{"id":6509,"date":"2014-05-24T15:50:00","date_gmt":"2014-05-24T19:50:00","guid":{"rendered":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/les-ramezay-une-famille-noble-en-nouvelle-france\/"},"modified":"2024-05-14T17:06:56","modified_gmt":"2024-05-14T21:06:56","slug":"les-ramezay-une-famille-noble-en-nouvelle-france","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/les-ramezay-une-famille-noble-en-nouvelle-france\/","title":{"rendered":"Les Ramezay : une famille noble en Nouvelle-France"},"content":{"rendered":"<h2 align=\"center\"><b>Les Ramezay : une famille noble en Nouvelle-France<\/b><\/h2>\n<h5>Par Jo&euml;lle Th&eacute;rien<br \/>M.A. Histoire, Universit&eacute; du Qu&eacute;bec &agrave; Montr&eacute;al<\/h5>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<table style=\"margin-left: 10px; margin-bottom: 10px; width: 300px; float: right;\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-content\/uploads\/images\/stories\/bulletin38\/1998_1024h_72.jpg\" alt=\"Aquarelle pr&eacute;sum&eacute;e de Claude de Ramezay, n&deg; 1998.1024. Ch&acirc;teau Ramezay &ndash; Mus&eacute;e et site historique de Montr&eacute;al.\" title=\"Aquarelle pr&eacute;sum&eacute;e de Claude de Ramezay, n&deg; 1998.1024. Ch&acirc;teau Ramezay &ndash; Mus&eacute;e et site historique de Montr&eacute;al.\" \/><\/p>\n<h6>Aquarelle pr&eacute;sum&eacute;e de Claude de Ramezay, n&deg; 1998.1024<br \/><a href=\"http:\/\/www.chateauramezay.qc.ca\">&copy;Ch&acirc;teau Ramezay &ndash; Mus&eacute;e et site historique de Montr&eacute;al <\/a><br \/>Autorisation limit&eacute;e &agrave; Bulletin M&eacute;moires <i>vives<\/i>, n&deg; 38, juin 2014 <\/h6>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Issu de la noblesse fran&ccedil;aise, Claude de Ramezay (1657-1724) est arriv&eacute; au Canada en tant que lieutenant des troupes de la Marine en 1685. L&#8217;officier s&#8217;est tr&egrave;s bien adapt&eacute; &agrave; la soci&eacute;t&eacute; coloniale puisqu&#8217;il a &eacute;t&eacute; en mesure de gravir les &eacute;chelons militaires et sociaux. Entre 1690 et 1699, il est gouverneur de Trois-Rivi&egrave;res et il &eacute;pouse, en 1690, Charlotte Denis (1668-1742), une noble canadienne. Le couple et leurs enfants d&eacute;m&eacute;nagent &agrave; Qu&eacute;bec en 1699 lorsque Ramezay obtient le poste de commandant des troupes de la Marine. En 1704, il est nomm&eacute; gouverneur de Montr&eacute;al, poste qu&#8217;il occupe jusqu&#8217;&agrave; sa mort. Parall&egrave;lement &agrave; ses activit&eacute;s militaires, Claude de Ramezay, comme plusieurs nobles canadiens, s&#8217;implique dans des activit&eacute;s &eacute;conomiques afin d&#8217;acqu&eacute;rir un revenu d&#8217;appoint. Notamment, il est propri&eacute;taire des seigneuries de Ramezay, Monnoir et Sorel et s&#8217;implique dans le commerce du bois avec sa scierie &agrave; Chambly.<\/p>\n<p>De la mortalit&eacute; infantile aux occupations des nobles, l&#8217;&eacute;tude de la famille Ramezay illustre plusieurs r&eacute;alit&eacute;s de la noblesse canadienne sous le R&eacute;gime fran&ccedil;ais. En ce sens, l&#8217;analyse du&nbsp; parcours des enfants du gouverneur de Montr&eacute;al nous en apprend beaucoup sur le deuxi&egrave;me ordre.