{"id":6388,"date":"2012-12-03T22:53:39","date_gmt":"2012-12-04T03:53:39","guid":{"rendered":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/la-vie-a-ville-marie-en-1642\/"},"modified":"2024-05-14T17:06:42","modified_gmt":"2024-05-14T21:06:42","slug":"la-vie-a-ville-marie-en-1642","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/la-vie-a-ville-marie-en-1642\/","title":{"rendered":"La vie \u00e0 Ville-Marie en 1642"},"content":{"rendered":"<h2 align=\"center\"><b>La vie &agrave; Ville-Marie en 1642<\/b><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h5>Par Daniel Baril, journaliste<br \/>Source :<a href=\"http:\/\/www.nouvelles.umontreal.ca\/recherche\/sciences-sociales-psychologie\/20120604-la-vie-a-ville-marie-en-1642.html\"> Journal hebdomadaire <i>Forum<\/i><\/a>, Universit&eacute; de Montr&eacute;al, vol. 46, n&deg;32, 4 juin 2012<\/p>\n<\/h5>\n<table style=\"margin-right: 10px; margin-bottom: 10px; width: 227px; float: left;\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-content\/uploads\/images\/stories\/bulletin35\/Brad-Loewen.jpg\" alt=\"Brad Loewen, responsable de l'&Eacute;cole de fouilles arch&eacute;ologiques de Pointe-&agrave;-Calli&egrave;re, exhume une structure ayant fait partie du fort Ville-Marie.\" title=\"Brad Loewen, responsable de l'&Eacute;cole de fouilles arch&eacute;ologiques de Pointe-&agrave;-Calli&egrave;re, exhume une structure ayant fait partie du fort Ville-Marie.\" \/><\/p>\n<h6>Brad Loewen, responsable de l&#8217;&Eacute;cole de fouilles arch&eacute;ologiques de Pointe-&agrave;-Calli&egrave;re, exhume une structure ayant fait partie du fort Ville-Marie<br \/>Cr&eacute;dit photo : Alain Vandal&nbsp; <\/h6>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Apr&egrave;s 10 ans de fouilles, le site arch&eacute;ologique de la pointe &agrave; Calli&egrave;re a livr&eacute; presque tous ses secrets. Du moins pour ce qui est de la partie accessible aux arch&eacute;ologues et qui ne repr&eacute;sente qu&#8217;une faible portion du site o&ugrave; Maisonneuve a &eacute;rig&eacute; le fort Ville-Marie en 1642. L&#8217;emplacement de ce fort, qui constitue le lieu de fondation de Montr&eacute;al, &eacute;tait recherch&eacute; depuis les ann&eacute;es 80 et a &eacute;t&eacute; rep&eacute;r&eacute; il y a cinq ans sous un &eacute;difice voisin du mus&eacute;e Pointe-&agrave;-Calli&egrave;re.<\/p>\n<p>&laquo; C&#8217;est un site qui pose de nombreux d&eacute;fis pour les fouilles et pour l&#8217;interpr&eacute;tation&raquo;, souligne Christian B&eacute;langer, dipl&ocirc;m&eacute; du D&eacute;partement d&#8217;anthropologie de l&#8217;Universit&eacute; de Montr&eacute;al. L&#8217;arch&eacute;ologue pr&eacute;sentait le bilan de ces 10 ann&eacute;es de fouilles &agrave; un atelier du congr&egrave;s commun de l&#8217;Association des arch&eacute;ologues du Qu&eacute;bec et de l&#8217;Association canadienne d&#8217;arch&eacute;ologie, tenu en mai dernier [2012].<\/p>\n<p>Le principal d&eacute;fi rencontr&eacute; par les arch&eacute;ologues est d&#8217;ordre physique: la surface d&#8217;occupation initiale se trouve &agrave; deux m&egrave;tres sous la surface actuelle. Il faut donc creuser profond&eacute;ment, dans des endroits exigus, tout en prenant soin d&#8217;&eacute;viter d&#8217;&eacute;branler les assises du b&acirc;timent de quatre &eacute;tages qui occupe les lieux.