{"id":6187,"date":"2009-12-13T17:11:25","date_gmt":"2009-12-13T22:11:25","guid":{"rendered":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/quelques-mythes-relies-a-la-guerre-de-sept-ans\/"},"modified":"2024-05-14T17:06:25","modified_gmt":"2024-05-14T21:06:25","slug":"quelques-mythes-relies-a-la-guerre-de-sept-ans","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/quelques-mythes-relies-a-la-guerre-de-sept-ans\/","title":{"rendered":"Quelques mythes reli\u00e9s \u00e0 la guerre de Sept Ans"},"content":{"rendered":"<h2 align=\"center\"><strong>Quelques mythes reli&eacute;s &agrave; la guerre de Sept Ans<\/strong><\/h2>\n<h5>par Gilles Durand<\/h5>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>De nombreuses activit&eacute;s de comm&eacute;moration<\/strong><\/p>\n<p> Le rappel et la comm&eacute;moration du 250<sup>e<\/sup> anniversaire de la bataille des plaines d&rsquo;Abraham et de la mort de Montcalm donnent lieu &agrave; <a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_content&amp;view=article&amp;id=420:commemorations-1759-2009-250e-anniversaire-de-la-bataille-des-plaines-dabraham-et-de-la-mort-du-marquis-de-montcalm&amp;catid=2&amp;Itemid=155\">plusieurs activit&eacute;s de comm&eacute;moration<\/a> de part et d&rsquo;autre de l&rsquo;Atlantique : d&eacute;voilement de m&eacute;morial, marche et rassemblement, d&eacute;p&ocirc;t de gerbes de fleurs, visites d&rsquo;expositions, <a href=\"http:\/\/www.ccbn-nbc.gc.ca\/_fr\/documents\/Horaire-colloque-CCBN.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">tenue de colloque<\/a> et de <a href=\"http:\/\/calenda.revues.org\/nouvelle14482.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">journ&eacute;e d&rsquo;&eacute;tudes<\/a>, lancement de publications dont un point fort des &eacute;v&eacute;nements comm&eacute;moratifs demeure le r&eacute;pertoire &agrave; caract&egrave;re biographique des soldats des troupes de Terre qui ont combattu en Nouvelle-France au cours de la guerre de Sept Ans &ndash; voir suggestion de lecture ci-dessous. Toutes ces activit&eacute;s ont mobilis&eacute; plusieurs partenaires &agrave; titre d&rsquo;organisateur ou de soutien : la Commission franco-qu&eacute;b&eacute;coise sur les lieux de m&eacute;moire communs, la Commission de la capitale nationale du Qu&eacute;bec, la Commission des champs de bataille nationaux, le Service historique de la D&eacute;fense, le Mus&eacute;e de la civilisation du Qu&eacute;bec, le Mus&eacute;e national des beaux-arts du Qu&eacute;bec, le Mus&eacute;e Stewart, la Soci&eacute;t&eacute; g&eacute;n&eacute;alogique canadienne-fran&ccedil;aise, la F&eacute;d&eacute;ration fran&ccedil;aise de g&eacute;n&eacute;alogie, les soci&eacute;t&eacute;s d&rsquo;histoire et de g&eacute;n&eacute;alogie de la r&eacute;gion de Qu&eacute;bec, les Augustines de l&rsquo;H&ocirc;pital-G&eacute;n&eacute;ral, la municipalit&eacute; de Vestric-et-Candiac, la ville de Brest, plusieurs historiens, etc.<\/p>\n<p> Tout en donnant le pouls de l&rsquo;attachement &agrave; la France, l&rsquo;ensemble des &eacute;v&eacute;nements et des publications permet de mieux cerner le contexte du conflit, les t&eacute;moins et les acteurs de celui-ci. &Agrave; l&rsquo;occasion, certaines d&eacute;couvertes faites &agrave; la suite des recherches peuvent remettre en question certaines id&eacute;es pr&eacute;con&ccedil;ues. D&rsquo;autres r&eacute;v&egrave;lent une contribution de la France beaucoup plus grande que nous ne l&rsquo;aurions d&rsquo;abord cru.