{"id":6562,"date":"2008-12-17T01:53:07","date_gmt":"2008-12-17T06:53:07","guid":{"rendered":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/ou-sen-va-notre-memoire-en-marge-de-la-publication-des-actes-du-colloque-de-poitiers-la-rochelle-sur-les-memoires-de-nouvelle-france\/"},"modified":"2024-05-14T17:07:00","modified_gmt":"2024-05-14T21:07:00","slug":"ou-sen-va-notre-memoire-en-marge-de-la-publication-des-actes-du-colloque-de-poitiers-la-rochelle-sur-les-memoires-de-nouvelle-france","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/ou-sen-va-notre-memoire-en-marge-de-la-publication-des-actes-du-colloque-de-poitiers-la-rochelle-sur-les-memoires-de-nouvelle-france\/","title":{"rendered":"O\u00f9 s&#8217;en va notre m\u00e9moire ? En marge de la publication des actes du colloque de Poitiers-La Rochelle sur les M\u00e9moires de Nouvelle-France"},"content":{"rendered":"<h2 align=\"center\">O&ugrave; s&rsquo;en va notre m&eacute;moire commune?<br \/>En marge de la publication des actes du colloque <br \/>de Poitiers-La Rochelle<br \/>sur les <em>M&eacute;moires de Nouvelle-France<\/em><\/h2>\n<p><strong>Un rappel de la m&eacute;moire commune<\/strong><\/p>\n<p>En 2001, la Commission franco-qu&eacute;b&eacute;coise sur les lieux de m&eacute;moire communs (CFQLMC), sections fran&ccedil;aise et qu&eacute;b&eacute;coise, organise en Poitou-Charentes un colloque sur la m&eacute;moire que Fran&ccedil;ais et Qu&eacute;b&eacute;cois partagent. Tour &agrave; tour, y sont pr&eacute;sent&eacute;es, pour la p&eacute;riode de la Nouvelle-France, des &eacute;tudes et des activit&eacute;s d&rsquo;inventaires et d&rsquo;expositions qui rappellent notre h&eacute;ritage commun.<\/p>\n<p>Philippe Joutard, Thomas Wien, comme directeurs et Didier Poton, &agrave; titre de collaborateur, ont droit aujourd&rsquo;hui &agrave; toute notre reconnaissance pour la publication en 2005 des actes de ce colloque sous le titre <em>M&eacute;moires de Nouvelle-France<\/em>. <em>De France en Nouvelle-France<\/em>. Ils ont r&eacute;ussi &agrave; surmonter des difficult&eacute;s d&rsquo;ordre financier pour trouver finalement &eacute;diteur en la maison des Presses universitaires de Rennes. De plus, ils permettent la mise &agrave; la disposition du public d&rsquo;un ouvrage de marque : pr&egrave;s de 400 pages, 34 articles, plus de 33 auteurs.<\/p>\n<p>La publication d&eacute;bute en pr&eacute;sentant la responsabilit&eacute; de la CFQLMC dans l&rsquo;organisation et la tenue du colloque de m&ecirc;me que ses objectifs (Philippe Joutard, Marcel Masse, Henri R&eacute;thor&eacute;, Cl&eacute;ment Duhaime et Didier Poton). En conclusion, Jacques Mathieu et Thomas Wien d&eacute;gagent les grandes id&eacute;es de l&rsquo;ensemble des conf&eacute;rences aux pr&eacute;occupations diverses. Le corps principal de l&rsquo;ouvrage comprend quatre grandes parties : les migrants au point de d&eacute;part, les migrants au point d&rsquo;arriv&eacute;e, les traits culturels de la nouvelle soci&eacute;t&eacute; en formation constitu&eacute;s d&rsquo;emprunts et d&rsquo;adaptations, enfin une annexe renfermant des communications sur des activit&eacute;s d&rsquo;expositions et d&rsquo;inventaires de m&ecirc;me que sur l&rsquo;&eacute;migration hispanique vers le Nouveau-Monde.<\/p>\n<p><strong>De l&rsquo;int&eacute;rieur de l&rsquo;Hexagone aux quais d&rsquo;embarquement<\/strong><\/p>\n<p>La premi&egrave;re partie fait le point sur le bilan quantitatif le plus r&eacute;cent des d&eacute;placements vers le premier empire colonial fran&ccedil;ais (Leslie Choquette, Yves Landry).