{"id":7690,"date":"2014-02-05T11:04:00","date_gmt":"2014-02-05T16:04:00","guid":{"rendered":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/?p=7690"},"modified":"2024-06-19T10:09:19","modified_gmt":"2024-06-19T14:09:19","slug":"une-contribution-du-nouveau-monde-a-lancien-monde-jacques-mathieu-et-alain-asselin","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/clients-conceptsk8.com\/cfqlmc-dev\/une-contribution-du-nouveau-monde-a-lancien-monde-jacques-mathieu-et-alain-asselin\/","title":{"rendered":"Une contribution du Nouveau Monde \u00e0 l&#8217;Ancien Monde"},"content":{"rendered":"\t\t<div data-elementor-type=\"wp-post\" data-elementor-id=\"7690\" class=\"elementor elementor-7690\" data-elementor-post-type=\"post\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-1b8d4c4 e-flex e-con-boxed sc_inner_width_none sc_layouts_column_icons_position_left e-con e-parent\" data-id=\"1b8d4c4\" data-element_type=\"container\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"e-con-inner\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-28f0d56 sc_fly_static elementor-widget elementor-widget-text-editor\" data-id=\"28f0d56\" data-element_type=\"widget\" data-widget_type=\"text-editor.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t<style>\/*! elementor - v3.23.0 - 05-08-2024 *\/\n.elementor-widget-text-editor.elementor-drop-cap-view-stacked .elementor-drop-cap{background-color:#69727d;color:#fff}.elementor-widget-text-editor.elementor-drop-cap-view-framed .elementor-drop-cap{color:#69727d;border:3px solid;background-color:transparent}.elementor-widget-text-editor:not(.elementor-drop-cap-view-default) .elementor-drop-cap{margin-top:8px}.elementor-widget-text-editor:not(.elementor-drop-cap-view-default) .elementor-drop-cap-letter{width:1em;height:1em}.elementor-widget-text-editor .elementor-drop-cap{float:left;text-align:center;line-height:1;font-size:50px}.elementor-widget-text-editor .elementor-drop-cap-letter{display:inline-block}<\/style>\t\t\t\t<h5>Par Jacques Mathieu et Alain Asselin<\/h5><p>Le titre de cette pr\u00e9sentation peut \u00e9tonner. Mais non ! Les termes de nature g\u00e9ographique n&#8217;ont pas \u00e9t\u00e9 invers\u00e9s. C&#8217;est que l&#8217;on a \u00e9t\u00e9 tellement habitu\u00e9 \u00e0 lire le contraire, \u00e0 savoir l&#8217;apport de la culture europ\u00e9enne \u00e0 la civilisation am\u00e9rindienne. De fait, l&#8217;on a surtout insist\u00e9 sur les bienfaits de la connaissance de l&#8217;\u00e9crit et de la religion, en plus de l&#8217;acc\u00e8s aux objets de m\u00e9tal et aux produits fabriqu\u00e9s, comme les chaudi\u00e8res et les armes \u00e0 feu. Nous sommes bien conscients que le titre ici retenu renverse ainsi les perspectives historiques traditionnelles.<\/p><p>Par ailleurs, nous sommes \u00e9galement conscients que ce titre est \u00e0 la limite du politiquement correct. Il frise le d\u00e9ni de l&#8217;anciennet\u00e9 de peuplement et d&#8217;occupation du territoire nord-am\u00e9ricain par les Premi\u00e8res Nations. En ce domaine \u00e9galement, la perception d&#8217;un rapport d&#8217;ant\u00e9riorit\u00e9 entre les deux mondes plonge ses racines dans une histoire profond\u00e9ment ancr\u00e9e dans les m\u00e9moires collectives. Cependant, elle omet le fait qu&#8217;au fil des si\u00e8cles, les Premi\u00e8res Nations ont acquis une connaissance et une ma\u00eetrise exceptionnelle de la nature et de ses richesses, comme l&#8217;\u00e9crit l&#8217;ethnologue et j\u00e9suite Joseph-Fran\u00e7ois Lafitau qui, au d\u00e9but du XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, les dit tout naturellement savant et m\u00e9decin.