{"id":6475,"date":"2013-12-06T01:47:18","date_gmt":"2013-12-06T06:47:18","guid":{"rendered":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/la-condition-dorpheline-en-france-au-xviie-siecle\/"},"modified":"2024-05-14T17:06:52","modified_gmt":"2024-05-14T21:06:52","slug":"la-condition-dorpheline-en-france-au-xviie-siecle","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/la-condition-dorpheline-en-france-au-xviie-siecle\/","title":{"rendered":"La condition d&#8217;orphelin(e) en France au XVIIe si\u00e8cle"},"content":{"rendered":"<h2 align=\"center\"><b>La condition d&#8217;orphelin(e) en France au XVII<sup>e<\/sup> si&egrave;cle<\/b><\/h2>\n<h5>Par Monique Pontault<br \/>Socio-anthropologue<br \/>Secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;rale de la CFQLMC (France)<\/h5>\n<p>Les historiens ont longtemps retenu des Filles du Roy qu&#8217;elles &eacute;taient orphelines. C&#8217;est le cas notamment de Lionel Groulx, de Benjamin Sulte et de Marcel Trudel. Certes, plus r&eacute;cemment, Yves Landry a nuanc&eacute; cette affirmation. Il juge toutefois &laquo; vraisemblable que la proportion d&#8217;orphelines ait [&hellip;] approch&eacute; les 65 % &raquo;. Il pr&eacute;cise : &laquo; Les Filles du Roy orphelines de p&egrave;re auraient compt&eacute; au minimum 56,7 % (387\/683), celles d&#8217;orphelines de m&egrave;re pour 19,0 % et les orphelines compl&egrave;tes pour 11,3 %<sup>1<\/sup>. Et il ajoute : &laquo; Par rapport &agrave; leurs contemporaines des campagnes du Bassin parisien, les Filles du roi affichent une surmortalit&eacute; paternelle de pr&egrave;s de 20 % [&hellip;]<sup>2<\/sup>.<\/p>\n<p>Il semble donc int&eacute;ressant de se pencher sur la condition des orphelins en France au XVII<sup>e<\/sup> si&egrave;cle, en essayant de d&eacute;gager plus particuli&egrave;rement la condition des filles.<\/p>\n<p><b>D&eacute;finitions<\/b><br \/>Sous Louis XIV, il faut distinguer <i>enfants trouv&eacute;s<\/i>, dont on ignore l&#8217;origine (et auxquels s&#8217;est vou&eacute; saint Vincent de Paul), <i>enfants abandonn&eacute;s<\/i> &ndash; dont les parents sont connus mais qui ont disparu ou sont hospitalis&eacute;s &#8211; et <i>enfants d&eacute;laiss&eacute;s<\/i> du fait de la mort d&#8217;un de leurs parents ou des deux. Or, au XVII<sup>e<\/sup> si&egrave;cle, la diff&eacute;rence essentielle entre ces enfants sans parents r&eacute;side dans leur statut ou non d&#8217;enfants l&eacute;gitimes. On parle de &laquo; sans nom &raquo; pour les enfants trouv&eacute;s consid&eacute;r&eacute;s comme &laquo; b&acirc;tards &raquo; et d&#8217;&laquo; orphelins &raquo; pour les enfants l&eacute;gitimes. C&#8217;est seulement par la loi du 28 juin 1793 que tous ces enfants, quel que soit leur statut, seront dor&eacute;navant appel&eacute;s orphelins. Et le mot &laquo; orphelinat &raquo; n&#8217;appara&icirc;tra qu&#8217;au XIX<sup>e<\/sup> si&egrave;cle. Auparavant on parlait d&#8217;institut, d&#8217;asile ou d&#8217;h&ocirc;pital.<\/p>\n<p><b>La famille et l&#8217;enfant<\/b><br \/>Une naissance s&#8217;inscrit toujours dans une lign&eacute;e familiale dont elle permet la continuit&eacute;. La famille joue un r&ocirc;le essentiel sous l&#8217;Ancien R&eacute;gime car elle constitue le socle de la soci&eacute;t&eacute; jouant un r&ocirc;le vital de solidarit&eacute; entre ses membres. Ce qu&#8217;on appelle aujourd&#8217;hui <i>Famille recompos&eacute;e<\/i> constitue le plus souvent la r&egrave;gle car le fait de vivre avec ses deux parents jusqu&#8217;&agrave; sa majorit&eacute; est une exception. La mortalit&eacute; des femmes au moment des accouchements, en particulier, est importante. Elle a &eacute;t&eacute; estim&eacute;e en moyenne &agrave; 20% entre le XVIe et le milieu du XIX<sup>e<\/sup> si&egrave;cle. Il faut donc davantage parler de &laquo; parent&eacute; &raquo;, constitu&eacute;e du r&eacute;seau des oncles, tantes, cousins, etc.