{"id":6131,"date":"2009-04-22T23:46:50","date_gmt":"2009-04-23T03:46:50","guid":{"rendered":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/les-boursiers-deurope-un-projet-detude-sur-la-formation-dune-elite-au-quebec\/"},"modified":"2024-05-14T17:06:20","modified_gmt":"2024-05-14T21:06:20","slug":"les-boursiers-deurope-un-projet-detude-sur-la-formation-dune-elite-au-quebec","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/les-boursiers-deurope-un-projet-detude-sur-la-formation-dune-elite-au-quebec\/","title":{"rendered":"Les boursiers d\u2019Europe : un projet d\u2019\u00e9tude sur la formation d\u2019une \u00e9lite au Qu\u00e9bec"},"content":{"rendered":"<h2 align=\"center\">Les boursiers d&rsquo;Europe : un projet d&rsquo;&eacute;tude <br \/>sur la formation d&rsquo;une &eacute;lite au Qu&eacute;bec<\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h5>par Robert Gagnon et Denis Goulet<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=261:les-boursiers-d-europe-un-projet-d-etude-sur-la-formation-d-une-elite-au-quebec&amp;Itemid=302#sources\"><sup>1<\/sup><\/a><\/h5>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Les objectifs du projet de recherche<\/strong><\/p>\n<p>De 1920 &agrave; 1960, le gouvernement qu&eacute;b&eacute;cois a d&eacute;cern&eacute; 664 bourses &agrave; de jeunes dipl&ocirc;m&eacute;s et artistes qu&eacute;b&eacute;cois (francophones et anglophones, hommes et femmes) afin de leur permettre d&rsquo;aller se perfectionner d&rsquo;abord en Europe (c&rsquo;est pourquoi ce programme est connu aussi sous le nom &laquo; bourses d&rsquo;Europe &raquo;) et, &agrave; partir des ann&eacute;es 1930, aux &Eacute;tats-Unis et m&ecirc;me ailleurs dans le monde. Il s&rsquo;agit du premier programme qu&eacute;b&eacute;cois de bourses d&rsquo;&eacute;tudes sup&eacute;rieures. Notre projet de recherche veut rendre compte de son impact sur le d&eacute;veloppement scientifique, m&eacute;dical et intellectuel du Qu&eacute;bec. En effet, plusieurs des personnalit&eacute;s qui ont fa&ccedil;onn&eacute; le Qu&eacute;bec moderne au cours du XX<sup>e<\/sup> si&egrave;cle ont &eacute;t&eacute; des r&eacute;cipiendaires de ces bourses. Bien que cette initiative du gouvernement qu&eacute;b&eacute;cois ait eu des r&eacute;percussions importantes dans l&rsquo;histoire du Qu&eacute;bec, il n&rsquo;existe encore aucune analyse exhaustive sur ce sujet. Notre principal objectif vise donc &agrave; combler cette lacune et comporte trois angles d&rsquo;analyses.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le premier veut rendre compte du <strong>processus de transferts de &laquo; mod&egrave;les &raquo;<\/strong>. Plusieurs boursiers ont ainsi acquis une formation qui les a transform&eacute;s socialement. D&rsquo;&eacute;tudiants ou professeurs-enseignants, ils sont devenus chercheurs ou, pour parler comme Pierre Bourdieu, ils ont acquis un habitus li&eacute; &agrave; un champ disciplinaire<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=261:les-boursiers-d-europe-un-projet-d-etude-sur-la-formation-d-une-elite-au-quebec&amp;Itemid=302#sources\"><sup>2<\/sup><\/a>. Dans les laboratoires de grandes universit&eacute;s ou dans le cadre de s&eacute;minaires, ils ont &eacute;t&eacute; familiaris&eacute;s &agrave; des pratiques intimement li&eacute;es &agrave; la recherche (publication dans des revues sp&eacute;cialis&eacute;es, techniques de pointe, connaissances des th&eacute;ories dominantes d&rsquo;une discipline ou sp&eacute;cialit&eacute;, etc.). De retour au Qu&eacute;bec, ils ont, &agrave; leur tour, implant&eacute; ces pratiques dans des institutions qui en ont assur&eacute; la reproduction, notamment par la cr&eacute;ation de programmes d&rsquo;&eacute;tudes sup&eacute;rieures. Dans les sciences biom&eacute;dicales, par