<\/p>\n<p>Les arch&eacute;ologues ne disposent par ailleurs que de tr&egrave;s peu d&#8217;information pour guider leurs travaux et interpr&eacute;ter les vestiges mis au jour. Il existe certains plans du fort, mais ils sont tous hypoth&eacute;tiques et ne co&iuml;ncident pas entre eux. Le plus ancien date de 1647 et soul&egrave;ve de s&eacute;rieux doutes quant aux lieux qui y sont repr&eacute;sent&eacute;s.<\/p>\n<p>&laquo; On sait qu&#8217;il y avait une chapelle et un puits de bois creus&eacute; en 1658 sur la place d&#8217;Armes &raquo;, pr&eacute;cise Christian B&eacute;langer. Ce puits a &eacute;t&eacute; retrouv&eacute;, ainsi que des assises de b&acirc;timents en pierre et des sections de fosses o&ugrave; les pieux de la palissade ont &eacute;t&eacute; plant&eacute;s.<\/p>\n<p><b>Bas fourneaux<\/b><br \/>Deux murs de pierre massifs, avec des foyers &agrave; chacune des extr&eacute;mit&eacute;s, intriguent les arch&eacute;ologues. Lorsque ces structures ont &eacute;t&eacute; d&eacute;couvertes, Brad Loewen, professeur au D&eacute;partement d&#8217;anthropologie et responsable de l&#8217;&Eacute;cole de fouilles arch&eacute;ologiques de Pointe-&agrave;-Calli&egrave;re, a &eacute;mis l&#8217;hypoth&egrave;se qu&#8217;il s&#8217;agissait de bas fourneaux servant au travail des m&eacute;taux.<\/p>\n<p>Bien que ces fours ne semblent pas avoir de chambres closes de combustion, l&#8217;analyse des scories par scanographie, qu&#8217;a effectu&eacute;e Genevi&egrave;ve Treyvaud &agrave; l&#8217;Universit&eacute; Laval, accr&eacute;dite cette hypoth&egrave;se.<\/p>\n<p>Selon la chercheuse, ces scories r&eacute;v&egrave;lent quatre types de traitement des m&eacute;taux: r&eacute;duction du minerai de fer, affinage du fer, r&eacute;duction du minerai de cuivre et usage du borax comme fondant. Une pi&egrave;ce intrigante, principalement constitu&eacute;e d&#8217;oxyde de fer, contient des particules d&#8217;argent, d&#8217;or et de plomb, ce qui appuie l&#8217;id&eacute;e qu&#8217;il y ait eu des essais m&eacute;tallurgiques.<\/p>\n<p>Pour le professeur Loewen, ces r&eacute;sultats sont une agr&eacute;able surprise. &laquo; On ne s&#8217;attendait pas &agrave; d&eacute;couvrir des indices de travail sur des m&eacute;taux pr&eacute;cieux &raquo;, a-t-il d&eacute;clar&eacute;.<\/p>\n<p><b>L&#8217;histoire des lieux<\/b><br \/>Si les plans pr&eacute;cis du fort demeurent un myst&egrave;re, l&#8217;occupation du site est en revanche bien document&eacute;e. On conna&icirc;t m&ecirc;me, gr&acirc;ce aux analyses de pollen r&eacute;alis&eacute;es par Daniel Landry, &eacute;tudiant au D&eacute;partement d&#8217;anthropologie, quel &eacute;tait le couvert v&eacute;g&eacute;tal des alentours. Avant l&#8217;arriv&eacute;e des Europ&eacute;ens, une prucheraie avec prairies et h&ecirc;tres couvraient les lieux. Autour de 1600, les prairies se sont &eacute;tendues et, vers 1630, les arbres disparaissent sur la pointe pour laisser place&#8230; au ma&iuml;s.