{"id":6365,"date":"2012-07-11T16:01:55","date_gmt":"2012-07-11T20:01:55","guid":{"rendered":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/breve-histoire-du-regime-seigneurial-par-benoit-grenier\/"},"modified":"2024-05-14T17:06:40","modified_gmt":"2024-05-14T21:06:40","slug":"breve-histoire-du-regime-seigneurial-par-benoit-grenier","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/breve-histoire-du-regime-seigneurial-par-benoit-grenier\/","title":{"rendered":"Br\u00e8ve histoire du r\u00e9gime seigneurial par Beno\u00eet Grenier"},"content":{"rendered":"<h2 align=\"center\"><b><i>Br&egrave;ve histoire du r&eacute;gime seigneurial<\/i><br \/>auteur Beno&icirc;t Grenier<\/b><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h5>Par Gilles Durand<\/h5>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<table style=\"margin-right: 10px; margin-bottom: 10px; width: 220px; float: left;\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-content\/uploads\/images\/stories\/bulletin34\/33a.jpg\" alt=\"Br&egrave;ve histoire du r&eacute;gime seigneurial\" title=\"Br&egrave;ve histoire du r&eacute;gime seigneurial\" \/> <\/p>\n<h6>Source : <a href=\"http:\/\/www.editionsboreal.qc.ca\/catalogue\/livres\/breve-histoire-regime-seigneurial-2129.html\">Les &Eacute;ditions du Bor&eacute;al, 2012<\/a><\/h6>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>L&#8217;auteur, Beno&icirc;t Grenier, invite &agrave; revenir aux sources du fait fran&ccedil;ais en Am&eacute;rique. Il pr&eacute;sente aux &Eacute;ditions du Bor&eacute;al le fruit d&#8217;une recherche d&#8217;une dizaine d&#8217;ann&eacute;es sur l&#8217;histoire du r&eacute;gime seigneurial dans la vall&eacute;e du Saint-Laurent depuis son implantation au 17<sup>e<\/sup> si&egrave;cle jusqu&#8217;&agrave; son abolition en 1854 &ndash; pr&egrave;s de 60 ans plus tard qu&#8217;en France &ndash; et la disparition de ses derni&egrave;res traces en 1940. <a href=\"http:\/\/www.editionsboreal.qc.ca\/catalogue\/livres\/breve-histoire-regime-seigneurial-2129.html\">Dans un peu plus de 200 pages<\/a>, il livre une synth&egrave;se accessible &agrave; tous, grand public comme historiens sp&eacute;cialis&eacute;s, dont la lecture et la consultation sont encore facilit&eacute;es par la pr&eacute;sence d&#8217;un glossaire, d&#8217;une bibliographie des principales publications sur le sujet et d&#8217;un index onomastique. L&#8217;ouvrage brosse, en six chapitres, un tableau du r&eacute;gime seigneurial dans la vall&eacute;e du Saint-Laurent, qui &eacute;vite la vision idyllique tout comme l&#8217;approche d&#8217;un instrument d&#8217;oppression.<\/p>\n<p><b>Une vision d&#8217;ensemble du r&eacute;gime seigneurial<\/b><\/p>\n<p>La seigneurie sur le continent europ&eacute;en, tout particuli&egrave;rement en France, fait l&#8217;objet du 1<sup>er<\/sup> chapitre. Ses d&eacute;tenteurs sont au nombre d&#8217;environ 40 000 dans la France de l&#8217;Ancien R&eacute;gime. Au fil des si&egrave;cles, la seigneurie se transforme, perdant ses pouvoirs politique et militaire face &agrave; la centralisation monarchique, pour ne conserver qu&#8217;un pouvoir local sur les d&eacute;tenteurs de censives. Par contre, elle n&#8217;en demeure pas moins un r&eacute;gime in&eacute;galitaire, fond&eacute; sur la sup&eacute;riorit&eacute; d&#8217;individus sur d&#8217;autres. Les d&eacute;tenteurs de lopins, les censitaires, demeurent des propri&eacute;taires imparfaits. Ils ont des obligations face &agrave; leurs ma&icirc;tres, soit le versement du cens, imp&ocirc;t non amortissable de nature symbolique, et de la rente, imp&ocirc;t on&eacute;reux, perp&eacute;tuel et inamovible.