<\/p>\n<p>La condition d&#8217;orphelin, m&ecirc;me l&eacute;gitime, marque une rupture dans la solidarit&eacute; interg&eacute;n&eacute;rationnelle car l&#8217;enfant &eacute;chappe &agrave; sa lign&eacute;e s&#8217;il est plac&eacute;. Et une nouvelle distinction s&#8217;impose, parmi les orphelins, entre les orphelins en tr&egrave;s bas &acirc;ge et ceux qui ont eu le temps de b&eacute;n&eacute;ficier des premiers apprentissages transmis par la famille.<\/p>\n<p><b>La prise en charge des enfants sans parents<\/b><br \/>Au XVII<sup>e<\/sup> si&egrave;cle, plus de 30% des enfants de moins de 15 ans sont orphelins de p&egrave;re<sup>3<\/sup>. Trois possibilit&eacute;s s&#8217;ouvrent alors &agrave; eux : la prise en charge familiale, l&#8217;h&ocirc;pital, l&#8217;errance. La prise en charge par la famille est tributaire des moyens financiers de celle-ci. Si la famille est trop pauvre, les enfants sont plac&eacute;s &agrave; l&#8217;h&ocirc;pital ou se retrouvent &agrave; la rue. On assiste souvent &agrave; la dispersion des fratries dans les familles ou entre le tuteur et les maisons pour orphelins. <br \/>Les orphelins assist&eacute;s constituent une minorit&eacute;. <\/p>\n<p><b>Le placement familial <\/b><br \/>Ce placement semble la premi&egrave;re solution envisag&eacute;e car elle permet &agrave; l&#8217;enfant de rester dans son milieu biologique et social d&#8217;origine, m&ecirc;me si on assiste souvent &agrave; la dispersion des fr&egrave;res et des s&oelig;urs &agrave; l&#8217;int&eacute;rieur du cadre familial. Il peut, mais cela n&#8217;a rien d&#8217;obligatoire, &ecirc;tre assorti d&#8217;un acte de tutelle.<\/p>\n<p><b>La tutelle <\/b><br \/>Elle se pratique, apr&egrave;s inventaire, lorsqu&#8217;il y a des biens &agrave; pr&eacute;server, en principe dans les trois mois qui suivent le d&eacute;c&egrave;s. Au XVII<sup>e<\/sup> si&egrave;cle les orphelins sous tutelle repr&eacute;sentent 40 % des cas. Une tutelle n&#8217;est jamais d&eacute;finitive et peut &eacute;voluer dans le temps.<\/p>\n<p>En g&eacute;n&eacute;ral, le choix du tuteur incombe &agrave; une assembl&eacute;e constitu&eacute;e de la parent&eacute; &ndash; oncles et cousins principalement &ndash; mais aussi de voisins et de relations socioprofessionnelles. Ce groupe &ndash; informel &ndash; (environ 7 &agrave; 8 personnes) et qui pourra d&#8217;ailleurs &eacute;voluer dans le temps se r&eacute;unit chez un notaire qui l&#8217;officialise. L&#8217;assembl&eacute;e de tutelle peut alors d&eacute;signer un tuteur et un subrog&eacute; tuteur ou curateur charg&eacute; de veiller tout particuli&egrave;rement aux int&eacute;r&ecirc;ts du mineur (contrepouvoir en quelque sorte). Tuteur et subrog&eacute; tuteur comparaissent en audience pour pr&ecirc;ter serment.<\/p>\n<p>Dans la grande majorit&eacute; des cas, c&#8217;est le parent survivant qui devient le tuteur mais, s&#8217;il vient &agrave; se remarier, la famille du d&eacute;funt, par m&eacute;fiance envers le nouveau beau-p&egrave;re ou la nouvelle belle-m&egrave;re du ou de la pupille, a tendance &agrave; contester la tutelle, notamment s&#8217;il s&#8217;agit de la m&egrave;re et celle-ci peut se voir retirer la tutelle qui sera confi&eacute;e &agrave; un parent du d&eacute;funt. Quand le p&egrave;re et la m&egrave;re sont tous deux d&eacute;c&eacute;d&eacute;s, c&#8217;est souvent un oncle qui est choisi. Il arrive aussi qu&#8217;un orphelin soit plac&eacute; chez des &eacute;trangers, moyennant pension. L&#8217;Acte de tutelle est enregistr&eacute; par le notaire.