exemple, la reconstitution d&rsquo;un r&eacute;seau de formation et d&rsquo;&eacute;changes avec l&rsquo;Europe et les &Eacute;tats-Unis, nous permettra de mieux saisir les mod&egrave;les m&eacute;dicaux qui fa&ccedil;onnent le paysage particulier de la m&eacute;decine et de la sant&eacute; au Qu&eacute;bec gr&acirc;ce aux m&eacute;decins qui, de retour de l&rsquo;&eacute;tranger, implantent de nouvelles sp&eacute;cialisations ou techniques. En sciences humaines et sociales, plusieurs d&eacute;partements doivent leur &eacute;lan &agrave; ce programme des bourses qui a permis aux universit&eacute;s de recruter un premier noyau de chercheurs. C&rsquo;est le cas, notamment en histoire dont la plupart des membres de la premi&egrave;re g&eacute;n&eacute;ration d&rsquo;historiens universitaires sont des r&eacute;cipiendaires de ce programme de bourses (Fr&eacute;gault, Rothney, Dubuc, Johnston, Hamelin, Galarneau, Trudel, Morin, Faucher).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Un deuxi&egrave;me angle d&rsquo;analyse est celui de la <strong>coop&eacute;ration internationale<\/strong>. Le programme de bourses d&eacute;coule, en effet, directement des relations, alors nouvelles, entre le gouvernement canadien et la France (bien que, par la suite, le programme sera &eacute;tendu pour permettre aux boursiers d&rsquo;&eacute;tudier n&rsquo;importe o&ugrave; dans le monde). La campagne pour la cr&eacute;ation d&rsquo;un syst&egrave;me de bourses de perfectionnement est le fruit des discussions entam&eacute;es par le Commissaire g&eacute;n&eacute;ral du Canada &agrave; Paris, Philippe Roy, avec la section France-Canada du Comit&eacute; France-Am&eacute;rique de Paris. C&rsquo;est toutefois le gouvernement qu&eacute;b&eacute;cois qui met en place le programme de bourses, ce qui va d&rsquo;ailleurs renforcer les relations franco-qu&eacute;b&eacute;coises. La francophilie a le vent dans les voiles pendant l&rsquo;entre-deux-guerres. Des organismes de coop&eacute;ration sont cr&eacute;&eacute;s, tel l&rsquo;Institut scientifique franco-canadien (1926), et des personnalit&eacute;s comme &Eacute;douard Montpetit et Athanase David ne cachent pas leur attachement &agrave; la patrie fran&ccedil;aise.<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=261:les-boursiers-d-europe-un-projet-d-etude-sur-la-formation-d-une-elite-au-quebec&amp;Itemid=302#sources\"><sup>3<\/sup><\/a> Pas &eacute;tonnant que, pendant l&rsquo;entre-deux-guerres, la majorit&eacute; des boursiers se retrouve dans des &eacute;tablissements fran&ccedil;ais. En 1925-1926, 33 des 45 boursiers r&eacute;sident &agrave; Paris. Six ans plus tard, sur les 44 boursiers du Qu&eacute;bec, on en compte 35 sur le sol fran&ccedil;ais. Le gouvernement qu&eacute;b&eacute;cois engage m&ecirc;me le Dr Sim&eacute;on Grondin pour s&rsquo;occuper, &agrave; Paris, des boursiers ayant choisi de faire leurs &eacute;tudes dans la ville Lumi&egrave;re. Grondin tissera alors des liens avec plusieurs institutions universitaires fran&ccedil;aises. Bref, nous analyserons les impacts de ce syst&egrave;me de bourse sur le d&eacute;veloppement de la coop&eacute;ration franco-qu&eacute;b&eacute;coise qui, comme on le sait, culminera au cours de la R&eacute;volution tranquille.<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=261:les-boursiers-d-europe-un-projet-d-etude-sur-la-formation-d-une-elite-au-quebec&amp;Itemid=302#sources\"><sup>4<\/sup><\/a> Il n&rsquo;est pas interdit de penser que, parmi les boursiers ayant choisi une institution fran&ccedil;aise pour se perfectionner, certains ont pav&eacute; la voie &agrave; ce rapprochement dans les ann&eacute;es 1960; c&rsquo;est du moins ce que nous tenterons de montrer.