<\/p>\n<p>Le 2<sup>e<\/sup> chapitre cerne les contours et l&#8217;implantation de la seigneurie dans la vall&eacute;e du Saint-Laurent. &Agrave; la diff&eacute;rence du vieux continent, la Nouvelle-France est un pays &agrave; coloniser et, de ce fait, donne &agrave; la seigneurie des couleurs quelque peu diff&eacute;rentes. Le seigneur se pr&eacute;sente comme un entrepreneur distribuant des terres pour faire mettre son fief en valeur. Compte tenu de la faiblesse des infrastructures et des maigres ressources dont il dispose, il s&#8217;adapte &agrave; la g&eacute;ographie en d&eacute;coupant sa seigneurie en bandes &eacute;troites et allong&eacute;es de fa&ccedil;on &agrave; ce que les censitaires puissent communiquer par voie d&#8217;eau; en effet, la forme rectangulaire n&#8217;est pas une caract&eacute;ristique inh&eacute;rente au syst&egrave;me ni ne d&eacute;coule de la volont&eacute; du roi. Le seigneur a bien des obligations face &agrave; ses subordonn&eacute;es, les censitaires, telle la construction de routes et d&#8217;un moulin &agrave; farine, mais celles-ci doivent plut&ocirc;t &ecirc;tre vues comme des conditions &agrave; la mise en valeur de sa seigneurie, dont il est le premier b&eacute;n&eacute;ficiaire.<\/p>\n<p>C&#8217;est la diversit&eacute; du monde seigneurial que le 3<sup>e<\/sup> chapitre nous fait conna&icirc;tre. Les seigneurs se pr&eacute;sentent sous les visages les plus divers : ils peuvent &ecirc;tre d&#8217;origine fran&ccedil;aise ou, plus rarement, am&eacute;rindienne, eccl&eacute;siastiques ou la&iuml;cs, nobles, commer&ccedil;ants ou roturiers, canadiens ou britanniques, hommes ou femmes, r&eacute;sidents ou absents sur leur fief. Ce dernier trait fait en grande partie l&#8217;originalit&eacute; du chapitre. En effet, pour un tr&egrave;s grand nombre, les seigneurs n&#8217;habitent pas leur seigneurie; le nombre de ceux qui y habitent atteint un sommet au milieu du 19<sup>e<\/sup> si&egrave;cle avec moins de 40 %. Comment expliquer cette situation? L&#8217;obligation de tenir feu et lieu sur la seigneurie n&#8217;implique pas la r&eacute;sidence, mais la construction d&#8217;un manoir habit&eacute; o&ugrave; les censitaires peuvent se rendre pour payer leurs redevances. L&#8217;auteur &eacute;vite de g&eacute;n&eacute;raliser la figure du seigneur-d&eacute;fricheur mettant lui-m&ecirc;me la main &agrave; la charrue. Souvent, les seigneurs, tant la&iuml;cs qu&#8217;eccl&eacute;siastiques, font appel &agrave; des interm&eacute;diaires, fermiers &agrave; bail, r&eacute;gisseurs, etc., et ce d&#8217;autant plus qu&#8217;il y a cumul de fiefs.<\/p>\n<p>Les trois derniers chapitres sont respectivement consacr&eacute;s au r&eacute;gime seigneurial apr&egrave;s la conqu&ecirc;te britannique, aux relations seigneurs-censitaires et enfin &agrave; l&#8217;abolition et disparition d&eacute;finitive du r&eacute;gime. Ils d&eacute;voilent plusieurs facettes de grand int&eacute;r&ecirc;t, dont les facteurs qui ont men&eacute; &agrave; son abolition. Face au d&eacute;veloppement de l&#8217;industrie et du commerce et &agrave; la valorisation de l&#8217;esprit d&#8217;entreprise qui l&#8217;accompagne &agrave; la fin du 19<sup>e<\/sup> si&egrave;cle, les hommes d&#8217;affaires, pour beaucoup des Britanniques, en viennent &agrave; regarder les droits et les monopoles seigneuriaux comme autant d&#8217;entraves &agrave; leurs activit&eacute;s. Bien qu&#8217;il y a n&eacute;cessit&eacute; de t&eacute;moignages et de recherches additionnels sur les relations entre seigneurs et censitaires, plusieurs parmi ces derniers ont d&eacute;nonc&eacute; les abus et la mauvaise administration seigneuriale, particuli&egrave;rement lors de la r&eacute;volte des patriotes de 1837-1838. Enfin, des l&eacute;gislations de grande importance sont adopt&eacute;es outre