<\/p>\n<p>La tutelle s&#8217;exerce en principe jusqu&#8217;&agrave; la majorit&eacute; l&eacute;gale (la majorit&eacute; matrimoniale &eacute;tant fix&eacute;e depuis l&#8217;ordonnance de Blois de 1579, article 41, &agrave; 25 ans pour les femmes, 30 ans pour les hommes). Toutefois, les pupilles jouissent d&#8217;une certaine libert&eacute; &agrave; partir de 12 ans pour les filles et 14 ans pour les gar&ccedil;ons, ce qui correspond &agrave; leur entr&eacute;e en apprentissage. Le mariage ou l&#8217;entr&eacute;e dans la vie religieuse avant 25 ans apporte une forme d&#8217;&eacute;mancipation. Le tuteur peut aussi choisir de proc&eacute;der &agrave; une &eacute;mancipation en justice de son ou sa pupille. Mais m&ecirc;me dans tous ces cas le mineur ne pourra g&eacute;rer ses biens que dans une certaine limite, il ne pourra les vendre sans l&#8217;accord de l&#8217;assembl&eacute;e de tutelle et du curateur. Cette proc&eacute;dure est la m&ecirc;me pour tous les actes l&eacute;gaux.<\/p>\n<p>Par ailleurs, la prise en charge par un tuteur ou par la famille n&#8217;emp&ecirc;che pas que cette autorit&eacute; puisse d&eacute;l&eacute;guer ses responsabilit&eacute;s &agrave; un tiers ou &agrave; une institution. <br \/>A la majorit&eacute; du pupille, le tuteur doit rendre compte de sa gestion et seulement alors la tutelle prend fin. Toutefois il reste 10 ans au pupille pour s&#8217;opposer &agrave; certaines op&eacute;rations faites par son tuteur et pour engager une proc&eacute;dure de restitution.<\/p>\n<p>En dehors de ces points pr&eacute;cis concernant leur statut et leurs droits, les orphelins &eacute;lev&eacute;s en famille re&ccedil;oivent, en principe, les m&ecirc;mes soins que les autres enfants de leur milieu, &agrave; leur &eacute;poque. <\/p>\n<p><b>Le placement en institution<\/b><\/p>\n<p><b>Les lieux d&#8217;accueil &agrave; Paris<\/b><br \/>Longtemps, la majorit&eacute; des orphelins furent recueillis avec les pauvres et les malades &agrave; l&#8217;HOTEL-DIEU, sur la rive gauche de l&#8217;Ile de la Cit&eacute;, le plus ancien et d&#8217;ailleurs le seul h&ocirc;pital de la capitale jusqu&#8217;&agrave; la Renaissance. Le lieu &eacute;tait particuli&egrave;rement insalubre et propice &agrave; la propagation de maladies infectieuses. Peu &agrave; peu, des &eacute;tablissements sp&eacute;cialis&eacute;s voient donc le jour, <i>avec le souci de s&eacute;parer les enfants l&eacute;gitimes des &laquo; b&acirc;tards &raquo;<\/i>. Il existe ainsi plusieurs lieux d&#8217;accueil &agrave; Paris au XVII<sup>e<\/sup> si&egrave;cle et chacun est consacr&eacute; &agrave; une cat&eacute;gorie particuli&egrave;re d&#8217;enfants. Sont concern&eacute;s notamment les orphelins de la classe des petits commer&ccedil;ants et artisans qui n&#8217;est pas d&eacute;munie mais chez laquelle on manque de place &ndash; surtout &agrave; Paris et dans les grandes villes &ndash; et de disponibilit&eacute; des femmes qui doivent seconder leurs maris dans leurs activit&eacute;s professionnelles. L&#8217;institution est alors per&ccedil;ue comme une sorte de pensionnat. D&#8217;ailleurs, l&#8217;arriv&eacute;e en institution est plus tardive pour les enfants l&eacute;gitimes que pour les autres.<\/p>\n<p>Les orphelines l&eacute;gitimes, comme ce fut le cas pour les Filles du Roy, plac&eacute;es en institution, le sont :<\/p>\n<ul>\n<li>soit dans l&#8217;une des maisons de l&#8217;HOPITAL GENERAL, qui rassemble, en 1656, plusieurs &eacute;tablissements hospitaliers de Paris, dont, La Salp&ecirc;tri&egrave;re et La Piti&eacute;. Yves Landry &eacute;crit qu&#8217;entre 1669 et 1671 250 Filles du Roy ont &eacute;t&eacute; recrut&eacute;es &agrave; l&#8217;H&ocirc;pital g&eacute;n&eacute;ral<sup>4<\/sup>.<br \/>&#8211; L&#8217;HOPITAL DE LA SALPETRIERE. En 1663, 3000 femmes y sont h&eacute;berg&eacute;es<sup>5<\/sup>. <br \/>&#8211; L&#8217;HOPITAL DE LA PITIE. Fond&eacute; en 1612 dans le faubourg St-Victor (5e arr.). Il sera d&eacute;plac&eacute; pr&egrave;s de la Salp&ecirc;tri&egrave;re en 1912 avant d&#8217;y &ecirc;tre r&eacute;uni en 1964. Il est destin&eacute; &agrave; recueillir les mendiants, infirmes, pauvres et errants, par cons&eacute;quent &eacute;galement les enfants (de mendiants, trouv&eacute;s et orphelins). On distingue alors la &laquo; Grande Piti&eacute; &raquo; destin&eacute;e aux filles (2000 en 1663)<sup>6<\/sup>&nbsp; et la &laquo; Petite Piti&eacute; &raquo; r&eacute;serv&eacute;e aux gar&ccedil;ons.