<\/p>\n<p> <strong>L&rsquo;abandon de la Nouvelle-France par la m&egrave;re patrie<\/strong><\/p>\n<p> L&rsquo;abandon de la colonie par la France fait partie de la propagande britannique pour amener les habitants &agrave; d&eacute;poser les armes &agrave; la suite de la conqu&ecirc;te et &agrave; accepter le nouveau R&eacute;gime. La m&egrave;re patrie fait beaucoup pour conserver sa colonie laurentienne. Tout au long du conflit, elle envoie des troupes du minist&egrave;re de la Marine et du minist&egrave;re de la D&eacute;fense terrestre, des munitions de guerre, du ravitaillement. Elle doit cependant tenir compte de ses ressources, devant se battre sur trois fronts, sur le continent europ&eacute;en, sur mer et dans ses colonies, &agrave; un moment o&ugrave; sa marine, le nerf de la guerre, est loin d&rsquo;&ecirc;tre en mesure de soutenir la concurrence de celle de la Grande-Bretagne. Plusieurs des secours qu&rsquo;elle envoie ne parviennent pas &agrave; destination, un facteur explicatif de la perte de la Nouvelle-France aussi important, selon certains, que la faiblesse du poids d&eacute;mographique face aux treize colonies du Sud.<\/p>\n<p> Pour &eacute;valuer &agrave; sa juste mesure la contribution de la France, nous devons aussi prendre en consid&eacute;ration, entre autres choses, le mariage et l&rsquo;&eacute;tablissement au pays de plus de 600 soldats des troupes de Terre (<em>Combattre pour la France<\/em>, p. 94), une r&eacute;v&eacute;lation importante d&eacute;coulant des recherches du projet Montcalm.<\/p>\n<p> <strong>Le mythe du Canadien &laquo; canadien &raquo;<\/strong><\/p>\n<p> S&rsquo;il faut reconna&icirc;tre que l&rsquo;identit&eacute; canadienne est en formation au temps de la guerre de Sept Ans, la notion de &laquo; canadianit&eacute; &raquo; appara&icirc;t v&eacute;hicul&eacute;e par le dernier gouverneur g&eacute;n&eacute;ral de la Nouvelle-France, Pierre de Rigaud de Vaudreuil, &agrave; des fins personnelles. B&eacute;n&eacute;ficiaire de la r&eacute;putation l&eacute;gendaire de son p&egrave;re, le gouverneur Philippe de Rigaud de Vaudreuil, Pierre de Rigaud de Vaudreuil est le seul gouverneur &agrave; &ecirc;tre n&eacute; au pays. Il utilise sa naissance canadienne pour progresser plus rapidement dans sa carri&egrave;re. La correspondance qu&rsquo;il achemine &agrave; la cour le d&eacute;montre : &laquo; Il n&rsquo;est pas n&eacute;cessaire qu&rsquo;il y ait d&rsquo;officier g&eacute;n&eacute;ral &agrave; la t&ecirc;te de ces bataillons [troupes de terre]&hellip; Je ne dois pas vous dissimuler, Monseigneur, que les Canadiens et les Sauvages ne marcheraient pas avec la m&ecirc;me confiance sous les ordres d&rsquo;un commandant des troupes de France que sous ceux des officiers de cette colonie (Cit&eacute; dans <em>Le Peuple, l&rsquo;&Eacute;tat et la Guerre<\/em>, p. 371). &raquo;<\/p>\n<p> En r&eacute;alit&eacute;, Fran&ccedil;ais et habitants de la vall&eacute;e du Saint-Laurent deviennent des Canadiens plus tard, &agrave; la suite de la conqu&ecirc;te britannique. Pour le moment, ils se consid&egrave;rent tous sujets du roi Louis XV. Ils en attendent support, nomination, promotion, etc. Le 