{"id":6066,"date":"2009-01-27T03:18:51","date_gmt":"2009-01-27T08:18:51","guid":{"rendered":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/conclusion-du-colloque-les-pionniers-de-touraine-en-nouvelle-france\/"},"modified":"2024-05-14T17:06:14","modified_gmt":"2024-05-14T21:06:14","slug":"conclusion-du-colloque-les-pionniers-de-touraine-en-nouvelle-france","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/conclusion-du-colloque-les-pionniers-de-touraine-en-nouvelle-france\/","title":{"rendered":"Conclusion du colloque &#8220;Les pionniers de Touraine en Nouvelle France"},"content":{"rendered":"<h2 align=\"center\">Conclusions du colloque<br \/>&laquo; Les pionniers de touraine en Nouvelle-France &raquo;<\/h2>\n<h5>Jean-Mary Couderc<br \/>Pr&eacute;sident de l&rsquo;Acad&eacute;mie des sciences, arts et belles lettres de Touraine<\/h5>\n<p><a title=\"1\" name=\"1\"><\/a>Au total, il y aura peu de colons tourangeaux en Nouvelle-France (de 33 &agrave; 200 selon les estimations). Au d&eacute;part, ces Tourangeaux sont plut&ocirc;t proches du pouvoir du fait de leur contact avec la noblesse, la cour, et Richelieu en particulier, comme l&rsquo;a pr&eacute;cis&eacute; Madame Deroy-Pineau. Au XVIIIe si&egrave;cle, l&rsquo;&eacute;migration vers le Canada, en Touraine, comme ailleurs en France devient tr&egrave;s faible<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=221:conclusion-du-colloque-les-pionniers-de-touraine-en-nouvelle-france&amp;Itemid=328#legende\"><sup>1<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>I &#8211; Les tourangeaux dans la fondation du Canada<\/h3>\n<p>Ceux-ci jouent d&rsquo;abord un r&ocirc;le en Acadie (l&rsquo;actuelle presqu&rsquo;&icirc;le de la Nouvelle- Ecosse prolong&eacute;e, &agrave; l&rsquo;est, par l&rsquo;&icirc;le de Cap-Breton et, au nord, par l&rsquo;actuel Nouveau-Brunswick) o&ugrave; se place la premi&egrave;re tentative fran&ccedil;aise d&rsquo;occupation ayant abouti &agrave; un &eacute;tablissement permanent.<\/p>\n<p><a title=\"2\" name=\"2\"><\/a>Isaac de Razilly qui est le cousin du cardinal de Richelieu, y joue un grand r&ocirc;le. Ce commandeur de la marine a une longue exp&eacute;rience navale acquise &agrave; Malte, au Br&eacute;sil et au Maroc comme nous le montre <strong>Alain Jacquet<\/strong>. Apr&egrave;s plusieurs voyages, il part avec quatre navires, en 1632, du port de Saint-Goustan sur la rivi&egrave;re d&rsquo;Auray, &agrave; l&rsquo;endroit m&ecirc;me o&ugrave; 144 ans plus tard Benjamin Franklin d&eacute;barquera pour chercher du secours. Ces navires vont conforter la Nouvelle-France. Isaac de Razilly a en effet conscience qu&rsquo;une colonie ne peut se maintenir qu&rsquo;avec des hommes et des soldats. Il a &eacute;t&eacute; partie prenante dans la fondation, par Richelieu, de la compagnie commerciale des Cent-Associ&eacute;s<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=221:conclusion-du-colloque-les-pionniers-de-touraine-en-nouvelle-france&amp;Itemid=328#legende\"><sup>2<\/sup><\/a>, organisant la colonisation apr&egrave;s la guerre avec l&rsquo;Angleterre.<\/p>\n<p>Il reprend possession de Port-Royal et de l&rsquo;Acadie. Il y installe trois postes tandis que son lieutenant tourangeau Menou d&rsquo;Aulnay (qui est aussi son cousin !) reste &agrave; Port-Royal. Il organise une colonisation avec agriculture, foresterie et p&ecirc;cherie. Au Canada, on le consid&egrave;re comme le p&egrave;re de la colonie acadienne comme en t&eacute;moigne le mus&eacute;e de La H&egrave;ve (Fort-Point), premi&egrave;re capitale de la Nouvelle-France. Il est arriv&eacute; avec trois capucins, ce qui indique que la mission religieuse n&rsquo;est pas minor&eacute;e pour autant.