<\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li>soit dans un COUVENT comme<br \/>&#8211; LE COUVENT DES URSULINES du faubourg Saint-Jacques. Il comprend un pensionnat recevant des &eacute;l&egrave;ves de la noblesse et de la bourgeoisie (notamment des nouvelles converties protestantes comme la future marquise de Maintenon) mais &eacute;galement des classes gratuites pour enfants pauvres. <\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li>soit dans une MAISON DE CHARITE, comme :<br \/>&#8211; L&#8217;HOPITAL DES CENT-FILLES OU DES CENT-FILLES ORPHELINES, rue Censier, dans le faubourg Saint-Marcel. Appel&eacute; &eacute;galement NOTRE-DAME DE LA MISERICORDE, il est destin&eacute; &agrave; accueillir cent orphelines indigentes n&eacute;es &agrave; Paris et issues d&#8217;un mariage l&eacute;gitime. Ces fillettes, admises &agrave; l&#8217;&acirc;ge de 6 &agrave; 7 ans, peuvent y demeurer jusqu&#8217;&agrave; 25 ans. Recueillies, nourries, log&eacute;es, habill&eacute;es, elles b&eacute;n&eacute;ficient d&#8217;une &eacute;ducation chr&eacute;tienne et d&#8217;une instruction professionnelle. Elles sont dot&eacute;es si elles se marient ou entrent au couvent. <br \/>&#8211; LA MAISON DES ORPHELINS DE SAINT-SULPICE, OU DE LA MERE DE DIEU, rue du Vieux-Colombier, pour les orphelins gar&ccedil;ons et filles de la paroisse. L&#8217;&eacute;tablissement est li&eacute; &agrave; la Cie du Saint-Sacrement et 46 Filles du Roy en partirent.<sup>7<\/sup> <\/li>\n<\/ul>\n<p><b>La r&eacute;ception de l&#8217;orphelin<\/b><br \/>Contrairement &agrave; ce qui se passe pour les enfants trouv&eacute;s, il existe des crit&egrave;res et des modalit&eacute;s d&#8217;admission dans les lieux d&#8217;accueil sp&eacute;cialis&eacute;s pour orphelins. Dans chaque institution, un bureau d&#8217;accueil est destin&eacute; &agrave; l&#8217;enregistrement de l&#8217;enfant pr&eacute;sent&eacute; par des membres de sa famille ou, plus largement, de son entourage &ndash; en g&eacute;n&eacute;ral deux ou trois &ndash; qui constituent les &laquo; t&eacute;moins &raquo;, en pr&eacute;sence d&#8217;un notaire. Ces t&eacute;moins doivent justifier de l&#8217;inscription de l&#8217;orphelin au Grand Bureau des pauvres et, &eacute;ventuellement, fournir une lettre de recommandation d&#8217;un &laquo; protecteur &raquo; ext&eacute;rieur &agrave; l&#8217;institution. &nbsp;<\/p>\n<p>Le Grand Bureau des Pauvres de Paris (1544-1791)<br \/>Fond&eacute; par lettres patentes de Fran&ccedil;ois 1<sup>er<\/sup> le 7 novembre 1544, install&eacute; place de Gr&egrave;ve, le Grand Bureau des Pauvres apporte secours en argent, en nature, en service m&eacute;dical &agrave; domicile et &agrave; l&#8217;h&ocirc;pital. <\/p>\n<p>Dans les lieux d&#8217;accueil, les jeunes enfants sont &eacute;lev&eacute;s par des nourrices, au sein de l&#8217;h&ocirc;pital, dans Paris ou &agrave; la campagne jusqu&#8217;&agrave; cinq-sept ans, &acirc;ge o&ugrave; ils ont acquis une certaine autonomie. Certes, c&#8217;est &eacute;galement le cas dans les milieux urbains et favoris&eacute;s (malgr&eacute; l&#8217;opposition de l&#8217;Eglise), mais le placement des orphelins fait sans doute moins l&#8217;objet de surveillance et de stabilit&eacute; : les nourrices &laquo; rendent &raquo; fr&eacute;quemment l&#8217;enfant accueilli, faute d&#8217;&ecirc;tre pay&eacute;es&hellip;<\/p>\n<p><b>Le co&ucirc;t<\/b><br \/>La r&egrave;gle g&eacute;n&eacute;rale est que les biens de l&#8217;orphelin soient mis en vente et les b&eacute;n&eacute;fices en reviennent &agrave; l&#8217;h&ocirc;pital. Il semble, d&#8217;apr&egrave;s les actes de r&eacute;ception, que les 2\/3 de ces biens consistent en meubles mais on trouve aussi des outils et du mat&eacute;riel professionnel. Si toutefois l&#8217;orphelin b&eacute;n&eacute;ficie d&#8217;un patrimoine, l&#8217;h&ocirc;pital s&#8217;en octroie l&#8217;usufruit jusqu&#8217;&agrave; sa majorit&eacute; et en h&eacute;rite s&#8217;il vient &agrave; mourir durant son s&eacute;jour. S&#8217;il survit, il devra rembourser les frais de sa prise en charge.