{"id":6208,"date":"2010-05-08T17:29:20","date_gmt":"2010-05-08T21:29:20","guid":{"rendered":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/letat-des-sciences-en-nouvelle-france-conference-prononcee-par-yves-gingras-devant-les-membres-de-la-societe-genealogique-canadienne-francaise\/"},"modified":"2024-05-14T17:06:27","modified_gmt":"2024-05-14T21:06:27","slug":"letat-des-sciences-en-nouvelle-france-conference-prononcee-par-yves-gingras-devant-les-membres-de-la-societe-genealogique-canadienne-francaise","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/letat-des-sciences-en-nouvelle-france-conference-prononcee-par-yves-gingras-devant-les-membres-de-la-societe-genealogique-canadienne-francaise\/","title":{"rendered":"L\u2019\u00e9tat des sciences en Nouvelle-France : conf\u00e9rence prononc\u00e9e par Yves Gingras devant les membres de la Soci\u00e9t\u00e9 g\u00e9n\u00e9alogique canadienne-fran\u00e7aise"},"content":{"rendered":"<h2 align=\"center\"><b>L&rsquo;&eacute;tat des sciences en Nouvelle-France :<br \/>conf&eacute;rence prononc&eacute;e par Yves Gingras <br \/>devant les membres de la <br \/>Soci&eacute;t&eacute; g&eacute;n&eacute;alogique canadienne-fran&ccedil;aise<\/b><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h5>par Gilles Durand<br \/>Gilles_du@hotmail.com<\/h5>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<table style=\"margin-left: 10px; margin-bottom: 10px; width: 300px; float: right;\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-content\/uploads\/images\/stories\/bulletin30\/yves-gingras.jpg\" alt=\"Yves Gingras - conf&eacute;rence sur l'&eacute;tat des sciences en nouvelle-France\" width=\"300\" height=\"210\" \/><\/p>\n<h6>Yves Gingras, conf&eacute;rencier<br \/>Cr&eacute;dit : Gilles Durand<\/h6>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Dans le cadre des rencontres mensuelles organis&eacute;es par la Soci&eacute;t&eacute; g&eacute;n&eacute;alogique canadienne-fran&ccedil;aise &agrave; la Maison de la g&eacute;n&eacute;alogie &agrave; Montr&eacute;al, Yves Gingras, professeur &agrave; l&rsquo;Universit&eacute; du Qu&eacute;bec &agrave; Montr&eacute;al, prononce, le 13 janvier 2010, une conf&eacute;rence sur l&rsquo;&eacute;tat des sciences en Nouvelle-France. L&rsquo;expos&eacute; est l&rsquo;occasion d&rsquo;une r&eacute;flexion f&eacute;conde de la part des auditeurs pr&eacute;sents.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>Le contexte scientifique des 17<sup>e<\/sup> et 18<sup>e<\/sup> si&egrave;cles coloniaux<\/b><\/p>\n<p>&Agrave; l&rsquo;&eacute;poque, la Nouvelle-France se d&eacute;veloppe dans un contexte mercantiliste. Elle constitue pour la m&egrave;re patrie, la France, un continent &agrave; traverser pour obtenir les &eacute;pices de l&rsquo;Asie de m&ecirc;me qu&rsquo;un r&eacute;servoir de mati&egrave;res premi&egrave;res &agrave; exploiter pour subvenir &agrave; ses besoins. D&egrave;s lors, les sciences utilis&eacute;es sont celles qui supportent ces objectifs : l&rsquo;astronomie et l&rsquo;hydrographie pour &eacute;valuer la distance et le temps de la travers&eacute;e par les navires, pour rep&eacute;rer leur position en mer et pour naviguer en toute s&eacute;curit&eacute; sur les voies d&rsquo;eau int&eacute;rieures en tenant compte de leur profondeur, des c&ocirc;tes et des &eacute;cueils; la cartographie pour reproduire le trac&eacute; des r&eacute;gions c&ocirc;ti&egrave;res et la position des endroits strat&eacute;giques de m&ecirc;me que pour d&eacute;limiter la propri&eacute;t&eacute; de ceux qui s&rsquo;&eacute;tablissent sur le nouveau continent; la botanique, alors ins&eacute;parable de la m&eacute;decine, la min&eacute;ralogie et la zoologie pour encadrer l&rsquo;observation des sp&eacute;cimens et des esp&egrave;ces, l&rsquo;&eacute;tude de leurs caract&eacute;ristiques &ndash; et de leurs propri&eacute;t&eacute;s m&eacute;dicinales dans le cas des plantes &ndash;, de leur milieu naturel et des possibilit&eacute;s d&rsquo;exploitation; enfin l&rsquo;anthropologie ou ce qui en tient lieu &agrave; l&rsquo;&eacute;poque pour &eacute;tudier avec objectivit&eacute; les fa&ccedil;ons de faire, les m&oelig;urs, les coutumes et les croyances des habitants.