{"id":6564,"date":"2008-12-17T02:19:50","date_gmt":"2008-12-17T07:19:50","guid":{"rendered":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/les-relations-du-quebec-avec-la-france-ont-elles-change-au-cours-du-second-empire-colonial-francais-actes-du-colloque-sur-la-capricieuse\/"},"modified":"2024-05-14T17:07:01","modified_gmt":"2024-05-14T21:07:01","slug":"les-relations-du-quebec-avec-la-france-ont-elles-change-au-cours-du-second-empire-colonial-francais-actes-du-colloque-sur-la-capricieuse","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/les-relations-du-quebec-avec-la-france-ont-elles-change-au-cours-du-second-empire-colonial-francais-actes-du-colloque-sur-la-capricieuse\/","title":{"rendered":"Les relations du Qu\u00e9bec avec la France ont-elles chang\u00e9 au cours du second empire colonial fran\u00e7ais? Actes du colloque sur La Capricieuse"},"content":{"rendered":"<h2 style=\"text-align: center;\">Les relations du Qu&eacute;bec avec la France ont-elles chang&eacute; au cours du second empire colonial fran&ccedil;ais? <br \/>Quelques r&eacute;flexions suscit&eacute;es par le colloque sur La Capricieuse et les actes qui viennent d&rsquo;en &ecirc;tre publi&eacute;s.<\/h2>\n<p>L&rsquo;ann&eacute;e 2005 marque le 150<sup>e<\/sup> anniversaire de la venue de la corvette La Capricieuse dans le port de Qu&eacute;bec et des visites effectu&eacute;es par son commandant, Paul-Henri Belv&egrave;ze, dans le Bas-Canada et le Haut-Canada. La Commission franco-qu&eacute;b&eacute;coise sur les lieux de m&eacute;moire communs a profit&eacute; de l&rsquo;occasion pour organiser un colloque en vue d&rsquo;expliquer et de faire conna&icirc;tre les diff&eacute;rentes facettes de cette visite, ses causes imm&eacute;diates et aussi lointaines que la Conqu&ecirc;te, les suites qui en ont d&eacute;coul&eacute; jusqu&rsquo;&agrave; la Premi&egrave;re Guerre mondiale. Dix-sept chercheurs de part et d&rsquo;autre de l&rsquo;Atlantique ont &eacute;t&eacute; invit&eacute;s &agrave; pr&eacute;senter des communications. Deux de ceux-ci, Yvan Lamonde et Didier Poton, en ont dirig&eacute; la publication dans un ouvrage de 400 pages r&eacute;cemment paru (2006) aux Presses de l&rsquo;Universit&eacute; Laval sous le titre <em>La Capricieuse (1855) : poupe et proue. Les relations France-Qu&eacute;bec (1760-1914)<\/em>.<\/p>\n<p>Pour bien comprendre les relations de la France et du Qu&eacute;bec, le lecteur doit parcourir l&rsquo;ouvrage en gardant en m&eacute;moire les deux p&eacute;riodes de l&rsquo;expansion coloniale fran&ccedil;aise. La premi&egrave;re, celle du premier empire colonial fran&ccedil;ais, est principalement orient&eacute;e vers l&rsquo;Am&eacute;rique du Nord, et surtout vers les Antilles pour l&rsquo;obtention de sucre, d&rsquo;&eacute;pices et de bois d&rsquo;&eacute;b&egrave;ne. Elle est ponctu&eacute;e de deux grandes dates qui conduisent &agrave; sa liquidation : 1763 avec la signature du Trait&eacute; de Paris et 1803 avec la vente par Napol&eacute;on I de la Louisiane aux Am&eacute;ricains, une surface plus grande que celle des &Eacute;tats-Unis de l&rsquo;&eacute;poque. La deuxi&egrave;me p&eacute;riode, celle du second empire colonial, commence en 1830 avec la conqu&ecirc;te d&rsquo;Alger. Cette fois, la France regardera en direction de l&rsquo;Afrique occidentale et &eacute;quatoriale, de l&rsquo;Asie et de l&rsquo;Oc&eacute;anie. L&rsquo;ennemi sera dor&eacute;navant