{"id":6060,"date":"2009-01-27T02:16:45","date_gmt":"2009-01-27T07:16:45","guid":{"rendered":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/administrateurs-de-nouvelle-france-venus-de-touraine\/"},"modified":"2024-05-14T17:06:13","modified_gmt":"2024-05-14T21:06:13","slug":"administrateurs-de-nouvelle-france-venus-de-touraine","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/administrateurs-de-nouvelle-france-venus-de-touraine\/","title":{"rendered":"Administrateurs de Nouvelle-France venus de Touraine"},"content":{"rendered":"<h2 align=\"center\">Administrateurs de Nouvelle-France venus de Touraine<\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h5>Brigitte Maillard<br \/>Professeur &eacute;m&eacute;rite d&rsquo;histoire moderne &agrave; l&rsquo;universit&eacute; de Tours<\/h5>\n<p>Parmi les administrateurs de la Nouvelle-France venus de Touraine, figurent des gouverneurs et lieutenants g&eacute;n&eacute;raux, des intendants et des membres du Conseil souverain. Les noms relev&eacute;s montrent que la pr&eacute;sence des Tourangeaux est notable au XVII<sup>e<\/sup> et au d&eacute;but du XVIII<sup>e<\/sup> si&egrave;cle, d&rsquo;abord sous le r&eacute;gime des Compagnies de commerce, puis apr&egrave;s la r&eacute;forme de 1663 qui voit l&rsquo;administration de la Nouvelle-France d&eacute;finitivement organis&eacute;e sur le mod&egrave;le fran&ccedil;ais, au temps o&ugrave; le pouvoir est bic&eacute;phale.<\/p>\n<p>Le dernier intendant de Nouvelle-France, Bigot, n&rsquo;est pas compris dans le corpus &eacute;tudi&eacute;; sa famille est ind&eacute;niablement d&rsquo;origine tourangelle (elle &eacute;tait li&eacute;e aux Bonneau, Fleuriau), mais elle a quitt&eacute; Tours vers 1619. Le c&eacute;l&egrave;bre gouverneur Buade de Frontenac avait quelques attaches avec la Touraine mais n&rsquo;est pas un vrai Tourangeau. Son grand-p&egrave;re avait achet&eacute; en 1606 la terre de Palluau qui se trouvait dans le bailliage de Ch&acirc;tillon-sur-Indre et relevait de la g&eacute;n&eacute;ralit&eacute; de Tours pour le temporel; Louis y v&eacute;cut quelques ann&eacute;es entre 1623 et 1630.<\/p>\n<p>Nous verrons dans un premier temps quel fut le r&ocirc;le des vrais pionniers au temps des compagnies de commerce, puis quels hommes administr&egrave;rent la Nouvelle-France apr&egrave;s la r&eacute;forme de 1663, enfin nous essaierons de distinguer quelques caract&egrave;res marquants de ce petit groupe de Tourangeaux.<\/p>\n<p><strong>I &ndash; Au temps des premiers pionniers<\/strong><\/p>\n<p>Le roi est repr&eacute;sent&eacute; par des gouverneurs et lieutenants g&eacute;n&eacute;raux qu&rsquo;il nomme. Le gouverneur de Nouvelle-France qui a les pr&eacute;rogatives d&rsquo;un vice-roi; il existe aussi des lieutenants g&eacute;n&eacute;raux ou gouverneurs particuliers. Pierre Voyer d&rsquo;Argenson fut gouverneur de Nouvelle-France de 1658 &agrave; 1661, soit 3 ans. Parmi les gouverneurs particuliers on note la pr&eacute;sence de plusieurs Tourangeaux : il s&rsquo;agit des gouverneurs d&rsquo;Acadie, Isaac de Razilly &agrave; la H&egrave;ve, et Menou d&rsquo;Aulnay (de 1635 &agrave; 1650, soit pendant 15 ans), et de la baie du Saint-Laurent, Nicolas Denys.