<\/p>\n<p>On sait aussi que le site a &eacute;t&eacute; fr&eacute;quent&eacute; bien avant la construction du fort Ville-Marie, peut-&ecirc;tre par des commer&ccedil;ants d&egrave;s les ann&eacute;es 1600. Des vestiges ant&eacute;rieurs au fort ont d&#8217;ailleurs &eacute;t&eacute; exhum&eacute;s. Huit ans apr&egrave;s que le fort eut &eacute;t&eacute; b&acirc;ti, la population qui y &eacute;tait h&eacute;berg&eacute;e avait doubl&eacute; et il fallut alors occuper la rive nord de la rivi&egrave;re Saint-Pierre.<\/p>\n<p>&Agrave; partir de 1660, seul le gouverneur r&eacute;sidait au fort. Au d&eacute;but des ann&eacute;es 1670, le fort est en mauvais &eacute;tat et sert de prison. Il est d&eacute;moli en 1675 et ses mat&eacute;riaux sont r&eacute;utilis&eacute;s pour de nouveaux b&acirc;timents, dont l&#8217;ancienne &eacute;glise Notre-Dame &eacute;rig&eacute;e l&agrave; o&ugrave; se trouve l&#8217;actuelle place d&#8217;Armes. Comme cette p&eacute;riode est &eacute;galement celle de la construction du s&eacute;minaire des Sulpiciens, Brad Loewen croit que des pierres du fort de Maisonneuve sont possiblement entr&eacute;es dans l&#8217;&eacute;dification du s&eacute;minaire.<\/p>\n<p>Entre 1675 et 1688, date de l&#8217;acquisition du terrain par le gouverneur de Montr&eacute;al, Louis Hector de Calli&egrave;re, le site semble avoir &eacute;t&eacute; inoccup&eacute; et figure comme terrain vague sur les cartes de l&#8217;&eacute;poque. &laquo; C&#8217;&eacute;tait une p&eacute;riode d&#8217;intense activit&eacute; de traite des fourrures et le site a chang&eacute; de vocation plut&ocirc;t que d&#8217;avoir &eacute;t&eacute; laiss&eacute; &agrave; l&#8217;abandon &raquo;, estime Justine Bourguignon-T&eacute;treault, &eacute;tudiante &agrave; la maitrise au D&eacute;partement d&#8217;anthropologie.<\/p>\n<p>Les strates de sol correspondant &agrave; cette p&eacute;riode contiennent en effet quantit&eacute; de restes alimentaires, cendres de foyer et pi&egrave;ces de c&eacute;ramique am&eacute;rindienne et europ&eacute;enne qui t&eacute;moignent, &agrave; son avis, d&#8217;une occupation am&eacute;rindienne des lieux. Les provenances vari&eacute;es des art&eacute;facts, dont des pointes de fl&egrave;che taill&eacute;es dans du cuivre et du silex europ&eacute;ens, montrent en outre qu&#8217;il n&#8217;y a pas de rupture brusque entre les &eacute;poques pr&eacute;historique et historique, mais plut&ocirc;t une transition marqu&eacute;e par l&#8217;interculturalit&eacute;.<\/p>\n<p>L&#8217;&Eacute;cole de fouilles arch&eacute;ologiques de Pointe-&agrave;-Calli&egrave;re n&#8217;en a plus que pour un an. Au terme de cette 11<sup>e<\/sup> ann&eacute;e, la totalit&eacute; de la zone accessible, qui ne repr&eacute;senterait que trois pour cent du fort de Maisonneuve, aura &eacute;t&eacute; explor&eacute;e.<\/p>\n<p><b>Sur le Web<\/b><\/p>\n<ul>\n<li><a href=\"http:\/\/www.anthro.umontreal.ca\/index.html\">D&eacute;partement d&#8217;anthropologie<\/a><\/li>\n<li><a href=\"http:\/\/pacmusee.qc.ca\/fr\/accueil\">Mus&eacute;e Pointe-&agrave;-Calli&egrave;re<\/a><\/li>\n<li><a href=\"http:\/\/ecoledefouilles.org\/default.asp?id=1\">&Eacute;cole de fouilles arch&eacute;ologiques de Pointe-&agrave;-Calli&egrave;re<\/a><\/li>\n<\/ul>\n<p><b>Deux reconstitutions hypoth&eacute;tiques du fort Ville-Marie<\/b><\/p>\n<p>Le plan le plus ancien repr&eacute;sentant le fort date de 1647 et est attribu&eacute; &agrave; Jean Bourdon, premier