{"id":6476,"date":"2013-12-07T15:51:24","date_gmt":"2013-12-07T20:51:24","guid":{"rendered":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/le-vetement-des-filles-du-roy\/"},"modified":"2024-05-14T17:06:52","modified_gmt":"2024-05-14T21:06:52","slug":"le-vetement-des-filles-du-roy","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/le-vetement-des-filles-du-roy\/","title":{"rendered":"Le v\u00eatement des Filles du Roy"},"content":{"rendered":"<h2 align=\"center\"><b>Le v&ecirc;tement des Filles du Roy<\/b><\/h2>\n<h5>Par Raymonde Fortin,<\/h5>\n<h5>alias Catherine Dupuis, Fille du Roy<\/h5>\n<h5>avec l&#8217;aimable collaboration de madame Catherine Pinsonneault<\/h5>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<table style=\"margin-right: 10px; margin-bottom: 10px; width: 135px; float: left;\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-content\/uploads\/images\/stories\/bulletin37\/vetement-filles-du-roy.jpg\" alt=\"Le v&ecirc;tement des Filles du Roy.\" title=\"Le v&ecirc;tement des Filles du Roy.\" \/><\/p>\n<h6>Source : Raymonde Fortin<\/h6>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Le 22 septembre 1663, des barques transportant 36 jeunes femmes, quittent l&#8217;Aigle d&#8217;Or au large de Qu&eacute;bec et accostent sur les rives de la Nouvelle-France. Il en sera ainsi chaque ann&eacute;e jusqu&#8217;en 1673. Au total, elles seront 764 &agrave; remplir une mission royale, celle de prendre mari, fonder famille, b&acirc;tir nation. <\/p>\n<p>Mais qu&#8217;apportent-elles, ces Filles du Roy ? Quels sont leurs avoirs ? En fait, bien peu de choses : une caissette, une mince dot et leurs v&ecirc;tements. <\/p>\n<p>Apr&egrave;s 111 jours de travers&eacute;e, confin&eacute;es dans la sainte-barbe, expos&eacute;es &agrave; des conditions sanitaires tr&egrave;s pr&eacute;caires, elles n&#8217;en m&egrave;nent pas large : elles souffrent toutes de carence alimentaire, de faiblesse, tra&icirc;nent poux et tiques ; certaines ont &eacute;t&eacute; touch&eacute;es par la dysenterie, la fi&egrave;vre et le scorbut. Quant &agrave; leurs v&ecirc;tements, ils sont en piteux &eacute;tat. L&#8217;humidit&eacute; de la sainte-barbe les a rendus poisseux, la moisissure s&#8217;est mise de la partie et ils sont plus ou moins en lambeaux. Aussit&ocirc;t d&eacute;barqu&eacute;es et prises en charge par madame de La Peltrie, les Ursulines et des dames de bien, elles retrouvent, en plus de la sant&eacute;, de nouvelles tenues vestimentaires.<\/p>\n<p>En ce milieu du XVII<sup>e<\/sup> si&egrave;cle, l&#8217;habillement de ces femmes venues s&#8217;&eacute;tablir en Nouvelle-France est semblable &agrave; celui des femmes du commun port&eacute; en Hollande, en Flandre, en Espagne et en France. Les tissus sont probablement tous import&eacute;s car les plus anciens m&eacute;tiers &agrave; tisser r&eacute;pertori&eacute;s au Qu&eacute;bec remonteraient seulement au d&eacute;but du XVIII<sup>e<\/sup> si&egrave;cle. Parmi ces tissus, les inventaires des biens apr&egrave;s d&eacute;c&egrave;s mentionnent la soie, le coton, le lin, plusieurs toiles d&#8217;importation comme la toile de Rouen, de Normandie, de Meslies, de Morlaix, diverses &eacute;toffes de laine tels drap, serge, &eacute;toffe grossi&egrave;re, &eacute;tamine, et chanvre.<\/p>\n<p>Quant aux couleurs des v&ecirc;tements, elles sont peu vari&eacute;es : beaucoup de rouge, de bleu, de gris et un peu de brun; parfois, on retrouve des couleurs plus riches comme le cramoisi, l&#8217;aurore (saumon-orang&eacute;), bleu azur&eacute;, violet, couleur d&#8217;or (jaune).<\/p>\n<p>Le costume typique des filles &agrave; marier, plus tard nomm&eacute;es Filles du Roy par Marguerite Bourgeoys, comprend :<\/p>\n<ul>\n<li><b>Les bas<\/b>, de coton ou de laine de couleur unie (blanc, beige, gris, brun, rouge, bleu p&acirc;le ou fonc&eacute;) montant aux genoux et maintenus par des jarreti&egrave;res sous les genoux, des liens de laine tiss&eacute;e ou tress&eacute;e, ou un ruban.<\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li><b>La chemise<\/b>, de coton blanc ou gr&egrave;ge, de lin fin, moyen ou grossier, tr&egrave;s ample et munie de manches droites peu ou pas fronc&eacute;es &agrave; l&#8217;avant-bras. Encolure pr&egrave;s du cou et fendue &agrave; l&#8217;avant jusqu&#8217;&agrave; la naissance de la poitrine; des cordonnets permettant de la nouer au cou. &Agrave; noter qu&#8217;&agrave; l&#8217;&eacute;poque, il n&#8217;y a pas de petite culotte ni pour les femmes, ni pour les hommes.<\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li><b>Les poches<\/b>, pochettes de tissu, fendues verticalement et mont&eacute;es sur un ruban nou&eacute; &agrave; la taille, constituent un v&ecirc;tement en soi, ind&eacute;pendant de la jupe. Ainsi, par mesure d&#8217;&eacute;conomie, on ne lave bien souvent que le bas de la jupe souill&eacute; et les poches grandement utilis&eacute;es.