<\/p>\n<p>Charles Menou d&rsquo;Aulnay mena une vie pleine d&rsquo;aventures ; troisi&egrave;me fils de Ren&eacute; conseiller d&rsquo;&Eacute;tat mort en mai 1651, il &eacute;tait d&rsquo;une vieille famille de noblesse moyenne, originaire du Lochois (Charnizay) ; en 1636, en France, il se maria avec Jeanne Mottin, fille d&rsquo;un associ&eacute; de Razilly. Il accompagna Champlain et Razilly dans l&rsquo;exp&eacute;dition partie en 1632 pour reprendre l&rsquo;Acadie et lancer s&eacute;rieusement la colonisation (s&rsquo;y trouvent aussi les fr&egrave;res Denys); il remporta diff&eacute;rents succ&egrave;s contre les Anglais (il reprend Port-Royal) et rentra &agrave; plusieurs reprises en France chercher des renforts (1633, 1636). Lorsque Razilly meurt en avril 1636, son fr&egrave;re Claude lui succ&egrave;de mais il ne traverse pas l&rsquo;Atlantique et Menou prend sa suite, sans avoir imm&eacute;diatement le titre de gouverneur; il transf&egrave;re le si&egrave;ge du gouvernement de la H&egrave;ve &agrave; Port-Royal. La colonisation se d&eacute;veloppe autour de Port-Royal. Son action fut contrari&eacute;e par le dur conflit qui l&rsquo;opposa &agrave; Charles de la Tour (originaire de Champagne o&ugrave; il est n&eacute; en 1593) arriv&eacute; en Acadie plus t&ocirc;t que Menou et nomm&eacute; lieutenant g&eacute;n&eacute;ral par le roi en 1631. En 1638, Louis XIII d&eacute;cida de partager le territoire entre Menou et de la Tour. En 1647, Menou l&rsquo;emporte et est nomm&eacute; gouverneur g&eacute;n&eacute;ral et seigneur de l&rsquo;Acadie; mais il meurt brutalement en 1650 et de la Tour eut alors sa revanche&hellip; et &eacute;pousa m&ecirc;me la veuve de Menou en 1653.<\/p>\n<p>Pierre Voyer d&rsquo;Argenson (1625-1709) appartient &agrave; une branche cadette des Voyer de Paulmy et d&rsquo;Argenson, vicomte de Mouzay, de tr&egrave;s ancienne noblesse (anoblie en 1375). C&rsquo;est le fils de Ren&eacute; qui fut entre autres grand bailli de Touraine; lui-m&ecirc;me re&ccedil;ut cette charge en 1643. Il fut gouverneur entre 1658 et 1661, donc au temps de Marie de l&rsquo;Incarnation qu&rsquo;il connut bien; il fut nomm&eacute; gouverneur gr&acirc;ce &agrave; la protection du pr&eacute;sident Lamoignon. Il eut &agrave; faire face &agrave; de violentes attaques des Iroquois qu&rsquo;il r&eacute;ussit &agrave; repousser malgr&eacute; la faiblesse de ses moyens. Il chercha &agrave; d&eacute;velopper la colonisation agricole (qui lui paraissait un bon moyen de repousser les Indiens en &eacute;tendant les zones contr&ocirc;l&eacute;es par les colons) aux d&eacute;pens de la traite des fourrures (dont la valeur avait baiss&eacute; &agrave; cause de leur abondance). Il entra en conflit avec Mgr de Laval, premier &eacute;v&ecirc;que de Qu&eacute;bec, surtout pour des raisons personnelles. N&rsquo;ayant pas demand&eacute; le renouvellement de son mandat il rentre en France en 1661, l&rsquo;ann&eacute;e o&ugrave; commence le gouvernement personnel de Louis XIV.<\/p>\n<p><strong>II &ndash; Les Tourangeaux en Nouvelle-France au temps des d&eacute;buts du &laquo; r&eacute;gime fran&ccedil;ais &raquo;<\/strong><\/p>\n<p>En 1663 la compagnie de la Nouvelle-France abandonne sa charte et le Canada passe sous l&rsquo;administration directe du roi; Louis XIV d&eacute;cide d&rsquo;y &eacute;tablir comme dans les provinces de France un &laquo; intendant de justice, police et finances, commissaire d&eacute;parti du roi &raquo; (dont il faut rappeler que m&ecirc;me en France les fonctions ne sont pas encore nettement d&eacute;finies) ; ainsi le gouverneur, qui reste n&eacute;anmoins le