<\/p>\n<p><b>Survivre jusqu&#8217;&agrave; l&#8217;&acirc;ge adulte<\/b><br \/>De son mariage avec Claude de Ramezay, Charlotte Denis a mis au monde seize enfants dont cinq sont d&eacute;c&eacute;d&eacute;s avant l&#8217;&acirc;ge d&#8217;un an. Malheureusement, ce taux de mortalit&eacute; &eacute;lev&eacute; ne s&#8217;&eacute;carte gu&egrave;re de ce que l&#8217;on observe chez la classe nobiliaire. Effectivement, la mortalit&eacute; infantile chez les enfants nobles n&eacute;s au 17e si&egrave;cle est de 16,5%. Ce taux s&#8217;&eacute;l&egrave;ve &agrave; 33,1% entre 1700 et 1734 et, entre 1735 et 1765, il grimpe &agrave; 48%! La famille Ramezay refl&egrave;te donc fort bien la r&eacute;alit&eacute; de plusieurs familles nobles du R&eacute;gime fran&ccedil;ais d&#8217;o&ugrave; l&#8217;int&eacute;r&ecirc;t d&#8217;aborder la br&egrave;ve existence de ces nourrissons. <\/p>\n<p>Deuxi&egrave;me enfant du couple Ramezay-Denis, Catherine est n&eacute;e en 1692. Selon son acte de bapt&ecirc;me, elle est d&eacute;c&eacute;d&eacute;e dans les heures suivant sa naissance. Le troisi&egrave;me enfant du couple dont le nom est inconnu a &eacute;t&eacute; ondoy&eacute; en 1693 dans la paroisse de Batiscan. Il a peut-&ecirc;tre connu le m&ecirc;me sort que sa s&oelig;ur a&icirc;n&eacute;e ou il s&#8217;agit d&#8217;un enfant mort-n&eacute;. Deux autres enfants sont d&eacute;c&eacute;d&eacute;s avant d&#8217;avoir atteint deux mois et tout porte &agrave; croire qu&#8217;ils sont morts en nourrice. Effectivement, leur d&eacute;c&egrave;s a &eacute;t&eacute; enregistr&eacute; dans des paroisses o&ugrave; les nourrices sont nombreuses puisque Fran&ccedil;ois est d&eacute;c&eacute;d&eacute; en 1702 &agrave; Beauport et Fran&ccedil;oise-Ursule en 1704 &agrave; Charlesbourg. De plus, les intervalles entre les naissances des enfants (intervalles interg&eacute;n&eacute;siques) sugg&egrave;rent que Charlotte Denis n&#8217;a pas allait&eacute; ses enfants. Il faut dire qu&#8217;avoir recours aux services d&#8217;une nourrice &eacute;tait une pratique fr&eacute;quente chez l&#8217;&eacute;lite canadienne de la fin du 17<sup>e<\/sup> si&egrave;cle jusqu&#8217;au lendemain de la Conqu&ecirc;te. Cette pratique n&#8217;est pas sans cons&eacute;quence sur la mortalit&eacute; infantile puisqu&#8217;elle favorise les naissances rapproch&eacute;es qui mettent en p&eacute;ril la sant&eacute; de la m&egrave;re et du f&oelig;tus.&nbsp; Finalement, le dernier enfant du couple Ramezay-Denis, Marguerite-Louise, est d&eacute;c&eacute;d&eacute;e avant d&#8217;avoir atteint trois mois en 1711. Puisque son d&eacute;c&egrave;s est enregistr&eacute; dans la paroisse o&ugrave; r&eacute;sident ses parents, il n&#8217;est pas possible d&#8217;affirmer qu&#8217;elle a perdu la vie chez sa nourrice.<\/p>\n<p>Un autre enfant du couple Ramezay-Denis a p&eacute;ri avant d&#8217;avoir atteint l&#8217;&acirc;ge adulte. Il s&#8217;agit de Pierre-Timoth&eacute;e qui est d&eacute;c&eacute;d&eacute; en 1706 &agrave; l&#8217;H&ocirc;tel-Dieu de Qu&eacute;bec alors qu&#8217;il n&#8217;avait que sept&nbsp; ans. Par cons&eacute;quent, sur les seize enfants du couple, dix atteignent l&#8217;&acirc;ge adulte soit six filles et quatre gar&ccedil;ons. <\/p>\n<p><b>Des religieuses, des femmes mari&eacute;es et des c&eacute;libataires<\/b><br \/>Une carri&egrave;re dans une communaut&eacute; religieuse est une source de prestige puisque les fonctions importantes sont r&eacute;serv&eacute;es &agrave; l&#8217;&eacute;lite. Catherine (1696-1725) et Charlotte (1697-1767), les deux filles a&icirc;n&eacute;es de Claude de Ramezay sont entr&eacute;es en religion. La premi&egrave;re entre chez les Ursulines de Qu&eacute;bec et l&#8217;autre chez les Augustines de l&#8217;H&ocirc;pital-G&eacute;n&eacute;ral de Qu&eacute;bec. Elles ont toutes deux int&eacute;gr&eacute; des &eacute;tablissements populaires chez l&#8217;&eacute;lite et ce, au d&eacute;but de leur vingtaine. Il est fr&eacute;quent pour les nobles canadiennes d&#8217;effectuer leur profession de foi dans la fleur