<\/p>\n<p><b>Caract&eacute;ristiques des lieux d&#8217;accueil<\/b><\/p>\n<ul>\n<li>Le caract&egrave;re religieux<br \/>L&#8217;h&ocirc;pital g&eacute;n&eacute;ral, par exemple, est sous l&#8217;emprise de la Compagnie du Saint-Sacrement, association secr&egrave;te, cr&eacute;&eacute;e en 1629, sans statut officiel mais reconnue au plus haut sommet de l&#8217;Etat, constitu&eacute;e de notables ultra catholiques et anti-jans&eacute;nistes.<\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li>L&#8217;opprobre<br \/>Il frappe tous les exclus. On imagine bien que l&#8217;orphelin accueilli &agrave; l&#8217;h&ocirc;pital n&#8217;&eacute;chappe pas &agrave; cette stigmatisation encore amplifi&eacute;e lorsque celui-ci est ill&eacute;gitime.<\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li>S&eacute;paration \/ promiscuit&eacute;<br \/>&#8211; Sociale <br \/>Tout est pr&eacute;vu g&eacute;n&eacute;ralement pour que les pauvres soient isol&eacute;s, distingu&eacute;s entre eux, selon le sexe, emploi, maladie, &acirc;ge, qualit&eacute;.<br \/>&#8211; Religieuse<br \/>N&#8217;oublions pas que, pour l&#8217;Eglise, les enfants n&eacute;s de parents protestants &eacute;taient des &laquo; b&acirc;tards &raquo;. Toutefois, on trouve dans les maisons des nouveaux et nouvelles convertis qui se multiplient &agrave; partir de 1660, des orphelines catholiques. <br \/>&#8211; Sexuelle<br \/>Certaines institutions sont sp&eacute;cialis&eacute;es gar&ccedil;ons ou filles mais il semble que ce ne soit pas la r&egrave;gle g&eacute;n&eacute;rale.<\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li>Vie communautaire : silence et gestion du temps<br \/>Toutes les activit&eacute;s se font en commun et elles sont rigoureusement encadr&eacute;es car il est important qu&#8217;un jeune ne soit jamais livr&eacute; &agrave; lui-m&ecirc;me, tant la crainte du p&eacute;ch&eacute; d&#8217;impuret&eacute;, la contamination en mati&egrave;re morale est l&#8217;objet d&#8217;une obsession (en revanche, celle qui touche &agrave; la maladie est n&eacute;glig&eacute;e). Il faut &eacute;viter les contacts entre deux individus, quel que soit leur &acirc;ge. Le silence est de r&egrave;gle, les repas se font, au r&eacute;fectoire, sans &eacute;changes verbaux. L&#8217;emploi du temps est strict, scrupuleusement d&eacute;coup&eacute; et d&eacute;fini. Toutes les occupations, m&ecirc;me les repas, sont accompagn&eacute;s ou encadr&eacute;s par la lecture de textes religieux, les pri&egrave;res, les messes, les s&eacute;ances de cat&eacute;chisme.\n<p>A l&#8217;enfermement jalousement contr&ocirc;l&eacute; s&#8217;ajoute donc, dans les h&ocirc;pitaux g&eacute;n&eacute;raux, un enfermement temporel. Cadrans solaires, horloges partout, rappellent l&#8217;importance du temps qui doit &ecirc;tre totalement ma&icirc;tris&eacute; du matin au soir et si celui du coll&egrave;ge est marqu&eacute; fortement par la rupture de deux cong&eacute;s annuels, ceux de P&acirc;ques et ceux dits des vendanges auxquels s&#8217;ajoutent un certain nombre de jours f&eacute;ri&eacute;s, celui de l&#8217;h&ocirc;pital o&ugrave; n&#8217;existent ni vacances, ni r&eacute;cr&eacute;ations le plus souvent (ni promenades ext&eacute;rieures, bien s&ucirc;r)<sup>8<\/sup> est parfaitement circulaire. Pour les enfants qui ont encore de la famille, les visites sont autoris&eacute;es dans certains h&ocirc;pitaux mais elles sont tr&egrave;s limit&eacute;es dans le temps (dimanches et jours de f&ecirc;te de 11h &agrave; 13h et de 17 &agrave; 18h &agrave; La Salp&ecirc;tri&egrave;re) et l&#8217;espace (le parloir). A l&#8217;h&ocirc;pital, il ne semble gu&egrave;re possible de se projeter dans l&#8217;avenir. Pr&eacute;cisons enfin qu&#8217;&agrave; leur majorit&eacute; (25 ans, rappelons-le) si les jeunes filles n&#8217;ont pas obtenu d&#8217;emploi, elles sont condamn&eacute;es &agrave; rester &agrave; l&#8217;h&ocirc;pital o&ugrave; elles sont employ&eacute;es &agrave; divers travaux.