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Un troisi&egrave;me angle consistera &agrave; analyser l&rsquo;<strong>impact socio-&eacute;conomique de ce programme de bourses<\/strong>. L&rsquo;acquisition de connaissances scientifiques ou technologiques a permis &agrave; plusieurs boursiers de reconvertir ce capital scientifico-technique en argent sonnant et tr&eacute;buchant. Leur expertise a souvent servi de fer de lance &agrave; une carri&egrave;re dans le monde des affaires ou dans les milieux industriels. Lavalin et Cogeco, pour ne nommer que deux exemples bien connus, ont &eacute;t&eacute; fond&eacute;es par des boursiers du programme de bourse qu&eacute;b&eacute;cois. D&rsquo;autres ont men&eacute; une carri&egrave;re administrative et ont fait avancer des dossiers qui ont marqu&eacute; l&rsquo;histoire du Qu&eacute;bec. Certains ont fond&eacute; des institutions publiques et ont contribu&eacute; ainsi &agrave; b&acirc;tir le Qu&eacute;bec moderne. Pensons notamment &agrave; Adrien Pouliot (&eacute;tudes &agrave; Paris) qui a particip&eacute; &agrave; la fondation de la Facult&eacute; des sciences de l&rsquo;Universit&eacute; Laval, Alphonse Riverin (&eacute;tudes &agrave; New-York) qui a jou&eacute; un r&ocirc;le de premier plan dans la cr&eacute;ation de l&rsquo;Universit&eacute; du Qu&eacute;bec, Fran&ccedil;ois-Albert Angers (&eacute;tudes &agrave; Paris) fondateur de l&rsquo;Institut d&rsquo;&eacute;conomie appliqu&eacute;e, L.-P. Beaudoin (&eacute;tudes &agrave; Paris) instigateur de l&rsquo;&Eacute;cole des arts graphiques. D&rsquo;anciens boursiers ont &eacute;galement connu des carri&egrave;res politiques et ont contribu&eacute;, &agrave; leur mani&egrave;re, &agrave; transformer la soci&eacute;t&eacute;. On pense &agrave; Maurice Lamontagne et Arthur Tremblay (&eacute;tudes &agrave; Harvard), Ren&eacute; Tremblay (&eacute;tudes &agrave; Louvain), Maurice Sauv&eacute; (&eacute;tudes &agrave; Paris et &agrave; Londres), Jean-Luc P&eacute;pin (&eacute;tudes &agrave; Paris). L&rsquo;analyse de la carri&egrave;re de ces b&acirc;tisseurs r&eacute;v&egrave;lera s&ucirc;rement l&rsquo;impact d&rsquo;un programme qui visait, notamment, &agrave; permettre &agrave; des Qu&eacute;b&eacute;cois francophones d&rsquo;acqu&eacute;rir des comp&eacute;tences pour rivaliser avec leurs compatriotes anglo-qu&eacute;b&eacute;cois.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>En plus de produire une monographie pr&eacute;sentant de fa&ccedil;on synth&eacute;tique les r&eacute;sultats de notre analyse, notre programme de recherche a &eacute;galement pour objectif de r&eacute;aliser un dictionnaire de tous les boursiers (au nombre de 664). Chacun d&rsquo;eux aura une entr&eacute;e qui permettra d&rsquo;avoir un aper&ccedil;u dde sa carri&egrave;re et deviendra un outil de recherche pr&eacute;cieux pour tous les chercheurs int&eacute;ress&eacute;s par l&rsquo;histoire intellectuelle du Canada en g&eacute;n&eacute;ral et du Qu&eacute;bec en particulier. Plus sp&eacute;cifiquement, le dictionnaire fournira une base solide pour la r&eacute;alisation de plusieurs entr&eacute;es dans les prochains volumes du <em>Dictionnaire biographique du Canada<\/em>. Bref, notre programme de recherche offrira un point d&rsquo;entr&eacute;e unique vers un groupe d&rsquo;individus qui a constitu&eacute; l&rsquo;&eacute;lite qu&eacute;b&eacute;coise dans toutes les disciplines entre 1930 et 1980.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Le programme des bourses d&rsquo;Europe<\/strong><\/p>\n<p>Si la loi vot&eacute;e en 1920 par le gouvernement qu&eacute;b&eacute;cois, dirig&eacute; alors par Lomer Gouin, pr&eacute;voit uniquement &laquo; l&rsquo;octroi de bourses pour aider les &eacute;l&egrave;ves gradu&eacute;s &agrave; suivre des cours additionnels &agrave; Paris &raquo;, des amendements en 1922 et en 1937 permettent aux r&eacute;cipiendaires de ces bourses d&rsquo;aller se perfectionner dans &agrave; peu pr&egrave;s n&rsquo;importe quelle universit&eacute; ou &eacute;cole sup&eacute;rieure dans le monde (m&ecirc;me au Canada).