12 mai 1759, l&rsquo;officier fran&ccedil;ais J&eacute;r&ocirc;me de Folign&eacute; &eacute;crit dans son journal : &laquo; A huit heures du soir arriva Mr. de Bougainville [&hellip;] Son arriv&eacute;e causa tant de joye que dans l&rsquo;instant son arriv&eacute;e fut repandue par toute la ville, cette nouvelle etoit d&rsquo;autant plus interessante qu&rsquo;elle annoncoit une flotte, dans peu, de dix sept vaisseaux venant de Bordeaux charg&eacute;s de munitions de guerre et de bouche [&hellip;] Jamais joye ne fut plus g&eacute;n&eacute;rale elle ranima le c&oelig;ur de tout un peuple&hellip; (<em>Qu&eacute;bec ville assi&eacute;g&eacute;e<\/em>, p. 30). L&rsquo;attachement au roi appara&icirc;t encore lorsque Bougainville repousse avec son d&eacute;tachement une attaque des Britanniques &agrave; la Pointe-aux-Trembles (Neuville) : celui-ci, de noter l&rsquo;auteur anonyme du <em>Journal du si&egrave;ge de Qu&eacute;bec<\/em> (p. 115), &laquo; a vu son cheval bless&eacute; entre ses jambes, ce qui l&rsquo;a fait tomber &agrave; terre; les ennemis l&rsquo;ayant aper&ccedil;u l&rsquo;ont cru mort et ont aussyt&ocirc;t cri&eacute; houra, mais il s&rsquo;est relev&eacute; et a fait crier : vive le Roy &raquo;. En 1763, c&rsquo;est toujours le m&ecirc;me sentiment d&rsquo;affection et de fid&eacute;lit&eacute; &agrave; la France, exprim&eacute; par l&rsquo;annaliste de l&rsquo;H&ocirc;pital-G&eacute;n&eacute;ral de Qu&eacute;bec : &laquo; On ne peut, Monseigneur, d&eacute;peindre au naturel la douleur et l&rsquo;amertume qui s&rsquo;est empar&eacute;e de tous les c&oelig;urs &agrave; la nouvelle de ce changement de domination; on se flatte que quelque r&eacute;volution que la Providence suscitera nous remettra dans nos droits (<em>Le Devoir<\/em>, D&eacute;faite ou cession? 25 ao&ucirc;t 2009). &raquo;<\/p>\n<p> &Agrave; l&rsquo;&eacute;poque, la participation &agrave; des groupes d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t et l&rsquo;affiliation &agrave; des r&eacute;seaux assurent l&rsquo;avancement personnel, parfois autant que les qualit&eacute;s personnelles. Pour s&rsquo;&ecirc;tre ali&eacute;n&eacute; Nicolas Sarrebource de Pontleroy, devenu ing&eacute;nieur en chef de la colonie, Michel Chartier de Lotbini&egrave;re, officier dans les troupes de la Marine et ing&eacute;nieur militaire, se fait suivre par une r&eacute;putation d&rsquo;incomp&eacute;tence : &laquo; M. de Lotbini&egrave;re&hellip; a fait faire un pont sur la rivi&egrave;re du Cap Rouge, d&rsquo;une construction nouvelle; les voitures, au lieu de passer dessus comme &agrave; l&rsquo;ordinaire, passent par-dessous; cet ouvrage est digne d&rsquo;une tel inventeur (<em>Journal du si&egrave;ge de Qu&eacute;bec<\/em>, p. 69-70). &raquo; &Agrave; l&rsquo;inverse, des appuis dans la colonie et &agrave; la cour peuvent compenser un insucc&egrave;s. Charg&eacute; de bloquer, &agrave; l&rsquo;&icirc;le aux Coudres, l&rsquo;avance des Anglais dans le fleuve &agrave; l&rsquo;aide de cageux (radeaux), Charles-Fran&ccedil;ois Tarieu de Lanaudi&egrave;re les br&ucirc;le &agrave; l&rsquo;arriv&eacute;e de la flotte anglaise en mai 1759 et bat en retraite. &Agrave; la suite de cette op&eacute;ration peu reluisante, le gouverneur Vaudreuil et l&rsquo;intendant Bigot lui confient la responsabilit&eacute; de