Le fleuve Saint-Laurent coulant Sud-Ouest\/Nord-Est, il est int&eacute;ressant de constater que les vents dominants observ&eacute;s sur quatre ann&eacute;es pleines (1743, 1744, 1745 et 1748) suivent le cours du fleuve. Leur fr&eacute;quence &eacute;tant de la plus haute &agrave; la plus basse : vents du Sud-Ouest, du Nord-Est &mdash; vent le plus froid selon Pehr Kalm &mdash; et du Nord-Ouest.<\/p>\n<p>Sur les 59 mois &eacute;tudi&eacute;s, entre 1742 et 1748, Jean-Fran&ccedil;ois Gaultier &eacute;voque &agrave; 13 reprises dans ses relev&eacute;s l&rsquo;influence de la m&eacute;t&eacute;orologie sur les maladies contract&eacute;es par les Canadiens. La plupart des mentions portent sur des r&eacute;percussions concr&egrave;tes du froid ou de la chaleur.<\/p>\n<p>Dans ces 59 mois, tout en sachant que plusieurs de ces maladies apparaissent dans chacun des mois, nous relevons : 51 cas de fi&egrave;vres ; 13 cas de maladies au niveau de la t&ecirc;te ; 8 cas de maladies au niveau de la gorge ; 43 cas de maladies pulmonaires (pleur&eacute;sies et p&eacute;ripneumonies) ; 23 maladies au niveau du ventre ; 1 cas de jaunisse ; 2 cas de coqueluche. Sur ces 141 mentions de maladies recens&eacute;es entre 1742 et 1748, il est clair que les fi&egrave;vres et les maladies pulmonaires dominent largement et occupent les 2\/3 des maladies recens&eacute;es.<\/p>\n<p>Les fi&egrave;vres sont pr&eacute;sentes toute l&rsquo;ann&eacute;e, m&ecirc;me si elles sont effectivement plus nombreuses en hiver qu&rsquo;en &eacute;t&eacute; : en hiver, les 34 mentions se classent ainsi : 13 putrides, 8 malignes, 6 continues, 3 miliaires, 2 &eacute;ph&eacute;m&egrave;res, 1 intermittente ; et les 18 mentions d&rsquo;&eacute;t&eacute; : 6 continues, 4 malignes putrides, 4 malignes, 2 &eacute;ph&eacute;m&egrave;res, 1 ardente, 1 vermineuse. Trois sortes de fi&egrave;vres r&egrave;gnent toute l&rsquo;ann&eacute;e : les putrides, les malignes et les continues.<\/p>\n<p>Ainsi, il faut retenir de Jean-Fran&ccedil;ois Gaultier, m&eacute;decin du roi en Nouvelle-France, qu&rsquo;il s&rsquo;occupe, en plus de ses fonctions officielles, de recueillir nombre de donn&eacute;es &agrave; caract&egrave;re scientifique pour les int&eacute;r&ecirc;ts de l&rsquo;Acad&eacute;mie Royale des Sciences de Paris et de ses membres. Lui et tous ses conf&egrave;res diss&eacute;min&eacute;s dans les autres colonies participent activement &agrave; cette volont&eacute; d&rsquo;accumuler les connaissances et de les r&eacute;pertorier sur l&rsquo;ensemble du globe.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Jean-Fran&ccedil;ois Gaultier, m&eacute;decin du roi m&eacute;t&eacute;orologue (1742-1756) &nbsp; par St&eacute;phanie T&eacute;sioDocteur en Histoire, Universit&eacute; LavalDocteur en Histoire, Universit&eacute; de Caen C&rsquo;est l&agrave; toute la question de la relation entre climat et maladies.Bien avant l&rsquo;&eacute;mergence des&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[38],"tags":[],"class_list":["post-6053","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-bulletin-n25-mai-2008"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6053","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6053"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6053\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6843,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6053\/revisions\/6843"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6053"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6053"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6053"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}