<\/p><p>Cette contribution de la Nouvelle-France, de nature principalement scientifique, est demeur\u00e9e relativement m\u00e9connue. Elle s&#8217;inscrit tout de m\u00eame dans le contexte du renouveau des sciences naturelles en Europe. Les chercheurs substituent alors progressivement le travail de terrain aux savoirs de l&#8217;Antiquit\u00e9. On assiste d\u00e8s lors \u00e0 la naissance et \u00e0 l&#8217;essor de la botanique, m\u00eame si elle demeure encore largement ax\u00e9e sur des finalit\u00e9s m\u00e9dicinales. Il s&#8217;agit d&#8217;offrir les meilleurs rem\u00e8des possibles pour combattre les maladies. En parall\u00e8le, la recherche, que l&#8217;on pourrait dire fondamentale, prend la forme de constitution d&#8217;un r\u00e9pertoire mondial des plantes ; une pr\u00e9occupation qui finit par retenir l&#8217;attention de chercheurs \u00e0 la grandeur de l&#8217;Europe.<\/p><p>L&#8217;histoire de cet apport du Nouveau Monde est pr\u00e9sent\u00e9e par \u00e9tapes chronologiques et repose sur les r\u00e9alisations de personnages plus ou moins connus. Au d\u00e9part, Louis H\u00e9bert, un simple apothicaire parisien, se r\u00e9sout en 1606, \u00e0 l&#8217;\u00e2ge de 31 ans, \u00e0 gagner les terres neuves d&#8217;Am\u00e9rique du Nord. Il y rep\u00e8re des plantes qu&#8217;il fait parvenir en France, o\u00f9 diff\u00e9rents chercheurs signalent leur pr\u00e9sence. Puis, le contexte de la cr\u00e9ation du Jardin Royal des plantes \u00e0 Paris am\u00e8ne un docteur r\u00e9gent de la facult\u00e9 de m\u00e9decine de Paris, Jacques-Philippe Cornuti \u00e0 publier en 1635 un <i>Canadiensum Plantarum<\/i>. D\u00e8s lors, au fil des ans et des publications, la connaissance de ces plantes se r\u00e9pand dans la communaut\u00e9 scientifique europ\u00e9enne.<\/p><p><b>Un personnage mal connu<\/b><\/p><p>Le personnage de Louis H\u00e9bert occupe une place notable dans l&#8217;histoire de la Nouvelle-France. On l&#8217;a qualifi\u00e9 de premier agriculteur, voire d&#8217;Abraham de la colonie puisqu&#8217;il a \u00e9t\u00e9 le premier \u00e0 s&#8217;installer avec sa famille \u00e0 Qu\u00e9bec en 1617. Ses r\u00e9alisations relevant de sa formation comme apothicaire sont connues, mais elles n&#8217;ont pas eu la reconnaissance qu&#8217;elles m\u00e9ritaient.<\/p><p>N\u00e9 en 1575 \u00e0 Paris, fils d&#8217;apothicaire et apparent\u00e9 \u00e0 de grandes familles de la profession, il m\u00e8ne \u00e0 terme ses \u00e9tudes dans ce m\u00eame domaine au tout d\u00e9but du XVII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. Jusqu&#8217;\u00e0 l&#8217;\u00e2ge de 30 ans il vit en plein c\u0153ur de Paris. Il prend \u00e9pouse en 1602 et tente de se constituer une client\u00e8le. En 1606, sans sa femme et ses enfants, il s&#8217;engage pour la Nouvelle-France. Entre 1606 et 1613, il effectue deux longs s\u00e9jours en Acadie. Ses connaissances, ses sensibilit\u00e9s \u00e0 la nature nouvelle et de bonnes relations avec les Am\u00e9rindiens favorisent sans doute son int\u00e9r\u00eat pour les plantes de la colonie. Tr\u00e8s t\u00f4t, des chercheurs europ\u00e9ens signalent la pr\u00e9sence et la provenance de ces plantes. Il s&#8217;agit surtout de plantes \u00e0 fleur, ce qui correspond bien aux comp\u00e9tences d&#8217;un apothicaire.