vice-roi et garde plus de pr&eacute;rogatives qu&rsquo;en France m&ecirc;me, n&rsquo;est plus le seul administrateur en chef. L&rsquo;intendant a la majorit&eacute; des pouvoirs civils mais il doit partager avec le gouverneur le pouvoir de conc&eacute;der les seigneuries, d&rsquo;accorder les droits de traite et de veiller au d&eacute;veloppement de la colonie. De plus un Conseil souverain est &eacute;tabli; r&eacute;organis&eacute; en 1675 il a des traits communs avec un parlement de province; il est compos&eacute; de sept conseillers, dont le gouverneur, l&rsquo;&eacute;v&ecirc;que de Qu&eacute;bec, l&rsquo;intendant. Dans chaque district, sont &eacute;tablis un gouverneur particulier et un d&eacute;l&eacute;gu&eacute; de l&rsquo;intendant. La Nouvelle-France d&eacute;pend, &agrave; Paris, du Contr&ocirc;leur g&eacute;n&eacute;ral et du secr&eacute;taire &agrave; la Marine, Colbert ayant concentr&eacute; les deux pouvoirs jusqu&rsquo;&agrave; sa mort en 1683. Il faut noter un point important : la v&eacute;nalit&eacute; des offices n&rsquo;est pas introduite en Nouvelle-France. Parmi les Tourangeaux arriv&eacute;s pendant cette p&eacute;riode, le premier est<\/p>\n<p>1 &ndash; L&rsquo;intendant Duchesneau de la Doussini&egrave;re et d&rsquo;Ambault, qui succ&egrave;de &agrave; Talon, mais apr&egrave;s trois ans de vacance du poste, exer&ccedil;a ses fonctions entre 1675 et 1682, soit 7 ans (ce qui est une dur&eacute;e importante). Le gouverneur est alors Frontenac, dans son premier mandat. Duchesneau descendait d&rsquo;un chambellan de Charles VII et de Robine Fum&eacute;e s&oelig;ur d&rsquo;Adam, ma&icirc;tre des requ&ecirc;tes et garde des Sceaux de France; ses a&iuml;eux assum&egrave;rent des fonctions dans la grande pr&eacute;v&ocirc;t&eacute; de France. Il &eacute;tait officier de finances (et non ma&icirc;tre des requ&ecirc;tes) puisqu&rsquo;il &eacute;tait, apr&egrave;s son p&egrave;re, tr&eacute;sorier de France &agrave; Tours; il conserva son office pendant son s&eacute;jour au Canada; la noblesse de sa famille, originaire du Berry, n&rsquo;est pas tr&egrave;s ancienne et il n&rsquo;est pas des plus fortun&eacute;s. Son p&egrave;re a &eacute;pous&eacute; une Robin, d&rsquo;une famille de marchands drapiers et &eacute;chevins de Tours, alli&eacute;e aux Quentin de Richebourg, et par l&agrave; aux Bonneau, Fleuriau, Pallu; par ce mariage il &eacute;tait entr&eacute; dans la parent&egrave;le de Jean-Baptiste Colbert; c&rsquo;est la protection de ce dernier qui permit &agrave; Duchesneau d&rsquo;&ecirc;tre nomm&eacute; intendant. Il arriva au Canada en ao&ucirc;t 1675 porteur de l&rsquo;&eacute;dit r&eacute;organisant le Conseil souverain. Il dut assumer toutes les fonctions d&rsquo;un intendant de province mais aussi participer, sous les ordres du gouverneur, &agrave; la lutte contre les Anglais et les Indiens, tenter de d&eacute;velopper l&rsquo;&eacute;conomie de la r&eacute;gion; entre 1676 et 1678 il fit faire un &laquo; papier terrier &raquo; (le deuxi&egrave;me de la colonie, apr&egrave;s celui r&eacute;alis&eacute; au temps de la compagnie des Cent Associ&eacute;s en 1667-1668). Pendant tout son mandat il se heurta au gouverneur sur des sujets comme la pr&eacute;sidence du Conseil souverain que le gouverneur entend assurer alors qu&rsquo;il n&rsquo;a qu&rsquo;un r&ocirc;le figuratif, le commerce des fourrures et de l&rsquo;alcool. Il fut &agrave; l&rsquo;origine