{"id":6125,"date":"2009-04-22T23:45:02","date_gmt":"2009-04-23T03:45:02","guid":{"rendered":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/lintendance-en-nouvelle-france\/"},"modified":"2024-05-14T17:06:19","modified_gmt":"2024-05-14T21:06:19","slug":"lintendance-en-nouvelle-france","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/lintendance-en-nouvelle-france\/","title":{"rendered":"L\u2019intendance en Nouvelle-France"},"content":{"rendered":"<h2 align=\"center\">L&rsquo;intendance en Nouvelle-France<\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h5>John A. Dickinson<br \/>Universit&eacute; de Montr&eacute;al &ndash; Universit&eacute; de Paris III\/Sorbonne Nouvelle<\/h5>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Les intendants de la Nouvelle-France, hormis Jean Talon, ont fait l&rsquo;objet de moins d&rsquo;&eacute;tudes pouss&eacute;es que les gouverneurs et pourtant leur importance pour le d&eacute;veloppement colonial est &eacute;gale sinon sup&eacute;rieure. Serait-il qu&rsquo;ils sont moins hauts en couleur que les gouverneurs et que, &agrave; l&rsquo;exception de Talon, leurs administrations ont &eacute;t&eacute; per&ccedil;ues comme des &eacute;checs ou sans relief ? Quoi qu&rsquo;il en soit, ils ont jou&eacute; un r&ocirc;le capital dans la structuration de l&rsquo;administration coloniale fran&ccedil;aise.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Les premiers intendants<\/strong><\/p>\n<p>Lors du d&eacute;but du r&egrave;gne personnel de Louis XIV (1661), les intendants sont une cr&eacute;ation relativement r&eacute;cente. C&rsquo;est le cardinal de Richelieu qui en g&eacute;n&eacute;ralise l&rsquo;usage pour mieux faire rentrer les imp&ocirc;ts au cours de la Guerre de Trente Ans. Sur les fronti&egrave;res du royaume, ce sont les intendants des arm&eacute;es : &laquo; intendant de justice, police, vivres et finances, en une arm&eacute;e &raquo; &ndash; qui voient &agrave; l&rsquo;approvisionnement des troupes et &agrave; l&rsquo;administration r&eacute;gionale. Puisque des compagnies priv&eacute;es g&egrave;rent les colonies aucune administration royale n&rsquo;existe. La r&eacute;organisation imp&eacute;riale voulue par le roi et son Contr&ocirc;leur g&eacute;n&eacute;ral des finances, Jean-Baptiste Colbert, entra&icirc;ne la cr&eacute;ation du minist&egrave;re de la Marine en 1669, qui dote l&rsquo;administration royale d&rsquo;un organisme avec des bureaux sp&eacute;cialis&eacute;s dans les affaires coloniales. Colbert met en place les nouvelles structures en recrutant des hommes de sa client&egrave;le ayant une certaine comp&eacute;tence, mais cette nouvelle administration est toujours trop jeune pour qu&rsquo;il puisse s&rsquo;y fier pour le recrutement des cadres.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le premier intendant qui arrive en Nouvelle-France en 1665, Jean Talon, fit ses preuves comme intendant des arm&eacute;es du Hainaut. L&rsquo;organisation de la campagne du r&eacute;giment Carignan-Sali&egrave;res contre les Iroquois constituait la premi&egrave;re t&acirc;che urgente et il fallait un homme d&rsquo;exp&eacute;rience. La paix de 1667 rendit cette exigence moins incontournable et les intendants qui succ&egrave;dent &agrave; Talon (Claude de Bouteroue, 1668-1670 ; Jacques Duchesneau, 1675-1682 ; Jacques Demeulles, 1682-1686) sont des magistrats. Ni Colbert (1619-1693) ni son fils le marquis de Seignelay (1651-1690) ne cherchent dans les bureaux de la Marine des sujets avec des connaissances coloniales pour administrer la jeune colonie et aucun des quatre premiers intendants n&rsquo;occupe une fonction dans les services de la Marine apr&egrave;s leur mandat canadien. &Agrave; cette &eacute;poque, il n&rsquo;est pas n&eacute;cessaire d&rsquo;&ecirc;tre ma&icirc;tre des requ&ecirc;tes comme c&rsquo;est le cas pour les intendants de province en France.