l&rsquo;Allemagne. L&rsquo;orientation, donn&eacute;e en 1830, se fait d&rsquo;abord plus discr&egrave;te sous le Second Empire (1852-1870) avec l&rsquo;empereur Napol&eacute;on III. Elle prend son envol &agrave; partir de la Troisi&egrave;me R&eacute;publique (1870-1940), &agrave; la chute de ce dernier, qui correspond aussi, aux plus grands d&eacute;shonneur et malheur des Fran&ccedil;ais, &agrave; la perte de l&rsquo;Alsace-Lorraine aux mains d&rsquo;une Allemagne montante et mena&ccedil;ante. Le gouvernement fran&ccedil;ais voit dans la colonisation un moyen de redonner puissance et prestige &agrave; la France humili&eacute;e par la d&eacute;faite de 1870, et aussi, dans le court terme, pour le cas de l&rsquo;Alg&eacute;rie, un exutoire pour les populations d&rsquo;Alsace-Lorraine d&eacute;sireuses de rester sous la tutelle fran&ccedil;aise. Mais tout au long de cette p&eacute;riode, comme au temps de la Nouvelle-France, le Qu&eacute;bec et le Canada ne seront pas les principaux partenaires &eacute;conomiques de la France (Bruno Marnot, Didier Poton). Les relations entre la France et le Qu&eacute;bec continuent, mais elles sont surtout de nature priv&eacute;e, en ce qui concerne les individus et les organisations.<\/p>\n<p><strong>L&rsquo;&eacute;v&eacute;nement de juillet-ao&ucirc;t 1855. D&rsquo;o&ugrave; vient la corvette La Capricieuse? Quel sens donner &agrave; sa visite?<\/strong><\/p>\n<p>Autant de questions &eacute;tudi&eacute;es par cinq des auteurs (Robert Pichette, Jean-Fran&ccedil;ois de Raymond, Jacques Porte, Patrice Groulx, Jean-Marie Huille). La corvette <em>La Capricieuse<\/em> fait partie de la Station navale de Terre-Neuve, compos&eacute;e &agrave; l&rsquo;&eacute;poque de quelques navires de guerre, stationn&eacute;s dans les eaux du golfe Saint-Laurent avec pied-&agrave;-terre aux &icirc;les Saint-Pierre et Miquelon. La corvette a pour mandat d&rsquo;apporter du support aux p&ecirc;cheurs fran&ccedil;ais sur les Bancs de Terre-Neuve. En juillet 1855, la corvette n&rsquo;arrive pas &agrave; Qu&eacute;bec en direct d&rsquo;un port de la c&ocirc;te de l&rsquo;Hexagone. Elle naviguait d&eacute;j&agrave; dans les eaux du golfe. Elle s&rsquo;est engag&eacute;e dans le fleuve apr&egrave;s avoir fait un arr&ecirc;t &agrave; Sydney, Cap-Breton, pour se ravitailler. Son entr&eacute;e dans le port de Qu&eacute;bec d&eacute;coule d&rsquo;une initiative personnelle de son commandant, Paul-Henri Belv&egrave;ze, d&eacute;sireux de d&eacute;velopper les relations commerciales entre la France et la Province du Canada de l&rsquo;&eacute;poque, des relations bien en dessous de celles que la France entretient avec l&rsquo;Empire britannique et les &Eacute;tats-Unis. Belv&egrave;ze accomplit un mandat approuv&eacute; par les minist&egrave;res des Affaires &eacute;trang&egrave;res, de la Marine, et du Commerce, mais il n&rsquo;est pas en mission diplomatique. La France ne veut pas amener la Grande-Bretagne &agrave; douter de sa fid&eacute;lit&eacute;.