{"id":6478,"date":"2013-12-07T16:59:47","date_gmt":"2013-12-07T21:59:47","guid":{"rendered":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/le-couvent-de-la-providence-de-la-rochelle-et-les-filles-du-roy\/"},"modified":"2024-05-14T17:06:52","modified_gmt":"2024-05-14T21:06:52","slug":"le-couvent-de-la-providence-de-la-rochelle-et-les-filles-du-roy","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/le-couvent-de-la-providence-de-la-rochelle-et-les-filles-du-roy\/","title":{"rendered":"Le Couvent de la Providence de La Rochelle et les Filles du Roy"},"content":{"rendered":"<h2 align=\"center\"><b>Le Couvent de la Providence de La Rochelle et les Filles du Roy<\/b><\/h2>\n<h5>Par Romain Belleau<br \/>Chercheur en g&eacute;n&eacute;alogie,<br \/>membre associ&eacute; de la CFQLMC et<br \/>membre de la Soci&eacute;t&eacute; d&#8217;Histoire des Filles du Roy.<\/h5>\n<p>L&#8217;histoire de la fondation du couvent des Filles de Saint-Joseph de La Rochelle n&#8217;est gu&egrave;re diff&eacute;rente de celles de multiples autres soci&eacute;t&eacute;s, congr&eacute;gations s&eacute;culi&egrave;res (ou r&eacute;guli&egrave;res) cr&eacute;&eacute;es &agrave; la m&ecirc;me &eacute;poque pour des motifs sociaux : aide aux pauvres, aux mendiants, aux malades, ici aux orphelines, entreprises d&eacute;votes.<\/p>\n<p>Dans un article publi&eacute; en 1874 par la Soci&eacute;t&eacute; des Archives historiques de la Saintonge et de l&#8217;Aunis, on lit : &laquo; C&#8217;est &agrave; la Congr&eacute;gation de Saint-Joseph, notamment aux maisons de Paris et de La Rochelle, que le gouvernement civilisateur de Louis XIV, d&eacute;sireux d&#8217;&eacute;tablir ses colonies sur des bases solides, demandait les jeunes filles &laquo; sages et pieuses &raquo; qu&#8217;il envoyait au Canada, &agrave; la Guadeloupe, etc., pour en faire des m&egrave;res de famille mod&egrave;les. Gr&acirc;ce &agrave; cette conception &eacute;lev&eacute;e, nos anciennes possessions fran&ccedil;aises, le Canada surtout, conservent, m&ecirc;me encore aujourd&#8217;hui, une puret&eacute; de m&oelig;urs et de foi qu&#8217;on chercherait vainement parmi nous, et qui rappellent les merveilleuses traditions du grand si&egrave;cle. &raquo;<\/p>\n<p>On oubliera l&#8217;id&eacute;ologie exprim&eacute;e dans ces lignes pour retenir qu&#8217;&agrave; l&#8217;&eacute;poque, 1874, il est connu que le couvent des Filles de Saint-Joseph de la Providence de La Rochelle a eu affaire avec les Filles et Femmes envoy&eacute;es en Nouvelle-France pour se marier. Malheureusement, comme dans de trop nombreux documents du XIX<sup>e<\/sup> si&egrave;cle, il manque toujours les sources et les r&eacute;f&eacute;rences des informations donn&eacute;es.<\/p>\n<p>Au moyen d&#8217;actes notari&eacute;s trouv&eacute;s, je vais &eacute;voquer bri&egrave;vement l&#8217;histoire, l&#8217;&eacute;volution du couvent de La Rochelle; j&#8217;attirerai l&#8217;attention sur les liens entre le couvent et diverses personnalit&eacute;s, et j&#8217;&eacute;voquerai le rapport du couvent avec les Filles du Roy. <\/p>\n<p><b>L&#8217;histoire du Couvent de la Providence<\/b><br \/>Marie Delpech de l&#8217;&Eacute;tang cr&eacute;e &agrave; Bordeaux la communaut&eacute; s&eacute;culi&egrave;re de la <i>Soci&eacute;t&eacute; de Saint-Joseph pour le gouvernement des filles orphelines<\/i>, et une maison pour soulager la mis&egrave;re des orphelines pauvres et abandonn&eacute;es; la communaut&eacute; est &laquo; &eacute;rig&eacute;e &raquo; par l&#8217;&eacute;v&ecirc;que de Bordeaux en 1638. En mai 1641, une