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Jean Bochart de Champigny<\/strong><\/p>\n<p>L&rsquo;intendant qui fait le &laquo; pont &raquo;, est Jean Bochart de Champigny (1686-1702), nomm&eacute; par Seignelay mais qui termine son mandat sous Pontchartrain et qui poursuivra sa carri&egrave;re au sein des services de la Marine comme intendant du Havre. En effet, le nouveau ministre, J&eacute;r&ocirc;me de Ph&eacute;lypeaux de Pontchartrain, modernise le service. D&eacute;sormais, les intendants sont toujours tir&eacute;s de familles li&eacute;es de pr&egrave;s au Ministre mais recrut&eacute;s parmi des hommes ayant une exp&eacute;rience dans la Marine et qui poursuivront leur carri&egrave;re dans un arsenal m&eacute;tropolitain apr&egrave;s leur s&eacute;jour canadien.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Fran&ccedil;ois de la Boische de Beauharnois<\/strong><\/p>\n<p>Ce profil devient la norme par la suite. Le successeur de Bochart de Champigny, Fran&ccedil;ois de la Boische de Beauharnois (1702-1705), s&rsquo;ins&egrave;re dans une vieille famille de robe alli&eacute;e avec les Pontchartrain et une autre grande famille de la Marine, les B&eacute;gon. Toute sa carri&egrave;re se passe dans la Marine. Il est commissaire dans les ports de Toulon, Rochefort, Le Havre et Brest avant d&rsquo;occuper la fonction d&rsquo;intendant au Canada. En rentrant en France en 1705, il occupa le poste d&rsquo;intendant des forces navales avant d&rsquo;&ecirc;tre nomm&eacute; intendant de Rochefort (1710). Preuve que les chicanes entre vieille noblesse d&rsquo;&eacute;p&eacute;e et noblesse de robe sont bien r&eacute;volues, son fr&egrave;re cadet, Charles de Beauharnois, devient gouverneur de la Nouvelle-France en 1726.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Raudot p&egrave;re et fils<\/strong><\/p>\n<p>Pour succ&eacute;der &agrave; Beauharnois, Pontchartrain d&eacute;signe un couple p&egrave;re-fils Jacques Raudot et son fils Antoine Denis Raudot (1705-1711) que le ministre destinait sans doute &agrave; des charges plus relev&eacute;es. C&rsquo;est une famille qui se consacre au service naval ; outre le couple p&egrave;re et fils, deux autres fils de Jacques sont officiers de &laquo; la royale &raquo;. Si le p&egrave;re a connu une carri&egrave;re dans la justice et la finance avant d&rsquo;&ecirc;tre nomm&eacute; au Canada, le fils fait ses classes dans la Marine d&rsquo;abord comme &eacute;crivain (1699-1702), puis commissaire (1702-1704) avant d&rsquo;occuper bri&egrave;vement le poste d&rsquo;inspecteur g&eacute;n&eacute;ral &agrave; Dunkerque. Les deux resteront au service de la Marine apr&egrave;s leur s&eacute;jour laurentien. Jacques sera successivement commis principal de la Marine et conseiller de la Marine. Antoine Denis est nomm&eacute; intendant des classes avant d&rsquo;&ecirc;tre charg&eacute; des gardes-c&ocirc;tes, des invalides et des colonies. &Agrave; la mort de Jacques, il succ&egrave;de &agrave; son p&egrave;re comme conseiller de la Marine.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Fran&ccedil;ois Clairambault d&rsquo;Aigremont<\/strong><\/p>\n<p>Autre personnage qui sert la Marine, Fran&ccedil;ois Clairambault d&rsquo;Aigremont, agit comme intendant int&eacute;rimaire &agrave; deux reprises (1711-1712 et 1728). Il d&eacute;bute sa carri&egrave;re comme inspecteur &agrave; Dunkerque avant de devenir le secr&eacute;taire de Jean-Baptiste Patoulet, ancien secr&eacute;taire de Talon et contr&ocirc;leur de la Marine &agrave; Rochefort, et, ensuite, secr&eacute;taire de l&rsquo;intendant du Havre en 1690. Promu commissaire de la Marine &agrave; Qu&eacute;bec en 1701, il doit renoncer &agrave; son poste l&rsquo;ann&eacute;e suivante quant il devient v&eacute;nal. La protection de l&rsquo;intendant Bochart de Champigny et de Pontchartrain lui permet de rester au Canada o&ugrave; il occupe des fonctions dans l&rsquo;administration. Apr&egrave;s son premier int&eacute;rim, il est nomm&eacute; contr&ocirc;leur, sans salaire, pour la r&eacute;cup&eacute;ration des &eacute;paves de la flotte d&rsquo;invasion anglaise de l&rsquo;amiral Walker &eacute;chou&eacute;es dans le golfe du Saint-Laurent en 1711. Enfin, il recouvre sa charge de commissaire de la Marine en 1716 lors de l&rsquo;abolition de la v&eacute;nalit&eacute;. Il mourut pendant son second int&eacute;rim en d&eacute;cembre 1728.