<\/p><p><b>Les premi\u00e8res mentions<\/b><\/p><p>Les plantes rep\u00e9r\u00e9es par Louis H\u00e9bert en Acadie attirent l&#8217;attention. Marc Lescarbot, auteur d&#8217;une histoire de la Nouvelle-France, raconte que l&#8217;on avait sem\u00e9 de la graine de chanvre (sans doute une ascl\u00e9piade) en plusieurs emplacements de Paris, mais que l&#8217;essai avait \u00e9chou\u00e9. Ce n&#8217;\u00e9tait qu&#8217;un d\u00e9but, car l&#8217;ascl\u00e9piade commune est devenue une esp\u00e8ce envahissante en\u00a0 Europe. Lescarbot fait \u00e9galement \u00e9tat de la gu\u00e9rison \u00e0 Port-Royal, gr\u00e2ce \u00e0 la gomme de sapin, d&#8217;un gar\u00e7on dont la peau \u00e9tait rong\u00e9e par la teigne. Ce baume du Canada produit avec de la gomme de sapin est encore en usage en France au XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle dans le soin des plaies.<\/p><p>Peu apr\u00e8s 1614, Joachim Burser, un m\u00e9decin r\u00e9sidant \u00e0 Anneberg en Saxe, a dans son herbier une <i>adiante <\/i>du Canada, le capillaire canadien qui devint un objet de commerce entre la France et la Nouvelle-France pendant plusieurs d\u00e9cennies. Il signale une autre plante comme venant de la Nouvelle-France (<i>Gallia Nova<\/i>) et obtenue d&#8217;un apothicaire de Paris. Il s&#8217;agit du trille grandiflore d&#8217;Am\u00e9rique du Nord, devenu l&#8217;embl\u00e8me floral de la province d&#8217;Ontario. Le nom initialement retenu est <i>Solanum Triphyllon Brasilianum<\/i>. Il s&#8217;agit l\u00e0 d&#8217;une confusion g\u00e9ographique courante \u00e0 l&#8217;\u00e9poque. En effet, l&#8217;herbier de Burser contient 27 plantes nord-am\u00e9ricaines selon l&#8217;analyse du botaniste Hans Oscar Juel en 1931. Plusieurs d&#8217;entre elles sont \u00e9galement pr\u00e9sent\u00e9es dans les trait\u00e9s de 1620 et 1623 du plus grand botaniste de l&#8217;\u00e9poque, Caspar Bauhin de B\u00e2le en Suisse.<\/p><p><b>Du bout du monde au \u2026Bout-du-monde<\/b><\/p><p>Apr\u00e8s son installation \u00e0 Qu\u00e9bec avec sa famille en 1617 et jusqu&#8217;\u00e0 son d\u00e9c\u00e8s en 1627, Louis H\u00e9bert exp\u00e9die \u00e0 Paris un bon nombre de plantes provenant des espaces fr\u00e9quent\u00e9s par les Fran\u00e7ais en Am\u00e9rique du Nord. Un t\u00e9moignage du fondateur de Qu\u00e9bec, Samuel de Champlain, confirme que H\u00e9bert a visit\u00e9 les lieux explor\u00e9s par les voyageurs et les missionnaires. De m\u00eame, ses liens \u00e9troits avec les Am\u00e9rindiens ont favoris\u00e9 la connaissance de nouvelles plantes. On peut en d\u00e9duire que des plantes du bout du monde ont ainsi \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9es \u00e0 Paris, rue du Bout-du-Monde, r\u00e9sidence des fameux jardiniers Robin p\u00e8re et fils.<\/p><p>Les relations de Louis H\u00e9bert \u00e0 Paris ne sont pas parfaitement connues. Il est certain toutefois qu&#8217;il a correspondu avec les Robin, p\u00e8re et fils, car les auteurs signalent fr\u00e9quemment la qualit\u00e9 des plantes de leur jardin. L&#8217;un et l&#8217;autre s&#8217;int\u00e9ressent vivement aux plantes nouvelles. Ils avaient cr\u00e9\u00e9 un jardin \u00e0 la pointe de l&#8217;\u00eele d\u00e8s la fin du XVI<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. Jean, le p\u00e8re, est devenu curateur du jardin de l&#8217;\u00c9cole de m\u00e9decine d\u00e8s 1597. Son fils, Vespasien, a profit\u00e9 de l&#8217;appui\u00a0 et de la recommandation de Marie de M\u00e9dicis pour partir en 1603 \u00e0 la d\u00e9couverte de plantes rares lors d&#8217;un voyage en Angleterre, en Allemagne, en Espagne et en Italie.