<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=261:les-boursiers-d-europe-un-projet-d-etude-sur-la-formation-d-une-elite-au-quebec&amp;Itemid=302#sources\"><sup>5<\/sup><\/a> L&rsquo;Europe, la France surtout, et les &Eacute;tats-unis s&rsquo;av&eacute;reront les endroits privil&eacute;gi&eacute;s par la plupart des boursiers.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Rappelons qu&rsquo;en 1920, la cr&eacute;ation de la Facult&eacute; des sciences de l&rsquo;Universit&eacute; de Montr&eacute;al et celle de l&rsquo;&Eacute;cole sup&eacute;rieure de chimie &agrave; l&rsquo;Universit&eacute; Laval repr&eacute;sentent le point culminant d&rsquo;un v&eacute;ritable mouvement scientifique au Canada fran&ccedil;ais. La cr&eacute;ation du premier programme de bourses du gouvernement qu&eacute;b&eacute;cois s&rsquo;inscrit &agrave; plein dans ce mouvement. Le rel&egrave;vement scientifique de la formation des m&eacute;decins fut d&rsquo;ailleurs une des raisons invoqu&eacute;es pour cr&eacute;er la Facult&eacute; des sciences &agrave; Montr&eacute;al, et il n&rsquo;est pas &eacute;tonnant que le programme de bourses, au d&eacute;part, visait notamment &agrave; permettre &agrave; des m&eacute;decins et &agrave; des dipl&ocirc;m&eacute;s en sciences d&rsquo;aller se perfectionner &agrave; Paris. Au tout d&eacute;but, la loi pr&eacute;voyait l&rsquo;obtention de cinq bourses de 1200$, somme importante pour l&rsquo;&eacute;poque. Rapidement toutefois, leur nombre augmente et, &agrave; compter de 1922, quinze bourses sont d&eacute;cern&eacute;es annuellement. Elles sont renouvelables et certains pourront en profiter pendant cinq ans. Au moment de son abolition en 1960, le programme aura permis &agrave; 664 jeunes Qu&eacute;b&eacute;cois de se sp&eacute;cialiser en m&eacute;decine, en sciences et en arts. La majorit&eacute; est form&eacute;e de jeunes hommes francophones (79,6%), mais on y compte &eacute;galement des anglophones (10,9%) et des femmes (11,6%), pour la plupart dans des domaines artistiques. Les pr&ecirc;tres ne sont pas absents, mais repr&eacute;sentent une infime partie des boursiers (3,5%).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>C&rsquo;est la m&eacute;decine qui repr&eacute;sente le domaine d&rsquo;&eacute;tudes le plus important avec 36,3% des r&eacute;cipiendaires des bourses d&rsquo;Europe. Avec 6% des boursiers, le g&eacute;nie fait peut-&ecirc;tre figure de parent pauvre, n&rsquo;emp&ecirc;che que le programme a permis de former des sp&eacute;cialistes qui ont fait leur marque dans le champ universitaire et, plus largement, dans le d&eacute;veloppement d&rsquo;une expertise en g&eacute;nie, notamment li&eacute;e aux grands travaux publics; plusieurs travaux ont montr&eacute; l&rsquo;importance de l&rsquo;engagement de chercheurs &eacute;trangers dans l&rsquo;&eacute;mergence de la recherche au Canada et &agrave; Polytechnique en particulier. En sciences, le pourcentage des boursiers est de 11,2%. Raymond Duchesne, dans un article sur l&rsquo;institutionnalisation de l&rsquo;enseignement et de la recherche scientifiques au Qu&eacute;bec, consacre cinq pages au &laquo; Programme des bourses d&rsquo;&eacute;tudes du Secr&eacute;tariat de la province &raquo; soulignant le &laquo; r&ocirc;le actif [des boursiers] dans l&rsquo;organisation de la recherche scientifique &raquo;.