du syst&egrave;me du &laquo; cong&eacute; de traite &raquo; &eacute;tabli en 1681 dans le but de limiter l&rsquo;afflux des fourrures et d&rsquo;emp&ecirc;cher les jeunes hommes de devenir &laquo; coureur des bois &raquo;; chaque ann&eacute;e gouverneur et intendant ne pouvaient d&eacute;livrer que 25 autorisations de faire ce commerce, cette permission concernant trois hommes et un canot. Cependant le commerce ne cessa pas et devint clandestin. Il soutint aussi l&rsquo;action de l&rsquo;&eacute;v&ecirc;que de Qu&eacute;bec, Mgr de Laval, dans sa lutte contre la vente de &laquo; l&rsquo;eau de feu &raquo; aux Indiens; en th&eacute;orie la vente d&rsquo;eau de vie fut interdite en dehors des &laquo; habitations &raquo; fran&ccedil;aises en 1679.<\/p>\n<p>Les deux hommes furent rappel&eacute;s la m&ecirc;me ann&eacute;e, Frontenac rentra ult&eacute;rieurement en gr&acirc;ce et revint en Nouvelle-France, mais pas Duchesneau qui mourut ruin&eacute; en 1696 (il dut vendre son office de tr&eacute;sorier).<\/p>\n<p>2 &ndash; Les membres du Conseil souverain<\/p>\n<p>Simon Denys en fut entre 1664-1666.<br \/>Denis Riverin , n&eacute; &agrave; Tours vers 1650, arrive au Canada comme secr&eacute;taire de l&rsquo;intendant Duchesneau en 1675 et semble avoir &eacute;t&eacute; tr&egrave;s actif; il devint membre titulaire du conseil en 1694 puis membre r&eacute;gulier en 1698; son s&eacute;jour en Nouvelle-France dura jusqu&rsquo;en 1702 date de son retour en France o&ugrave; il mourut en 1716 ou 1717. En 1710 il cessa ses fonctions au Conseil souverain mais il fut nomm&eacute; lieutenant g&eacute;n&eacute;ral de la pr&eacute;v&ocirc;t&eacute; de Qu&eacute;bec, fonctions qu&rsquo;il n&rsquo;occupa jamais mais dont il toucha les &eacute;moluments). Toutefois ses activit&eacute;s commerciales l&rsquo;emport&egrave;rent de loin sur ses fonctions administratives.<br \/>Louis Rouer du Villeray, originaire d&rsquo;Amboise (le fief familial &eacute;tait dans la paroisse de Poc&eacute;) n&eacute; en 1629 et mort &agrave; Qu&eacute;bec en 1700, &eacute;tait d&rsquo;une petite noblesse ancienne mais d&eacute;sargent&eacute;e; il partit t&ocirc;t pour le Canada (vers 20 ans) o&ugrave; il s&rsquo;&eacute;leva gr&acirc;ce &agrave; ses diff&eacute;rentes fonctions : il fut notaire, secr&eacute;taire (&agrave; partir de 1653) de deux gouverneurs (Jean de Lauson et Charles de Lauson de Charny son fils), juge-pr&eacute;v&ocirc;t de la c&ocirc;te de Beaupr&eacute;, lieutenant particulier de la s&eacute;n&eacute;chauss&eacute;e et commis receveur du magasin de la Compagnie de la Nouvelle-France; d&egrave;s la cr&eacute;ation du Conseil souverain il fut nomm&eacute; premier conseiller et assuma des fonctions importantes dans l&rsquo;ordre judiciaire et administratif. Il devint seigneur gr&acirc;ce &agrave; l&rsquo;h&eacute;ritage de son beau-p&egrave;re (Charles Sevestre) dont les affaires &eacute;taient tr&egrave;s embrouill&eacute;es, ce qui amena son gendre &agrave; se rendre trois fois en France, mais il put b&eacute;n&eacute;ficier du soutien du gouverneur d&rsquo;Argenson. Il soutint l&rsquo;action de l&rsquo;intendant Duchesneau et eut &agrave; faire face &agrave; l&rsquo;hostilit&eacute; de Frontenac mais il l&rsquo;emporta finalement; il eut de meilleurs rapports avec les gouverneurs suivants et en 1686. Sa carri&egrave;re est un bon exemple des diff&eacute;rentes fonctions &agrave; assumer au Canada et qui permettent une ascension sociale.