<\/p><p>En 1620, les Robin publient une \u00ab histoire des plantes nouvellement trouv\u00e9es en l&#8217;isle Virgine et autres lieux \u00bb. L&#8217;ouvrage compte, entre autres esp\u00e8ces d&#8217;Am\u00e9rique, un lis canadien et une fleur de la passion. Trois ann\u00e9es plus tard, ils publient un manuel dont les pages liminaires comptent des po\u00e8mes qui\u00a0 c\u00e9l\u00e8brent leur go\u00fbt pour les belles fleurs et leur aptitude \u00e0 les acclimater. Ces po\u00e8mes font \u00e9galement r\u00e9f\u00e9rence aux motivations du chercheur des pays \u00e9loign\u00e9s, qui cherchait moins \u00e0 s&#8217;enrichir qu&#8217;\u00e0 augmenter le tr\u00e9sor des connaissances, en particulier au point de vue m\u00e9dical. Ce catalogue des Robin de 1623 recense au moins dix esp\u00e8ces canadiennes, mais seul un am\u00e9lanchier porte une appellation canadienne. Les autres sont dites \u00e9trang\u00e8res, am\u00e9ricaines ou virginiennes.<\/p><p>La connaissance de ces plantes d\u00e9borde alors le cercle \u00e9troit de la communaut\u00e9 savante. Pierre Vallet, le peintre du roi, produit des floril\u00e8ges adress\u00e9s au Roi tr\u00e8s chr\u00e9tien et destin\u00e9s \u00e0 la peinture, l&#8217;un en 1608 compte 75 planches et l&#8217;autre en 1623 est augment\u00e9 \u00e0 93 illustrations. Parmi les ajouts, l&#8217;on compte trois plantes de l&#8217;Am\u00e9rique du Nord : le lis du Canada, la lob\u00e9lie cardinale et la tradescantie de Virginie.<\/p><p>La lob\u00e9lie cardinale de provenance canadienne est \u00e9galement mentionn\u00e9e dans une publication de Giovanni Battista Ferrari, un botaniste prot\u00e9g\u00e9 du cardinal Francesco Barberini, neveu du futur pape Urbain VIII en 1623. Ce cardinal l\u00e9gat \u00e0 Avignon de 1623 \u00e0 1633 a d&#8217;ailleurs accompli une mission de recherche en France en 1625-1626. Esprit particuli\u00e8rement ouvert \u00e0 la science, il fut l&#8217;un des deux cardinaux \u00e0 s&#8217;opposer \u00e0 la condamnation de Galil\u00e9e. Dans son ouvrage qui demeura une r\u00e9f\u00e9rence pendant un si\u00e8cle, Ferrari estime que les Barberini poss\u00e8dent le plus beau jardin de la r\u00e9gion de Rome. Il s&#8217;y trouve notamment une vigne et des fraises canadiennes d\u00e9crites comme \u00e9tant d&#8217;une forme globuleuse et d&#8217;une grosseur inou\u00efe. Le fameux collectionneur proven\u00e7al Fabri de Peiresc a d&#8217;ailleurs \u00e9galement go\u00fbt\u00e9 en 1626 deux vari\u00e9t\u00e9s de fraises venues du Canada qu&#8217;il a jug\u00e9es aromatiques et excellentes.<\/p><p>Ces exemples illustrent bien l&#8217;int\u00e9r\u00eat croissant pour les plantes nouvelles d&#8217;Am\u00e9rique.<\/p><p><b>Un jardin de plantes m\u00e9dicinales<\/b><\/p><p>C&#8217;est dans le contexte de la cr\u00e9ation du Jardin Royal des plantes \u00e0 Paris que les plantes de Nouvelle-France profit\u00e8rent d&#8217;une reconnaissance exceptionnelle. L&#8217;id\u00e9e de cr\u00e9er un tel jardin avait \u00e9t\u00e9 avanc\u00e9e tr\u00e8s t\u00f4t, fait l&#8217;objet d&#8217;une premi\u00e8re d\u00e9cision en 1626, mais ne fut r\u00e9alis\u00e9e que quelques ann\u00e9es plus tard. Vespasien Robin y transplanta alors la majorit\u00e9 des plantes re\u00e7ues de Nouvelle-France.<\/p><p>La cr\u00e9ation du Jardin du Roi visait, malgr\u00e9 l&#8217;opposition virulente de la facult\u00e9 de m\u00e9decine fig\u00e9e dans les traditions antiques, \u00e0 favoriser l&#8217;innovation scientifique. Les objectifs \u00e9taient centr\u00e9s sur l&#8217;utilit\u00e9 publique, les finalit\u00e9s m\u00e9dicinales et la r\u00e9alisation d&#8217;un inventaire mondial des plantes. L&#8217;on y favoriserait l&#8217;apprentissage des plantes domestiques et \u00e9trang\u00e8res, sauvages et cultiv\u00e9es. L&#8217;on y trouverait des plantes de France, mais aussi des raret\u00e9s de l&#8217;une et l&#8217;autre Inde.