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<table border=\"0\" style=\"margin-right: 10px; margin-bottom: 10px; width: 300px; float: left;\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-content\/uploads\/images\/stories\/bulletin20\/memoires1.jpg\" alt=\"m&eacute;moires\" title=\"m&eacute;moires\" \/><\/p>\n<h6>La rochelle &#8211; quai Duperr&eacute;<\/h6>\n<h6><a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=1501:ou-s-en-va-notre-memoire-en-marge-de-la-publication-des-actes-du-colloque-de-poitiers-la-rochelle-sur-les-memoires-de-nouvelle-france&amp;Itemid=310#cre\">Cr&eacute;dit<\/a><\/h6>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Elle multiplie les angles d&rsquo;observation et les pr&eacute;sente en tenant compte des derni&egrave;res d&eacute;couvertes. L&rsquo;&Eacute;tat intervient sur plusieurs plans : il oblige les armateurs &agrave; transporter des engag&eacute;s pour 36 mois; il supporte les &laquo; Filles du Roy &raquo; destin&eacute;es &agrave; r&eacute;tablir l&rsquo;&eacute;quilibre des sexes dans la colonie; il recrute et envoie des soldats pour la d&eacute;fendre. Les migrants eux-m&ecirc;mes demeurent des acteurs importants. Loin d&rsquo;&ecirc;tre tous des pauvres et des paysans exclus de la terre paternelle par la force des choses (Claire Lambert), en majorit&eacute; d&rsquo;origine urbaine, ils peuvent &ecirc;tre en qu&ecirc;te d&rsquo;un lieu pour exercer un m&eacute;tier ou &ecirc;tre attir&eacute;s par le d&eacute;sir d&rsquo;am&eacute;liorer leur existence. Inform&eacute;s et support&eacute;s pour la travers&eacute;e et l&rsquo;&eacute;tablissement en Am&eacute;rique par un parent y ayant d&eacute;j&agrave; &eacute;migr&eacute;, ils n&rsquo;h&eacute;sitent pas &agrave; se d&eacute;placer sur le continent de ville en ville, devenues autant de relais, et &agrave; prolonger leur mobilit&eacute; Outre-Atlantique, au-del&agrave; des ports d&rsquo;embarquement (Jean-Pierre Poussou, Christian Huetz de Lemps). Les r&eacute;seaux &agrave; caract&egrave;re &eacute;conomique ne sont pas sans faire sentir leur influence : financiers et n&eacute;gociants m&eacute;tropolitains supportent financi&egrave;rement les armateurs et les marchands coloniaux, bien au-del&agrave; des appartenances religieuses, catholique ou protestante (Micha&euml;l Augeron et Didier Poton). Les r&eacute;seaux religieux sont loin d&rsquo;&ecirc;tre absents : ils forment les futurs missionnaires et assurent leur soutien une fois sur place dans la colonie; ils accompagnent leurs efforts d&rsquo;une publicit&eacute; soutenue comme les Relations, et par l&rsquo;acquisition de biens mat&eacute;riels pour soutenir leur &oelig;uvre pastorale, &eacute;ducative et d&rsquo;assistance sociale (Gilbert Pilleul).<\/p>\n<p>Les migrations sont &eacute;galement envisag&eacute;es selon une approche comparative (Bertrand Van Ruymbeke), dans le cadre du premier empire colonial fran&ccedil;ais (Christian Huetz de Lemps), de m&ecirc;me que sous leur aspect temporaire ou d&eacute;finitif (Robert Larin). Les Fran&ccedil;ais se sont dirig&eacute;s en plus grand nombre que les Britanniques vers les Antilles, &agrave; l&rsquo;inverse de ces derniers qui ont choisi le territoire des treize colonies, au climat plus cl&eacute;ment que celui de la vall&eacute;e du Saint-Laurent. M&ecirc;me si les couronnes britannique et fran&ccedil;aise n&rsquo;ont pas favoris&eacute; le d&eacute;part de dissidents en