<br \/>Thomas Jacques Taschereau de Lini&egrave;res (1680-1749) est le dernier tourangeau notable de cette histoire; fils de Christophe Taschereau de Sapaill&eacute; (fief ou ferme de la paroisse Saint-Symphorien); il fut secr&eacute;taire particulier de l&rsquo;intendant Dupuy (1726-1728), mais on ignore de quelle fa&ccedil;on les deux hommes se connurent. En 1728 il &eacute;pousa la petite-fille de l&rsquo;explorateur Jolliet ; nomm&eacute; en 1732 agent des tr&eacute;soriers g&eacute;n&eacute;raux de la marine au Canada, il entra en 1735 au Conseil souverain.<br \/>Rouer et Taschereau ont fait souche au Canada; ayant re&ccedil;u des terres en fief, ils ont pu &eacute;tendre leur seigneurie dont ils ont d&eacute;velopp&eacute; l&rsquo;exploitation, tout comme le fit Simon Denys.<\/p>\n<p>Ces hommes sont peu nombreux mais ils pr&eacute;sentent quelques caract&eacute;ristiques communes.<\/p>\n<p><strong>III &ndash; Points communs entre ces personnages<\/strong><\/p>\n<p>&Agrave; leurs origines g&eacute;ographiques s&rsquo;ajoute leur origine familiale : ils viennent tous de la noblesse moyenne de la province (sauf Riverin). Cette noblesse, d&rsquo;&eacute;p&eacute;e ou de robe, est parfois ancienne (Razilly ou d&rsquo;Argenson).<br \/>Ils sont &eacute;videmment tous catholiques (le Canada n&rsquo;a pas &eacute;t&eacute; une terre d&rsquo;accueil de dissidents religieux, au contraire de la Nouvelle-Angleterre); beaucoup ont d&eacute;velopp&eacute; de bons rapports avec l&rsquo;&eacute;v&ecirc;que, ainsi Duchesneau et Mgr de Laval.<br \/>Leur &laquo; destin &raquo; canadien s&rsquo;explique en partie par les soutiens dont ils ont b&eacute;n&eacute;fici&eacute; : les relations de famille et de &laquo; client&egrave;le &raquo; ont compt&eacute; : Razilly a &eacute;t&eacute; nomm&eacute; Lieutenant g&eacute;n&eacute;ral d&rsquo;Acadie sur l&rsquo;intervention du p&egrave;re Joseph. Menou d&rsquo;Aulnay est cousin de Razilly; l&rsquo;intendant Duchesneau &eacute;tait dans la client&egrave;le de Colbert dont il a eu le soutien dans ses d&eacute;m&ecirc;l&eacute;s avec Frontenac.<br \/>Dans l&rsquo;ensemble ils n&rsquo;&eacute;taient pas tr&egrave;s fortun&eacute;s; Duchesneau lui-m&ecirc;me a sans doute &eacute;t&eacute; un des intendants les moins ais&eacute;s. Il est difficile de dire s&rsquo;ils ont pu faire fortune (c&rsquo;est non pour Duchesneau); mais ceux qui se sont &eacute;tablis comme seigneurs ont pu se constituer une belle propri&eacute;t&eacute;.<br \/>Intendant et gouverneurs n&rsquo;ont pas fait souche au Canada et leurs s&eacute;jours ont &eacute;t&eacute; plus ou moins brefs; au contraire les membres du Conseil s&rsquo;y sont mari&eacute;s, s&rsquo;y sont install&eacute;s et ont pu devenir seigneurs de terres gr&acirc;ce aux dons re&ccedil;us du roi (&agrave; l&rsquo;exception de Riverin).<\/p>\n<p>Dans l&rsquo;histoire de leur action les conflits sont nombreux, sans doute exacerb&eacute;s par la petite taille de la communaut&eacute; fran&ccedil;aise. Les probl&egrave;mes de partage des pouvoirs gouverneurs\/intendant d&eacute;coulent de la dualit&eacute; des fonctions : le gouverneur garde des pr&eacute;rogatives importantes, fond&eacute;es en particulier sur l&rsquo;importance de ses pouvoirs militaires dans la lutte contre les Anglais et les Indiens. Plusieurs questions, d&eacute;j&agrave; &eacute;voqu&eacute;es et propres &agrave; la Nouvelle-France, ont &eacute;t&eacute; de graves pierres d&rsquo;achoppement. Le manque de moyens en hommes et en argent est patent. L&rsquo;&eacute;loignement de la m&eacute;tropole fait que la solution des probl&egrave;mes ou les arbitrages sont longs &agrave; venir. Le gouverneur est donc amen&eacute; &agrave; jouer pleinement son r&ocirc;le de vice-roi.