<\/p><p>Jacques-Philippe Cornuti, un docteur r\u00e9gent de la facult\u00e9 de m\u00e9decine de Paris qui souhaitait \u0153uvrer au jardin du roi, concr\u00e9tisa en partie ce projet par l&#8217;\u00e9laboration d&#8217;une premi\u00e8re histoire des plantes du Canada publi\u00e9e en latin \u00e0 Paris en 1635. Dans cette publication qu&#8217;il voulut simplifi\u00e9e, adapt\u00e9e \u00e0 tout lecteur, mais structur\u00e9e en genres et en vari\u00e9t\u00e9s, il d\u00e9crivit et fit illustrer plus de 40 plantes d&#8217;Am\u00e9rique du Nord inconnues jusque-l\u00e0 en Europe. L&#8217;ouvrage faisait \u00e9galement mention de plus de 750 plantes rep\u00e9r\u00e9es lors d&#8217;herborisations dans les environs de Paris. Il ne d\u00e9crivait qu&#8217;un arbre d&#8217;Am\u00e9rique, le robinier faux-acacia, nomm\u00e9 ainsi d&#8217;apr\u00e8s les Robin. L&#8217;exemplaire original de cet arbre vit encore dans le square Ren\u00e9-Viviani \u00e0 Paris.<\/p><p>La cr\u00e9ation du Jardin du Roi poursuivait des objectifs ambitieux : \u00ab Sa r\u00e9putation [du jardin] s&#8217;\u00e9tendra aussi loin que la course du soleil qui anime les plantes \u00bb. Cette grande institution nationale a indirectement donn\u00e9 aux travaux ant\u00e9rieurs de Louis H\u00e9bert diffus\u00e9s par le livre de Cornuti une incroyable post\u00e9rit\u00e9.<\/p><p>Pourtant, ce sont des relations interpersonnelles qui ont vraisemblablement abouti \u00e0 mieux faire conna\u00eetre les plantes du Canada. Un des fr\u00e8res de Louis H\u00e9bert, Jacques H\u00e9bert, entr\u00e9 chez les Minimes en 1586, a sans doute jou\u00e9 un r\u00f4le. C&#8217;est \u00e0 cette communaut\u00e9 religieuse que Cornuti offrait ses services m\u00e9dicaux de fa\u00e7on b\u00e9n\u00e9vole. Au surplus, dans sa publication, l&#8217;auteur du premier livre de plantes du Canada fait souvent r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 des plantes trouv\u00e9es dans le jardin des Robin.<\/p><p>Dans ses descriptions, Cornuti marie tradition et innovation. Aux citations des travaux des savants de l&#8217;Antiquit\u00e9, il ajoute le fruit de ses observations conduites sur le terrain en France. Issue d&#8217;une d\u00e9marche d&#8217;apothicaire et centr\u00e9e sur les fins m\u00e9dicinales, sa publication rejoignait en partie les orientations du Jardin Royal des plantes. Ses descriptions des plantes originaires du Canada couvraient les feuilles, les tiges, les racines, les fleurs et les fruits. Le m\u00e9decin proc\u00e9dait \u00e0 des exp\u00e9rimentations personnelles concernant les purgatifs, vomitifs et aromates. Il m\u00e2che, go\u00fbte, distille, ass\u00e8che et pile, feuilles, racines et fleurs, diss\u00e8que, concocte et prend des potions. Il approfondit en quelque sorte le travail de Louis H\u00e9bert. Par contre, n&#8217;\u00e9tant jamais venu en Am\u00e9rique, il ne peut faire \u00e9tat des usages am\u00e9rindiens. Tout au plus peut-il rapporter succinctement et en dernier lieu que le \u00ab snagroel \u00bb constitue un puissant antidote contre la morsure de serpents.<\/p><p>Parmi les plantes les plus connues que d\u00e9crit Cornuti, citons :<\/p><ul><li>L&#8217;adiante du Canada,<\/li><li>La monarde fistuleuse,<\/li><li>L&#8217;eupatoire rugueuse,<\/li><li>L&#8217;asaret du Canada,<\/li><li>La smilacine \u00e9toil\u00e9e et \u00e0 grappes,<\/li><li>La desmodie du Canada,<\/li><li>La corydale toujours verte,<\/li><li>L&#8217;ancolie du Canada,<\/li><li>L&#8217;h\u00e9l\u00e9nie automnale,<\/li><li>L&#8217;ascl\u00e9piade commune et incarnate,<\/li><li>L&#8217;herbe \u00e0 puce de Rydberg,<\/li><li>Et bien d&#8217;autres<\/li><\/ul><p>Il faut noter toutefois que la vari\u00e9t\u00e9 des appellations \u00e0 cette \u00e9poque o\u00f9 les crit\u00e8res de d\u00e9nomination ne sont pas encore pr\u00e9cis\u00e9s dans cette science embryonnaire ne permet pas toujours une identification d&#8217;une certitude absolue.