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Michel B&eacute;gon<\/strong><\/p>\n<p>Le v&eacute;ritable successeur des Raudot est Michel B&eacute;gon (intendant de 1712 &agrave; 1726) issu d&rsquo;une des plus illustres familles de la Marine. Le p&egrave;re de l&rsquo;intendant, &eacute;tait intendant de Saint-Domingue et inspirateur du Code Noir avant d&rsquo;occuper des fonctions d&rsquo;intendant &agrave; Marseille et ensuite &agrave; Rochefort. &Eacute;crivain principal &agrave; Toulon, il devient commissaire en 1690. Apr&egrave;s une br&egrave;ve incursion dans la judicature comme conseiller au Parlement de Metz (1697-1704), il retourne &agrave; la Marine comme inspecteur g&eacute;n&eacute;ral pour la province de Saintonge-Aunis. Il arrive &agrave; Qu&eacute;bec accompagn&eacute; de son &eacute;pouse, Jeanne-&Eacute;lisabeth de la Boische de Beauharnois, alli&eacute;e &agrave; Pontchartrain et s&oelig;ur d&rsquo;un intendant et d&rsquo;un gouverneur de la Nouvelle-France. Nomm&eacute; en 1723 intendant du Havre, il attend 1726 avant de pouvoir occuper cette fonction. Il devient ensuite intendant de l&rsquo;amiraut&eacute; de Normandie et, enfin, termine comme intendant de la Marine.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Claude-Thomas Dupuis et Gilles Hocquart<\/strong><\/p>\n<p>Les deux successeurs de B&eacute;gon meurent avant d&rsquo;arriver &agrave; Qu&eacute;bec et c&rsquo;est Claude-Thomas Dupuy, 1726-1728, un juriste ma&icirc;tre des requ&ecirc;tes qui succ&egrave;de, &laquo; faute de trouver un candidat ad&eacute;quat dans la Marine &raquo;. Son mandat est catastrophique. Il se brouille avec les puissances du pays et rentre en disgr&acirc;ce. Le choix d&rsquo;un intendant en dehors du corps des officiers de plume de la Marine s&rsquo;&eacute;tant av&eacute;r&eacute; calamiteux, le Ministre choisit Gilles Hocquart qui d&eacute;bute sa carri&egrave;re comme &eacute;crivain de la Marine &agrave; Rochefort. Il suit son p&egrave;re &agrave; Brest avant d&rsquo;&ecirc;tre promu commissaire &agrave; Toulon en 1716, o&ugrave; il reste jusqu&rsquo;en 1722, alors qu&rsquo;il retourne &agrave; Rochefort. En 1729, il part pour le Canada muni d&rsquo;une nomination comme commissaire ordonnateur et intendant int&eacute;rimaire (confirm&eacute; en 1731). Souvent compar&eacute; d&eacute;savantageusement &agrave; Talon, la carri&egrave;re de Hocquart d&eacute;pendait de r&eacute;sultats concrets ce qui incite &agrave; la prudence. Apr&egrave;s avoir pass&eacute; pr&egrave;s de vingt ans au Canada, Hocquart rentre en France et assume les fonctions d&rsquo;intendant de Brest. A ce titre, il supervise l&rsquo;armement de tous les navires du roi et l&rsquo;embarquement des r&eacute;giments qui partent d&eacute;fendre la Nouvelle-France pendant la Guerre de Sept Ans. Il quitte Brest en 1764 pour occuper la fonction d&rsquo;intendant des conscriptions maritimes &agrave; Paris.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Fran&ccedil;ois Bigot<\/strong><\/p>\n<p>Comme son pr&eacute;d&eacute;cesseur, le dernier intendant de la Nouvelle-France, Fran&ccedil;ois Bigot (1748-1760) commence son apprentissage comme &eacute;crivain de la Marine en 1723, avant de devenir commissaire en 1728 et &eacute;crivain principal en 1729. Sa carri&egrave;re coloniale d&eacute;bute comme commissaire ordonnateur de l&rsquo;&Icirc;le Royale en 1739. Rentr&eacute; en France apr&egrave;s la capitulation de Louisbourg en 1745, Bigot s&rsquo;affaire &agrave; approvisionner la flotte du duc d&rsquo;Anville qui devait reprendre l&rsquo;Acadie. L&rsquo;&eacute;chec de cette exp&eacute;dition est redevable &agrave; un mauvais concours de circonstances. De retour en France, il ferme les comptes de Louisbourg avant de retourner &agrave; Qu&eacute;bec comme intendant. Il fut d&eacute;sign&eacute; comme bouc &eacute;missaire et subit un proc&egrave;s retentissant qui entra&icirc;na son bannissement de la France.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;intendance en Nouvelle-France &nbsp; John A. 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