<\/p>\n<p>Les Tourangeaux ont donc occup&eacute; des fonctions aux trois niveaux principaux de l&rsquo;administration au XVII<sup>e<\/sup> et au d&eacute;but du XVIII<sup>e<\/sup> si&egrave;cle et l&rsquo;&eacute;tude de leur carri&egrave;re permet celle de la mise en place des institutions et de toutes les difficult&eacute;s rencontr&eacute;es dans le d&eacute;veloppement de la Nouvelle-France ; ils sont cependant peu nombreux. Si l&rsquo;on prend en compte l&rsquo;ensemble des institutions, civiles et religieuses, de la Nouvelle-France au XVII<sup>e<\/sup> si&egrave;cle, on constate que dans l&rsquo;ordre religieux, Touraine et Anjou ont largement contribu&eacute; aux tentatives d&rsquo;&eacute;vang&eacute;lisation et &agrave; l&rsquo;installation des institutions d&rsquo;assistance, en particulier &agrave; Qu&eacute;bec, avec Marie de l&rsquo;Incarnation, ou &agrave; Montr&eacute;al, avec les hospitali&egrave;res de Le Royer de la Dauversi&egrave;re. Quant aux administrateurs civils ils sont assez nombreux &agrave; &ecirc;tre venus du Bl&eacute;sois (de Meulles ou B&eacute;gon), de l&rsquo;Orl&eacute;anais (Beauharnais) et de la Touraine (Duchesneau). C&rsquo;est donc l&rsquo;ensemble de la vall&eacute;e de la Loire moyenne qui a fourni &agrave; la Nouvelle-France des hommes et femmes dont la personnalit&eacute; a fortement marqu&eacute; les d&eacute;buts d&rsquo;une implantation fran&ccedil;aise durable en Am&eacute;rique du Nord.<\/p>\n<p>Bibliographie<\/p>\n<p>Caillou, Fran&ccedil;ois, <em>Une administration royale d&rsquo;Ancien R&eacute;gime : le bureau des finances de Tours<\/em>, Tours, Presses universitaires Fran&ccedil;ois Rabelais (2 vol.), 2005<br \/>Dub&eacute;, Jean-Claude, <em>Les Intendants de la Nouvelle-France<\/em>, Montr&eacute;al, Fides, 1984<br \/><a href=\"http:\/\/www.biographi.ca\/index.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Dictionnaire biographique du Canada<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Administrateurs de Nouvelle-France venus de Touraine &nbsp; Brigitte MaillardProfesseur &eacute;m&eacute;rite d&rsquo;histoire moderne &agrave; l&rsquo;universit&eacute; de Tours Parmi les administrateurs de la Nouvelle-France venus de Touraine, figurent des gouverneurs et lieutenants g&eacute;n&eacute;raux, des intendants et des&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[38],"tags":[],"class_list":["post-6060","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-bulletin-n25-mai-2008"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6060","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6060"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6060\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6850,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6060\/revisions\/6850"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6060"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6060"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6060"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}