{"id":6508,"date":"2014-05-24T01:11:15","date_gmt":"2014-05-24T05:11:15","guid":{"rendered":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/lacorne-saint-luc-1711-1784-un-survivant\/"},"modified":"2024-05-14T17:06:56","modified_gmt":"2024-05-14T21:06:56","slug":"lacorne-saint-luc-1711-1784-un-survivant","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/lacorne-saint-luc-1711-1784-un-survivant\/","title":{"rendered":"Lacorne Saint-Luc (1711-1784), un survivant"},"content":{"rendered":"<h2 align=\"center\"><b>Lacorne Saint-Luc (1711-1784), un survivant<\/b><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h5>Par Marjolaine Saint-Pierre<\/h5>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<table style=\"margin-right: 10px; margin-bottom: 10px; width: 187px; float: left;\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-content\/uploads\/images\/stories\/bulletin38\/Lacorne-Saint-Luc.jpg\" alt=\"Lacorne Saint-Luc (1711-1784).\" title=\"Lacorne Saint-Luc (1711-1784).\" \/><\/p>\n<h6>Lacorne Saint-Luc, l&#8217;odyss&eacute;e d&#8217;un noble, 1711-1784<\/h6>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><b>Remarques liminaires<\/b><br \/>Montr&eacute;al, Pointe-&agrave;-Calli&egrave;re, samedi, le 1<sup>er<\/sup> mars 2014 : Pour la 106<sup>e<\/sup> conf&eacute;rence de sa s&eacute;rie &laquo; Les samedis de l&#8217;histoire &raquo;, la Soci&eacute;t&eacute; historique de Montr&eacute;al invite Marjolaine Saint-Pierre &agrave; pr&eacute;senter dans une conf&eacute;rence-diaporama le parcours &eacute;tonnant du h&eacute;ros de son dernier ouvrage intitul&eacute; <i>Lacorne Saint-Luc, l&#8217;odyss&eacute;e d&#8217;un noble, 1711-1784<\/i>, publi&eacute; chez Septentrion en 2013.<\/p>\n<p><i>Lacorne Saint-Luc (1711-1784), un survivant<\/i> est le titre de cette conf&eacute;rence, illustr&eacute;e par une centaine de photographies et de documents d&#8217;archives choisis par le photographe Lynn-Ernest Fournier, qui retrace les &eacute;tapes importantes dans la vie de l&#8217;officier du roi, chevalier de la croix de Saint-Louis et commer&ccedil;ant qui connut une des carri&egrave;res les plus &eacute;clatantes de la fin du R&eacute;gime fran&ccedil;ais et du d&eacute;but du R&eacute;gime anglais en Am&eacute;rique au milieu du XVIII<sup>e<\/sup> si&egrave;cle.<\/p>\n<p><b>Le service militaire, une affaire de famille<\/b><br \/>Les racines du Canadien Luc de Lacorne dit Saint-Luc sont dans le Massif central, au coeur m&ecirc;me de la France, et plus pr&eacute;cis&eacute;ment dans le paisible village de Chaptes, situ&eacute; &agrave; 22 kilom&egrave;tres au nord de la ville industrielle de Clermont-Ferrand, en Auvergne.<\/p>\n<p>Les de Lacorne &eacute;taient des nobles d&#8217;&eacute;p&eacute;e au service du roi de France depuis le XV<sup>e<\/sup> si&egrave;cle. C&#8217;est dans leur ch&acirc;teau de Chaptes, &agrave; l&#8217;automne de 1667, qu&#8217;est n&eacute; celui qui fonda la branche canadienne des Lacorne. Il s&#8217;agit de Jean-Louis de Lacorne de Chaptes, l&#8217;a&icirc;n&eacute; de la famille, qui choisit de s&#8217;engager dans le m&eacute;tier de ses illustres anc&ecirc;tres. En 1685, il d&eacute;barquait en Nouvelle-France avec une commission de sous-lieutenant. Dix ann&eacute;es plus tard, il prenait d&eacute;finitivement racine dans la colonie en &eacute;pousant la fille du premier seigneur de Contrecoeur, Marie P&eacute;caudy. Douze enfants na&icirc;tront de cette prestigieuse alliance.<\/p>\n<p>Luc est leur huiti&egrave;me enfant. Il serait n&eacute; &agrave; l&#8217;automne de 1711 dans le fief des Lacorne qui fut d&eacute;tach&eacute; de la seigneurie de Contrecoeur, cinq ans apr&egrave;s le mariage de Jean-Louis et de Marie P&eacute;caudy. C&#8217;est clair : Lacorne Saint-Luc &eacute;tait fait pour le service militaire. Cette profession convenait parfaitement &agrave; sa forte personnalit&eacute; et &agrave; sa robustesse physique et pouvait lui offrir les privil&egrave;ges qu&#8217;il souhaitait. C&#8217;est &agrave; l&#8217;&acirc;ge de quinze ans qu&#8217;il eut l&#8217;autorisation de rallier les rangs des compagnies franches de la Marine qui formaient alors l&#8217;arm&eacute;e r&eacute;guli&egrave;re de la colonie fran&ccedil;aise.