maison est cr&eacute;&eacute;e &agrave; Paris. D&#8217;autres &eacute;tablissements suivent &agrave; Rouen, Agen, Toulouse, Limoges&hellip;<\/p>\n<p>En 1658, l&#8217;&eacute;v&ecirc;que de La Rochelle autorise Isabeau de Mauriet, compagne de la premi&egrave;re heure de Marie Delpech et charg&eacute;e depuis quelques ann&eacute;es de la maison de Bordeaux, &agrave; s&#8217;&eacute;tablir &agrave; La Rochelle&hellip; Isabeau de Mauriet vient &agrave; La Rochelle et loge chez Olivier Papineau, conseiller du roi, juge, garde royal de la monnaie de cette ville. Le 9 d&eacute;cembre 1658, une premi&egrave;re femme se pr&eacute;sente pour &ecirc;tre engag&eacute;e comme novice, Marie Gonet. Elle est la fille d&#8217;un avocat en parlement de La Rochelle.<\/p>\n<p>Ao&ucirc;t 1661, la &laquo; Soci&eacute;t&eacute; des Filles de Saint-Joseph de La Rochelle &raquo; &eacute;tablies pour l&#8217;institution et &eacute;ducation des filles orphelines &raquo; re&ccedil;oit ses lettres patentes du roi, c&#8217;est-&agrave;-dire l&#8217;&eacute;crit, &eacute;manant du roi, qui &eacute;tablit un privil&egrave;ge ou un droit. La Communaut&eacute; peut accepter toutes sortes de legs pieux, donations et testaments qui seraient faits en sa faveur, acheter les biens et possessions n&eacute;cessaires pour sa subsistance, nourriture et &laquo; entretiennement &raquo;. En f&eacute;vrier 1662, la maison de La Rochelle est reconnue comme maison de fondation royale, &#8220;&eacute;tant de grande n&eacute;cessit&eacute;&#8221;; ses buts sont &laquo; emp&ecirc;cher la perversion des filles abandonn&eacute;es par la mort de leurs parents, et donner moyen aux filles religionnaires de travailler &agrave; leur conversion &raquo;. Le premier acte (notari&eacute;) dans lequel j&#8217;ai trouv&eacute; l&#8217;appellation &laquo; couvent des filles Saint-Joseph de la Providence de la maison de La Rochelle &raquo; date d&#8217;octobre 1662.<\/p>\n<p>En septembre 1663, la communaut&eacute; demande de pouvoir prononcer les trois v&oelig;ux : pauvret&eacute;, chastet&eacute; et ob&eacute;issance, plus un quatri&egrave;me: instruire, nourrir et &eacute;lever les pauvres orphelines en gardant cl&ocirc;ture. La demande est accept&eacute;e en ao&ucirc;t 1664. Les s&oelig;urs deviennent donc clo&icirc;tr&eacute;es. Les actes notari&eacute;s qui concernent le couvent indiquent bien &agrave; partir de ce moment qu&#8217;ils sont pass&eacute;s &laquo; au parloir et grille du monast&egrave;re et couvent des dames religieuses de la congr&eacute;gation Saint-Joseph &eacute;tablie en cette ville &raquo; (19 juin 1665). Seule la sup&eacute;rieure, Isabeau de Mauriet reste s&eacute;culi&egrave;re pour s&#8217;occuper des autres maisons des Filles de Saint-Joseph.<\/p>\n<p>L&#8217;ann&eacute;e 1664 voit la publication de <i>L&#8217;Institut et la R&egrave;gle ou Constitutions des Filles de la Trinit&eacute; dites religieuses de la Congr&eacute;gation de Saint-Joseph, institu&eacute;es pour l&#8217;&eacute;ducation des filles orphelines dans la ville de La Rochelle.<\/i> Le d&eacute;cret portant confirmation des statuts de la nouvelle communaut&eacute; sous le nom de Filles de Saint-Joseph et de la Providence date de juillet 1664. Il est indiqu&eacute; qu&#8217;on recevra les enfants d&#8217;une condition ais&eacute;e dans un pensionnat. On donnera [aux jeunes filles orphelines], avec &laquo; une &eacute;ducation conforme &agrave; leur &eacute;tat, tout le n&eacute;cessaire pour la vie et le v&ecirc;tement, sans jamais les faire souffrir, et si elles-m&ecirc;mes doivent contribuer &agrave; leur entretien, que ce ne soit nullement par un travail qui exc&egrave;de leurs forces et ruine leur sant&eacute; &raquo;. &Agrave; cet objectif s&#8217;ajoute celui de recevoir et &laquo; travailler &agrave; la pers&eacute;v&eacute;rance des nouvelles catholiques&raquo;, jeunes filles protestantes tir&eacute;es de leur famille et destin&eacute;es &agrave; &ecirc;tre &eacute;lev&eacute;es dans la foi catholique.