r&eacute;quisitionner du b&eacute;tail aupr&egrave;s des habitants pour nourrir les troupes. L&rsquo;auteur anonyme du <em>Journal du si&egrave;ge de Qu&eacute;bec<\/em> &eacute;crit que &laquo; cette nouvelle dignit&eacute; lui est plus lucrative que la premi&egrave;re; d&rsquo;ailleurs un coup de corne n&rsquo;est pas si &agrave; craindre qu&rsquo;un coup de canon qui fait tr&egrave;s souvent la r&eacute;compense des bons officiers (p. 78) &raquo;; plus loin, il ajoute : &laquo; M. de Lanaudi&egrave;re, chevalier de St. Louis, est &agrave; pr&eacute;sent le grand Bouvier du munitionnaire; cette nouvelle charge lui est plus lucrative qu&rsquo;honorable; tout le monde en rit mais il trouve son compte et sa s&ucirc;ret&eacute; (p. 100). &raquo; L&rsquo;auteur anonyme exag&egrave;re probablement, mais il n&rsquo;en demeure pas moins que de Lanaudi&egrave;re est qualifi&eacute;, dans une liste apostill&eacute;e des officiers, de &laquo; Riche, officier tr&egrave;s m&eacute;diocre (<em>Journal du si&egrave;ge de Qu&eacute;bec<\/em>, Notes, p. 149) &raquo;.<\/p>\n<p> <strong>La guerre &agrave; l&rsquo;europ&eacute;enne ou la guerre &agrave; la canadienne<\/strong><\/p>\n<p> On fait beaucoup &eacute;tat de l&rsquo;opposition Montcalm &laquo; le Fran&ccedil;ais &raquo;-Vaudreuil &laquo; le Canadien &raquo; sur la fa&ccedil;on de mener la guerre. Dans son journal, Montcalm adresse plusieurs reproches &agrave; Vaudreuil, celui qui de sup&eacute;rieur est devenu subordonn&eacute; &agrave; compter de 1758 : &laquo; Notre gouvernement ne vaut rien, &eacute;crit-il dans sa correspondance le 12 avril 1759&hellip; nulle confiance en Monsieur de Vaudreuil ny Monsieur Bigot (<em>Qu&eacute;bec ville assi&eacute;g&eacute;e<\/em>, p. 26) &raquo;. &laquo; Nouveaux embarras pour la d&eacute;fense de Qu&eacute;bec, n&rsquo;y ayant rien de fait et point de ressources pour faire; suite n&eacute;cessaire de la prodigieuse s&eacute;curit&eacute; de M. le marquis de Vaudreuil &raquo;, fait-t-il &eacute;crire dans son Journal le 23 mai 1759 &agrave; l&rsquo;approche de la flotte britannique sur le fleuve (<em>Qu&eacute;bec ville assi&eacute;g&eacute;<\/em>, p.34). Plus loin, en date du 6 septembre 1759, face &agrave; l&rsquo;arm&eacute;e fran&ccedil;aise qui bombarde les vaisseaux qui contournent la ville pour remonter en amont, sans canonner en m&ecirc;me temps les batteries ennemies install&eacute;es &agrave; Pointe-L&eacute;vy, il fait consigner dans son Journal : &laquo; On gardait la poudre pour tirer sur les vaisseaux, et moi je dis qu&rsquo;on la gardait pour les moineaux (<em>Qu&eacute;bec ville assi&eacute;g&eacute;e<\/em>, p. 174). &raquo; De nouveau, le 10 septembre 1759, il ne peut s&rsquo;emp&ecirc;cher de mettre en doute la cr&eacute;dibilit&eacute; du gouverneur : &laquo; Le Canadien [Vaudreuil] confiant esp&egrave;re beaucoup des coups de vent communs dans cette saison. Mais il nous a si souvent donn&eacute; de fausses esp&eacute;rances sur le secours des &eacute;l&eacute;ments, que l&rsquo;on doute fort de la v&eacute;rit&eacute; de ses proph&eacute;ties, qui ont perdu tout leur cr&eacute;dit (<em>Qu&eacute;bec ville assi&eacute;g&eacute;e<\/em>, p. 182). &raquo;<\/p>\n<p> L&rsquo;opposition entre les deux hommes n&rsquo;appara&icirc;t pas s&rsquo;expliquer uniquement par le fait que