<\/p>\n<p>Devenir soldat du roi en Nouvelle-France signifie que le jeune homme &eacute;tait en garnison dans les villes fortifi&eacute;es ou affect&eacute; dans les avant-postes pour prot&eacute;ger les nombreux forts et les fronti&egrave;res de la colonie, qu&#8217;il participait aux partis de guerre contre les Iroquois et aux raids contre les Anglais de la Nouvelle-Angleterre qui convoitaient les territoires fran&ccedil;ais.<\/p>\n<p>Ses services, sa bravoure et ses aptitudes furent reconnus pas ses sup&eacute;rieurs et le cadet Lacorne Saint-Luc fut promu enseigne en second &agrave; 24 ans, enseigne &agrave; pied &agrave; 31 ans, lieutenant &agrave; 37 ans et enfin capitaine &agrave; 44 ans. Il fut d&eacute;cor&eacute; de la prestigieuse croix de Saint-Louis, le 1er janvier 1759.<\/p>\n<p><b>Le commerce des fourrures<\/b><br \/>Comme plusieurs autres nobles de la Nouvelle-France, Lacorne Saint-Luc d&eacute;cida que la meilleure fa&ccedil;on de prosp&eacute;rer dans un pays qui pr&eacute;sentait tr&egrave;s peu d&#8217;options commerciales &eacute;tait d&#8217;augmenter son salaire annuel d&#8217;officier du roi par le commerce des fourrures. Il s&#8217;est alors fait marchand-&eacute;quipeur pour embaucher des coureurs des bois et pour faire la traite avec les Am&eacute;rindiens. &Agrave; partir de 1731 et jusqu&#8217;&agrave; la fin du R&eacute;gime fran&ccedil;ais, Lacorne Saint-Luc a sign&eacute; au-del&agrave; de 85 contrats d&#8217;engagement pour faire le n&eacute;goce, entre autres, &agrave; D&eacute;troit, &agrave; Michillimakinac, &agrave; Chagouamigon, etc. Aussi, de nombreuses quittances, obligations et procurations d&eacute;montrent qu&#8217;il pratiquait une activit&eacute; &eacute;conomique intense durant ces ann&eacute;es, mais que celle-ci ne remettait aucunement en cause sa carri&egrave;re militaire.<\/p>\n<p><b>Agent de liaison aupr&egrave;s des Indiens<\/b><br \/>L&#8217;administration coloniale comptait sur Lacorne Saint-Luc pour entretenir un pacte d&#8217;amiti&eacute; avec plusieurs nations am&eacute;rindiennes, pour les mener au front et combattre l&#8217;ennemi britannique. La longue fr&eacute;quentation avec ceux-ci lui a permis non seulement d&#8217;&eacute;tablir des contacts intimes et des affaires profitables, mais &eacute;galement d&#8217;apprendre leurs langues, soit le huron, l&#8217;iroquois, l&#8217;ab&eacute;naquis, l&#8217;algonquin et le mal&eacute;cite. Sa relation privil&eacute;gi&eacute;e avec les Autochtones lui vaudra le titre de &laquo; g&eacute;n&eacute;ral des Sauvages &raquo;.<\/p>\n<p>Durant la guerre de Sept Ans (1756-1763), Lacorne Saint-Luc &eacute;tait sur tous les fronts avec l&#8217;&eacute;lite des Canadiens et leurs alli&eacute;s indiens &agrave; faire la &laquo; petite guerre &raquo;. Cette forme de gu&eacute;rilla &eacute;tait efficace et d&eacute;stabilisait l&#8217;ennemi, tout en appuyant les manoeuvres des troupes d&#8217;assaut et de l&#8217;artillerie fran&ccedil;aise. Il n&#8217;a pas pris part au combat sur les plaines d&#8217;Abraham, le 13 septembre 1759, puisqu&#8217;il &eacute;tait en mission au lac Ontario et qu&#8217;il collaborait au plan de d&eacute;fense de la r&eacute;gion du lac Champlain. Toutefois, il fut bless&eacute; &agrave; la bataille de Sainte-Foy, l&#8217;ann&eacute;e suivante, et il fut t&eacute;moin de la capitulation de la Nouvelle-France sign&eacute;e &agrave; Montr&eacute;al, le 8 septembre 1760.<\/p>\n<p><b>Naufrage de l&#8217;<i>Auguste<\/i><\/b><br \/>Apr&egrave;s la conqu&ecirc;te de son pays par les Britanniques, Lacorne Saint-Luc dut envisager un exil forc&eacute; vers la France. Le 12 octobre 1761, il prenait place &agrave; bord du navire marchand l&#8217;<i>Auguste<\/i>, avec 120 autres passagers qu&#8217;il connaissait bien, confiant que ce d&eacute;racinement &eacute;tait temporaire et que Louis XV reprendrait sa colonie.