&nbsp; <br \/>&bull;&nbsp;&nbsp; &nbsp;<b>Port de l&#8217;uniforme<\/b><br \/>Rappel de l&#8217;habit religieux, l&#8217;uniforme permet &agrave; la fois d&#8217;uniformiser les enfants, &agrave; l&#8217;int&eacute;rieur d&#8217;une institution, en leur rappelant leur condition modeste &#8211; car ces v&ecirc;tements sont d&#8217;une grande simplicit&eacute;, confectionn&eacute;s dans un drap grossier, mi-laine, mi-fil, appel&eacute; tiretaine ou taill&eacute; dans la bure, drap de laine &#8211; et de les distinguer d&#8217;un &eacute;tablissement &agrave; l&#8217;autre. A la Piti&eacute; les orphelins sont v&ecirc;tus de bure grise, et on finit d&#8217;ailleurs par appeler &laquo; enfants bleus &raquo;, en raison de leurs habits de cette couleur, les pupilles de l&#8217;h&ocirc;pital de la Trinit&eacute;, comme on appela &laquo; enfants rouges &raquo; ceux de l&#8217;h&ocirc;pital des Enfants-Dieu. Tous marchent en sabots.<br \/>&bull;&nbsp;&nbsp; &nbsp;<b>Aust&eacute;rit&eacute;, frugalit&eacute;<\/b><br \/>Il est important d&#8217;inculquer &agrave; l&#8217;orphelin son statut de pauvre. Il doit apprendre &agrave; accepter son sort humblement et &agrave; ob&eacute;ir. Pas de superflu : la nourriture consiste essentiellement en pain et potage. A la Cr&egrave;che d&eacute;j&agrave;, les nourrissons p&acirc;tissent de la mauvaise qualit&eacute; du lait des nourrices qui souffrent elles-m&ecirc;mes de sous-alimentation. <br \/>&bull;&nbsp;&nbsp; &nbsp;<b>Discipline <\/b><br \/>L&#8217;autorit&eacute; r&egrave;gne &agrave; tous les niveaux de la hi&eacute;rarchie, sur le mod&egrave;le militaire (en t&eacute;moigne par exemple le nom d&#8217;<i>offici&egrave;res<\/i> que l&#8217;on donne aux surveillantes de la Salp&ecirc;tri&egrave;re&hellip;). La privation de nourriture est une des formes de punition les plus courantes (en revanche, si l&#8217;on a quelques moyens on peut se payer un petit suppl&eacute;ment). Il existait, &agrave; l&#8217;int&eacute;rieur m&ecirc;me de ces lieux d&#8217;enfermement, des &laquo; prisons &raquo; pour les indisciplin&eacute;s. <\/p>\n<p>Tous ces &eacute;tablissements &agrave; qui l&#8217;on confie des enfants ont donc des points communs : ils ont un caract&egrave;re religieux, v&eacute;hiculent des valeurs d&#8217;ordre et de morale, il s&#8217;agit par dessus tout de veiller au maintien des bonnes m&oelig;urs dans une soci&eacute;t&eacute; o&ugrave; la crainte du p&eacute;ch&eacute; est omnipr&eacute;sente. Ce sont des lieux de cl&ocirc;ture, avec des portes barr&eacute;es soigneusement, des portiers, des surveillants &ndash; l&#8217;h&ocirc;pital est m&ecirc;me gard&eacute; par un corps de police sp&eacute;ciale : les archers de l&#8217;h&ocirc;pital. La surveillance est constante.<\/li>\n<\/ul>\n<p><b>L&#8217;&eacute;ducation des orphelins<\/b><br \/>La notion d&#8217;&eacute;ducation ne se limite pas &agrave; l&#8217;instruction, elle touche &eacute;galement aux premiers apprentissages de la vie : marcher, parler, &ecirc;tre propre&hellip; &agrave; la formation morale et disciplinaire, l&#8217;enseignement proprement dit vient apr&egrave;s.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ul>\n<li><b>Les premiers apprentissages de la vie, la formation morale<\/b><br \/>Les orphelins &eacute;lev&eacute;s dans leur famille d&#8217;origine re&ccedil;oivent une &eacute;ducation semblable peu ou prou &agrave; celle des enfants de leur &acirc;ge, de leur milieu et de leur sexe<sup>9<\/sup> : marcher, parler, participer aux besognes masculines ou f&eacute;minines selon le cas, jusqu&#8217;&agrave; leur entr&eacute;e dans la vie active ou dans un &eacute;tablissement d&#8217;accueil (comme c&#8217;est souvent le cas des Filles du Roy qui peuvent indiquer leur origine, nommer leurs parents, donner la profession du p&egrave;re et fournir un extrait de bapt&ecirc;me).