ing&eacute;nieur de Nouvelle-France. Certains historiens doutent qu&#8217;il s&#8217;agisse de la pointe &agrave; Calli&egrave;re. Christian B&eacute;langer souligne qu&#8217;il est peu probable que l&#8217;endroit n&#8217;ait &eacute;t&eacute; prot&eacute;g&eacute; par une palissade que d&#8217;un c&ocirc;t&eacute; (&agrave; gauche sur l&#8217;illustration). Des vestiges de palissade ont d&#8217;ailleurs &eacute;t&eacute; retrouv&eacute;s &agrave; l&#8217;extr&eacute;mit&eacute; oppos&eacute;e.<\/p>\n<table style=\"margin-right: 10px; margin-bottom: 10px; width: 178px; float: left;\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-content\/uploads\/images\/stories\/bulletin35\/plan1.jpg\" alt=\"Plan repr&eacute;sentant le fort date de 1647.\" title=\"Plan repr&eacute;sentant le fort date de 1647.\" \/><\/p>\n<h6>Source : D&eacute;partement des livres rares et des collections sp&eacute;ciales de l&rsquo;Universit&eacute; McGill <\/h6>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<table style=\"margin-left: 10px; margin-bottom: 10px; width: 176px; float: right;\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-content\/uploads\/images\/stories\/bulletin35\/plan2.jpg\" alt=\"F&eacute;lix Martin (1804-1886), Pointe &agrave; Calli&egrave;re, plan hypoth&eacute;tique du fort de Ville-Marie, milieu du 19e si&egrave;cle, Archives du S&eacute;minaire de Qu&eacute;bec.\" title=\"F&eacute;lix Martin (1804-1886), Pointe &agrave; Calli&egrave;re, plan hypoth&eacute;tique du fort de Ville-Marie, milieu du 19e si&egrave;cle, Archives du S&eacute;minaire de Qu&eacute;bec.\" \/><\/p>\n<h6>Source : F&eacute;lix Martin (1804-1886), Pointe &agrave; Calli&egrave;re, plan hypoth&eacute;tique du fort de Ville-Marie, milieu du 19<sup>e<\/sup> si&egrave;cle, Archives du S&eacute;minaire de Qu&eacute;bec <\/h6>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Plan datant du milieu du 19<sup>e<\/sup> si&egrave;cle r&eacute;alis&eacute; par l&#8217;historien j&eacute;suite F&eacute;lix Martin. La reconstitution est tr&egrave;s douteuse, puisqu&#8217;on y devine le plan du ch&acirc;teau du gouverneur Calli&egrave;re, construit en 1688, 10 ans apr&egrave;s la d&eacute;molition du fort.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La vie &agrave; Ville-Marie en 1642 &nbsp; Par Daniel Baril, journalisteSource : Journal hebdomadaire Forum, Universit&eacute; de Montr&eacute;al, vol. 46, n&deg;32, 4 juin 2012 Brad Loewen, responsable de l&#8217;&Eacute;cole de fouilles arch&eacute;ologiques de Pointe-&agrave;-Calli&egrave;re, exhume&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[48],"tags":[],"class_list":["post-6388","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-bulletin-n35-decembre-2012"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6388","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6388"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6388\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7178,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6388\/revisions\/7178"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6388"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6388"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6388"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}