Am&eacute;rique, ces derniers sont tol&eacute;r&eacute;s au sud en raison de leur capacit&eacute; d&rsquo;adaptation &agrave; la religion anglicane et de l&rsquo;attitude ouverte, pour ne pas dire proactive, des propri&eacute;taires de plantations. Une fois sur place, les Fran&ccedil;ais sont loin de s&rsquo;&ecirc;tre tous &eacute;tablis et enracin&eacute;s. Un grand nombre de migrants, parmi les administrateurs coloniaux, les engag&eacute;s pour 36 mois et les soldats, sont retourn&eacute;s en France. &Agrave; l&rsquo;inverse, les &eacute;migrants britanniques ont peu regagn&eacute; la m&eacute;tropole. Bref, un ensemble de constats expliquant la situation minoritaire des Fran&ccedil;ais en Am&eacute;rique du Nord. &Agrave; la toute fin du volume en annexe, un texte de Thomas Calvo poursuit un questionnement de Thomas Wien (en conclusion) sur l&rsquo;impact n&eacute;gatif que pouvaient avoir les co&ucirc;ts de la travers&eacute;e sur des navires remplis &agrave; pleine capacit&eacute; de marchandises destin&eacute;es au Nouveau-Monde.<\/p>\n<p><strong>Le v&eacute;cu dans la colonie, un nouveau questionnement, des mythes<\/strong><\/p>\n<p>La seconde partie de l&rsquo;ouvrage jette un regard novateur et comparatif sur le parcours des Fran&ccedil;ais, cette fois en Am&eacute;rique du Nord. Avec le support d&rsquo;un parent, les migrants trouvent plus facilement terre et &eacute;pouse; ils deviennent des immigrants, ils s&rsquo;&eacute;tablissent et s&rsquo;enracinent sur la terre paternelle pour un grand nombre d&rsquo;entre eux; une coh&eacute;sion sociale na&icirc;t, facilit&eacute;e par la communaut&eacute; environnante (Jacques Mathieu). Pour d&rsquo;autres, l&rsquo;&eacute;tablissement ne met pas fin &agrave; la migration. Celle-ci peut rev&ecirc;tir deux formes, mais de courte distance l&rsquo;une et l&rsquo;autre : soit que le chef de famille quitte avec toute la maisonn&eacute;e pour prendre une terre dans l&rsquo;arri&egrave;re-pays, suffisamment grande cette fois pour &eacute;tablir tous les gar&ccedil;ons, soit qu&rsquo;il laisse &agrave; un de ses fils le vieux bien, qui ne peut &ecirc;tre subdivis&eacute; davantage, et aille construire un nouveau patrimoine sur le front pionnier, probablement le dernier qu&rsquo;il occupera jusqu&rsquo;&agrave; son d&eacute;c&egrave;s (Alain Laberge). D&rsquo;autres enfin, une minorit&eacute;, n&rsquo;h&eacute;siteront pas &agrave; se d&eacute;placer sur des espaces aux horizons illimit&eacute;s, jusque dans la r&eacute;gion des Grands Lacs, pour compenser le d&eacute;s&eacute;quilibre des sexes et faire fortune dans le commerce des fourrures; sur place, ils trouveront &eacute;pouse dans les communaut&eacute;s am&eacute;rindiennes et s&rsquo;adapteront &agrave; leurs coutumes (Gilles Havard). &Agrave; la diff&eacute;rence des habitants des autres possessions fran&ccedil;aises, Antilles, Guyane, Louisiane et vall&eacute;e du Mississippi, ceux de la vall&eacute;e du Saint-Laurent n&rsquo;auront pas besoin d&rsquo;int&eacute;grer une main-d&rsquo;&oelig;uvre esclave pour s&rsquo;adonner &agrave; l&rsquo;agriculture, leur activit&eacute; principale au 18<sup>e<\/sup> si&egrave;cle; leur recours aux esclaves noirs ne d&eacute;passe pas l&rsquo;univers de la famille (Allan Greer).