<\/p>\n<p>Isabeau de Mauriet ach&egrave;te d&#8217;abord un modeste domaine, &laquo; une petite maison consistant en quatre petites chambres sur terre, sans plancher, couverte en thuilles, et ses appartenances, cour et appentis et deux petits jardins situ&eacute;s en la rue de la Vieille Fontaine, paroisse de Cougnes &raquo;. En ao&ucirc;t 1659, elle ach&egrave;te une partie d&#8217;une cour rue Vieille Fontaine d&#8217;Alexandre Landaz, &laquo; &eacute;cuyer seigneur du Bignon conseiller du roy en ses conseils, lieutenant g&eacute;n&eacute;ral enquesteur et commissaire examinateur au siege presidial &raquo; de La Rochelle. Est aussi t&eacute;moin &agrave; ces actes Olivier Papineau, chez qui Isabeau de Mauriet a log&eacute; en 1658.<\/p>\n<p>En janvier 1665, la communaut&eacute; acquiert &laquo; trois petites maisons se joignant consistant chacune en une chambre basse et une haute et un petit jardin au derri&egrave;re ainsi que le tout se poursuit et comporte de pr&eacute;sent situ&eacute;es en cette ville pr&egrave;s de la vieille fontaine rue de Clerambaud dans le fief Saint-Louis &raquo;. L&#8217;&eacute;tablissement touche &agrave; la maison et jardin d&#8217;Alexandre Landaz et d&#8217;un autre c&ocirc;t&eacute; aux maison et jardin de Pierre Mousnier, procureur au dit si&egrave;ge pr&eacute;sidial.<\/p>\n<p>Je reviendrai sur ces noms.<\/p>\n<p>En avril 1666, Isabelle de Mauriet signe avec un ma&icirc;tre ma&ccedil;on et tailleur de pierres de la ville un march&eacute; pour achever les &laquo; murailles &raquo; de l&#8217;enclos du couvent des orphelines. Elle re&ccedil;oit &eacute;galement des rentes perp&eacute;tuelles en faveur de la communaut&eacute;.<\/p>\n<p>On peut donc suivre au moyen d&#8217;actes notari&eacute;s l&#8217;&eacute;tablissement de la communaut&eacute; dans la ville et la pr&eacute;sence des mots &laquo; de la Providence &raquo;, pas toujours attach&eacute;s au nom du couvent.<\/p>\n<p>En 1667, le couvent se composerait donc au moins de la petite maison achet&eacute;e en 1659 comportant quatre chambres, et des trois maisons achet&eacute;es en 1665, de chacune deux chambres. <\/p>\n<p><b>Les s&oelig;urs.<\/b><br \/>On conna&icirc;t aussi par les minutes notariales les noms des nouvelles religieuses, que leurs familles dotent et pour lesquelles elles assurent la pension le temps du noviciat.<\/p>\n<p>Nous pouvons &eacute;num&eacute;rer les s&oelig;urs qui ont certainement accueilli les Filles qu&#8217;on trouvera au couvent en 1667 :<\/p>\n<ul>\n<li>B&eacute;nigne de Gommis ou de Gommier entr&eacute;e en 1665 &agrave; l&#8217;&acirc;ge de 28 ans,<\/li>\n<li>Louise de Lachauss&eacute;e, entr&eacute;e aussi en 1665, &agrave; l&#8217;&acirc;ge de 27 ans,<\/li>\n<li>Fran&ccedil;oise Mallet, toujours en 1665, &agrave; 28 ans,<\/li>\n<li>Fran&ccedil;oise Ballon, en 1666, &acirc;g&eacute;e de 15 ans,<\/li>\n<li>Catherine de Lachauss&eacute;e, &acirc;g&eacute;e de 40 ans, en 1666, s&oelig;ur de Louise entr&eacute;e l&#8217;ann&eacute;e pr&eacute;c&eacute;dente.