de l&#8217;&acirc;ge. Cette strat&eacute;gie leur permet d&#8217;acqu&eacute;rir l&#8217;anciennet&eacute; n&eacute;cessaire pour &ecirc;tre &eacute;lue &agrave; des fonctions prestigieuses. D&#8217;ailleurs, Charlotte a eu l&#8217;opportunit&eacute; d&#8217;acc&eacute;der &agrave; des charges importantes dont le poste de sup&eacute;rieure qu&#8217;elle occupe au moment de la Conqu&ecirc;te. <\/p>\n<p>Quant aux filles de Claude de Ramezay qui se sont mari&eacute;es, elles ont toutes deux &eacute;pous&eacute; des nobles canadiens avec une situation enviable. Ces alliances matrimoniales permettent aux Ramezay de demeurer dans le haut de la hi&eacute;rarchie sociale. Genevi&egrave;ve de Ramezay (1699-1769) se marie en 1721 avec Louis-Henri Deshamps de Boish&eacute;bert (1679-1736). Promu capitaine dans les troupes de la Marine en 1728, Boish&eacute;bert est aide-major de Qu&eacute;bec et seigneur de La Bouteillerie au moment de son mariage. &Eacute;lisabeth (1707-1780) &eacute;pouse Louis de Chaptes de La Corne (1696-1762) en 1744 alors capitaine dans les troupes de la Marine et nouvellement seigneur de Terrebonne. Ayant &eacute;pous&eacute; des hommes plus &acirc;g&eacute;s qu&#8217;elles, les deux s&oelig;urs se sont retrouv&eacute;es veuves comme c&#8217;&eacute;tait souvent le cas pour les nobles canadiennes. Apr&egrave;s la mort de leur &eacute;poux, elles se sont montr&eacute;es fort habiles lorsqu&#8217;elles ont pris en main la gestion du patrimoine familial et l&#8217;avenir de leurs enfants.<\/p>\n<p>Si les deux filles Ramezay qui ont pris mari semblent avoir plusieurs points en commun, celles qui sont demeur&eacute;es c&eacute;libataires ont certainement un temp&eacute;rament fort diff&eacute;rent. Louise (1705-1776) est connue pour avoir men&eacute; de front plusieurs activit&eacute;s &eacute;conomiques tandis que sa s&oelig;ur a&icirc;n&eacute;e Ang&eacute;lique (1701-1749) ne semble pas avoir partag&eacute; cet int&eacute;r&ecirc;t pour les affaires puisqu&#8217;elle a laiss&eacute; peu de traces dans les archives. Pourtant, les soeurs ont toutes deux &eacute;t&eacute; initi&eacute;es &agrave; la gestion du patrimoine familial par leur m&egrave;re dans les ann&eacute;es qui suivent le d&eacute;c&egrave;s de Claude de Ramezay. Or, c&#8217;est Louise qui prend en main la gestion des trois seigneuries de la famille de m&ecirc;me que la scierie de Chambly dont les profits sont divis&eacute;s entre les h&eacute;ritiers. Elle m&egrave;ne aussi des activit&eacute;s &eacute;conomiques &agrave; titre personnel puisqu&#8217;elle poss&egrave;de deux scieries et une tannerie. Qui plus est, elle est l&#8217;une des rares femmes &agrave; s&#8217;&ecirc;tre fait conc&eacute;der deux seigneuries. <\/p>\n<p><b>Des officiers militaires au service du roi <\/b><br \/>Quant aux quatre fils de Claude de Ramezay, ils ont tous int&eacute;gr&eacute; les troupes de la Marine en tant qu&#8217;enseigne avant d&#8217;avoir atteint dix-huit ans. Les postes d&#8217;officiers sont tr&egrave;s recherch&eacute;s par la noblesse canadienne puisqu&#8217;ils permettent aux nobles d&#8217;avoir un revenu de base tout en b&eacute;n&eacute;ficiant du prestige de servir le roi. <\/p>\n<p>L&#8217;a&icirc;n&eacute;, Claude de Ramezay fils (1691-1711), a &eacute;t&eacute; envoy&eacute; &agrave; Rochefort en tant que garde-marine en 1707. Sous le R&eacute;gime fran&ccedil;ais, cette pratique permet &agrave; quelques privil&eacute;gi&eacute;s de gravir plus rapidement les &eacute;chelons militaires. Malheureusement pour les Ramezay, Claude est d&eacute;c&eacute;d&eacute; en 1710 &agrave; Rio de Janerio alors qu&#8217;il &eacute;tait