<\/p>\n<p><strong>Deux des maillons de la cha&icirc;ne qui relie la France et le Qu&eacute;bec, le livre et la librairie<\/strong><\/p>\n<p>Les Fran&ccedil;ais n&rsquo;ont pas oubli&eacute; les Qu&eacute;b&eacute;cois. La r&eacute;ciproque est &eacute;galement vraie. &laquo; La page avant la voile &raquo; comme l&rsquo;&eacute;crit Gilles Gallichan. Les imprim&eacute;s circulent au Bas-Canada et au Qu&eacute;bec sous l&rsquo;Union. Les journaux fran&ccedil;ais jouent le r&ocirc;le d&rsquo;agences de presse pour la presse qu&eacute;b&eacute;coise. Les individus traversent l&rsquo;Atlantique (Anthony Grolleau-Fricard). Martin Bossange, libraire parisien, envoie son fils Hector apprendre le m&eacute;tier &agrave; New York. Hector traverse ensuite la fronti&egrave;re canadienne et lance un commerce du livre &agrave; Montr&eacute;al en louant des espaces &agrave; Louis-Joseph Papineau, dont le co&ucirc;t peut &ecirc;tre d&eacute;fray&eacute; par des publications remises au locateur. En mars 1819, Hector repasse en France pour poursuivre le commerce du livre. Mari&eacute; &agrave; Julie Fabre, Hector est le beau-fr&egrave;re d&rsquo;&Eacute;douard-Raymond Fabre, qui apprend le commerce du livre &agrave; Paris aupr&egrave;s de celui qui est son beau-p&egrave;re, Martin. Le fils d&rsquo;&Eacute;douard-Raymond fera aussi des &eacute;tudes &agrave; Paris, Charles-&Eacute;douard, le futur &eacute;v&ecirc;que et archev&ecirc;que de Montr&eacute;al. Hector Bossange reste aussi en contact avec les libraires qu&eacute;b&eacute;cois pour les alimenter. Les Bossange et les Fabre jettent les bases d&rsquo;un r&eacute;seau qui d&eacute;passe le commerce du livre.<\/p>\n<p><strong>Les troubles de 1837-1838, la m&ecirc;me approche de la France que lors de la r&eacute;bellion des Treize Colonies au 18<sup>e<\/sup> si&egrave;cle?<\/strong><\/p>\n<p>&Agrave; la suite des troubles de 1837, Louis-Joseph Papineau se r&eacute;fugie aux &Eacute;tats-Unis, mais ses positions mod&eacute;r&eacute;es et son refus de l&rsquo;abolition du r&eacute;gime seigneurial divisent le groupe des patriotes qui se sont r&eacute;fugi&eacute;s avec lui aux &Eacute;tats-Unis. Ne pouvant les rallier &agrave; lui ni compter sur une aide quelconque du gouvernement am&eacute;ricain, Papineau s&rsquo;exile en France de 1839 &agrave; 1845. L&agrave; encore, son s&eacute;jour &agrave; Paris ne peut lui obtenir aucun soutien du gouvernement fran&ccedil;ais. Les insurrections de 1837-1838 sont plus ou moins bien vues des journaux fran&ccedil;ais, en fonction des int&eacute;r&ecirc;ts des partis politiques qu&rsquo;ils desservent : Papineau doit s&rsquo;en remettre &agrave; son vieil ami, le libraire Hector Bossange, sur qui il peut compter. Ce dernier profite d&rsquo;un voyage d&rsquo;affaires en Am&eacute;rique &agrave; l&rsquo;automne 1841 pour essayer de lever, aupr&egrave;s de l&rsquo;&eacute;lite politique canadienne-fran&ccedil;aise, un tribut en faveur du chef patriote. Mais d&eacute;j&agrave;, l&rsquo;&eacute;lite ne le reconna&icirc;t plus comme chef; Papineau n&rsquo;aura d&rsquo;autre choix que de mettre en valeur sa seigneurie en bordure de la rivi&egrave;re Outaouais (Fran&ccedil;ois Labont&eacute;, Fran&ccedil;oise Le Jeune, Yvan Lamonde).<\/p>\n<p><strong>L&rsquo;&eacute;cole, les livres de lecture scolaires sous la Troisi&egrave;me R&eacute;publique<\/strong><\/p>\n<p>Pour rappeler les grandeurs de la France, l&rsquo;Hexagone, mais aussi la France d&#8217;outre-mer et la France pass&eacute;e, pour inculquer le sentiment colonial et donner le go&ucirc;t d&rsquo;aller aux colonies, le milieu scolaire demeure une client&egrave;le &agrave; privil&eacute;gier et le manuel de lecture scolaire un moyen &agrave; retenir. Patrick Cabanel le d&eacute;montre dans son &eacute;tude sur les livres de lecture scolaires qui circulent en France sous la Troisi&egrave;me R&eacute;publique. Destin&eacute;s &agrave; l&rsquo;usage des