<\/p>\n<p><strong>Guy de Bonaventure<\/strong>, lui-m&ecirc;me descendant de Simon Denys, retrace la saga de la famille tourangelle Denys en Nouvelle-France et montre le courage et l&rsquo;inconscience de ces colons qui, comme Simon Denys, d&eacute;barquent &agrave; Cap-Breton &agrave; cinquante ans ! Ce dernier incarne la troisi&egrave;me vague tourangelle &agrave; partir de 1650.<br \/>Au d&eacute;part, Nicolas Denys est un coureur des mers qui devient lieutenant de Razilly mais qui se heurte plusieurs fois &agrave; Menou d&rsquo;Aulnay ; il rentre m&ecirc;me un moment en France. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;apr&egrave;s avoir &eacute;tabli ses postes de traite et de p&ecirc;che plus au nord et consid&eacute;rant que la Nouvelle-France est un pays de cocagne, qu&rsquo;il appelle son fr&egrave;re Simon.<\/p>\n<p>Il aura encore maille &agrave; partir avec Charles de Coningan, marquis de Cang&eacute; (le descendant de l&rsquo;illustre chef de la famille &eacute;cossaise Coningham, commandant des gardes de Louis XI et constructeur du ch&acirc;teau de Cang&eacute; &agrave; Saint-Avertin). En fait, comme l&rsquo;a bien montr&eacute; Dom Oury, les Tourangeaux ne s&rsquo;entendent point et les conflits sont monnaie courante.<br \/>Le premier &eacute;tablissement de Simon Denys br&ucirc;lera. Le feu est, sous ces frimas et avec des maisons essentiellement construites en bois, une terrible menace (cf. l&rsquo;incendie du couvent des Ursulines de Qu&eacute;bec en 1650). &laquo; Simon Denys de la Trinit&eacute; &raquo; se r&eacute;fugie &agrave; Qu&eacute;bec et assure la boulangerie communautaire. Il eut 18 enfants et fit partie du Conseil souverain.<\/p>\n<p>Nous avons &eacute;voqu&eacute; les tensions entre les chefs tourangeaux mais il en est<br \/>de m&ecirc;me entre les responsables de la colonie. Ainsi entre le Tourangeau Menou d&rsquo;Aulnay (qui meurt en 1650) et le Champenois Etienne de la Tour. C&rsquo;est sans doute une des raisons pour lesquelles Louis XIV installe un intendant aux c&ocirc;t&eacute;s du gouverneur puis un conseil souverain, d&eacute;cisions qu&rsquo;analyse <strong>Brigitte Maillard<\/strong>. Ce conseil est l&rsquo;&eacute;quivalent d&rsquo;un parlement. L&rsquo;un des intendants : Duchesneau (1675-1682) est Tourangeau par son ascendance et par sa femme. Il rentre lui-m&ecirc;me en conflit avec le gouverneur Frontenac qui, pendant quelques ann&eacute;es, avait eu l&rsquo;occasion de gouverner seul.<br \/>L&rsquo;autre probl&egrave;me de cette administration calqu&eacute;e sur celle de la France (v&eacute;nalit&eacute; des offices except&eacute;e), c&rsquo;est le statut de la colonie (r&eacute;solu par la transformation &ndash; 1663 &#8211; en colonie royale). Allait-on maintenir la colonie commerciale et militaire ou devait-on s&rsquo;acheminer vers une colonie agricole comme le pr&eacute;conisait le vicomte d&rsquo;Argenson (appartenant &agrave; une grande famille tourangelle) ?