<\/p><p>Cornuti n&#8217;obtint pas la nomination souhait\u00e9e au Jardin du Roi. Diff\u00e9rentes raisons ont pu jouer, mais on ne peut \u00e9carter le fait que les plantes \u00e9trang\u00e8res, souvent per\u00e7ues comme concurrentes aux usages locaux, \u00e9taient souvent d\u00e9cri\u00e9es. On estime alors que la Providence a veill\u00e9 \u00e0 cr\u00e9er des v\u00e9g\u00e9taux th\u00e9rapeutiques \u00e0 proximit\u00e9 des endroits o\u00f9 se d\u00e9veloppent les maladies. De plus la botanique naissante s&#8217;attache moins aux usages qu&#8217;\u00e0 la structure et \u00e0 la vari\u00e9t\u00e9 des genres et des esp\u00e8ces. Ces constats n&#8217;ont toutefois pas eu pour effet d&#8217;\u00e9carter des nouvelles pratiques scientifiques les r\u00e9sultats des travaux ant\u00e9rieurs et ext\u00e9rieurs.<\/p><p><b>\u00c0 la grandeur de l&#8217;Europe<\/b><\/p><p>L&#8217;essor de la botanique en Europe au XVII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle suscite un grand int\u00e9r\u00eat pour les plantes du Nouveau Monde. Le nombre d&#8217;explorations augmente. Les \u00e9changes entre botanistes se multiplient. Il s&#8217;ensuit que les plantes envoy\u00e9es par Louis H\u00e9bert aux Robin, plant\u00e9es dans le jardin de l&#8217;\u00c9cole de m\u00e9decine en France au d\u00e9but du si\u00e8cle, puis transplant\u00e9es au Jardin du Roi, se retrouvent un peu partout en Europe par le biais des informations contenues dans l&#8217;ouvrage de Cornuti sur les plantes du Canada.<\/p><ul><li>Le jardin des plantes m\u00e9dicinales d&#8217;Amsterdam en 1646 compte diff\u00e9rentes esp\u00e8ces en provenance d&#8217;Am\u00e9rique. Trois esp\u00e8ces portent un nom canadien et quatre esp\u00e8ces ont un nom r\u00e9f\u00e9rant \u00e0 la flore de Cornuti.<\/li><li>Simon Paulli exerce la botanique\u00a0 m\u00e9dicale \u00e0 Copenhague au Danemark et publie un catalogue de plantes en 1653. Deux plantes portent le nom de Canada dans leur appellation : le chrysanth\u00e8me tub\u00e9reux ou topinambour et la vigne grimpante ou l&#8217;herbe \u00e0 puce. L&#8217;auteur, qui signale aussi des plantes am\u00e9ricaines, virginiennes et indiennes,\u00a0 d\u00e9nonce plusieurs calamit\u00e9s introduites par ces plantes ou encore par leur alt\u00e9ration \u00e0 des fins commerciales.<\/li><li>La liste des plantes du Jardin du Roi, \u0153uvre de Denis Joncquet et Guy-Crescent Fagon, publi\u00e9e en 1665, contient la majorit\u00e9 des mentions des esp\u00e8ces canadiennes d\u00e9crites par Cornuti.<\/li><li>Dans son <i>Histoire naturelle des Indes occidentales <\/i>r\u00e9dig\u00e9e avant 1689 et dans le <i>Codex canadensis <\/i>\u00e9labor\u00e9 en France \u00e0 la fin du XVII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, le j\u00e9suite Louis Nicolas pr\u00e9sente plus de 200 plantes de Nouvelle-France et illustre 18 esp\u00e8ces. Il y inclut plusieurs observations ethnobotaniques in\u00e9dites.<\/li><li>Paolo Boccone, un botaniste itin\u00e9rant reconnu, nomme une plante canadienne correspondant \u00e0 la vergerette. Son herbier \u00e0 la biblioth\u00e8que de l&#8217;Institut de France compte cette vergerette du Canada. Son livre sur les plantes rares publi\u00e9 en 1674 mentionne la pr\u00e9sence de cette plante dans les jardins de Blois avant 1665 et qui se retrouve \u00e9galement au jardin de Bologne en Italie en 1675.<\/li><li>Abraham Munting de l&#8217;universit\u00e9 de Groningue en Hollande mentionne la pr\u00e9sence de plantes canadiennes dans le jardin botanique de Groningue en 1672.