<\/li>\n<li>Il y a &eacute;galement Jeanne de Villepontoux, originaire du P&eacute;rigord, entr&eacute;e au couvent en 1656, auquel cas elle serait d&#8217;abord entr&eacute;e au couvent de Bordeaux, et qui en 1671, r&eacute;dige son testament et prononce ses v&oelig;ux. Elle pr&eacute;cise dans son testament que sa m&egrave;re s&#8217;est remari&eacute;e avec un gentilhomme de la religion pr&eacute;tendue r&eacute;form&eacute;e, un protestant, dont elle ne sait pas le nom, qu&#8217;elle a fait part &agrave; sa m&egrave;re de son intention d&#8217;entrer au couvent, qu&#8217;elle n&#8217;en a pas eu de nouvelles, et que sa m&egrave;re n&#8217;a pas pay&eacute; sa pension pendant toutes ces ann&eacute;es.<\/li>\n<li>Il y a aussi Marie Ranconnet, majeure, de religion protestante et qui a abjur&eacute;.<\/li>\n<li>Il y a Marie Tharay, 15 ans, toujours en 1666.<\/li>\n<li>Et il y en aura d&#8217;autres bien s&ucirc;r plus tard.<\/li>\n<\/ul>\n<p><b><br \/>Le couvent et les Filles du Roy.<\/b><br \/>En d&eacute;cembre 1666, un &eacute;dit royal ordonne que les communaut&eacute;s &eacute;tablies depuis trente ans repr&eacute;sentent les lettres patentes en vertu desquelles elles ont &eacute;t&eacute; &eacute;tablies aux Juges des lieux. Le roi a observ&eacute; que depuis quelques ann&eacute;es se sont cr&eacute;&eacute;es des &laquo; maisons r&eacute;guli&egrave;res et des communaut&eacute;s &raquo; sans lettres patentes &laquo; par la connivence ou n&eacute;gligence, &eacute;crit-il, que nos Officiers ont apport&eacute;es &agrave; faire garder lesdites ordonnances &raquo;. L&#8217;&eacute;dit est enregistr&eacute; au Parlement de Paris le 31 mars 1667.<\/p>\n<p>En septembre 1667 le lieutenant g&eacute;n&eacute;ral, c&#8217;est-&agrave;-dire Alexandre de Landaz, commence l&#8217;enqu&ecirc;te. La communaut&eacute; poss&egrave;de bien les fameuses lettres patentes exig&eacute;es; les religieuses comparaissent mais refusent de donner &agrave; autre que l&#8217;&eacute;v&ecirc;que l&#8217;&eacute;tat de leurs revenus et charges. En octobre le roi demande donc &agrave; l&#8217;&eacute;v&ecirc;que de proc&eacute;der &agrave; l&#8217;enqu&ecirc;te. Cet &eacute;v&ecirc;que s&#8217;appelle Monseigneur de Laval, ce serait un cousin du vicaire apostolique pour l&#8217;Am&eacute;rique du Nord, et futur premier &eacute;v&ecirc;que de Qu&eacute;bec, lorsque l&#8217;&eacute;v&ecirc;ch&eacute; sera cr&eacute;&eacute; en 1674. Monseigneur de Laval s&#8217;acquitte de sa t&acirc;che en visitant le couvent et il &eacute;tablit un rapport dont on trouve des &eacute;l&eacute;ments dans des livres.<\/p>\n<p>Le rapport conclut que l&#8217;&eacute;tablissement est pauvre, qu&#8217;il s&#8217;y trouve &laquo; soixante filles desquelles quinze ont fait leur abjuration de l&#8217;h&eacute;r&eacute;sie, et les autres de pauvres petites filles orphelines tir&eacute;es la plupart de leurs parents religionnaires qui les faisaient aller au presche et les instruisaient dans la religion pr&eacute;tendue r&eacute;form&eacute;e, six autres que les cur&eacute;s des paroisses ont tir&eacute;es des mains de leurs parents qui menaient une vie scandaleuse afin d&#8217;empescher leur perte, et quatre demoiselles bien sages [que les s&oelig;urs] ont receues depuis peu par les mains des P&egrave;res de l&#8217;Oratoire et J&eacute;suites pour les instruire et eslever avec cinq autres dans le Canada au premier embarquement &raquo;.<\/p>\n<p>On n&#8217;a aucune liste des pensionnaires du couvent.