enfants, ces ouvrages pr&eacute;sentent les p&eacute;rip&eacute;ties de jeunes voyageurs &agrave; travers la France et l&rsquo;empire colonial fran&ccedil;ais tel qu&rsquo;il existe alors et tel qu&rsquo;il a exist&eacute; avant 1830. En tra&ccedil;ant les fronti&egrave;res d&rsquo;une patrie qui tiennent compte des pertes r&eacute;centes et des gloires pass&eacute;es, ils d&eacute;veloppent le sentiment patriotique et donnent une direction migratoire. Ils gardent aussi vivant dans la m&eacute;moire le souvenir de l&rsquo;Alsace-Lorraine, cette autre province perdue, comme le Qu&eacute;bec en 1763, dont l&rsquo;amputation au profit de l&rsquo;Allemagne n&rsquo;a jamais &eacute;t&eacute; accept&eacute;e et conna&icirc;tra un heureux d&eacute;nouement &agrave; la suite de la Premi&egrave;re Guerre mondiale. Il est difficile d&rsquo;&eacute;valuer l&rsquo;impact de ces manuels scolaires sur ceux qui en ont fait la lecture en classe ou m&ecirc;me pr&egrave;s de leur biblioth&egrave;que personnelle, mais il semble certain, par l&rsquo;importance des tirages et les nombreuses r&eacute;impressions, qu&rsquo;ils ont jou&eacute; un r&ocirc;le non n&eacute;gligeable pour garder vivante la m&eacute;moire des grandeurs pass&eacute;es de la France.<\/p>\n<p><strong>La France, plus qu&rsquo;un souvenir, une m&egrave;re patrie dont on attend le retour<\/strong><\/p>\n<p>C&rsquo;est tout le sens de l&rsquo;article de Yolande Gris&eacute; sur la po&eacute;tique de la corvette <em>La Capricieuse<\/em>. La corvette a &eacute;t&eacute; source d&rsquo;inspiration de nouveaux venus comme de Qu&eacute;b&eacute;cois bien enracin&eacute;s. Le po&egrave;te et chansonnier Jacques-Adolphe Marsais fait partie du premier groupe. Marchand de vin originaire d&rsquo;Angoul&ecirc;me, il profite de la visite de Belv&egrave;ze pour mettre &agrave; profit son talent de compositeur et de chanteur; peu connu de la post&eacute;rit&eacute;, il n&rsquo;en multiplie pas moins les occasions de chanter ses sentiments d&rsquo;affection &agrave; l&rsquo;&eacute;gard de la France et sa fiert&eacute; de ses origines fran&ccedil;aises. Dans le deuxi&egrave;me groupe, le po&egrave;te du cru, Octave Cr&eacute;mazie, propri&eacute;taire &agrave; Qu&eacute;bec d&rsquo;une librairie prosp&egrave;re avec ses deux fr&egrave;res, emprunte une voie qui le m&egrave;nera &agrave; la notori&eacute;t&eacute;. Il se laisse inspirer par la venue de La Capricieuse pour composer un po&egrave;me, le &laquo; Vieux soldat canadien &raquo;. V&eacute;t&eacute;ran de la victoire fran&ccedil;aise de Carillon, celui-ci surveille sur les remparts de Qu&eacute;bec le retour de la m&egrave;re patrie. Ce po&egrave;me et d&rsquo;autres qui suivent ne laissent pas indiff&eacute;rents ses compatriotes. Tout en entretenant la m&eacute;moire et l&rsquo;amour de cette France glorieuse, ils valent &agrave; Cr&eacute;mazie d&rsquo;&ecirc;tre consid&eacute;r&eacute; comme notre premier po&egrave;te national.