Montcalm est familier avec la guerre &agrave; l&rsquo;europ&eacute;enne en bataille rang&eacute;e alors que Vaudreuil pr&eacute;f&egrave;re la &laquo; petite guerre &raquo; offensive. D&rsquo;un c&ocirc;t&eacute;, il est loin d&rsquo;&ecirc;tre s&ucirc;r que le premier ignore tout de la guerre d&rsquo;embuscade. De l&rsquo;autre, Vaudreuil est pr&eacute;sent&eacute; comme &laquo; le seul gouverneur de la Nouvelle-France qui n&rsquo;a pas d&rsquo;exp&eacute;rience militaire. Sa participation &agrave; la campagne de 1728 contre les Renards ne peut en tenir lieu (<em>Le Peuple, l&rsquo;&Eacute;tat et la Guerre<\/em>, p. 625). &raquo; L&rsquo;auteur anonyme du <em>Journal du si&egrave;ge de Qu&eacute;bec<\/em> nous en laisse un portrait peu inspirant lors de la bataille du 13 septembre 1759 : &laquo; Pendant l&rsquo;action M. de Vaudreuil a paru sur la coste &eacute;tant en cal&egrave;che, sa vue n&rsquo;a fait qu&rsquo;augmenter la d&eacute;route, et lui-m&ecirc;me a d&eacute;camp&eacute; aussit&ocirc;t et a repass&eacute; le pont de la petite rivi&egrave;re [rivi&egrave;re Saint-Charles] o&ugrave; il y avait au moins 3 &agrave; 4000 hommes qui y avoient &eacute;t&eacute; arr&ecirc;t&eacute;s (p. 130). &raquo;<\/p>\n<p> <strong>Le mythe du Canadien f&eacute;roce et belliqueux<\/strong><\/p>\n<p> Les journaux de campagnes militaires conserv&eacute;s dans les archives sont pour la plupart r&eacute;dig&eacute;s par des officiers fran&ccedil;ais. Les habitants, conscrits pour servir dans la milice, ont laiss&eacute; peu de traces permettant de retracer leurs qualit&eacute;s, leurs sentiments et leurs &eacute;tats d&rsquo;&acirc;me. La raret&eacute; de leurs t&eacute;moignages n&rsquo;emp&ecirc;che toutefois pas Louise Dech&ecirc;ne de remettre en question l&rsquo;image traditionnel du milicien canadien &agrave; l&rsquo;instinct belliqueux, naturellement port&eacute; au combat et &agrave; la guerre.<\/p>\n<p> &Agrave; l&rsquo;&eacute;poque, l&rsquo;habitant de la vall&eacute;e du Saint-Laurent est pacifique; son horizon se limite en grande partie &agrave; sa famille, &agrave; sa ferme et &agrave; sa paroisse. Tout en n&rsquo;&eacute;tant pas un soldat professionnel, entra&icirc;n&eacute; &agrave; observer une grande discipline et &agrave; d&eacute;fier le danger, il n&rsquo;en apporte pas moins un soutien indispensable aux soldats des troupes de la Marine dans les rangs desquelles il combat, et aux troupes de Terre. Montcalm sait d&rsquo;ailleurs &agrave; l&rsquo;occasion reconna&icirc;tre leur contribution : &laquo; &hellip;&Agrave; la v&eacute;rit&eacute; si tout ce qui est soldat habitans est prevenu et se presente en armes, je pense qu&rsquo;il n&rsquo;y a rien &agrave; craindre (<em>Qu&eacute;bec ville assi&eacute;g&eacute;e<\/em>, p. 146), trouvons-nous dans sa correspondance &agrave; propos d&rsquo;une tentative possible de d&eacute;barquement des Britanniques &agrave; Trois-Rivi&egrave;res. Lors de la d&eacute;bandade de l&rsquo;arm&eacute;e le 13 septembre 1759, 200 miliciens apportent un appui indispensable&hellip; jusqu&rsquo;&agrave; y laisser leur vie. De plus, le comportement des troupes fran&ccedil;aises ne leur est pas sp&eacute;cifique. Les troupes britanniques font de m&ecirc;me sur le champ de bataille lors de revers. &laquo; A peine entr&eacute;es, le feu de notre