<\/p>\n<p>Cette m&ecirc;me partie nous met en garde contre des d&eacute;formations de la r&eacute;alit&eacute; par des contemporains; certaines d&rsquo;entre elles ont &eacute;t&eacute; reprises par la suite par les historiens. D&rsquo;abord le mythe du coureur de bois (Thomas Wien), une r&eacute;alit&eacute; au 17<sup>e<\/sup> si&egrave;cle qui devient marginale au si&egrave;cle suivant. Par crainte de perdre &eacute;ventuellement le contr&ocirc;le sur les zones p&eacute;riph&eacute;riques de l&rsquo;empire fran&ccedil;ais, administrateurs coloniaux et membres de l&rsquo;&Eacute;glise missionnaire perp&eacute;tuent l&rsquo;image du coureur de bois, cet aventurier des grands espaces aux m&oelig;urs d&eacute;r&eacute;gl&eacute;es faisant trop facilement fi des prescriptions de la moralit&eacute; (voir aussi le texte de Gilbert Pilleul); en cela, ils agissent par sentiment d&rsquo;ins&eacute;curit&eacute; non fond&eacute; sur la r&eacute;alit&eacute;, un peu comme les propri&eacute;taires des plantations du Sud l&rsquo;ont fait en pr&ocirc;nant la sup&eacute;riorit&eacute; des blancs, sous la menace que constituait l&rsquo;augmentation d&rsquo;une population noire tenue en esclavage. De son c&ocirc;t&eacute;, Catherine Desbarats met en garde contre une vision d&rsquo;un &Eacute;tat peu int&eacute;ress&eacute; &agrave; sa colonie et dont les fondements sont loin d&rsquo;&ecirc;tre d&eacute;montr&eacute;s. Les &eacute;tudes sont trop souvent restreintes &agrave; des groupes particuliers, par exemple les intendants &agrave; l&rsquo;exclusion des commissaires-ordonnateurs. R&eacute;alis&eacute;es sans toujours tenir compte de l&rsquo;ensemble des contextes g&eacute;ographique, juridique, &eacute;conomique et culturel, elles pourraient &ecirc;tre reprises sur une plus grande &eacute;chelle,<\/p>\n<table border=\"0\" style=\"margin-top: 10px; margin-left: 10px; margin-bottom: 10px; width: 250px; float: right;\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-content\/uploads\/images\/stories\/bulletin20\/memoires2.gif\" alt=\"M&eacute;moires\" title=\"M&eacute;moires\" \/><\/p>\n<h6>Batiscan (Qu&eacute;bec, Canada)<\/h6>\n<h6><a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=1501:ou-s-en-va-notre-memoire-en-marge-de-la-publication-des-actes-du-colloque-de-poitiers-la-rochelle-sur-les-memoires-de-nouvelle-france&amp;Itemid=310#cre\">Cr&eacute;dit photo<\/a><\/h6>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>en tenant compte de tous les intervenants impliqu&eacute;s dans le d&eacute;veloppement de la Nouvelle-France, de la disponibilit&eacute; des ressources naturelles (par exemple l&rsquo;&eacute;loignement progressif des sources d&rsquo;approvisionnement en bois pour la construction des navires), des finances de l&rsquo;&Eacute;tat et de la n&eacute;cessit&eacute; par celui-ci de faire accepter ses politiques par les administr&eacute;s. Enfin, Christophe Horguelin revoit l&rsquo;&eacute;veil des paysans &agrave; une identit&eacute; canadienne. Le terme Canadien n&rsquo;est pas d&rsquo;usage courant avant la Conqu&ecirc;te. Les administrateurs coloniaux l&rsquo;emploient &agrave; l&rsquo;occasion dans leurs rapports destin&eacute;s &agrave; la cour, mais il ne sort pas des fili&egrave;res administratives. &Agrave; l&rsquo;&eacute;poque, l&rsquo;habitant se d&eacute;finit comme colon au sens de r&eacute;sidant d&rsquo;une colonie, d&rsquo;une province de France un peu particuli&egrave;re o&ugrave; il n&rsquo;y a pas d&rsquo;imp&ocirc;t direct; ou encore comme habitant au sens d&rsquo;habitu&eacute; au pays ou propri&eacute;taire-exploitant par opposition au paysan fran&ccedil;ais. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;apr&egrave;s 1763, que le terme <em>Canadien<\/em> devient d&rsquo;usage courant, propag&eacute; par l&rsquo;ancienne noblesse coloniale &agrave; la recherche d&rsquo;emplois aupr&egrave;s du nouveau gouvernement de mani&egrave;re &agrave; &eacute;chapper &agrave; la cat&eacute;gorisation &laquo;anciens et nouveaux sujets &raquo; et &agrave; &eacute;viter de passer pour un peu moins que <em>British<\/em>.<\/p>\n<p><strong>La religion, l&rsquo;imprim&eacute;, la langue et l&rsquo;histoire des femmes<\/strong><\/p>\n<p>La troisi&egrave;me partie nous introduit &agrave; l&rsquo;h&eacute;ritage religieux et culturel apport&eacute; dans les bagages des migrants, mais par le biais d&rsquo;une combinaison souvent in&eacute;dite d&rsquo;&eacute;l&eacute;ments qui nous sont plus ou moins familiers. Les principaux agents qui ont contribu&eacute; &agrave; la propagation de la foi catholique nous sont bien connus, ordres religieux r&eacute;guliers et s&eacute;culiers, fondateurs et fondatrices, premiers &eacute;v&ecirc;ques. Cette fois, les ordres missionnaires sont replac&eacute;s dans le contexte pr&eacute;valant en France, soit un mouvement de christianisation interne selon les id&eacute;aux rigoureux du concile de Trente, dont ils se font les promoteurs dans la colonie. Ils exercent d&rsquo;abord leur apostolat aupr&egrave;s des Am&eacute;rindiens, dans leur territoire de chasse et par la suite dans des r&eacute;serves destin&eacute;es &agrave; les s&eacute;dentariser. &Agrave; la suite de l&rsquo;&eacute;chec de l&rsquo;entreprise, ils dirigent vers les colons fran&ccedil;ais leurs ressources spirituelles et mat&eacute;rielles, les secondes servant de support aux premi&egrave;res (Dominique Deslandres). Les fondatrices sont pr&eacute;sent&eacute;es dans une perspective f&eacute;ministe, des femmes d&rsquo;&eacute;nergie et de convictions qui ne craignent pas d&rsquo;arracher aux &laquo; hommes &raquo; leur part de libert&eacute; et de s&rsquo;affirmer face &agrave; eux. L&rsquo;&eacute;ducation occupe une grande place dans l&rsquo;entreprise d&rsquo;&eacute;vang&eacute;lisation : J&eacute;suites et pasteurs dioc&eacute;sains s&rsquo;appuient sur des institutions d&rsquo;enseignement qui nous sont bien connues, le Coll&egrave;ge des J&eacute;suites et le S&eacute;minaire de Qu&eacute;bec. Par contre, fait &agrave; signaler, Mgr de Laval fait de cette institution un seul presbyt&egrave;re au sein d&rsquo;une grande paroisse unique, rassemblant tous les cur&eacute;s, concentrant et distribuant les ressources destin&eacute;es &agrave; les supporter. &Agrave; l&rsquo;inverse, son successeur, Mgr de Saint-Vallier, privil&eacute;gie une relation plus directe avec les cur&eacute;s, sans passer par l&rsquo;interm&eacute;diaire que constitue le S&eacute;minaire; il entreprend la multiplication des paroisses (Brigitte Caulier).<\/p>\n<p>Tout au long de la p&eacute;riode de la Nouvelle-France, l&rsquo;&Eacute;glise exerce une grande influence. C&rsquo;est par son interm&eacute;diaire que les id&eacute;es nouvelles p&eacute;n&egrave;trent, mais bien timidement. Les th&eacute;ories de Descartes sont mentionn&eacute;es par des professeurs du S&eacute;minaire de Qu&eacute;bec, mais les notes de cours r&eacute;v&egrave;lent que les mentions se limitent &agrave; des r&eacute;f&eacute;rences critiques ou allusives (Jean-Fran&ccedil;ois de Raymond). L&rsquo;absence d&rsquo;imprimerie et de librairie sp&eacute;cialis&eacute;e en Nouvelle-France n&rsquo;emp&ecirc;che pas la consultation des livres comme le r&eacute;v&egrave;lent les inventaires apr&egrave;s d&eacute;c&egrave;s. Toutefois, le clerg&eacute; joue encore un grand r&ocirc;le dans leur circulation; les th&egrave;mes en lien avec la religion et la pratique religieuse dominent (Fran&ccedil;ois M&eacute;lan&ccedil;on).