<\/p>\n<p><strong>L&rsquo;Acadie et le Qu&eacute;bec, un observatoire pour tester la viabilit&eacute; du second empire colonial fran&ccedil;ais<br \/><\/strong><br \/>Dans la seconde moiti&eacute; du 19<sup>e<\/sup> si&egrave;cle, le sociologue Edme Rameau de Saint-P&egrave;re, un Fran&ccedil;ais &eacute;tabli &agrave; Alger, donne son appui &agrave; la colonisation de l&rsquo;Alg&eacute;rie, les d&eacute;buts de la construction du second empire colonial fran&ccedil;ais. Partisan de l&rsquo;expansion de la race fran&ccedil;aise par le biais de la colonisation, il publie, en 1859, <em>La France aux colonies. &Eacute;tudes sur le d&eacute;veloppement de la race fran&ccedil;aise hors de l&rsquo;Europe. Les Fran&ccedil;ais en Am&eacute;rique, Acadiens et Canadiens<\/em>. Pour lui, la colonisation fran&ccedil;aise r&eacute;ussira en autant qu&rsquo;elle reste fid&egrave;le &agrave; la langue, aux valeurs intellectuelles, aux traditions, au catholicisme et &agrave; la justice sociale. Rameau partage les id&eacute;es du mouvement leplaysien, insistant sur la libert&eacute;, la responsabilit&eacute; et la propri&eacute;t&eacute; individuelles, en particulier celle du sol, le r&ocirc;le des organisations professionnelles &agrave; base confessionnelle. Il ne refuse pas l&rsquo;industrialisation et le commerce, mais ceux-ci ne doivent pas se faire au d&eacute;triment de la vie intellectuelle de la nation. Il voit dans la r&eacute;sistance des populations de l&rsquo;Acadie et du Qu&eacute;bec &agrave; l&rsquo;am&eacute;ricanisme une confirmation de ses id&eacute;es procoloniales. Une telle r&eacute;sistance se maintiendra en autant que le mouvement colonisateur sera dirig&eacute; vers le nord et l&rsquo;ouest du Qu&eacute;bec et sera encadr&eacute; par l&rsquo;&eacute;cole et la paroisse. Toutefois, vers la fin de sa vie, survenue en 1899, Rameau commence &agrave; douter de la fid&eacute;lit&eacute; &agrave; la tradition fran&ccedil;aise comme force suffisante pour r&eacute;sister au mat&eacute;rialisme qui a cours au sud de la fronti&egrave;re. Ce doute donne en m&ecirc;me temps naissance &agrave; un autre, le poids des Canadiens fran&ccedil;ais dans la f&eacute;d&eacute;ration canadienne. Rameau exerce une influence plus grande au Qu&eacute;bec qu&rsquo;en France; ici, ses id&eacute;es ont un certain impact sur le mouvement de colonisation. Il propage aussi les notions de libert&eacute; et de responsabilit&eacute; individuelles, telles que r&eacute;pandues par les disciples de Fr&eacute;d&eacute;ric Le Play, apportant par l&agrave; une contribution &agrave; la mise sur pied en 1911 de l&rsquo;&Eacute;cole sociale populaire. Enfin, sa croyance en la mission intellectuelle fran&ccedil;aise en Am&eacute;rique trouve &eacute;cho aupr&egrave;s d&rsquo;intellectuels qu&eacute;b&eacute;cois comme l&rsquo;historien nationaliste Lionel Groulx (Pierre Tr&eacute;panier).<\/p>\n<p><strong>Quand les int&eacute;r&ecirc;ts politiques et &eacute;conomiques se m&ecirc;lent aux pr&eacute;occupations culturelles. Le Canada fran&ccedil;ais, non plus seulement un laboratoire d&rsquo;observation de la bonne entente entre deux races, mais aussi une force sur laquelle il faut compter<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<table border=\"0\" style=\"margin-right: 10px; margin-bottom: 10px; width: 166px; float: left;\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/wp-content\/uploads\/images\/stories\/bulletin20\/edifice_paris.jpg\" alt=\"Edifice &agrave; Paris\" title=\"Edifice &agrave; Paris\" \/><\/p>\n<h6>D&eacute;l&eacute;gation g&eacute;n&eacute;rale<br \/>du Qu&eacute;bec &agrave; Paris<br \/> Rue Pergol&egrave;se, Paris<\/h6>\n<h6><a href=\"http:\/\/cfqlmc.org\/index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=1503:les-relations-du-quebec-avec-la-france-ont-elles-change-au-cours-du-second-empire-colonial-francais-actes-du-colloque-sur-la-capricieuse&amp;Itemid=310#cre\">Cr&eacute;dit<\/a><\/h6>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Tel