celle de 1854 mettant fin aux droits et devoirs seigneuriaux. L&#8217;Acte constitutionnel de 1791, en limitant l&#8217;application du r&eacute;gime au territoire d&eacute;j&agrave; conc&eacute;d&eacute; et en introduisant ailleurs la tenure en franc et commun soccage[i], libre de droits seigneuriaux et caract&eacute;ris&eacute;e par le mode des cantons, signe l&#8217;arr&ecirc;t de mort du r&eacute;gime. De m&ecirc;me une loi du Qu&eacute;bec de 1940, en transformant la rente constitu&eacute;e, encore pay&eacute;e par plusieurs censitaires, en une taxe sp&eacute;ciale dor&eacute;navant &agrave; verser &agrave; la municipalit&eacute; pour une p&eacute;riode maximale de 41 ans, fait dispara&icirc;tre la derni&egrave;re trace du syst&egrave;me.<\/p>\n<p><b>L&#8217;empreinte du r&eacute;gime seigneurial, une institution au c&oelig;ur du d&eacute;veloppement de la Nouvelle-France<\/b><\/p>\n<p>Les marques du r&eacute;gime seigneurial constituent une partie substantielle du patrimoine culturel des Qu&eacute;b&eacute;cois. Elles se retrouvent dans la toponymie et leur tiennent compagnie dans leur vie quotidienne. Tant&ocirc;t elles prennent la forme de paysages aux rectangles &eacute;troits et allong&eacute;s; tant&ocirc;t celle de b&acirc;timents, manoirs et moulins; tant&ocirc;t celle de plaques et monuments constituant autant de rappels m&eacute;moriels; tant&ocirc;t encore celle de sources imprim&eacute;es comme les <i>Anciens Canadiens<\/i> de Philippe Aubert de Gasp&eacute;, de manuscrits tels les aveux et d&eacute;nombrements, ou de t&eacute;moignages oraux relatant des traditions et des fa&ccedil;ons de faire transmises par la parole de g&eacute;n&eacute;ration en g&eacute;n&eacute;ration. Tant&ocirc;t enfin les traces peuvent se d&eacute;gager de personnages, lieux ou &eacute;v&eacute;nements introduits ou r&eacute;introduits par les historiens dans la m&eacute;moire collective. Le legs du r&eacute;gime seigneurial est &agrave; l&#8217;heure actuelle inventori&eacute;, recueilli de plus en plus (dans le cas du patrimoine immat&eacute;riel vivant qui se transmet de g&eacute;n&eacute;ration en g&eacute;n&eacute;ration &ndash; voir le <a href=\"http:\/\/www.memoirevivante.org\/historique.html\">Mus&eacute;e de la M&eacute;moire vivante de Saint-Jean-Port-Joli<\/a> ) et mis en valeur. Les guides touristiques, des travaux de devanciers comme les <i>Vieux manoirs, vieilles maisons<\/i> de Pierre-Georges Roy, les mus&eacute;es, les biblioth&egrave;ques et les archives invitent &agrave; reprendre contact avec ces t&eacute;moins d&#8217;une &eacute;poque disparue, mais qui n&#8217;en constituent pas moins une partie importante des caract&egrave;res identitaires des Qu&eacute;b&eacute;cois en Am&eacute;rique du Nord au m&ecirc;me titre que la langue et la culture.<\/p>\n<ul>\n<li>http:\/\/inventairenf.cieq.ulaval.ca:8080\/inventaire\/oneTheme.do?refTheme=39<\/li>\n<li>http:\/\/www.patrimoine-culturel.gouv.qc.ca\/RPCQ\/resultatRecherche.do?methode=afficherResultat<\/li>\n<\/ul>\n<p>[i] Franc et commun soccage : R&eacute;gime de propri&eacute;t&eacute; fonci&egrave;re en vigueur dans les townships au Canada sous le r&eacute;gime britannique et caract&eacute;ris&eacute; par l&#8217;absence de droits seigneuriaux. Tir&eacute; de Beno&icirc;t Grenier, <i>Br&egrave;ve histoire du r&eacute;gime seigneurial<\/i>, p. 221.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Br&egrave;ve histoire du r&eacute;gime seigneurialauteur Beno&icirc;t Grenier &nbsp; Par Gilles Durand &nbsp; Source : Les &Eacute;ditions du Bor&eacute;al, 2012 L&#8217;auteur, Beno&icirc;t Grenier, invite &agrave; revenir aux sources du fait fran&ccedil;ais en Am&eacute;rique. 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