\n<p>Cette premi&egrave;re &eacute;ducation est sans doute plus formelle et directe quand elle se fait en institution qu&#8217;en famille o&ugrave; celle-ci s&#8217;inscrit davantage dans la dur&eacute;e et repose en grande partie sur l&#8217;imitation des adultes au quotidien.<\/p>\n<\/li>\n<li><b>Les travaux domestiques<\/b><br \/>Dans les familles, les enfants participent tr&egrave;s t&ocirc;t aux t&acirc;ches m&eacute;nag&egrave;res, surtout les filles qui, apprennent &agrave; cuisiner, &agrave; coudre, &agrave; broder, &agrave; tenir un m&eacute;nage. C&#8217;est le plus souvent le cas dans les institutions o&ugrave; elles consacrent une grande partie de leur temps aux t&acirc;ches m&eacute;nag&egrave;res. Chez les Ursulines, les jeunes filles apprennent &agrave; lire et &agrave; compter mais aussi &agrave; manier l&#8217;aiguille et &agrave; gouverner une maison.<\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li><b>L&#8217;instruction<\/b><br \/>Les orphelins &eacute;lev&eacute;s dans leur famille d&#8217;origine fr&eacute;quentent le coll&egrave;ge ou, &agrave; d&eacute;faut, la &laquo; petite &eacute;cole &raquo;, du ressort g&eacute;n&eacute;ralement de la Commune. Le r&eacute;seau des petites &eacute;coles est, en effet, le principal diffuseur de l&#8217;enseignement populaire. Les plus pauvres parmi les orphelins peuvent recevoir un enseignement dans les &eacute;coles de charit&eacute; qui apparaissent &agrave; partir de la seconde moiti&eacute; du XVII<sup>e<\/sup> si&egrave;cle, &agrave; l&#8217;initiative de particuliers d&#8217;abord puis de communaut&eacute;s sp&eacute;cialis&eacute;es, comme les Fr&egrave;res des Ecoles chr&eacute;tiennes de Jean-Baptiste de la Salle (1651-1719) qui fut le grand p&eacute;dagogue des enfants des pauvres.\n<p>Pour les autres, la destination est g&eacute;n&eacute;ralement l&#8217;h&ocirc;pital g&eacute;n&eacute;ral dont le but est avant tout de prot&eacute;ger la soci&eacute;t&eacute; et o&ugrave; le travail manuel obligatoire pr&eacute;domine. Outre une instruction religieuse pr&eacute;pond&eacute;rante, le but n&#8217;est pas tant d&#8217;apprendre &agrave; &eacute;crire &ndash; surtout aux filles &#8211; que d&#8217;apprendre aux jeunes un m&eacute;tier le plus t&ocirc;t possible. A la Salp&ecirc;tri&egrave;re, par exemple, le r&egrave;glement pr&eacute;voit une heure de classe un jour sur deux. Par ailleurs, &agrave; la diff&eacute;rence des ma&icirc;tres des coll&egrave;ges, les hospitaliers qui instruisent les enfants n&#8217;ont pas re&ccedil;u de formation d&#8217;enseignants. Ce sont des s&eacute;culiers, voire des la&iuml;cs, qui s&#8217;inspirent plus ou moins des m&eacute;thodes utilis&eacute;es dans les petites &eacute;coles ou les &eacute;coles paroissiales, ou bien ils appartiennent &agrave; un ordre religieux et s&#8217;inspirent alors des r&egrave;gles de cet ordre. <\/p>\n<p>Il s&#8217;agit, aussi d&#8217;autofinancer, le plus t&ocirc;t possible, par leur travail m&ecirc;me au sein de l&#8217;&eacute;tablissement, l&#8217;entretien de ces enfants accueillis. Il existe des bureaux de vente dans les h&ocirc;pitaux destin&eacute;s &agrave; la vente, des travaux d&#8217;aiguille notamment.<\/p>\n<p>Il ne faut pas oublier que sous l&#8217;Ancien R&eacute;gime, l&#8217;apprentissage de la lecture est privil&eacute;gi&eacute; et n&#8217;entra&icirc;ne pas automatiquement celui de l&#8217;&eacute;criture qui est jug&eacute; dangereux d&#8217;ailleurs pour les filles. Ainsi, on peut savoir lire sans savoir signer<sup>10<\/sup>, comme le fait de savoir signer n&#8217;est pas forc&eacute;ment synonyme d&#8217;une compl&egrave;te alphab&eacute;tisation. Pr&eacute;cisons au passage que, d&#8217;apr&egrave;s Yves Landry<sup>11<\/sup> 23 % des Filles du Roy savaient signer, celles en provenance de Paris davantage que les autres et les citadines plus que les rurales. L&#8217;analphab&eacute;tisme touche &agrave; l&#8217;&eacute;poque 4\/5 des paysans alors que la majorit&eacute; des citadins savent signer (86 % des hommes et 58 % des femmes &agrave; Paris dans la premi&egrave;re moiti&eacute; du XVII<sup>e<\/sup> si&egrave;cle<sup>12<\/sup>).