appara&icirc;t le sens qu&rsquo;il faut donner &agrave; la pens&eacute;e de ce Fran&ccedil;ais issu d&rsquo;une vieille famille protestante de souche alsacienne, Andr&eacute; Siegfried, et &agrave; l&rsquo;un de ses ouvrages paru en 1906, <em>Le Canada, les deux races<\/em>. Au tournant du 19<sup>e<\/sup> si&egrave;cle, les id&eacute;es d&rsquo;expansion coloniale, de mission de la France dans le monde ont toujours cours. Toutefois, le contexte n&rsquo;est plus le m&ecirc;me que celui dans lequel a &eacute;volu&eacute; Edme Rameau de Saint-P&egrave;re. L&rsquo;Allemagne se fait plus mena&ccedil;ante, la France sent davantage le besoin de se m&eacute;nager l&rsquo;amiti&eacute; de la Grande-Bretagne; en 1907, c&rsquo;est la signature de la Triple Entente. Les pr&eacute;occupations &eacute;conomiques occupent une plus grande place, tarif pr&eacute;f&eacute;rentiel pour la France et augmentation des exportations canadiennes de ce c&ocirc;t&eacute;-ci. Le monde politique est plus pr&eacute;sent : Laurier se rend &agrave; trois reprises en France entre 1897 et 1907; le Canada acquiert une personnalit&eacute; internationale. Inspir&eacute; par une vision unitaire et f&eacute;d&eacute;raliste du Canada, Siegfried est s&eacute;duit par la coop&eacute;ration entre les deux races. Il travaille &agrave; la d&eacute;velopper, le Canada &eacute;tant rattach&eacute; &agrave; la couronne britannique. Siegfried participe au conseil de direction du Comit&eacute; France-Am&eacute;rique fond&eacute; en 1911, un organisme charg&eacute; de coop&eacute;ration &eacute;conomique et culturelle entre la France et le Canada. Il n&rsquo;appara&icirc;t pas accorder beaucoup d&rsquo;importance &agrave; la balance du pouvoir dans la f&eacute;d&eacute;ration canadienne, non plus qu&rsquo;au nouveau nationalisme qui se r&eacute;pand sous l&rsquo;influence de Lionel Groulx (G&eacute;rard Fabre).<\/p>\n<p><strong>Des maillons de cette cha&icirc;ne qui relie la France et le Qu&eacute;bec, les communaut&eacute;s religieuses, les pr&ecirc;tres s&eacute;culiers<\/strong><\/p>\n<p>La venue au Qu&eacute;bec de nombreuses communaut&eacute;s religieuses et de pr&ecirc;tres s&eacute;culiers &agrave; vocation enseignante et pastorale, s&rsquo;explique par deux facteurs principaux : leurs motivations religieuses de m&ecirc;me que des initiatives individuelles ou reli&eacute;es &agrave; un ordre religieux en particulier. Entrent dans la premi&egrave;re cat&eacute;gorie, les cons&eacute;quences de la R&eacute;volution de 1789 de m&ecirc;me que les mesures r&eacute;publicaines anticongr&eacute;ganistes vot&eacute;es en France entre 1880 et 1914 : service militaire obligatoire, interdiction aux congr&eacute;gations d&rsquo;enseigner. &Agrave; la deuxi&egrave;me cat&eacute;gorie se rattachent les d&eacute;marches de l&rsquo;archev&ecirc;que de Montr&eacute;al pour recruter en France de m&ecirc;me que l&rsquo;invitation des Sulpiciens faite aux Fr&egrave;res des &Eacute;coles chr&eacute;tiennes de venir enseigner &agrave; Montr&eacute;al. Il ne faut cependant pas sous-estimer la communaut&eacute; de langue qui donnait entre autres la possibilit&eacute; aux ordres religieux de faire du recrutement au Qu&eacute;bec et de se d&eacute;velopper. L&rsquo;implantation au Qu&eacute;bec d&rsquo;un grand nombre de communaut&eacute;s religieuses fran&ccedil;aises dont les membres sont form&eacute;s