<\/li><li>En France, Denis Dodart supervise le grand projet d&#8217;Histoire des Plantes par l&#8217;Acad\u00e9mie des Sciences, dont une premi\u00e8re publication para\u00eet en 1676. Elle contient une dizaine de plantes d&#8217;Am\u00e9rique. Deux esp\u00e8ces sont dites d&#8217;Acadie : le lis de Philadelphie et le zizia dor\u00e9. Deux plantes sont du Canada : un astragale et le laport\u00e9a du Canada. D&#8217;autres illustration subs\u00e9quentes comprennent quatorze plantes dont le nom r\u00e9f\u00e8re au Canada ou \u00e0 l&#8217;Acadie.<\/li><li>L&#8217;anglais William Sherard publie \u00e0 Amsterdam en 1689 <i>Schola Botanica<\/i>. Son ouvrage encyclop\u00e9dique compte 51 esp\u00e8ces dont le nom latin ou fran\u00e7ais r\u00e9f\u00e8re au Canada et dont une majorit\u00e9 appara\u00eet au catalogue du Jardin du Roi \u00e0 Paris.<\/li><li>L&#8217;italien Francesco Cupani met sur pied un jardin botanique pr\u00e8s de Palerme en Italie. Dans un livre publi\u00e9 en 1696,\u00a0 il signale la pr\u00e9sence de la vigne vierge \u00e0 cinq folioles parmi diverses esp\u00e8ces canadiennes.<\/li><\/ul><p>L&#8217;arr\u00eat de cette nomenclature \u00e0 la fin du XVII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle tient au fait qu&#8217;un autre grand botaniste canadien, Michel Sarrazin, qui a justement re\u00e7u sa formation botanique au Jardin du Roi \u00e0 Paris, y a envoy\u00e9 sur une p\u00e9riode de plus de vingt ans des centaines de sp\u00e9cimens. Nomm\u00e9 membre correspondant de l&#8217;Acad\u00e9mie des Sciences de Paris, auteur d&#8217;articles dans les <i>Journal des Scavants<\/i>, il est devenu une r\u00e9f\u00e9rence nouvelle et plus significative.<\/p><p>Il n&#8217;en reste pas moins par la suite que les botanistes les plus renomm\u00e9s tiennent compte du premier livre de plantes du Canada. Joseph Pitton de Tournefort en France fait plus de dix fois r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 Cornuti et identifie 42 esp\u00e8ces du Canada dans son trait\u00e9 de botanique publi\u00e9 en 1694. L\u00e9onard Plukenet, responsable des jardins de la reine Marie Stuart II \u00e0 Hampton Court en Angleterre r\u00e9f\u00e8re aux travaux de Cornuti dans ses publications de la fin du XVII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. Le plus grand botaniste de la p\u00e9riode moderne, Carl Von Linn\u00e9, nomme m\u00eame en son nom une plante qu&#8217;il a d\u00e9crite et qui pousse en sol canadien : le <i>Thalictrum Cornuti<\/i>.\u00a0 Dans son <i>Histoire de la Nouvelle-France<\/i>, le j\u00e9suite Fran\u00e7ois-Xavier Charlevoix copie exactement plusieurs illustrations du livre de Cornuti.<\/p><p>\u00c0 partir des terres neuves du nord de l&#8217;Am\u00e9rique, une contribution aux sciences m\u00e9dicinales, pharmaceutiques et botanistes finit par gagner tous les pays europ\u00e9ens. Elle inscrit l&#8217;\u0153uvre d&#8217;un modeste apothicaire dans l&#8217;ordre de la m\u00e9moire du savoir et du d\u00e9veloppement durable, au service des g\u00e9n\u00e9rations futures.<\/p><p>\u00a0<\/p><div align=\"center\">* * * * *<\/div><p>Cette facette historique de l&#8217;apport du Nouveau Monde \u00e0 l&#8217;Ancien Monde est fascinante. Elle n&#8217;en demeure pas moins incompl\u00e8te. On peut croire que les r\u00e9ticences \u00e0 reconna\u00eetre les vertus de plantes \u00e9trang\u00e8res, qu&#8217;elles soient de sources culturelle, financi\u00e8re ou scientifique, ont contribu\u00e9 \u00e0 ces silences de l&#8217;histoire. Il en a \u00e9t\u00e9 de m\u00eame \u00e9videmment pour les savoirs et les croyances d&#8217;autres