<\/p>\n<p>La langue se r&eacute;v&egrave;le compagne de la foi. Les recherches r&eacute;alis&eacute;es jusqu&rsquo;&agrave; maintenant d&eacute;voilent les traits originaux du parler franco-qu&eacute;b&eacute;cois. Form&eacute; &agrave; partir de 1700, celui-ci emprunte, pour les aspects morphologique et syntaxique, aux parlers populaires des r&eacute;gions d&rsquo;o&ugrave; proviennent principalement nos anc&ecirc;tres, soit les r&eacute;gions parisienne, Normandie-Perche et Poitou-Charentes. Par contre, l&rsquo;usage graphophon&eacute;tique relev&eacute; dans les &eacute;crits d&rsquo;observateurs contemporains et de notaires natifs de la colonie ou &eacute;migr&eacute;s de France permet une constatation originale : le parler s&rsquo;aligne sur la norme parisienne pour la prononciation, une r&eacute;alit&eacute; qui pr&eacute;sente de l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t en regard du va-et-vient continuel de fonctionnaires, militaires, etc., entre la capitale, Paris, et la colonie (Marthe Faribault).<\/p>\n<p><strong>Des inventaires, des formes de rappel de la m&eacute;moire commune<\/strong><\/p>\n<p>En annexe sont ins&eacute;r&eacute;s les textes de communications et les interventions pr&eacute;sent&eacute;es en ateliers et en table ronde. Ils traitent d&rsquo;activit&eacute;s d&rsquo;inventaires, d&rsquo;expositions et de comm&eacute;moration destin&eacute;es &agrave; enrichir et &agrave; rappeler la m&eacute;moire franco-qu&eacute;b&eacute;coise. L&rsquo;inventaire des b&acirc;timents dans lesquels ont habit&eacute; les pionniers, des plaques et des monuments t&eacute;moignant de leur pr&eacute;sence en Poitou-Charentes (Georges Coste et Dominique Guillemet) constitue la premi&egrave;re &eacute;tape d&rsquo;un projet majeur poursuivi &agrave; l&rsquo;heure actuelle pour la Nouvelle-France (<a href=\"http:\/\/www.memoirenf.cieq.ulaval.ca\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/www.memoirenf.cieq.ulaval.ca\/<\/a> ). Quant aux objets mus&eacute;ologiques int&eacute;ressant &agrave; la fois la France et la Nouvelle-France, la pr&eacute;paration d&rsquo;un inventaire est &agrave; l&rsquo;&eacute;tat de projet. Yves Bergeron en pr&eacute;cise les deux grandes &eacute;tapes : le r&eacute;pertoire des institutions mus&eacute;ales et ensuite l&rsquo;acc&egrave;s aux catalogues des collections de ces mus&eacute;es. Les activit&eacute;s d&rsquo;expositions, accompagn&eacute;es d&rsquo;une mise en contexte appropri&eacute;e des objets pr&eacute;sent&eacute;s, peuvent faire beaucoup pour sensibiliser et, si n&eacute;cessaire, ranimer la m&eacute;moire d&rsquo;un grand public qui a souvent besoin de supports; les objets en soi n&rsquo;ont pas de m&eacute;moire, l&rsquo;&eacute;motion na&icirc;t de ce qui se d&eacute;gage d&rsquo;eux (Guy Martini&egrave;re, Michel Colardelle). Bien planifi&eacute;es, pr&eacute;par&eacute;es en collaboration avec les publics vis&eacute;s, elles peuvent rejoindre un vaste public. C&rsquo;est le cas de l&rsquo;exposition et de la comm&eacute;moration de la Grande Paix de 1701, qui ont rejoint un tr&egrave;s grand nombre de visiteurs, habitants des Premi&egrave;res Nations et Qu&eacute;b&eacute;cois, classes autochtones et montr&eacute;alaises jumel&eacute;es (Francine Leli&egrave;vre). Elles peuvent m&ecirc;me conduire &agrave; de nouvelles pistes de recherche sur l&rsquo;architecture urbaine de m&ecirc;me qu&rsquo;&agrave; un examen attentif des documents &eacute;crits pour une interpr&eacute;tation plus juste de la r&eacute;alit&eacute;, comme dans le cas de l&rsquo;exposition sur les villes des ing&eacute;nieurs du roi en Am&eacute;rique aux 17<sup>e<\/sup> et 18<sup>e<\/sup> si&egrave;cles (&Eacute;cho de table ronde, Laurent Vidal, mod&eacute;rateur).