mousqueterie les [les troupes britanniques] a mises en d&eacute;sordre, et elles se sont rembarqu&eacute;es (Ibid., p. 110) &raquo;, trouvons-nous dans le Journal de Montcalm, en date du 31 juillet 1759, lors de l&rsquo;attaque de Montmorency. M&ecirc;me chose &agrave; la Pointe-aux-Trembles le 7 ao&ucirc;t 1759 : &laquo; Les ennemis &agrave; cette descente pouvaient avoir, par l&rsquo;estim&eacute; de leurs berges, environ 1200 hommes&hellip; o&ugrave; ils furent re&ccedil;us par un feu &eacute;tourdi; &agrave; la seconde d&eacute;charge, les berges anglaises regagn&egrave;rent le large&hellip; M. de Bougainville m&rsquo;a assur&eacute; qu&rsquo;il a vu 7 berges dans lesquelles il pouvait y avoir 50 hommes dans chaque, et qu&rsquo;il n&rsquo;en a remarqu&eacute; dans chaque que 4 ou 5 en &eacute;tat de ramer (Ibid., Journal de Panet, p. 128) &raquo;. Lors de l&rsquo;attaque victorieuse de L&eacute;vis le 28 avril 1760, nous trouvons un commentaire semblable : &laquo; Mais ils se retir&egrave;rent avec tant de pr&eacute;cipitation&hellip;Ils abandonn&egrave;rent toute leur artillerie, munitions, outils, morts et bless&eacute;s&hellip; (Ibid., Journal des campagnes du Chevalier de L&eacute;vis, p. 244). &raquo;<\/p>\n<p> Les aptitudes militaires du milicien canadien comme faisant partie de son bagage g&eacute;n&eacute;tique constituent une affirmation lanc&eacute;e par Vaudreuil pour avoir le haut commandement non seulement des troupes de la colonie (Marine et milice), mais aussi des troupes de Terre. La milice est indispensable pour vaincre les Britanniques. Lui seul se dit capable de l&rsquo;utiliser pleinement : &laquo; Je me flatte de poss&eacute;der les c&oelig;urs et la confiance des colons et leur sensibilit&eacute; (<em>Le Peuple, l&rsquo;&Eacute;tat et la Guerre<\/em>, p. 372) &raquo;. Mais c&rsquo;est bien en vain qu&rsquo;il adresse ces commentaires &agrave; la cour.<\/p>\n<p> <strong>Les mis&egrave;res de l&rsquo;habitant sous le R&eacute;gime fran&ccedil;ais, les bienfaits de la conqu&ecirc;te britannique<\/strong><\/p>\n<p> Lors de la guerre de Sept Ans, l&rsquo;habitant est fortement mis &agrave; contribution par l&rsquo;administration royale et coloniale. S&rsquo;il ne verse pas d&rsquo;imp&ocirc;t, il doit payer de sa personne, comme conscrit dans la milice, pour la construction de fortifications, pour le logement des troupes, pour le transport de vivres et de munitions; il doit aussi fournir des vivres aux troupes charg&eacute;es de la d&eacute;fense de la colonie. Par contre, la p&eacute;riode qui suit la conqu&ecirc;te est souvent pr&eacute;sent&eacute;e comme un temps de r&eacute;pit : l&rsquo;habitant peut reprendre son train quotidien sous l&rsquo;&oelig;il bienveillant et admiratif de Murray &agrave; l&rsquo;endroit du courage, de la foi et du conservatisme des Qu&eacute;b&eacute;cois. En fait, la vie est-elle si facile? Au lendemain de la capitulation de la Nouvelle-France en 1760, les habitants peuvent retourner dans leurs paroisses et prendre possession de leur terre, habitation et effets. &laquo; Mais, quels biens veut-il [le brigadier Monckton] que nos habitants aillent occuper apr&egrave;s les ravages qu&rsquo;il a fait commettre&hellip;C&rsquo;est &agrave; ce jour, s&rsquo;exclame l&rsquo;officier fran&ccedil;ais Folign&eacute;, qu&rsquo;on vit sortir du fond des bois nos pauvres femmes tra&icirc;nant apr&egrave;s elles leurs petits enfants mang&eacute;s des mouches, sans hardes, criant la faim&hellip; (<em>Le Peuple, l&rsquo;&Eacute;tat et la Guerre<\/em>, p. 417-418) &raquo;.