<\/p>\n<p>La visite de l&#8217;&eacute;v&ecirc;que aurait eu lieu le 3 novembre. Si le couvent h&eacute;berge &agrave; cette date des filles en attente de partir pour le Canada, elles ne se sont pas embarqu&eacute;es en 1667, elles sont certainement parties en 1668. <\/p>\n<p>Tout se passe bien pour le couvent. Son statut et ses lettres patentes sont enregistr&eacute;s par le Parlement en janvier 1668. En 1671, &agrave; la mort de Marie Delpech de l&#8217;Etang, Isabeau de Mauriet devient sup&eacute;rieure de l&#8217;&eacute;tablissement parisien, et une de ses ni&egrave;ces sans doute sup&eacute;rieure de celui de La Rochelle. Le 25 ao&ucirc;t 1672, dix s&oelig;urs prononcent leurs v&oelig;ux solennels.<\/p>\n<p>Je ne parle pas de l&#8217;histoire du couvent apr&egrave;s 1673, le temps manque et d&eacute;borde du sujet de mon intervention et des comm&eacute;morations.<\/p>\n<p>Aujourd&#8217;hui, une partie des b&acirc;timents du couvent de La Rochelle est occup&eacute;e par l&#8217;&eacute;tablissement scolaire F&eacute;nelon-Notre-Dame. <\/p>\n<p><b>Liens avec Bordeaux, La Rochelle&hellip;<\/b><br \/>J&#8217;ai signal&eacute; la pr&eacute;sence de certaines personnes lors des contrats et actes divers sign&eacute;s par les religieuses du Couvent Saint-Joseph. J&#8217;y reviens pour signaler ou &eacute;voquer des liens.<\/p>\n<p>Les &eacute;v&ecirc;ques de Laval : liens familiaux, et bien s&ucirc;r liens &laquo; de religion &raquo;.<\/p>\n<p>Marie Delpech : elle fonde la congr&eacute;gation des Filles de Saint-Joseph, et son nom appara&icirc;t aussi dans le registre du Couvent du Refuge &agrave; Rouen, o&ugrave; deux Filles du Roy ont d&#8217;ailleurs &eacute;t&eacute; recueillies avant leur d&eacute;part de France. En 1645 entre dans le Couvent du Refuge une fille dont le nom n&#8217;est pas donn&eacute; dans le registre, amen&eacute;e par force par la marquise de Senes&eacute;; elle avait d&#8217;abord &eacute;t&eacute; mise dans la maison du Refuge de Paris; elle ne reste pas longtemps au couvent de Rouen; le registre indique : &laquo; Lon la renvoiee peu&nbsp; apres a paris avec madamoiselle de letant quy est de St joseph de Paris &raquo;. Par ailleurs, Marie Delpech, comme me l&#8217;a indiqu&eacute; Jean-Paul Macouin, est t&eacute;moin au mariage de Catherine Desnaguets, &eacute;pouse du sieur Petit, l&#8217;accompagnatrice des Filles de 1667 qui signent un acte de protestation contre les conditions qui leur sont faites &agrave; leur arriv&eacute;e &agrave; Dieppe. Catherine Desnaguets, orpheline, est pensionnaire du Couvent de Paris.<\/p>\n<p>Olivier Papineau : il est conseiller du roi, juge, garde royal de la monnaie de La Rochelle. Le 9 d&eacute;cembre 1658, lorsqu&#8217;elle vient pour la premi&egrave;re fois &agrave; La Rochelle, Isabelle Mauriet loge chez lui. Il est t&eacute;moin &agrave; certains actes pass&eacute;s par la Communaut&eacute;. En f&eacute;vrier 1668, il reconna&icirc;t avoir pr&ecirc;t&eacute; son nom &agrave; Isabelle Mauriet en ao&ucirc;t 1659 dans les actes concernant &laquo; la maison et couvent et appartenances des dites religieuses &raquo;, il l&#8217;a toujours fait, &eacute;crit-il, pour les religieuses; il n&#8217;a aucune pr&eacute;tention &laquo; en l&#8217;&eacute;tendue du dit emplacement en fond rente ou autrement &raquo;.<\/p>\n<p>Alexandre Landaz : le 21 ao&ucirc;t 1659, Alexandre Landaz, &laquo; &eacute;cuyer seigneur du Bignon conseiller du roy en ses conseils, lieutenant g&eacute;n&eacute;ral enquesteur et commissaire examinateur au siege presidial &raquo; de La Rochelle, c&egrave;de &agrave; Elizabeau (sic) Mauriet &laquo; sup&eacute;rieure des filles orphelines de Saint-Joseph &raquo; de cette ville une partie d&#8217;une cour rue Vieille Fontaine. Je rappelle que les maisons acquises par la communaut&eacute; en janvier 1665 jouxtent celle d&#8217;Alexandre Landaz, et celle de Pierre Mousnier. Enfin c&#8217;est lui, Landaz, qui est charg&eacute; en 1667 de l&#8217;enqu&ecirc;te sur le couvent. Mais il agit l&agrave; dans le cadre de ses fonctions.