sous les ordres de Jean-Fran&ccedil;ois Duclerc lors d&#8217;une exp&eacute;dition qui s&#8217;inscrit dans le cadre de la guerre de Sucession d&#8217;Espagne. Ce conflit ouvre la voie aux corsaires fran&ccedil;ais pour attaquer les colonies ennemies de la France dont le Br&eacute;sil alors sous domination portugaise. <\/p>\n<p>Un autre fils de la famille Ramezay perd &eacute;galement la vie au combat. Il s&#8217;agit de Louis (1694-1717) qui, en 1712, a &eacute;t&eacute; promu lieutenant dans les troupes de la Marine. C&#8217;est en cette qualit&eacute; et gr&acirc;ce &agrave; sa ma&icirc;trise des langues am&eacute;rindiennes qu&#8217;il participe &agrave; une exp&eacute;dition contre les Renards (une nation am&eacute;rindienne ennemie des Fran&ccedil;ais install&eacute;e &agrave; l&#8217;ouest du lac Michigan). Son p&egrave;re est alors gouverneur de la colonie par int&eacute;rim durant le s&eacute;jour en France de Vaudreuil. Louis avait pour mission de mobiliser trois nations alli&eacute;es (les Miamis, les Ouyatanons et les Illinois) en vue d&#8217;une exp&eacute;dition d&#8217;envergure devant compter pr&egrave;s de mille hommes. Or, les Am&eacute;rindiens &eacute;tant victimes de la rougeole sont peu enclins &agrave; fournir des combattants. Malgr&eacute; tout, le jeune officier est au point de rendez-vous avec quelques Am&eacute;rindiens, mais le reste des effectifs n&#8217;a jamais quitt&eacute; Michilimakinak &agrave; cause d&#8217;un probl&egrave;me de ravitaillement. Louis se retire donc &agrave; la mission j&eacute;suite de Kaskaskia situ&eacute;e au sud du lac Michigan pour passer l&#8217;hiver avec d&#8217;autres Fran&ccedil;ais. Par la suite, plusieurs rumeurs circulent concernant la disparition de Louis et de ses hommes. C&#8217;est le r&eacute;cit d&#8217;un j&eacute;suite qui donne l&#8217;heure juste sur les circonstances entourant la mort du jeune officier. Ce dernier et ses hommes auraient &eacute;t&eacute; attaqu&eacute;s par un parti de Cherokees alors qu&#8217;ils &eacute;taient en route vers le fort D&eacute;troit. Le j&eacute;suite ne pr&eacute;cise pas la date de cette escarmouche qui a probablement eu lieu au printemps 1716.<\/p>\n<p>Tout comme ses fr&egrave;res ain&eacute;s Charles-Hector (1695-1725) &eacute;tait destin&eacute; &agrave; mener une brillante carri&egrave;re militaire. Entre 1711 et 1714, il effectue un s&eacute;jour en France lors duquel il est pr&eacute;sent&eacute; au ministre de la Marine et o&ugrave; il a la chance d&#8217;acqu&eacute;rir une formation militaire en tant que cadet chez les mousquetaires. En 1719, il s&#8217;embarque de nouveau pour la France. Cette fois-ci, il&nbsp; accompagne son p&egrave;re qui l&#8217;initie possiblement &agrave; ses activit&eacute;s &eacute;conomiques. Tout porte &agrave; croire que Charles-Hector &eacute;tait destin&eacute; &agrave; faire fructifier le patrimoine familial. Malheureusement, il p&eacute;rit dans un naufrage un an apr&egrave;s la mort de son p&egrave;re dans un navire qui devait le mener en France pour lui permettre de recruter des travailleurs et de l&#8217;&eacute;quipement. <\/p>\n<p>Contrairement &agrave; ses fr&egrave;res a&icirc;n&eacute;s, Jean-Baptiste-Nicolas-Roch (1708-1777) a eu la chance de vivre suffisamment longtemps pour mener une carri&egrave;re forte en rebondissement. Effectivement, le cadet est principalement connu pour avoir sign&eacute; la capitulation de la ville de Qu&eacute;bec le 17 septembre 1759 lors de la guerre de Conqu&ecirc;te. Par la suite, il est contraint de s&#8217;exiler en France et il ne reviendra jamais dans la colonie. Auparavant, il avait particip&eacute; &agrave; plusieurs exp&eacute;ditions militaires dont la campagne d&#8217;Acadie en 1746 de laquelle il ressort victorieux. De son mariage avec Louise Godefroy de Tonnancour, un seul de leurs enfants, une fille, atteint l&#8217;&acirc;ge adulte ce qui met fin au patronyme &laquo; Ramezay &raquo;.