Outre-Atlantique n&rsquo;est pas sans avoir jou&eacute; un r&ocirc;le consid&eacute;rable dans la formation des jeunes, dans le contenu des sermons et du message livr&eacute; en regard des autorit&eacute;s britanniques, et m&ecirc;me dans la diffusion des arts. Mentionnons &agrave; ce chapitre des contributions : celle de l&rsquo;abb&eacute; Philippe-Jean-Louis Desjardins du S&eacute;minaire des missions &eacute;trang&egrave;res de Paris qui envoie, dans les ann&eacute;es 1810, 200 tableaux religieux au S&eacute;minaire de Qu&eacute;bec pour distribution aux paroisses et communaut&eacute;s religieuses du dioc&egrave;se; celle du fr&egrave;re des &Eacute;coles chr&eacute;tiennes, Marie-Victorin, fondateur du Jardin botanique de Montr&eacute;al et auteur de la Flore laurentienne; et, d&rsquo;une fa&ccedil;on plus g&eacute;n&eacute;rale, toutes celles des communaut&eacute;s religieuses enseignantes &agrave; la pr&eacute;paration, &agrave; l&rsquo;adaptation et &agrave; l&rsquo;&eacute;dition de manuels scolaires pour les &eacute;coles du Qu&eacute;bec (Guy Laperri&egrave;re).<\/p>\n<p><strong>La pr&eacute;sence de l&rsquo;&Eacute;tat, des individus et des organisations au cours de la p&eacute;riode qui a pr&eacute;c&eacute;d&eacute; et suivi la visite de <em>La Capricieuse<\/em>. Des pistes de recherche et de rapprochement entre la France et le Qu&eacute;bec<\/strong><\/p>\n<p>En conclusion, Yvan Lamonde et Didier Poton rassemblent les grands &eacute;l&eacute;ments qui se d&eacute;gagent des relations France-Qu&eacute;bec entre 1760 et 1914. Le contexte international et les int&eacute;r&ecirc;ts de la France, d&eacute;sireuse de se m&eacute;nager l&rsquo;appui de la Grande-Bretagne, jouent un r&ocirc;le important. Les relations prot&eacute;iformes aux niveaux &eacute;conomique, social et culturel, d&eacute;coulant de l&rsquo;activit&eacute; des individus et des r&eacute;seaux &agrave; caract&egrave;re familial, amical, culturel et religieux, ouvrent la porte &agrave; plusieurs projets de recherche : &agrave; titre d&rsquo;exemples, l&rsquo;aide apport&eacute;e par l&rsquo;empereur Napol&eacute;on III &agrave; diverses soci&eacute;t&eacute;s de colonisation du Qu&eacute;bec; les origines de l&rsquo;&Eacute;cole sociale populaire en regard de son pr&eacute;d&eacute;cesseur, la Soci&eacute;t&eacute; canadienne d&rsquo;&eacute;conomie sociale de Montr&eacute;al, et du mouvement leplaysien en France; le Comit&eacute; France-Am&eacute;rique de Paris et sa filiale de Montr&eacute;al &agrave; la base, entre autres, de la cr&eacute;ation de la Maison des &eacute;tudiants canadiens &agrave; Paris; la p&ecirc;che fran&ccedil;aise sur les Bancs de Terre-Neuve, la Station navale fran&ccedil;aise en op&eacute;ration du 18<sup>e<\/sup> si&egrave;cle jusqu&rsquo;&agrave; tout r&eacute;cemment, le pied-&agrave;-terre que constituaient et constituent toujours les &icirc;les Saint-Pierre et Miquelon, etc.<\/p>\n<p>Gilles Durand<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h6><a title=\"cre\" name=\"cre\"><\/a>Cr&eacute;dit photo : <a href=\"http:\/\/www.mri.gouv.qc.ca\/paris\/index.asp\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/www.mri.gouv.qc.ca\/paris\/index.asp<\/a><\/h6>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les relations du Qu&eacute;bec avec la France ont-elles chang&eacute; au cours du second empire colonial fran&ccedil;ais? 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