<\/p>\n<p><strong>Un aiguillon pour la recherche, un nouveau cadrage<\/strong><\/p>\n<p>L&rsquo;ensemble de l&rsquo;ouvrage constitue un outil de r&eacute;f&eacute;rence important; il sert d&rsquo;aiguillon pour la recherche en histoire et oriente le g&eacute;n&eacute;alogiste vers la localisation et l&rsquo;identification de donn&eacute;es sur les anc&ecirc;tres. Les migrations sont quantifi&eacute;es plus pr&eacute;cis&eacute;ment. Elles sont trac&eacute;es dans l&rsquo;espace depuis l&rsquo;int&eacute;rieur de l&rsquo;Hexagone fran&ccedil;ais jusqu&rsquo;en Louisiane en passant par les Pays d&rsquo;en haut les Pays d&rsquo;en Haut et la vall&eacute;e du Mississippi. Elles sont pr&eacute;sent&eacute;es &agrave; travers les initiatives de leurs promoteurs : un &Eacute;tat plus pr&eacute;sent que ce que l&rsquo;imaginaire qu&eacute;b&eacute;cois a retenu; des acteurs &eacute;conomiques qui ne tiennent pas toujours compte de la religion d&rsquo;appartenance; des missionnaires qui n&rsquo;h&eacute;sitent pas &agrave; allier le spirituel et le mat&eacute;riel, la pastorale et la pr&eacute;paration du sol &agrave; la culture. Les r&eacute;seaux de parent&eacute; sont r&eacute;examin&eacute;s : transmission de la propri&eacute;t&eacute; familiale, aide et soutien au migrant qui en fera un immigrant prenant pied en permanence. Les bagages des immigrants sont d&eacute;ball&eacute;s; leur lecture et leur parler sont revus. Les diff&eacute;rentes formes que peuvent prendre les rappels de la m&eacute;moire sont pr&eacute;sent&eacute;es dans leur processus de r&eacute;alisation. Enfin, la Nouvelle-France est relue dans son contexte global, europ&eacute;en et continental, celui de la Vieille Europe, celui de la Nouvelle-France des Am&eacute;rindiens, de la fourrure, du froid, mais aussi celle du sucre, du bois de ga&iuml;ac et des plantations. Les bases sont jet&eacute;es, la comparaison pourrait &ecirc;tre poursuivie sur une vaste &eacute;chelle.<\/p>\n<p><strong>Tout n&rsquo;est pas &eacute;crit<\/strong><\/p>\n<p>Bien &eacute;videmment, l&rsquo;ouvrage n&rsquo;a pas r&eacute;ponse &agrave; tout. De nouvelles recherches pourraient &ecirc;tre effectu&eacute;es dans les archives notariales fran&ccedil;aises, innombrables il faut le reconna&icirc;tre, pour enrichir nos connaissances sur les ant&eacute;c&eacute;dents socio&eacute;conomiques des migrants : lieu de provenance et de d&eacute;part, h&eacute;ritage familial anticip&eacute;, formation ou m&eacute;tier exerc&eacute;, situation financi&egrave;re, r&eacute;seau de parents et d&rsquo;amis. Compte tenu du grand nombre de migrants mis en cause, la cr&eacute;ation de bases de donn&eacute;es de nature prosoprographique &agrave; la fois r&eacute;alisables et repr&eacute;sentatives de la r&eacute;alit&eacute;, portant par exemple sur des communaut&eacute;s homog&egrave;nes et compl&egrave;tes, pourrait faciliter le travail. M&ecirc;me la multiplication d&rsquo;&eacute;tudes de cas pourrait faire avancer les connaissances. Les travaux en cours