<\/p>\n<p>Pierre Mousnier : Procureur au si&egrave;ge pr&eacute;sidial de La Rochelle. Voisin du couvent.<\/p>\n<p>Jacques Mousnier : il est le fr&egrave;re de Pierre et il appara&icirc;t dans plusieurs actes li&eacute;s &agrave; la Nouvelle-France.<\/p>\n<p>Il est marchand et bourgeois de la ville de La Rochelle. Le 18 juin 1652, au nom de J&eacute;r&ocirc;me Le Royer de la Dauversi&egrave;re, il engage trois ouvriers pour Montr&eacute;al. Je rappelle que Le Royer de la Dauversi&egrave;re de La Fl&egrave;che est l&#8217;initiateur de Ville-Marie (Montr&eacute;al). Et je note que ces engagements ne sont pas relev&eacute;s par Gervais Carpin dans son ouvrage <i>Le r&eacute;seau du Canada<\/i>. En mai et juin 1659, c&#8217;est dans la maison de Jacques Mousnier que Jeanne Mance engage des serviteurs et ouvriers pour Ville-Marie (Montr&eacute;al). C&#8217;est &agrave; lui qu&#8217;elle emprunte l&#8217;argent n&eacute;cessaire pour le transport des engag&eacute;s, somme qu&#8217;elle remboursera en 1664. Elle loge chez lui. En juin Jacques Mousnier engage lui-m&ecirc;me des ouvriers pour Ville-Marie ou Qu&eacute;bec. <\/p>\n<p>Ce que je veux faire remarquer, c&#8217;est l&#8217;existence d&#8217;une sorte de petit r&eacute;seau li&eacute; &agrave; la Nouvelle-France. Un historien a parl&eacute; d&#8217;un r&eacute;seau de cette sorte autour de Jeanne Mance, r&eacute;seau fait tout &agrave; la fois de ramifications familiales : les cousins &eacute;v&ecirc;ques de Laval, les Mousnier; de fid&eacute;lit&eacute;s politiques, ici peut-&ecirc;tre des liens d&eacute;termin&eacute;s par la situation sociale : Papineau &agrave; la Monnaie, Landaz lieutenant du pr&eacute;sidial, les Mousnier l&#8217;un procureur, l&#8217;autre marchand; et d&#8217;entreprises d&eacute;votes : Mousnier, Le Royer de la Dauversi&egrave;re pour Ville-Marie, madame de l&#8217;Etang., Jeanne Mance&hellip;, les J&eacute;suites, les pr&ecirc;tres de l&#8217;Oratoire fond&eacute;s par Olier, cur&eacute; de Saint-Sulpice&hellip;<\/p>\n<p>Il m&#8217;a paru int&eacute;ressant de souligner ces &laquo; proximit&eacute;s &raquo;&hellip;<\/p>\n<p>Nous connaissons l&#8217;histoire du couvent : il est pris dans un r&eacute;seau de personnes et personnalit&eacute;s li&eacute;es de mani&egrave;re directe ou indirecte &agrave; l&#8217;aventure de la Nouvelle-France; en 1667 des Filles y sont log&eacute;es avant leur embarquement pour le Canada; elles ont &eacute;t&eacute; confi&eacute;es au couvent par les J&eacute;suites et les P&egrave;res de l&#8217;Oratoire. Mais nous n&#8217;avons pas de renseignements sur la pr&eacute;sence de Filles du Roy &agrave; un autre moment.<\/p>\n<p>C&#8217;est peu ? Peut-&ecirc;tre.<\/p>\n<p>Mais tout ce qui permet de mieux conna&icirc;tre l&#8217;histoire des Filles du Roy est utile.<\/p>\n<p><b>Sources<\/b><br \/>Archives d&eacute;partementales de Charente-Maritime, greffes Combaud, Demontreau, Michelon, Raffet.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le Couvent de la Providence de La Rochelle et les Filles du Roy Par Romain BelleauChercheur en g&eacute;n&eacute;alogie,membre associ&eacute; de la CFQLMC etmembre de la Soci&eacute;t&eacute; d&#8217;Histoire des Filles du Roy. 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