<\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li><b>Le corset<\/b>, tenant lieu de soutien-gorge, en grosse toile tiss&eacute;e serr&eacute;, lac&eacute; devant et, fait surprenant, assez souple. Le plus souvent muni de bretelles, il doit &ecirc;tre ajust&eacute; directement sur le corps afin d&#8217;en &eacute;pouser la forme. Deux baleines ins&eacute;r&eacute;es au niveau du la&ccedil;age lui permettent de garder sa forme. Le corset &eacute;tant un sous-v&ecirc;tement, une femme ne doit pas se pr&eacute;senter v&ecirc;tue uniquement de son corset, elle doit obligatoirement porter un mantelet par dessus celui-ci.<\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li><b>La jupe<\/b>, de coton, de lin ou de laine, longue mais laissant voir le pied. Se porte du mi-mollet &agrave; la cheville. Faite de deux panneaux tr&egrave;s amples mont&eacute;s sur des cordons, fronc&eacute;e &agrave; la taille. Panneau arri&egrave;re nou&eacute; au devant et panneau devant nou&eacute; &agrave; l&#8217;arri&egrave;re. De chaque c&ocirc;t&eacute;, une fente pr&eacute;vue pour acc&eacute;der aux poches. Parfois, deux jupes superpos&eacute;es et l&#8217;hiver, une troisi&egrave;me s&#8217;ajoute aux deux premi&egrave;res. On les appelle : la secr&egrave;te, la friponne et la modeste.<\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li><b>Le mantelet<\/b>, le corsage ou la camisole, toujours doubl&eacute;, ressemble un peu &agrave; une veste &agrave; l&#8217;encolure largement arrondie et s&#8217;attache &agrave; l&#8217;avant avec des agrafes ou un la&ccedil;age. Il &eacute;pouse la forme du corps, est ajust&eacute; &agrave; la taille et prend de l&#8217;ampleur sur les hanches. Les manches larges sont fronc&eacute;es derri&egrave;re l&#8217;&eacute;paule et parfois &agrave; l&#8217;avant-bras, elles couvrent toujours le coude.<\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li><b>La jupe et le mantelet<\/b> sont confectionn&eacute;s avec du coton moyen, du lin moyen ou des draps de laine fine. Le mantelet se veut de couleur unie et la jupe peut &ecirc;tre de couleur unie ou, peu fr&eacute;quemment, &agrave; larges rayures. Les couleurs des deux v&ecirc;tements sont coordonn&eacute;es.&nbsp; <\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li><b>Le mouchoir de col<\/b>, fait d&#8217;un grand carr&eacute; pli&eacute; en diagonale, en coton blanc, se porte nou&eacute; devant, &eacute;pingl&eacute; en laissant pendre les pointes ou en les ins&eacute;rant &agrave; l&#8217;int&eacute;rieur du corsage.<\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li><b>Le bonnet<\/b>, ou la cornette, de coton blanc, muni de cordonnets nou&eacute;s sur le dessus de la t&ecirc;te, se porte en tout temps.<\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li><b>La coiffe<\/b>, capuchon blanc &agrave; deux longues pointes, s&#8217;ajoute au bonnet ou &agrave; la cornette.<\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li><b>Le tablier<\/b>, v&ecirc;tement de travail de coton ou de lin, blanc, naturel ou de couleur. Fronc&eacute; &agrave; la taille, s&#8217;attachant &agrave; l&#8217;arri&egrave;re par des cordons. Prot&egrave;ge une bonne partie du devant de la jupe, pouvant couvrir les hanches et m&ecirc;me une partie des fesses.<\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li><b>Les chaussures<\/b>, diff&eacute;rentes selon les circonstances et l&#8217;endroit. On passe des souliers de cuir &agrave; talons plats ou moyens, ouverts sur les c&ocirc;t&eacute;s, aux sabots et souliers de b&oelig;uf.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Voil&agrave; donc l&#8217;habillement des Filles du Roy qui, une fois nipp&eacute;es, choisissent mari et adoptent ce pays neuf qu&#8217;est la Nouvelle-France. Avec les ann&eacute;es, la n&eacute;cessit&eacute; de s&#8217;acclimater, le contact avec les Indiens, la garde-robe des unes et des autres, s&#8217;enrichit de nouveaux v&ecirc;tements pratiques et simples. <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>NOTE :<\/b> La reconstitution de l&#8217;habillement des Filles du Roy en 2013 a &eacute;t&eacute; inspir&eacute;e de toiles de ma&icirc;tres hollandais, fran&ccedil;ais, espagnols et flamands tels : Jan Steen, Pieter de Hooch, Johannes Vermeer, Louis Le Nain, Bartolom&eacute; Esteban Murillo, David Teniers.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le v&ecirc;tement des Filles du Roy Par Raymonde Fortin, alias Catherine Dupuis, Fille du Roy avec l&#8217;aimable collaboration de madame Catherine Pinsonneault &nbsp; Source : Raymonde Fortin Le 22 septembre 1663, des barques transportant 36&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[50],"tags":[],"class_list":["post-6476","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-bulletin-n37-decembre-2013"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6476","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6476"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6476\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7265,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6476\/revisions\/7265"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6476"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6476"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6476"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}