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>Des cartographes, ing&eacute;nieurs et hydrographes<\/b><\/p>\n<p>Dans chacun de ces champs du savoir, un certain nombre de Fran&ccedil;ais, parmi ceux qui tentent l&rsquo;aventure en Am&eacute;rique du Nord, correspondent avec les savants europ&eacute;ens et les alimentent. Ils facilitent le passage d&rsquo;une vision magique de la r&eacute;alit&eacute; &agrave; une vision plus scientifique. Dans le but d&rsquo;illustrer les comptes rendus de ses voyages, Samuel de Champlain se d&eacute;marque par la pr&eacute;paration plus rigoureuse de cartes &ndash; en particulier la carte de 1632 &ndash;, faites &agrave; partir de lev&eacute;s authentiques. Deux ing&eacute;nieurs en Nouvelle-France donnent une base plus solide aux travaux d&rsquo;arpentage : le premier, Jean Bourdon, ing&eacute;nieur du gouverneur, uniformise l&rsquo;unit&eacute; de mesure; le second, Martin Boutet, professeur de math&eacute;matiques et d&rsquo;hydrographie au Coll&egrave;ge des j&eacute;suites, ing&eacute;nieur du roi, fait de m&ecirc;me pour les instruments utilis&eacute;s par les arpenteurs, et assure l&rsquo;acc&egrave;s &agrave; la profession de gens comp&eacute;tents. Dans le quatri&egrave;me quart du 17<sup>e<\/sup> si&egrave;cle, Jean-Baptiste-Louis Franquelin prend la succession de Jean Bourdon et de Martin Boutet comme cartographe, ing&eacute;nieur et hydrographe du roi. Il laisse une vingtaine de cartes comptant parmi les plus belles, faisant le point sur l&rsquo;&eacute;tat des d&eacute;couvertes sur les c&ocirc;tes de la Nouvelle-Angleterre, dans la vall&eacute;e du fleuve Saint-Laurent et, &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur du continent, dans la vall&eacute;e du Mississippi.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>Les sciences de la nature &agrave; l&rsquo;honneur<\/b><\/p>\n<p>Dans le champ de l&rsquo;histoire naturelle, Michel Sarrazin et Jean-Fran&ccedil;ois Gaultier, deux m&eacute;decins du roi, font leur marque comme correspondants de l&rsquo;Acad&eacute;mie royale des sciences. Ils constituent aussi la main &agrave; distance des scientifiques fran&ccedil;ais. Poursuivant les habitudes de collecte de Champlain et de Louis H&eacute;bert, ils rassemblent des sp&eacute;cimens de plantes, de min&eacute;raux et d&rsquo;animaux qu&rsquo;ils exp&eacute;dient outre-Atlantique, accompagn&eacute;s de notes d&rsquo;observation; de la sorte, les acad&eacute;miciens fran&ccedil;ais peuvent constituer des collections d&rsquo;envergure internationale et donner une port&eacute;e plus g&eacute;n&eacute;rale &agrave; leurs conclusions. Gaultier r&eacute;pond &eacute;galement &agrave; des pr&eacute;occupations plus utilitaires de la m&egrave;re patrie, par exemple en recueillant des donn&eacute;es m&eacute;t&eacute;orologiques permettant de relier climat et production agricole.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>L&rsquo;observation et l&rsquo;&eacute;tude des premiers occupants<\/b><\/p>\n<p>Les premiers Fran&ccedil;ais ont aussi fait progresser la connaissance des habitants des territoires d&eacute;couverts. C&rsquo;est le cas du j&eacute;suite Joseph-Fran&ccedil;ois Lafitau, qui s&eacute;journe au Sault-Saint-Louis de 1712 &agrave; 1717. Il n&rsquo;h&eacute;site pas &agrave; prendre ses distances face aux conceptions anciennes et aux id&eacute;es pr&eacute;con&ccedil;ues de certains Europ&eacute;ens, qui les am&egrave;nent &agrave; sous-estimer et &agrave; sous-utiliser le savoir et les rem&egrave;des des autochtones. &Eacute;veill&eacute; aux id&eacute;es du Si&egrave;cle des lumi&egrave;res, Lafitau observe les m&oelig;urs, les coutumes et les fa&ccedil;ons de faire de la soci&eacute;t&eacute; iroquoise avec beaucoup d&rsquo;ouverture, tentant de les expliquer par l&rsquo;entourage et le contexte de vie. Il produit un ouvrage remarquable, <i>M&oelig;urs des Sauvages am&eacute;riquains compar&eacute;s aux m&oelig;urs des premiers temps<\/i>, qui peut &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute; comme l&rsquo;un des premiers trait&eacute;s d&rsquo;anthropologie.