<\/p>\n<p> Les recherches actuelles font &eacute;tat de miliciens faits prisonniers. Elles mentionnent plus de 4000 retours en France jusqu&rsquo;aux ann&eacute;es 1770. Les membres de l&rsquo;&eacute;lite, ceux qui d&eacute;pendent de l&rsquo;administration royale pour leur emploi et leur subsistance, quittent. De m&ecirc;me, des Canadiens appartenant aux classes populaires. D&rsquo;autres doivent rester, ceux qui, vivant de la culture de leur terre, n&rsquo;ont d&rsquo;autre choix. Pour ceux-ci, nous devons nous poser la question sur ce qu&rsquo;ils doivent endurer. Des situations comme la mise &agrave; mort par Murray, le 22 mai 1760, du meunier Nadeau pour avoir incit&eacute; ses compatriotes &agrave; la r&eacute;volte et pouss&eacute; l&rsquo;attachement &agrave; la France, nous invitent &agrave; pousser plus loin les enqu&ecirc;tes dans les archives sur ceux qui refusent de se rallier au nouveau R&eacute;gime (<em>L&rsquo;Ann&eacute;e des Anglais<\/em>, p. 109). Tout n&rsquo;a pas &eacute;t&eacute; dit et &eacute;crit sur ceux qui sont demeur&eacute;s dans la vall&eacute;e du Saint-Laurent apr&egrave;s 1760 et sur la &laquo; condescendance &raquo; de Murray&hellip;<\/p>\n<p> <strong>Pour mieux se souvenir<\/strong><\/p>\n<p> Le rappel de la bataille des plaines d&rsquo;Abraham et de la mort de Montcalm suscite des travaux &agrave; caract&egrave;re g&eacute;n&eacute;alogique et historique. Les Qu&eacute;b&eacute;cois ont maintenant &agrave; port&eacute;e de la main des informations qui remettent en question le mythe de l&rsquo;abandon de la France et qui permettent de d&eacute;couvrir, peut-&ecirc;tre de red&eacute;couvrir, l&rsquo;apport important de la France et des premiers Fran&ccedil;ais au d&eacute;veloppement du Qu&eacute;bec. En m&ecirc;me temps, ils disposent de donn&eacute;es pour v&eacute;rifier si un de leurs anc&ecirc;tres peut &ecirc;tre rattach&eacute; aux soldats des troupes de Terre. Pour les autres, les soldats des troupes de la Marine et les miliciens, ils disposent de pistes permettent d&rsquo;entreprendre une enqu&ecirc;te semblable.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Quelques mythes reli&eacute;s &agrave; la guerre de Sept Ans par Gilles Durand &nbsp; De nombreuses activit&eacute;s de comm&eacute;moration Le rappel et la comm&eacute;moration du 250e anniversaire de la bataille des plaines d&rsquo;Abraham et de la&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[42],"tags":[],"class_list":["post-6187","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-bulletin-n29-decembre-2009"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6187","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6187"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6187\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6977,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6187\/revisions\/6977"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6187"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6187"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6187"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}