<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=261:les-boursiers-d-europe-un-projet-d-etude-sur-la-formation-d-une-elite-au-quebec&amp;Itemid=302#sources\"><sup>6<\/sup><\/a> Il identifie une douzaine de scientifiques, form&eacute;s gr&acirc;ce aux bourses d&rsquo;Europe, qui repr&eacute;sentent une g&eacute;n&eacute;ration d&rsquo;universitaires ayant introduit des pratiques nouvelles au sein de leur d&eacute;partement. Parmi eux, citons Cyrias Ouellet (&eacute;tudes &agrave; Zurich et &agrave; Cambridge), Pierre Demers (&eacute;tudes s&agrave; Cornell), Maurice l&rsquo;Abb&eacute;, Basil White (&eacute;tudes &agrave; Chicago) et Ren&eacute; Pomerleau (La Sorbonne). L&rsquo;analyse de Duchesne, bien que tr&egrave;s succincte, montre la voie &agrave; suivre. Selon lui, les boursiers d&rsquo;Europe &laquo; rapportent de leurs &eacute;tudes et introduisent dans les facult&eacute;s du Qu&eacute;bec les habitus &agrave; la recherche et le mod&egrave;le universel du professeur-chercheur, typique de la science moderne. &raquo;<a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=261:les-boursiers-d-europe-un-projet-d-etude-sur-la-formation-d-une-elite-au-quebec&amp;Itemid=302#sources\"><sup>7<\/sup><\/a> En sciences humaines et sociales tout comme en sciences &eacute;conomiques et en sciences de l&rsquo;&eacute;ducation, les boursiers sont &eacute;galement nombreux puisqu&rsquo;ils repr&eacute;sentent 22,3% de l&rsquo;ensemble des boursiers. Les &eacute;tudes sur la disciplinarisation de ces savoirs indiquent que le processus d&rsquo;importation des mod&egrave;les europ&eacute;en et am&eacute;ricain a jou&eacute; &eacute;galement un r&ocirc;le non n&eacute;gligeable. Or, dans tous les domaines, nos donn&eacute;es parcellaires r&eacute;v&egrave;lent que plusieurs pionniers dans ces champs d&rsquo;&eacute;tudes sont des boursiers de ce premier programme de bourses. C&rsquo;est aussi vrai pour les sciences de la gestion. Les HEC, par exemple, ont r&eacute;guli&egrave;rement utilis&eacute; ce programme de bourses pour susciter de nouveaux programmes adapt&eacute;s aux nouvelles r&eacute;alit&eacute;s &eacute;conomiques, certains universitaires finissant d&rsquo;ailleurs par occuper des postes dans la fonction publique. De fa&ccedil;on peut-&ecirc;tre assez inattendue, le domaine des arts se place au second rang, apr&egrave;s la m&eacute;decine, en ce qui a trait au nombre des boursiers. En effet, 24,2% des r&eacute;cipiendaires de bourses sont des artistes provenant des champs aussi diff&eacute;rents que le design, la danse, la peinture, la reliure, le th&eacute;&acirc;tre, la sculpture et la musique. Les boursiers comptent des noms extr&ecirc;mement connus, tels Stanley Cosgrove, Jean-Philippe Dallaire, Hubert Aquin, Constance Beresford-Howe, Andr&eacute; Mathieu, Alfred Pellan, Andr&eacute; Turp, H&eacute;l&egrave;ne Loiselle ou Louis Quillicot. La majorit&eacute; est all&eacute;e &eacute;tudier en France. Plusieurs de ces artistes ont particip&eacute; au renouveau culturel du Qu&eacute;bec &agrave; partir des ann&eacute;es 1950 et ont ouvert la voie &agrave; de nouvelles formes d&rsquo;expression artistique.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Bref, la liste de ces boursiers, qui comporte des personnalit&eacute;s bien connues des historiens des sciences, de la m&eacute;decine ou de l&rsquo;art, nous indique que ce programme a exerc&eacute; une influence importante sur le d&eacute;veloppement scientifique, intellectuel et artistique tant au Qu&eacute;bec qu&rsquo;au Canada.