<\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li><b>L&#8217;apprentissage<\/b><br \/>A l&#8217;h&ocirc;pital, il joue un r&ocirc;le tr&egrave;s important et commence t&ocirc;t (&agrave; l&#8217;h&ocirc;pital de la Trinit&eacute;, d&egrave;s l&#8217;&acirc;ge de sept ans) et se poursuit trois ans, au minimum. <br \/>Ailleurs, on place les enfants en apprentissage &agrave; l&#8217;&acirc;ge de 13-14 ans, soit chez des particuliers, soit dans des institutions. Toutefois, les apprentis restent sous la responsabilit&eacute; de leur tuteur ou de l&#8217;h&ocirc;pital. Qu&#8217;ils soient &eacute;lev&eacute;s en familles ou en institution, le choix des professions est plus ouvert pour les gar&ccedil;ons que pour les filles &#8211; qui restent presque toujours cantonn&eacute;es au service domestique et aux travaux d&#8217;aiguille. A l&#8217;&eacute;poque d&#8217;ailleurs, en ville, la domesticit&eacute; f&eacute;minine constitue la plus grande &laquo; corporation &raquo;. Les enfants issus de la classe des boutiquiers et des artisans et dont les contacts avec la famille ne sont pas rompus b&eacute;n&eacute;ficient d&#8217;un r&eacute;seau fort utile au moment de leur mise en apprentissage, puis de leur placement.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Ceci n&#8217;est qu&#8217;un rapide aper&ccedil;u de la condition d&#8217;orphelin au XVII<sup>e<\/sup> si&egrave;cle. Cette condition particuli&egrave;re qui se d&eacute;cline suivant les crit&egrave;res et les situations que nous avons &eacute;voqu&eacute;s est &eacute;videmment &agrave; replacer dans son contexte social (la pauvret&eacute;) et en tenant compte des mentalit&eacute;s de l&#8217;&eacute;poque.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>__________<\/p>\n<h6>Notes<\/h6>\n<h6>1 : Landry, Yves, <i>Les filles du roi au XVII<sup>e<\/sup> si&egrave;cle<\/i>, L&eacute;m&eacute;ac, 1992, p. 96 et 97.<br \/>2 : La mortalit&eacute; maternelle est plus difficile &agrave; cerner par manque de donn&eacute;es pr&eacute;cises. Yves Landry admet toutefois que le chiffre de 19% est certainement tr&egrave;s sous-&eacute;valu&eacute; <sup>2<\/sup>&nbsp; Id. p. 96.<br \/>3 : Isabelle Robin-Romero, <i>Les Orphelins de Paris Enfants et assistance aux XVI<sup>e<\/sup>-XVIII<sup>e <\/sup>si&egrave;cles<\/i>, PUPS, 2007.<br \/>4 : Op. cit. p. 57. <br \/>5 : Chiffre donn&eacute; par Gagnon, Louis, <i>Louis XIV et le Canada<\/i>, Septentrion, 2011.<br \/>6 : Id.<br \/>7 : Maud Sirois-Belle, La Salp&ecirc;tri&egrave;re et <i>&laquo; les Filles du Roy &raquo; au XVII<sup>e<\/sup> si&egrave;cle<\/i>, 2.<br \/>8 : Il existait toutefois une pratique destin&eacute;e surtout aux enfants qui consistait &agrave; les faire participer syst&eacute;matiquement aux processions et aux enterrements (c&#8217;est notamment le cas &agrave; la Piti&eacute; pour les gar&ccedil;ons) ainsi qu&#8217;aux qu&ecirc;tes.<br \/>9 : Cf chapitre &laquo; Education &raquo;.<br \/>10 : Ari&egrave;s, Philippe, Duby Georges, <i>Histoire de la vie priv&eacute;e<\/i>, T III, <i>De la Renaissance aux Lumi&egrave;res<\/i>, Ed du Seuil, coll. Histoire, 1999 (1re &eacute;d. 1985), p. 110.<br \/>11 : Op. cit. p. 91.<br \/>12 : Garnot, Beno&icirc;t, op.cit. p.150.<\/h6>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La condition d&#8217;orphelin(e) en France au XVIIe si&egrave;cle Par Monique PontaultSocio-anthropologueSecr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;rale de la CFQLMC (France) Les historiens ont longtemps retenu des Filles du Roy qu&#8217;elles &eacute;taient orphelines. 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