<br \/>Pouvait-on laisser faire les coureurs des bois qui tout en troquant des fourrures avec les Indiens propageaient chez eux des alcools destructeurs. L&rsquo;intendant Duchesneau est &agrave; l&rsquo;origine des cong&eacute;s de traite destin&eacute;s &agrave; limiter ces exc&egrave;s : c&rsquo;&eacute;tait l&rsquo;autorisation maximum, pour trois hommes, de 25 exp&eacute;ditions par an. Or, le gouverneur Frontenac, endett&eacute;, et partie prenante dans le commerce des fourrures, re&ccedil;ut tr&egrave;s mal la mise en place de ces cong&eacute;s de traite.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>II &#8211; Marie Guyart : m&egrave;re de la Nouvelle-France<\/h3>\n<p>N&rsquo;oublions pas que le milieu est tr&egrave;s difficile pour ces Tourangeaux, Saintongeais, Angevins, Poitevins , Normands&hellip; Le climat est froid et rude pour Marie Guyart et ses premi&egrave;res compagnes. Et surtout ces conditions terribles (qui peuvent faire passer un voyage difficile depuis la France d&rsquo;une dur&eacute;e d&rsquo;un mois &agrave; une &eacute;preuve &eacute;pouvantable de trois mois). La souffrance n&rsquo;est pas termin&eacute;e quand la remont&eacute;e du Saint-Laurent s&rsquo;effectue par vents contraires.<\/p>\n<p>Sur le plan humain, le pays est certes occup&eacute; par les &laquo; sauvages &raquo; mais les Ursulines sont l&agrave; pour les convertir et les premiers rencontr&eacute;s seront pacifiques. Leur moral est apparemment &agrave; toutes &eacute;preuves ; il y aura certes des renoncements et des coups durs comme l&rsquo;attaque de leur ferme par les Iroquois, ce qui n&rsquo;emp&ecirc;chera pas Marie qui avait appris le Montagnais et l&rsquo;Algonquin, puis le Huron, de se remettre &agrave; l&rsquo;apprentissage d&rsquo;une autre langue indienne &agrave; l&rsquo;&acirc;ge de 50 ans, en l&rsquo;occurrence l&rsquo;Iroquois quand ceux-ci portent la guerre et les destructions sur un certain nombre de comptoirs.<\/p>\n<p><strong>Robert Sauzet<\/strong> met en valeur le contraste entre la spiritualit&eacute; dont elles sont anim&eacute;es et les interminables m&eacute;diations entre les r&egrave;gles des Ursulines de Tours et de Paris.<\/p>\n<p>Elles pensent, retrouver la ferveur de l&rsquo;&eacute;glise primitive, arracher des &acirc;mes au pouvoir du diable ; elle sont parties de Touraine motiv&eacute;es en particulier par l&rsquo;hypermystique Compagnie du Saint-Sacrement. Si Marie est la mieux connue, certaines de ses compagnes, &laquo; aventuri&egrave;res de Dieu &raquo; comme elle, ont la m&ecirc;me foi in&eacute;branlable. Cette fermet&eacute; spirituelle s&rsquo;accompagne bien entendu de moments d&rsquo;abattements qui sont pour Marie ce qu&rsquo;elle appelle dans sa correspondance &laquo; ses croix du Canada &raquo; : maladie, endettement, inqui&eacute;tude pour son fils rest&eacute; en France.<\/p>\n<p><strong>Idelette Ardouin-Weiss<\/strong> a rappel&eacute; que Marie, devenue veuve en 1631 avec un enfant, avait d&eacute;j&agrave; montr&eacute;, en France, beaucoup de courage et d&rsquo;ouverture d&rsquo;esprit. Elle a essay&eacute; de sauver en vain l&rsquo;entreprise de soierie o&ugrave; travaillait son mari. Elle n&rsquo;h&eacute;sitait pas &agrave; discuter avec les rouliers et les mariniers. Outre le respect des valeurs morales dont elle a &eacute;t&eacute; entour&eacute;e dans son milieu d&rsquo;artisans, il y avait dans sa famille de nombreux pr&ecirc;tres et religieux.