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h6>&nbsp;<\/h6>\n<p><a title=\"sources\" name=\"sources\"><\/a>Sources :<\/p>\n<h6>1. Robert Gagnon est professeur au d&eacute;partement d&rsquo;histoire de l&rsquo;UQAM. Il a &eacute;crit plusieurs ouvrages et articles sur l&rsquo;histoire de l&rsquo;&eacute;ducation (<em>Histoire de l&rsquo;&Eacute;cole Polytechnique de Montr&eacute;al<\/em>, Bor&eacute;al, 1991; <em>Histoire de la Commission des &eacute;coles catholiques de Montr&eacute;al<\/em>, Bor&eacute;al, 1996) et sur l&rsquo;histoire de la technologie (<em>Questions d&rsquo;&eacute;gouts<\/em>, Bor&eacute;al, 2006). Denis Goulet est professeur affili&eacute; &agrave; l&rsquo;Universit&eacute; de Sherbrooke. Il est un sp&eacute;cialiste de l&rsquo;histoire de la m&eacute;decine qui a &eacute;crit plus d&rsquo;une dizaine d&rsquo;ouvrages, notamment sur la profession m&eacute;dicale (<em>Histoire du Coll&egrave;ge des m&eacute;decins, 1847-1997,<\/em> CMQ, 1997), sur les sp&eacute;cialit&eacute;s m&eacute;dicales (<em>Histoire de la gastro-ent&eacute;rologie au Qu&eacute;bec, 1880-2005<\/em> et <em>Histoire de la n&eacute;phrologie, 1950-2007, Carte blanche,<\/em> 2005, 2008), sur les institutions universitaires (<em>Histoire de l&rsquo;Universit&eacute; de Sherbrooke, 1954-2004,<\/em> &Eacute;ditions de l&rsquo;Universit&eacute; de Sherbrooke et <em>Histoire de la Facult&eacute; de m&eacute;decine de l&rsquo;Universit&eacute; de Montr&eacute;al, 1843-1993,<\/em> VLB, 1993).<\/h6>\n<h6>2. BOURDIEU, Pierre, <em>Le sens pratique,<\/em> Paris, Minuit, 1983, chapitre 3.<\/h6>\n<h6>3. DUCHESNE, Raymond, &laquo;La France et l&rsquo;&eacute;mergence des sciences modernes au Canada fran&ccedil;ais (1900-1940)&raquo;, dans P. PETITJEAN, C. JAMI et A.-M. MOULIN (dir.), <em>Science and Empires : Historical Studies about Scientific Development and European Expansion,<\/em> Dordrecht, 1992, p. 331-338.<\/h6>\n<h6>4. ROUSSEL, Luc, <em>Les relations culturelles du Qu&eacute;bec avec la France,<\/em> 1920-1965, Th&egrave;se de doctorat, Universit&eacute; Laval, 1983, p. 37-42.<\/h6>\n<h6>5. <em>Statuts de la Province de Qu&eacute;bec,<\/em> 10 George V, Chap. 9, 1920, p. 36; <em>Statuts de la Province de Qu&eacute;bec,<\/em> 12 George V, Chap. 4, 1922, p. 27; Statuts de la Province de Qu&eacute;bec, 2 George VI, Chap. 72, 1937, p. 257.<\/h6>\n<h6>6. DUCHESNE, Raymond, &laquo;D&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t public et d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t priv&eacute; : l&rsquo;institutionnalisation de l&rsquo;enseignement et de la recherche scientifiques au Qu&eacute;bec (1920-1940)&raquo; dans Y. LAMONDE et E. TR&Eacute;PANIER (dir.), <em>L&rsquo;av&egrave;nement de la modernit&eacute; culturelle au Qu&eacute;bec,<\/em> Qu&eacute;bec, Institut qu&eacute;b&eacute;cois de la recherche sur la culture, 1986, p. 189-230.<\/h6>\n<h6>7. <em>Ibid<\/em>, p. 208. D&rsquo;autres chercheurs ont privil&eacute;gi&eacute; cette approche pour rendre compte de l&rsquo;&eacute;mergence et de l&rsquo;institutionnalisation de la recherche scientifique, voir notamment : GINGRAS, Yves, <em>Les origines de la recherche scientifique au Canada,<\/em> Montr&eacute;al, Bor&eacute;al, 1991.<\/h6>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les boursiers d&rsquo;Europe : un projet d&rsquo;&eacute;tude sur la formation d&rsquo;une &eacute;lite au Qu&eacute;bec &nbsp; par Robert Gagnon et Denis Goulet1 &nbsp; Les objectifs du projet de recherche De 1920 &agrave; 1960, le gouvernement qu&eacute;b&eacute;cois&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[41],"tags":[],"class_list":["post-6131","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-bulletin-n28-mai-2009"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6131","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6131"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6131\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6921,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6131\/revisions\/6921"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6131"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6131"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6131"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}