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>L&rsquo;appui et le soutien de l&rsquo;&Eacute;tat<\/b><\/p>\n<p>En Nouvelle-France, les sciences se d&eacute;veloppent avec l&rsquo;appui de l&rsquo;&Eacute;tat. Le souverain joue un r&ocirc;le d&rsquo;abord indirectement, par le biais de lieutenants g&eacute;n&eacute;raux qui font appel &agrave; des collaborateurs de talent, tel Champlain. Par la suite, il intervient plus directement, par l&rsquo;interm&eacute;diaire de ses ministres, dans le choix d&rsquo;hydrographes et de m&eacute;decins qui re&ccedil;oivent un statut officiel, par exemple m&eacute;decin du roi. Le souverain rend aussi l&rsquo;organisation scientifique de la France mieux adapt&eacute;e au contexte colonial. En 1635, il cr&eacute;e le Jardin royal des plantes m&eacute;dicinales qui s&rsquo;ajoute aux jardins des facult&eacute;s de m&eacute;decine. Il met sur pied en 1666 l&rsquo;Acad&eacute;mie royale des sciences dont les membres suscitent des activit&eacute;s de collecte et d&rsquo;observation de la part de correspondants dans la colonie, tel Michel Sarrazin et Jean-Fran&ccedil;ois Gaultier. L&rsquo;administration royale utilise aussi les militaires de la colonie comme la main des scientifiques fran&ccedil;ais. Elle leur demande d&rsquo;observer, lorsque leur fonction premi&egrave;re leur en laisse le loisir, pour y d&eacute;celer les esp&egrave;ces int&eacute;ressantes, rassembler des graines et des plants et les faire parvenir outre-mer pour compl&eacute;ter les collections.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<table style=\"margin-right: 10px; margin-bottom: 10px; width: 182px; float: left;\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-content\/uploads\/images\/stories\/bulletin30\/histoire-sciences-quebec.jpg\" alt=\"Histoire des sciences au Qu&eacute;bec de la Nouvelle-France &agrave; nos jours\" width=\"182\" height=\"273\" \/><\/p>\n<h6>Cr&eacute;dit : &Eacute;ditions du Bor&eacute;al<\/h6>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><b>Pour en savoir davantage sur l&rsquo;histoire des sciences au Qu&eacute;bec<\/b><\/p>\n<p>Les personnes int&eacute;ress&eacute;es &agrave; en savoir davantage sur le d&eacute;veloppement des sciences en Nouvelle-France, sur l&rsquo;int&eacute;gration des r&eacute;alit&eacute;s g&eacute;ographiques, naturelles et humaines de la colonie aux connaissances des savants europ&eacute;ens, sont invit&eacute;es par le conf&eacute;rencier &agrave; faire la lecture de l&rsquo;ouvrage dont il est coauteur : <a href=\"http:\/\/www.editionsboreal.qc.ca\/fr-result_isbn.php?id=1630\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><i>Histoire des sciences au Qu&eacute;bec de la Nouvelle-France &agrave; nos jours<\/i>, nouvelle &eacute;dition<\/a>. Elles y trouveront aussi une information abondante et riche sur les p&eacute;riodes post&eacute;rieures jusqu&rsquo;au d&eacute;but du 21<sup>e<\/sup> si&egrave;cle : naissance des soci&eacute;t&eacute;s savantes, enseignement des sciences au niveau universitaire et d&eacute;veloppement de la recherche en r&eacute;ponse &agrave; l&rsquo;industrialisation du Qu&eacute;bec, formation des chercheurs qu&eacute;b&eacute;cois &agrave; l&rsquo;&eacute;tranger, en particulier en France, etc.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Voir aussi l&rsquo;ouvrage : <i>Les premiers Fran&ccedil;ais au Qu&eacute;bec<\/i> sous la direction de Gilbert Pilleul, Paris, Archives &amp; Culture, 2008, p. 170-171.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;&eacute;tat des sciences en Nouvelle-France :conf&eacute;rence prononc&eacute;e par Yves Gingras devant les membres de la Soci&eacute;t&eacute; g&eacute;n&eacute;alogique canadienne-fran&ccedil;aise &nbsp; par Gilles DurandGilles_du@hotmail.com &nbsp; Yves Gingras, conf&eacute;rencierCr&eacute;dit : Gilles Durand Dans le cadre des rencontres mensuelles&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[43],"tags":[],"class_list":["post-6208","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-bulletin-n30-juin-2010"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6208","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6208"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6208\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6998,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6208\/revisions\/6998"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6208"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6208"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6208"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}