nations d&#8217;un autre monde. Pourtant, au d\u00e9but du XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, un missionnaire j\u00e9suite aupr\u00e8s des Am\u00e9rindiens de Nouvelle-France, Joseph-Fran\u00e7ois Lafitau, \u00e9crit :<\/p><blockquote><p>\u00abla n\u00e9cessit\u00e9 a rendu les Sauvages M\u00e9decins et Herboristes ; ils recherchent les plantes avec curiosit\u00e9, et les \u00e9prouvent toutes ; de sorte que sans le secours d&#8217;une physique bien raisonn\u00e9e, ils ont trouv\u00e9 par un long usage qui leur tient de science, bien des rem\u00e8des n\u00e9cessaires \u00e0 leurs maux. Outre les rem\u00e8des g\u00e9n\u00e9raux chacun a les siens en particulier dont ils sont fort jaloux. En effet, rien n&#8217;est plus capable de les accr\u00e9diter parmi eux que la qualit\u00e9 de bons M\u00e9decins. Il faut avouer qu&#8217;ils ont des secrets admirables pour des maladies dont notre M\u00e9decine ne gu\u00e9rit point.\u00bb<\/p><\/blockquote><p>Cette reconnaissance des usages et de l&#8217;apport am\u00e9rindien est en devenir. On peut tout de m\u00eame en livrer un petit aper\u00e7u :<br \/>\u00a0<br \/><b>Une esp\u00e8ce d&#8217;Am\u00e9rique, un symbole pour des missionnaires et des Am\u00e9rindiens<\/b><\/p><ul><li>En 1635, Jacques Cornuti pr\u00e9sente une premi\u00e8re illustration de l&#8217;apios d&#8217;Am\u00e9rique sous le nom <i>Apios Americana<\/i>, identique au nom scientifique actuel.<\/li><li>D\u00e8s 1616, le missionnaire j\u00e9suite Pierre Biard avait \u00e9crit que les racines de cette esp\u00e8ce \u00ab croissent sous terre enfil\u00e9es l&#8217;une \u00e0 l&#8217;autre en forme de chapelet \u00bb en Acadie.<\/li><li>Le p\u00e8re Joseph-Marie Chaumonot, un j\u00e9suite oeuvrant chez les Hurons, r\u00e9v\u00e8le qu&#8217;une famille iroquoise a adopt\u00e9 le nom de la pomme de terre. Il s&#8217;agit de l&#8217;apios pour lequel il fournit d&#8217;ailleurs une illustration des tubercules reli\u00e9s comme un chapelet.<\/li><li>En 1702, Abraham Munting publie une illustration fid\u00e8le de la plante qu&#8217;il certifie comme le gland de terre d&#8217;Am\u00e9rique. Il met en \u00e9vidence avec une \u00e9l\u00e9gance artistique la disposition des renflements des rhizomes.\u00a0<\/li><\/ul><p><img decoding=\"async\" style=\"margin-right: 10px; float: left;\" title=\"Munting, Abraham. Phytographie curiosa\u2026 Amsterdam et Leyde, Figure 107. Biblioth\u00e8que num\u00e9rique du Jardin botanique de Madrid.\" src=\"http:\/\/cfqlmc.org\/images\/stories\/bulletin38\/57-apiosmuntinged_300.jpg\" alt=\"Munting, Abraham. Phytographie curiosa\u2026 Amsterdam et Leyde, Figure 107. Biblioth\u00e8que num\u00e9rique du Jardin botanique de Madrid.\" \/>Munting, Abraham. <i>Phytographie curiosa<\/i>\u2026 Amsterdam et Leyde, Figure 107. Biblioth\u00e8que num\u00e9rique du Jardin botanique de Madrid.<\/p><p><b>Sources bibliographiques <\/b><\/p><p>Asselin, Alain, Jacques Cayouette et Jacques Mathieu. <i>D\u00e9couverte et usages des plantes du Canada ; des Vikings \u00e0 la fin du R\u00e9gime fran\u00e7ais<\/i>. Tome I. Qu\u00e9bec, Septentrion, 2014, sous presse.<\/p><p>Mathieu, Jacques, avec la collaboration d&#8217;Andr\u00e9 Daviault. <i>Le premier livre de plantes du Canada. Les enfants des bois du Canada au jardin du roi \u00e0 Paris en 1635<\/i>. Qu\u00e9bec, PUL, 1998.<\/p>\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Jacques Mathieu et Alain Asselin Le titre de cette pr\u00e9sentation peut \u00e9tonner. Mais non ! Les termes de nature g\u00e9ographique n&#8217;ont pas \u00e9t\u00e9 invers\u00e9s. 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