<\/p>\n<p><a title=\"3\" name=\"3\"><\/a><strong>Isabelle Landy<\/strong> a montr&eacute; l&rsquo;importance de la correspondance de Marie avec son fils qu&rsquo;elle a sans doute regrett&eacute; d&rsquo;avoir laiss&eacute;. Elle le conseillera et, devenu &agrave; son tour b&eacute;n&eacute;dictin, il deviendra son &eacute;gal en spiritualit&eacute; et son biographe<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=221:conclusion-du-colloque-les-pionniers-de-touraine-en-nouvelle-france&amp;Itemid=328#legende\"><sup>3<\/sup><\/a> en reprenant l&rsquo;essentiel de sa correspondance, en particulier sa Relation de 1654, et en y faisant des additions. Il fut sa voix et son &eacute;cho. C&rsquo;est en lisant sa correspondance que l&rsquo;on peut percevoir les amertumes et les &eacute;checs de Marie : les filles &laquo; sauvages &raquo; quoique bien accueillies et elles-m&ecirc;mes douces, ne restent pas au couvent ; bien peu seront francis&eacute;es comme elle l&rsquo;&eacute;crit : sept &agrave; huit apparemment et une seule deviendra nonne, ce qui est un constat d&rsquo;&eacute;chec.<br \/>Nous terminerons par cette confidence qu&rsquo;elle fit &agrave; son fils et qui nous apprend beaucoup sur la femme chr&eacute;tienne : <em>Je vous avais donn&eacute; &agrave; Dieu avant m&ecirc;me que vous fussiez au monde<\/em>.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h6><a title=\"legende\" name=\"legende\"><\/a>1 &#8211; Et le statut social des colons moins &eacute;lev&eacute;; c&#8217;est l&#8217;&eacute;poque o&ugrave; l&#8217;on rafle filles et mauvais gar&ccedil;ons pour les emmener entre autres lieux au Canada, comme nous le montre le Journal de Edmond-Jean-Fran&ccedil;ois Barbier pour la p&eacute;riode allant de d&eacute;cembre 1749 &agrave; mai 1750 (pages 236 &agrave; 251 de l&#8217;&eacute;dition du Livre Club du Libraire-1963). [ <a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=221:conclusion-du-colloque-les-pionniers-de-touraine-en-nouvelle-france&amp;Itemid=328#1\">retour au texte<\/a> ]<\/h6>\n<h6>2 &#8211; Elle a &eacute;t&eacute; la cons&eacute;quence de son m&eacute;moire de 1626 adress&eacute; &agrave; Richelieu o&ugrave; il pr&eacute;conisait la cr&eacute;ation d&rsquo;une compagnie de commerce et l&rsquo;envoi de trois ou quatre mille colons. [ <a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=221:conclusion-du-colloque-les-pionniers-de-touraine-en-nouvelle-france&amp;Itemid=328#2\">retour au texte<\/a> ]<\/h6>\n<h6>3 &#8211; Il mourra &agrave; Marmoutier en 1696. [ <a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=221:conclusion-du-colloque-les-pionniers-de-touraine-en-nouvelle-france&amp;Itemid=328#3\">retour au texte<\/a> ]<\/h6>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Conclusions du colloque&laquo; Les pionniers de touraine en Nouvelle-France &raquo; Jean-Mary CoudercPr&eacute;sident de l&rsquo;Acad&eacute;mie des sciences, arts et belles lettres de Touraine Au total, il y aura peu de colons tourangeaux en Nouvelle-France (de 33&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[38],"tags":[],"class_list":["post-6066","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-bulletin-n25-mai-2008"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6066","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6066"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6066\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6856,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6066\/revisions\/6856"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6066"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6066"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6066"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}