<\/p>\n<p>L&#8217;&eacute;tude de cette famille noble a r&eacute;v&eacute;l&eacute; qu&#8217;il est int&eacute;ressant d&#8217;analyser les parcours des enfants d&#8217;un couple puisque les destins des fr&egrave;res et des s&oelig;urs sont li&eacute;s les uns aux autres. D&#8217;une part, lorsque l&#8217;un de ses fils obtient une promotion au sein des troupes de la Marine, Claude de Ramezay sollicite imm&eacute;diatement le poste laiss&eacute; vacant pour son cadet. Par exemple, lorsque Claude fils quitte la colonie pour Rochefort, c&#8217;est Louis qui reprend son poste d&#8217;enseigne. Cette strat&eacute;gie r&eacute;v&egrave;le que les parents ont &agrave; c&oelig;ur de favoriser l&#8217;avenir de l&#8217;ensemble des fils. Quant aux filles, Ramezay a certainement pay&eacute; une dot &eacute;lev&eacute;e pour envoyer Catherine et Charlotte dans des communaut&eacute;s prestigieuses. Le fait qu&#8217;elles fr&eacute;quentent des &eacute;tablissements diff&eacute;rents n&#8217;est pas anodin puisque cette strat&eacute;gie permet &agrave; des s&oelig;urs d&#8217;occuper des charges importantes sans se concurrencer. Or, l&#8217;a&icirc;n&eacute;e, Catherine, meurt avant d&#8217;avoir eu la chance d&#8217;acc&eacute;der &agrave; de telles charges. Les deux filles qui se sont mari&eacute;es ont, elles aussi, une position enviable puisqu&#8217;elles ont contract&eacute; des alliances fort int&eacute;ressantes en &eacute;pousant des officiers militaires issus de la noblesse canadienne. Quant &agrave; Louise et Ang&eacute;lique, leur statut de c&eacute;libataire a permis d&#8217;&eacute;viter un morcellement du patrimoine familial. D&#8217;ailleurs, durant le R&eacute;gime fran&ccedil;ais, un tiers des femmes nobles demeurent c&eacute;libataires. Finalement, il ne faudrait pas passer sous silence qu&#8217;apr&egrave;s la mort de Claude de Ramezay, sa veuve confie progressivement la gestion du patrimoine familial &agrave; Louise. Son fr&egrave;re Roch &eacute;tant trop accapar&eacute; par ses charges militaires et ses autres fr&egrave;res &eacute;tant d&eacute;c&eacute;d&eacute;s, la cadette de la famille est l&#8217;une des rares femmes de cette &eacute;poque &agrave; avoir profit&eacute; d&#8217;une telle opportunit&eacute;!<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les Ramezay : une famille noble en Nouvelle-France Par Jo&euml;lle Th&eacute;rienM.A. Histoire, Universit&eacute; du Qu&eacute;bec &agrave; Montr&eacute;al &nbsp; Aquarelle pr&eacute;sum&eacute;e de Claude de Ramezay, n&deg; 1998.1024&copy;Ch&acirc;teau Ramezay &ndash; Mus&eacute;e et site historique de Montr&eacute;al Autorisation&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[51],"tags":[],"class_list":["post-6509","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-bulletin-n38-juin-2014"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6509","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6509"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6509\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7299,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6509\/revisions\/7299"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6509"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6509"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6509"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}