sur les d&eacute;parts pour la France ou pour d&rsquo;autres destinations comme la Guyane, etc., pourront &ecirc;tre poursuivis avec profit en tenant compte d&rsquo;un prix de passage probablement plus &eacute;lev&eacute; &agrave; l&rsquo;aller, sur des navires aux cales remplies de marchandises, qu&rsquo;au retour, la charge pouvant se ramener &agrave; quelques ballots de fourrures. D&rsquo;autres questions m&eacute;ritent d&rsquo;&ecirc;tre &eacute;tudi&eacute;es, par exemple l&rsquo;impact des d&eacute;parts pour les Pays d&rsquo;en haut sur les nouveaux arrivants dans la colonie, en qu&ecirc;te de terre et d&rsquo;&eacute;pouse. La mobilit&eacute; des colons avant et apr&egrave;s le mariage pourrait constituer un sujet sur lequel s&rsquo;arr&ecirc;ter. Au plan religieux, plusieurs pistes sont donn&eacute;es : la religion &agrave; transmettre par les pasteurs telle que r&eacute;v&eacute;l&eacute;e par l&rsquo;&eacute;tude de l&rsquo;iconographie et des arts sacr&eacute;s dans une approche interdisciplinaire; la r&eacute;ception du message par les ouailles en faisant appel aux sermons et &agrave; la correspondance des cur&eacute;s de paroisses; la participation des fid&egrave;les &agrave; la vie paroissiale par le d&eacute;pouillement des archives des confr&eacute;ries. Le questionnement de Catherine Desbarats sur le r&ocirc;le de l&rsquo;&Eacute;tat en Nouvelle-France peut constituer un point de d&eacute;part stimulant pour d&rsquo;autres chantiers : influence des intervenants dans la vie coloniale, en mati&egrave;re d&rsquo;urbanisme par exemple, impact de la disponibilit&eacute; de ressources naturelles auxquelles les coloniaux recourent fr&eacute;quemment. Un tel questionnement est de nature &agrave; cr&eacute;er un int&eacute;r&ecirc;t non seulement pour les archives priv&eacute;es, mais aussi pour une relecture des archives gouvernementales et pour l&rsquo;examen de cat&eacute;gories de documents autres que les documents &eacute;crits, tels les cartes et plans de territoires et de b&acirc;timents.<\/p>\n<p>Gilles Durand<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h6><a title=\"cre\" name=\"cre\"><\/a>Cr&eacute;dits<\/h6>\n<h6><a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/La_Rochelle\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/La_Rochelle<\/a><br \/><a href=\"http:\/\/www.batiscan.ca\/histoireBatiscan.php\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/www.batiscan.ca\/histoireBatiscan.php <\/a><\/h6>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>O&ugrave; s&rsquo;en va notre m&eacute;moire commune?En marge de la publication des actes du colloque de Poitiers-La Rochellesur les M&eacute;moires de Nouvelle-France Un rappel de la m&eacute;moire commune En 2001, la Commission franco-qu&eacute;b&eacute;coise sur les lieux&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[57],"tags":[],"class_list":["post-6562","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-bulletin-n20-mars-2007"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6562","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6562"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6562\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7352,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6562\/revisions\/7352"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6562"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6562"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6562"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}