<\/p>\n<p>En route, le vieux rafiot mal &eacute;quip&eacute; affronta plusieurs dangers, de forts courants et de nombreuses temp&ecirc;tes avant de terminer sa course pr&egrave;s des c&ocirc;tes accident&eacute;es, au nord de l&#8217;&icirc;le du Cap-Breton. L&#8217;<i>Auguste<\/i> fit naufrage, le 15 novembre 1761, sur les bancs de sable de la baie Aspy. Seuls sept passagers ont &eacute;chapp&eacute; &agrave; la mort. Lacorne Saint-Luc &eacute;tait de ce nombre.<\/p>\n<p>Il est difficile d&#8217;imaginer le chagrin du malheureux qui devait ensevelir les corps d&eacute;faits de ses parents, amis et compatriotes avant de reprendre sa destin&eacute;e en main. Lacorne Saint-Luc d&eacute;cida de rebrousser chemin et de marcher pour survivre, malgr&eacute; son affliction, l&#8217;&eacute;puisement, les privations et l&#8217;intensit&eacute; du froid hivernal. Le rescap&eacute; revint &agrave; Qu&eacute;bec, le 23 f&eacute;vrier 1762. Imaginez la surprise des autorit&eacute;s britanniques qui pensaient s&#8217;en &ecirc;tre d&eacute;barrass&eacute;!<\/p>\n<p><b>Refaire sa vie<\/b><br \/>En d&eacute;cidant de rester au pays, Lacorne Saint-Luc dut accepter de vivre dans une colonie anglaise, <i>the province of Quebec<\/i>, et de renoncer &agrave; sa carri&egrave;re militaire. Il r&eacute;ussit graduellement &agrave; s&#8217;adapter, &agrave; surmonter plusieurs difficult&eacute;s et &agrave; reprendre ses affaires commerciales en main, malgr&eacute; la d&eacute;valuation du papier monnaie, l&#8217;interdiction d&#8217;importer directement de France et la concurrence farouche des commer&ccedil;ants britanniques.<\/p>\n<p>Ce sont surtout les textiles et les v&ecirc;tements de luxe qui lui permettront de refaire sa fortune apr&egrave;s le changement de r&eacute;gime. De plus, il ach&egrave;tera plusieurs biens fonciers &agrave; Montr&eacute;al et dans ses environs et il pr&ecirc;tera couramment de l&#8217;argent &agrave; la mani&egrave;re de nos banquiers modernes.<\/p>\n<p>Le fait qu&#8217;il soit admis au premier Conseil l&eacute;gislatif, sous l&#8217;administration de Guy Carleton, ainsi qu&#8217;au deuxi&egrave;me Conseil sous Frederick Haldiman, prouve que Lacorne Saint-Luc restait un homme d&#8217;influence, m&ecirc;me durant sa vieillesse, et qu&#8217;il savait s&#8217;attirer les bonnes gr&acirc;ces de l&#8217;autorit&eacute; coloniale, comme au temps de la Nouvelle-France.<\/p>\n<p>Le survivant de la guerre de Sept Ans et du naufrage de l&#8217;<i>Auguste<\/i> est d&eacute;c&eacute;d&eacute; dans sa demeure de la rue Saint-Paul &agrave; Montr&eacute;al, le 1<sup>er<\/sup> octobre 1784, &agrave; l&#8217;&acirc;ge de 73 ans. Avec lui s&#8217;&eacute;teignait la branche canadienne des Lacorne de Chaptes.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lacorne Saint-Luc (1711-1784), un survivant &nbsp; Par Marjolaine Saint-Pierre &nbsp; Lacorne Saint-Luc, l&#8217;odyss&eacute;e d&#8217;un noble, 1711-1784 Remarques liminairesMontr&eacute;al, Pointe-&agrave;-Calli&egrave;re, samedi, le 1er mars 2014 : Pour la 106e conf&eacute;rence de sa s&eacute;rie &laquo; Les samedis&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[51],"tags":[],"class_list":["post-6508","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-bulletin-n38-juin-2014"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6508","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6508"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6508\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7298,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6508\/revisions\/7298"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6508"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6508"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6508"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}